Confiance et Vérité

Auteur:

M∴ G∴

Obédience:
Non communiqué
Loge:
Non communiqué


« …N’accordez à quiconque une confiance aveugle, mais écoutez tous les hommes avec attention et déférence. Ayez la ferme résolution de les comprendre.


Respectez toutes les opinions, mais ne les déclarez justes qu’après en avoir fait vous-même un examen approfondi. Ne profanez pas le mot VERITE en acceptant le sens qu’en donnent les hommes et les institutions.


La VERITE absolue réside dans l’inaccessible et l’inconnaissable. L’esprit humain en approche sans cesse, mais ne l’atteindra jamais… » 



La confiance fait partie, pour l’homme, de l’état optimum de sa relation à l’autre. D’ailleurs qui accordespontanément sa confiance à quelqu’un ? Si jereconnais facilement comme Ftout Franc-maçon que je rencontre, vais-je pour autant accorder une confiance totale à ce qu’il peut me dire ou me proposer ? Lénine disait déjà que « La confiance n’exclu pas le contrôle » ; et encore s’agissait-il sans aucun doute d’actions ou de contacts pris dans le monde profane et d’actions entreprises en direction du monde matériel !


Quel pourrait être la meilleure marque de confiance dont un initié pourrait être la source ? Je n’en sais rien, mais dans le domaine de la recherche de la vérité, la prudence maximale devrait s’imposer avec encore plus de prégnance à celui qui reste tenté par la quête de la vérité.


L’écoute est l’attitude qui s’impose en priorité dans toute recherche de la vérité, en particulier lorsque cette recherche est une recherche conduite en commun par des hommes qui avancent avec prudence et parfois même avec circonspection. Saisir la réalité humaine, au plus près d’une pensée qui pose le doute comme fil d’Ariane, impose la plus grande prudence.


Rester prudent, en face de toute révélation ou de toute approche de ce qui est parfois présenté comme secret, devrait permet d’éviter les mouvements désordonnés de la conscience et du bon sens. Lorsqu’un groupe d’hommes (mais aussi de femmes) aborde une réflexion sur un sujet de haute spiritualité, impliquant l’examen des valeurs à travers un prisme culturel, une attitude faite de compréhension permanente s’impose car chacun, et à tout instant, car nous oublions que chacun reste saucissonné par ses savoirs, mais aussipar la parole de l’autre.


Qui est en avance, et qui est en retard ? Existe-t-il une heure exacte pour penser le monde ? Le monde est créé instantanément par le débat, par l’échange, et cette création – comme LA création – présente un risque majeur. Celui qui écoute n’accorde-t-il trop d’égards et de respect à son interlocuteur ? Est-ce qu’il sait bien que celui qui est là et qui parle n’est qu’un homme parmi les hommes ? Qu’une créature déterminée, non par l’accumulation de ses savoirs, mais tenu par les risques d’un mouvement qui le pousse à aller du haut vers le bas ? Et moi qui l’écoute avec déférence, je reste pour lui comme le miroir dans lequel apparaît en premier la marque de ce qui l’a mu vers moi. Son discours reste un transfert d’esprit à l’esprit qui conserve le sens univoque et spécifié de son discours. « Miroir, dis-moi … ! ». Nousdevrions tous savoir ce qu’il faut penser de ce que les miroirs reflètent !


Certes, il convient d’accepter l’existence d’un homme qui en pensant se pense, mais il ne faut pas placer hors de la vue que si nous devons le « com-prendre », il faut, bien entendu, le faire avec empathie pour la parole délivrée et acceptée, mais avec comme on dit, avec beaucoup de pincettes, car cette vérité est comme l’ »esprit » qui descend du ciel. Quel homme conscient omettrait de se mettre en garde en face d’un esprit qui descend ? Le théâtre en a fait l’un des ressorts de la surprise et le recours aux machines est là pour pallier les manques de la création scénique et dramatique. Elle permet peut-être de faire rêver, elle n’est jamais prise pour la vérité.


Tout esprit qui aime jouer au savant ressemble à la façon symbolique de donner son avis, mis en usage par les Docteurs de la Sorbonne au Moyen âge, qui « opinaient » en levant leur bonnet en l’air. Ce spectacle – sérieux à l’époque – prend rétrospectivement un aspect réjouissant. En particulier si on pense à l’état de la science, des consciences, de la culture, de la société de cette époque. Ces gens les plus sérieux, les plus sacrés de leur époque qu’en reste-t-il ?


Rappelons-nous que cette opinion, qui conserve encore pour nous une certaine valeur, vient de l’ »opinio » latine qui n’est que la fille de la « doxa » grecque. Il serait opportun de se souvenir aussi que cette doxa –cette opinion-, si importante pour les Grecs, nous a permis de forger les mots « orthodoxe » et « paradoxe » ceci pour souligner que la prudence la plus grande reste, aujourd’hui plus que jamais, de mise face à tout avis formulé dans la solitude d’une pensée.


La pensée peut-elle vider un secret de ses mystères, la parole aurait-elle le pouvoir de mettre au jour ce qui est vrai ? Certains répondront par l’affirmative, mais aujourd’hui, avec des instruments bien plus puissants que tous ceux que dont disposaient les Grecs et les Docteurs de la Sorbonne (et qui en leur temps ne manquaient pas de puissance) nous ne cessons de nous leurrer. Il convient de rappeler avec force que rien ne doit être tenu pour vrai sans avoir été vérifié et re-vérifié, observé et authentifié par plusieurs sources, et encore …


La vérité n’est ni profane, ni sacrée : elle varie ; et si elle titube parfois, elle est comme l’homme, on la cherche souvent et on la trouve rarement. Elle n’est jamais singulière par nature, elle existe toujours du côté du pluriel. Et pour être sûr de ne pas se tromper sans doute faudrait-il la dire obligatoirement au moins quatre fois.


Certes, il convient d’accepter l’existence d’un homme qui en pensant se pense, mais il ne faut pas placer hors de la vue que si nous devons le « com-prendre », il faut, bien entendu, le faire avec empathie pour la parole délivrée et acceptée, mais avec comme on dit, avec beaucoup de pincettes, car cette vérité est comme l’ »esprit » qui descend du ciel. Quel homme conscient omettrait de se mettre en garde en face d’un esprit qui descend ? Le théâtre en a fait l’un des ressorts de la surprise et le recours aux machines est là pour pallier les manques de la création scénique et dramatique. Elle permet peut-être de faire rêver, elle n’est jamais prise pour la vérité.


Tout esprit qui aime jouer au savant ressemble à la façon symbolique de donner son avis, mis en usage par les Docteurs de la Sorbonne au Moyen âge, qui « opinaient » en levant leur bonnet en l’air. Ce spectacle – sérieux à l’époque – prend rétrospectivement un aspect réjouissant. En particulier si on pense à l’état de la science, des consciences, de la culture, de la société de cette époque. Ces gens les plus sérieux, les plus sacrés de leur époque qu’en reste-t-il ?


Rappelons-nous que cette opinion, qui conserve encore pour nous une certaine valeur, vient de l’ »opinio » latine qui n’est que la fille de la « doxa » grecque. Il serait opportun de se souvenir aussi que cette doxa –cette opinion-, si importante pour les Grecs, nous a permis de forger les mots « orthodoxe » et « paradoxe » ceci pour souligner que la prudence la plus grande reste, aujourd’hui plus que jamais, de mise face à tout avis formulé dans la solitude d’une pensée.


La pensée peut-elle vider un secret de ses mystères, la parole aurait-elle le pouvoir de mettre au jour ce qui est vrai ? Certains répondront par l’affirmative, mais aujourd’hui, avec des instruments bien plus puissants que tous ceux que dont disposaient les Grecs et les Docteurs de la Sorbonne (et qui en leur temps ne manquaient pas de puissance) nous ne cessons de nous leurrer. Il convient de rappeler avec force que rien ne doit être tenu pour vrai sans avoir été vérifié et re-vérifié, observé et authentifié par plusieurs sources, et encore …


La vérité n’est ni profane, ni sacrée : elle varie ; et si elle titube parfois, elle est comme l’homme, on la cherche souvent et on la trouve rarement. Elle n’est jamais singulière par nature, elle existe toujours du côté du pluriel. Et pour être sûr de ne pas se tromper sans doute faudrait-il la dire obligatoirement au moins quatre fois.


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