Suffit’il au Maître Secret de pratiquer les 4 vertus du Grade pour réussir sa mission ?
B∴ K∴
A
la gloire du Grand Architecte de l’Univers
Rite Ecossais Ancien et Accepté
ORDO AB CHAO
Au nom et sous les auspices du
Suprême Conseil de l’Afrique de l’Ouest
Liberté – Egalité – Fraternité
Rite Ecossais Ancien et Accepté
ORDO AB CHAO
Au nom et sous les auspices du
Suprême Conseil de l’Afrique de l’Ouest
Liberté – Egalité – Fraternité
Introduction
Il y a quelques instants, à l’ouverture de nos travaux, le dialogue entre le TFPM et le 1er Inspecteur nous a rappelé les circonstances dans lesquelles nous avons été reçus M :. S :. et les buts que nous poursuivons à ce degré des Loges dePerfection. Rappelons-les brièvement : après avoir accompli quatre voyages symboliques ponctués par des sentences énoncées sous forme de conseils, nous avons été reçus MS « sous le Laurier et l’Olivier, en passant de l’Equerre au Compas, après avoir versé des larmes sur le tombeau de notre Respectable Maître Hiram » et nous être engagés à suivre la route du Devoir, « à la recherche de la Vérité et de la Parole perdue ». Malgré les aspects contraignants de ce Devoir, nous avons pris, par serment devant l’autel sacré, l’engagement de garder fidèlement les secrets du grade et de remplir les devoirs du 4ème degré.
Mais quels sont ces devoirs ? « Suffit-il au M S de pratiquer les 4 vertus du grade pour réussir sa mission ? » C’est la question soumise à notre réflexion et à laquelle je vais tenter de répondre.Lemorceau d’architecture que je vais buriner devant vous ce soirreposera sur les trois piliers suivants :
– 1er pilier : La mission du M S
– 2ème pilier : Les principales vertus du grade de MS.
– 3ème pilier :De l’Equerre au Compas oul’odyssée d’une quête ininterrompue
I – La mission du Maître Secret
Quand on analyse le rituel d’initiation de ce grade, on y note une référence fréquente aux enseignements des Loges symboliques. « Mais cette instruction n’est pas complète, pas plus que n’est complète la perception de la lumière à travers le bandeau symbolique posé sur vos yeux », nous révèle le rituel. Les Loges de perfection y apparaissent du coup comme les lieux où l’on complète les enseignements reçus depuis la première initiation à la F M. Le rattachement explicite à la légende du Maître Hiram indique à souhait que le M S travaille dans la continuité du grade de Maître maçon. Bien plus, comme on peut le constater, le M S poursuit son travail de perfectionnement en gardant ses attaches avec les Loges symboliques. Mais quel type de travail le M S est-il appelé à faire s’il se situe dans la continuité de l’héritage laissé par le Maître Hiram ?
Le livret d’instruction du 4è degré révèle clairement qu’au grade de M S « se poursuit la légende d’Hiram tué par les trois mauvais compagnons, c’est-à-dire le drame de l’esprit et de l’intelligence créatrice aux prises avec l’ignorance, le fanatisme et l’ambition ». On comprend donc pourquoi le M S, à travers ses voyages, cherche « la Vérité et la Parole perdue ». Et comme en F M tout est symbole, ces deux termes cachent les véritables objets de la quête et de la mission principale du M S. Là encore, le livret d’instruction du 4è degré semble vouloir nous mettre sur la piste du sens caché de ces symboles.
« La Vérité est la lumière placée à la portée de tout homme qui peut ouvrir les yeux et regarder la grande route du Devoir qui y conduit plus sûrement. La Parole perdue est la connaissance du Devoir complet connu des anciens Initiés ».
L’accès à la Vérité-Lumière et à la Parole perdue par la route du Devoir me paraît donc être la véritable mission que le M S espère réaliser. Mais alors, que cachent les termes « Vérité» et « Devoir » ?
La Vérité évoquée ici n’est pas cette « connaissance fondée sur l’adéquation entre la pensée et la réalité », que donne le dictionnaire Encarta comme définition, mais une Réalité d’essence divine qui s’apparente à Dieu lui-même. Dans la Bible comme dans le Coran, l’Eternel est Vérité. « Je suis le Chemin, la Vérité et la Vie. Personne ne va au Père si ce n’est par moi. Si vous me connaissez, vous connaissez aussi mon Père », nous dit Maître Jésus (St Jean 14, 6-7). Comme l’avait décrit dans l’antiquité le philosophe grec Parménide (De la Nature, traduit par J. Beaufret, PUF, 1955), cette Vérité est absolue parce qu’elle est superposable à l’Etre, la seule Réalité incréée, qui n’a ni commencement ni fin. C’est vers elle que mène la Parole perdue que recherche désespérément le M S La Vérité et la Parole perdue sont donc indissolublement liées, car l’une comme l’autre permettent de s’approcher du Principe Unique qui régit toutes les choses dans leur ensemble et chaque chose dans son détail. Mais la route du Devoir est la seule voie d’accès à l’une et à l’autre.
Dans les trois grades des Loges symboliques, la notion de « devoir » était omniprésente : devoir de rechercher la justice et l’équité en toute circonstance, devoir d’amour et de fraternité envers ses FF et SS, etc. . Le serment prêté par le M S en réactualise explicitement d’autres : devoirs envers l’Humanité, le Pays, la Loge, la famille, le frère, l’ami, le prochain. Mais on constate dans ces énumérations qu’il s’agit des devoirs et non du Devoir. Or au grade de M S, tout le rituel est axé sur la notion du Devoir menant à la Vérité-Lumière qui est son principal objectif. Le manuel d’instruction du 4ème degré nous rappelle que « la recherche du Devoir et la ferme volonté de l’accomplir, sans songer à une récompense, sans orgueil ni ostentation, mais pour répondre aux exigences de sa conscience » constitue la caractéristique de ce grade. Que représente finalement ce Devoir ?
Le Devoir auquel fait appel ici la F M me semble d’abord être le Devoir moral qui doit être le fil conducteur de chacun de nos actes, de chacune de nos conduites dans notre vie tant individuelle que collective. Ce Devoir est une exigence intérieure particulièrement forte, parfois difficile à définir. Kant, dans Critique de la raison pratique,le monnaie en deux impératifs catégoriques :
1.- « Agis de telle manière que la maxime de ta volonté puisse toujours valoir en même temps comme principe d’une législation universelle ».
2.- « Agis de telle sorte que tu traites à tout instant l’humanité, aussi bien dans ta personne que dans celle de tout autre, toujours en même temps comme fin et jamais seulement comme moyen. »
Il culmine dans la reconnaissance d’un Devoir Suprême, celui que nous avons tous envers le Principe originel, si nous voulons être en harmonie avec ses lois. Le Devoir moral apparaît ici comme un moyen d’accès à ce Devoir Suprême. Il semble pour cela se monnayer en un certain nombre de petits devoirs qui apparaissent comme des comportements moraux qui peuvent faciliter notre voyage vers l’Idéal maçonnique. Le rituel d’initiation nous avait même averti : « L’idéal de la Franc-maçonnerie est l’accomplissement du Devoir porté jusqu’au sacrifice ».
Le cheminement initiatique semble donc être la Voie Royale qui révèle au F M les qualités et les vertus qui peuvent l’aider à remplir ses devoirs de citoyen, d’être humain et d’Initié. Placé sur le chemin du Devoir, le M S doit être constamment à l’écoute attentive de sa conscience, chercher constamment au fond de lui-même un fil conducteur à l’exercice des petits devoirs, pour ne pas perdre de vue l’essentiel qui est la recherche de la Vérité et de la Parole perdue. Le chemin du Devoir est une recherche intérieure qui aboutit, entre autres, à l’éradication de toute manifestation irraisonnée de l’ego dans la conduite de sa vie quotidienne. Cela ne doit pas apparaître comme une contrainte, mais comme la continuité logique d’un choix volontaire par lequel s’affirme toute volonté spirituelle de libération de son être intérieur. Quelles sont alors les vertus spécifiques du grade qui permettront au M S d’atteindre cet objectif ?
II – Les principales vertus du grade de Maître Secret
D’après une synthèse réalisée à partir des encyclopédies Wikipédia et Lexilogos, la vertu serait cette « disposition habituelle, ce comportement permanent, cette force avec laquelle un individu se porte volontairement vers le bien, vers un devoir et se conforme à un idéal moral ou religieux, en dépit des obstacles qu’il rencontre ».
Si cette définition fait de la vertu un principe humain librement observé par un individu, il semble qu’il existe des vertus directement infusées en nous par le Créateur et qui apparaissent de ce fait comme les résultats d’une grâce divine et ayant également Dieu comme objet : Ce sont les trois (3) vertus théologales : la foi, l’espérance et la charité.Mais parmi les vertus qui relèvent de l’action de l’homme sur lui-même, il y en aurait quatre (4) désignées comme « vertus cardinales ». Ce serait : la prudence, la tempérance, la justice et la force ou le courage. Les Rosicruciens les intègrent, parfois sous d’autres appellations, dans les douze (12) vertus que l’homme doit pratiquer s’il veut atteindre « l’idéal éthique des Rose-Croix », synonyme d’état de pureté, proche de la sainteté.Selon Serge Toussaint, Grand Maître de l’Ordre de la Rose-Croix, ce sont : la patience, la confiance, la tempérance, la tolérance, le détachement, l’altruisme, l’intégrité, l’humilité, le courage, la non-violence, la bienveillance et la sagesse. Et il précise à notre intention : « En règle générale, toute vertu possède une contrepartie négative, car l’égo, aussi longtemps qu’il n’est pas maîtrisé, s’oppose à l’âme et crée un rapport de force continuel avec elle ».
Mais cette disposition naturelle qui devrait pousser l’homme vers le bien ou vers un idéal moral était déjà inscrit dans les qualités de base d’un F M puisque « fuir le vice et pratiquer la vertu, en préférant à toute chose la justice et la vérité » constituaient déjà les devoirs d’un F M. Mais alors, si la pratique de la vertu a toujours guidé jusqu’ici notre vie maçonnique, si elle continue de guider notre pratique quotidienne dans les Loges symboliques où nous poursuivons notre cheminement, quelles vertus seraient spécifiquement recommandées au M S des Loges de Perfection ? Comment et où les identifier ?
Il va sans dire que notre rituel d’initiation et le manuel d’instruction du 4ème degré, constituent les références où nous pouvons les identifier, dissimulées sous les devoirs du M S. Ce sont donc d’abord ceux auxquels nous nous sommes engagés par serment et qui nous sont rappelés, tant à la clôture des travaux que dans le livret d’instruction, à savoir : la discrétion, l’obéissance et la fidélité. C’est ensuite la confiance et la déférence envers les Frères Ainés qui nous accompagneront sur la route du Devoir.
2. 1.- La discrétion
Synonyme d’invitation à garder le silence pour préserver le secret, elle apparaît ici comme le rappel d’une qualité qui est demandée depuis la 1ère initiation et qui suit le F M tout au long de son cheminement. Mais comme nous l’a déjà rappelé le M S Gag dans la planche qu’il nous a présentée aux derniers travaux de ce grade, le silence de l’apprenti est différent de celui contenu dans le sceau du Secret dont on clôt les lèvres du M S au début de son initiation et dont il continue de se signer tout au long de son cheminement à ce degré de perfection. Il en diffère d’abord par son absence de pénalités. Ensuite, plus qu’une discipline intérieure pratique qui suggère et favorise la méditation, ce silence l’invite, au début de son entrée dans les Loges de perfection, à une discrétion totale sur les enseignements et les travaux des hauts grades dans lesquels il travaille à la recherche de la Vérité et de la Parole perdue, pendant qu’il poursuit l’Idéal maçonnique avec ses FF et SS des loges symboliques de la F M Universelle.
2. 2.- L’obéissance et la fidélité
Le devoir d’obéissance se manifeste d’abord dans le serment de ce grade sous forme d’allégeance aux Instances Suprêmes de notre Ordre. Dans la définition du mot « allégeance », on trouve les notions de « soumission », « d’obéissance » et de « fidélité », termes que nous retrouvons aussi dans la formule du serment et qui font apparaître le Suprême Conseil comme l’Instance dans laquelle se trouvent réunies toutes les composantes institutionnelles et sociales envers qui nous avons des devoirs, du fait de notre affiliation à la F M. La fidélité, elle, traduit la constance dans le respect de nos engagements, mais aussi le respect de la ligne de conduite, de l’esprit et de la lettre des principes qui sous-tendent l’institution dans laquelle nous sommes engagés, quoi que cela pourrait nous coûter.
Du reste, cet engagement n’est pas nouveau non plus, puisqu’il ressemble, à bien des égards, à celui que nous avons pris dans les Loges symboliques. Il le précise davantage par une énumération graduée et plus explicite de tous ceux envers qui et pour qui nous avons contracté cette alliance sacrée avec la F M. L’Humanité qui commence la longue énumération de toutes les entités envers qui nous avons des devoirs les englobe tous par ordre décroissant. Ainsi notre devoir d’obéissance et de fidélité n’est pas contracté avec des personnes, mais avec le Grand Principe et avec l’ensemble de l’Humanité, en partant de la reconnaissance implicite de l’autre comme semblable à nous-mêmes.
2. 3.- La confiance
La confiance, c’est cette foi que l’on a en la capacité de l’autre à vous apporter un complément de bien-être ou de qualité nécessaire à son évolution. C’est aussi ce sentiment de sécurité que l’on ressent par la proximité avec quelqu’un que l’on considère, dans cette disposition d’esprit, comme un autre soi-même. Déjà la Fraternité maçonnique nous prédispose à ce sentiment qui nous amène à considérer ce qu’il y a de positif en l’autre. Le besoin de soutien et de l’expérience des autres dans cette quête de la Connaissance et de la Parole perdue le rend encore plus indispensable. Voilà pourquoi nous devons nous rapprocher de nos Frères, plus anciens que nous dans cette quête, afin de bénéficier de leurs expériences et de leurs conseils, afin d’avancer plus rapidement dans notre quête. Mais ce rapprochement d’avec les Ainés nécessite de notre part une autre qualité qu’est la déférence.
2. 4.- La déférence
Défini comme étant « la considération respectueuse à l’égard d’une personne et qui porte à se conformer à ses désirs et à sa volonté », ce sentiment se révèle ici comme un complément indispensable à la confiance. A l’analyse, c’est la considération que nous pouvons avoir pour la sagesse de nos Ainés qui peut nous pousser au respect et à la confiance, synonyme d’adhésion et de foi en leur personne. Mais le recours à l’expérience des Ainés ne doit pas nous conduire au reniement de notre propre personnalité, au renoncement à nos propres idées, car chacun de nous a le devoir d’apporter une contribution à la recherche de la Vérité. La quête de la Lumière et de la Connaissance apparaît ici comme une Tradition qui se constitue progressivement par l’apport des uns et des autres, y compris les nouveaux M S que nous sommes.
Voilà rapidement examinés les comportements prescrits au Maître Secret pour lui faciliter sa progression sur la route du Devoir. Mais à ceux-là, il faut ajouter ceux que lui recommandent les sentences qui ont ponctué les voyages qui l’ont préparé au serment. On peut les nommer : détachement, prudence-discernement, humilité et sens de la justice ; quatre vertus-engagements qui se parent des habits de devoirs dont le respect est rappelé avec force par l’Orateur, l’Hospitalier et le Trésorier au terme des quatre voyagescomme un Devoir sacré. Il y en a bien d’autres comme la force, la patience, la persévérance et la droiture d’intention nécessaires pour surmonter les difficultés qui pourraient se dresser sur notre chemin vers la Vérité.
Mais la prise en compte de toutes ces recommandations suffit-il au Maître Secret pour accomplir sa mission ?
III – De l’Equerre au Compas ou l’odyssée d’une quête ininterrompue
Comme on a pu s’en rendre compte tout au long de cette exploration, le grade de M S se révèle être le lieu de développement de principes évoqués dans les Loges symboliques. Mais les méthodes d’exploration ont changé. Comme nous le précise le rituel d’initiation, nous sommes passés de l’Equerre au Compas et nous « commençons maintenant à pénétrer dans les hautes régions de la Connaissance spirituelle ». Par cette méthode, le Maître Maçon, que nous sommes et que nous restons, cherche à acquérir les éléments qui manquent à la plénitude de sa maîtrise et à accéder à une dimension d’intériorité et d’affinement de sa conscience. Une question reste toujours posée : Quelle est la véritable nature de cette Vérité, de cette Lumière que nous cherchons depuis le 1er degré des Loges symboliques et à laquelle nous mènera plus sûrement la route du Devoir ? Irène Mainguy, dans Symbolique des grades de perfection et des ordres de sagesse (Editions Dervy, Paris, 2003, p. 56) semble vouloir nous proposer une réponse :
«Le Devoir essentiel,c’est le Devoir envers le G.A.D.L.U. qui est de rechercher la Parole perdue, la Vérité, en rassemblant ce qui est épars. … C’est par l’accomplissement de ce Devoir que chacun peut partir à la recherche du maître qu’il est virtuellement, afin de se rapprocher de la Vraie Lumière incarnée en la personne de Maître Hiram, qui représente l’Initié parfait, le modèle idéal pour tout maître maçon. La route du Devoir est jalonnée de nombreux devoirs que la voie impose au Maçon. Elle développe en lui une éthique de vie et de comportements qui est une préparation intérieure au Grand Devoir, objectif final de l’Initié ».
« Lumière-Vérité », « Vraie Lumière », le Grand Architecte de l’Univers, à la gloire duquel nous travaillons dans nos temples serait donc l’objet de notre quête initiatique. Mais où Le trouverons-nous. ? Comme une lumière qui jaillit de sa source, l’inscription sur le fronton du Temple de Delphes nous répond : « Connais-toi toi-même et tu connaîtras l’Univers et les dieux ». Comme pour compléter la Table des Lois révélée à Moïse dans le Buisson Ardent, cette inscription nous invite à rechercher cette Lumière en nous.
La Lumière-Vérité, la Lumière-Connaissance, c’est cette Divinité ontologique par laquelle et avec laquelle nous sommes nés. L’expression latine « cum nascere » (« naître avec ») qui a donné le mot « connaissance » exprime bien cette Flamme intérieure qui anime notre vie et à laquelle nous sommes constamment reliés, à laquelle nous avons constamment recours pour nous guider dans chacun de nos choix entre le Bien et le Mal. Cette Lumière-Vérité, c’est ce « feu sacré » inné qui ne se dévoile que progressivement, par paliers d’ouverture de la Conscience. Par la pratique des vertus du grade, le M S lui donne la possibilité de se manifester pour faire de notre vie un modèle qui se rapproche de l’Idéal Divin. Mais le rituel d’initiation nous en avertitdéjà : « Vous avez encore bien des degrés à gravir avant d’approcher de la Vraie Lumière et de découvrir la Parole connue des Anciens Initiés ». Pour avancer rapidement vers cet Idéal, nous devons prendre la route du Devoir, nous conformer en toute circonstance au Bien, sans complaisance pour nos préjugés et nos intérêts, en ne nous attardant pas dans les sentiers fleuris, de crainte que la Mort ne nous surprenne avant que nous ne nous soyons approchés du But.
Certes, les autres paliers des hauts grades peuvent nous aider à nous en approcher davantage, à condition que nous ayons intériorisé les vertus qu’on nous y recommandera. Mais il est possible qu’une vie ne suffise pas pour retrouver la Grande Lumière par le perfectionnement progressif de notre être intérieur. Commençons déjà, dans celle-ci, notre marche ascendante vers la Vérité. Avec l’aide des Frères qui nous ont précédés sur la Voie, nous pourrons peut-être atteindre un niveau appréciable au cours de cette vie-ci. Pour nous encourager, la F M nous a récompensés par avance avec la couronne de laurier et d’olivier tressée pour nous au soir de notre initiation au 4è degré, en prévision de nos succès futurs et de notre ultime victoire sur nos préjugés et nos passions. Que cette couronne continue de trôner virtuellement sur nos têtes et soit notre viatique sur la route du Devoir.
Au terme de ce voyage à travers les devoirs et les vertus de ce grade, que conclure ?
En guise de conclusion
Les objectifs du grade de M S ne me semblent pas différents de ceux des autres grades des Loges symboliques de la F M. Ils prennent simplement une dimension plus intérieure, mais toujours inscrite dans une perspective communautaire et sociale, à l’image de la loge dans laquelle nous nous trouvons. Même si chacun évolue à son rythme, notre quête individuelle n’est pas différente de celle du groupe que nous formons. Quel que soit le grade auquel nous nous trouvons, elle est unique et a pour nom « la Lumière » ou « la Vérité » ou « la Connaissance ».
Au plan symbolique et initiatique, elle se mène dans le temple intérieur de chacun d’entre nous. Chaque passage de grade dans les Loges symboliques semblait nous en rapprocher. Mais voilà qu’à l’étape de la maîtrise, de mauvais compagnons, par leur impatience, ont compromis la finalité de l’entreprise. Cette erreur fatale pour l’éclosion de la Vérité, erreur commise depuis le Jardin d’Eden (pour reprendre une idée déjà exprimée par la planche du M S Gag), oblige chacun des Maîtres Maçons que nous sommes à recommencer la consolidation de l’édifice par la recherche méthodique de la Parole perdue.
Pour y parvenir, la F M nous propose, au début de notre formation complémentaire, de prendre la route du Devoir, de nous débarrasser d’abord des mauvais compagnons de nos vices qui sont les premiers obstacles à notre ascension vers le Sommet où se trouve la Vérité. Les sentences qui ont ponctué la progression de nos voyages au moment de notre initiation et l’énonciation de quelques principes nous font apparaître plus que jamais comme la matière sur laquelle nous devons travailler afin d’accéder à la Grande Lumière. Si, comme cela s’est révélé au cours de notre progression, cette Lumière se trouve au fond de nous, c’est finalement par la pratique de toutes les vertus que nous pouvons progressivement nous débarrasser des mauvaises habitudes et des mauvais caractères qui nous empêchent d’accéder à la parcelle de divinité enfouie en nous, pour qu’au fil de notre progression dans les hauts grades, et à chaque étape, le meilleur de notre Humaine Nature brille de son plus bel éclat afin de révéler à nos propres yeux comme aux yeux du monde profane la beauté et la splendeur de l’œuvre accomplie du G.A.D.L’U. que nous sommes et que la F M nous aide à retrouver.
Trois Fois Puissant Maître et vous tous mes FF M S en vos grades et qualités !
J’ai dit !