Le Maître Secret, premier enseignement…

Auteur:

P∴ P∴

Obédience:
Non communiqué
Loge:
Non communiqué


Mon très cher Frère, vous venez de faire vos premiers pas en loge de Perfection et à ce titre vous voilà accepté comme Maître Secret !



Maintes fois vous aurez à méditer sur ce que vous venez de vivre, sur les symboles livrés, sur le sens même de cette nouvelle étape.



Or la formulation « Maître Secret » est certainement et naturellement celle qui va susciter les premiers questionnements et donc des réponses dont on peut dire en premier abord qu’elles sont profanes, puisqu’elles consisteront en des définitions indiquées dans la plupart des enseignements du grade, mais que nous ne pourrons jamais considérer que comme fournies à titre indicatif. Non pas que ces définitions n’aient pas de valeur, mais c’est que la question ne doit s’adresser qu’à soi, dans l’intimité de sa méditation.



Et si la réponse est donnée, il n’y a plus de recherche !


Et c’est bien là le plus grave !



Elle aurait aussi un autre défaut, c’est qu’elle exclut d’autres réponses possibles. Et c’est aussi une difficulté si l’on songe que la question ne vaut que par l’effort de réflexion qu’elle provoque.



Il ne faut donc pas tomber dans le défaut des enseignements pratiques qui visent à obtenir une réponse en face de chaque question. Cet enseignement qui se pratique sans doute avec certains maîtres, mais aussi avec des dictionnaires, ou avec des ordinateurs, consistera à chercher des informations, mais écartera toute formation. En réalité, il convient d’exercer son esprit, et non de trouver une réponse. A la limite, il vaut mieux se tromper par un effort intelligent, que tomber juste par hasard.



Mais il y a une deuxième remarque à faire : quelle est la réponse juste, et y en a-t-il une ?


La Vérité n’est pas un objet, la Vérité est faite de toutes les Vérités qui sont élaborées à partir de l’esprit humain dans ses relations avec les choses, avec les êtres, avec le cosmos, et dans toute la mesure où le mot Vérité a un sens unique, il faut le considérer comme impliquant la conjonction de tous les possibles.


Ainsi donc, on ne peut dans les Ateliers maçonniques poser une question pour obtenir une réponse comme s’il s’agissait d’un catéchisme, ou plus exactement d’un manuel.


La question donc ne peut être posée que de soi à soi.


Aussi, à titre d’exercice de réflexion je vais essayer de vous apporter ma propre réponse.



Il est vrai que le secret est une information que l’on garde. Le mot “secrétaire” que vous aurez à étudier plus tard dans le cadre de votre progression est, pour le sens, très proche de celui que nous donnerions au mot “ coffre-fort ”. Si nous songions à en rapprocher la signification primitive du meuble – la plupart d’ailleurs avaient des tiroirs cachés.



Un secret, c’est ce que l’on ne dévoile pas. Mais on le connaît, et sa connaissance guide notre conduite, influence nos jugements et nous incite à prendre certaines attitudes que nous ne pouvons pas justifier aux yeux d’autrui, mais qui pour nous sont parfaitement fondées, précisément en raison de la connaissance que nous avons du secret.


Il est bien sûr d’autres aspects de la notion du secret, et en particulier celui qui confère à l’indicible, ou à l’informulable, ou au singulier absolu, le sens rigoureux que l’on rapproche de l’essence même, de l’unique, de ce mystère de la vie intime, et de la vie tout court, dont à tout prendre nous ne pouvons rien dire, bien que nous soyons l’enveloppe qui en porte l’essentiel.



Mais il s’agit ici de situer le terme dans le cadre d’une progression.



Il est vrai qu’Hiram est mort. Que des compagnons sont partis à la recherche de sa tombe. Qu’ils ont trouvé l’Acacia sur le tumulus. Et ceux qui savent où est la tombe d’Hiram sont détenteurs d’un secret. Cela leur confère une vertu, et sans doute des devoirs.


On comprend donc que le Maître Secret soit à la fois et un Maître en secret et un Maître détenant un secret.



Mais il y a plus et je conclurais là dessus !



Ceux qui savent doivent être nécessairement discrets sous peine d’être assaillis, harcelés et finalement condamnés, car savoir et pouvoir se confondent aux yeux du non initié, du profane.



Le Maître Secret ici n’est plus un symbole, c’est une réalité de la vie communautaire et celui qui sait n’est pas susceptible de communiquer son savoir sauf à ceux qui ont accès à sa science par de nombreux travaux d’approche.



Mon Frère nouveau Maître Secret, je te souhaite bonne route…

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