Le chemin du Devoir conduit à la Vraie Lumière

Auteur:

Y∴ B∴

Obédience:
Non communiqué
Loge:
Le signe du Secret - Orient de LIBOURNE

A la Gloire du Grand Architecte de L’univers
Deus Meumque Jus
Rite Ecossais Ancien et Accepté
Ordo ab Chao
Au nom et sous les Auspices du Suprême Conseil de France
Liberté Egalité Fraternité

Le Devoir :

Dans une planche précédente je vous avais donné mon interprétation du Devoir. « Celui-ci consiste en conscience à vivre dans l’harmonie de nos paroles et de nos actes, sans attendre de récompense en retour et sans craindre de sanction ». Cette harmonie est la clef qui nous donne l’accès à notre vie intérieure afin de nous perfectionner et devenir ainsi ce que nous sommes.

Pour moi Franc-maçon, accomplir mon Devoir, c’est construire l’homme spirituel responsable de lui-même et qui pense par lui-même. C’est cheminer sans cesse vers cette Vraie Lumière incarnée par Hiram, initié parfait, et modèle idéal, mort par fidélité à son Devoir et non par Devoir.

Agir conformément à mon Devoir, c’est me soumettre à l’approbation de ma seule conscience. Au fond de chacun d’entre nous, nous avons tous quelques soient nos origines, cette état de conscience qui nous révèle le bien et le mal.

Etat transitoire d’une conscience en éveil permanent pour les chercheurs que nous sommes.

Agir par Devoir, c’est me soumettre à des obligations admises mais pas nécessairement comprises.

C’est obéir à une puissance ou une autorité transcendante qui me prive de ma liberté de conscience.

La connaissance ultime du Devoir est la parole perdue, ce qui explique qu’il est plus facile de faire son Devoir (c’est à dire agir par devoir) que de le connaitre (c’est à dire agir conformément à mon Devoir).

Partir à la recherche de la parole perdue n’est pas pour autant peine perdue.

L’accession à la connaissance parfaite et complète du Devoir m’apparait comme une utopie. C’est pour cela que l’initié est sur le chemin du Devoir. Cette notion de chemin sous entend qu’il n’y a pas de limite. Le chemin ne s’arrête pas car il est le guide et la méthode pour partir à la recherche de cette Vraie Lumière.

Lumière et Vraie Lumière

Mais qu’elle est-elle cette Vraie Lumière ?

D’abord si l’on admet qu’il existe une Vraie Lumière cela suppose qu’il existe une Lumière qui n’est pas vraie. Ce qui est mon cas !

La Lumière (avec un grand L) se rapporte à l’absolu, à l’origine, à l’infini. Elle relève d’un principe que la condition humaine rend inaccessible. Les religions, les philosophies et la science sont autant de constructions humaines qui n’ont pu aboutir à l’universalité de la Vérité. Seule la voie spirituelle me semble être une possible passerelle pour accéder à ce monde invisible, hypothétique, antichambre de cette Lumière originelle. Je ne vois pas de limite à la puissance de l’esprit humain. Seule notre propre définition de la spiritualité me paraît en limiter la portée – Je veux donc voir une lueur d’espoir –

La Lumière est par essence exotérique. Extérieure à nous même, elle s’apparente à une Loi universelle, à la parole perdue. Elle émane de nos symboles et en particulier du Volume de la Loi Sacrée, de l’Equerre et du Compas (les 3 grandes Lumières de la franc-maçonnerie). Elle émane de nos rituels. Elle émane aussi de chacun d’entre vous et plus généralement de tous ce qui va éclairer ma conscience. Son caractère est transcendantal. Cette Lumière surnaturelle relève suivant les croyances ou convictions de chacun, soit du principe, soit du sacré, soit du divin. Pour ma part, elle appartient à une conception humaine inapte et impuissante à dépasser l’élaboration de sa propre pensée. Cette pleine Lumière intense, transcendante et inaccessible se trouve peut-être derrière la porte de la mort biologique souvent symbole du passage vers un au-delà hypothétique et mystérieux – A chacun de voir – Mais attention de ne pas se faire éblouir trop tôt.

La Vraie Lumière est par contre d’origine ésotérique – C’est ma vérité, ma réalité essentielle. Elle se nourrit de la Lumière exotérique mais ne ce révèle que part l’alchimie de l’initiation. La Lumière éclaire mon chemin, la Vraie Lumière me conduit sur le chemin. La vraie Lumière est immanente, source de vie, l’origine est en nous. Elle nous invite à sortir de notre Temple intérieur pour agir ici et maintenant. C’est mon Devoir, et non une contrainte ou une obligation. Sur le chemin du Devoir la Vraie Lumière conduit à l’amour de la vie terrestre, à l’amour des autres, à l’amour tout simplement.

La Vraie Lumière, à mon sens et celle qui jaillit de mon égo quand la gangue de mes imperfections se fendille.

A moi de ne pas me laisser leurrer par l’éclat trompeur d’une forme de vérité confortable, facile et accessible qui se cache derrière la bonne conscience acquise dans le regard complaisant des autres.

Souvenons nous du miroir !

A ce stade de mon parcours initiatique, j’assimile la Vraie Lumière à ma Vérité. Peut être existe-t-il une Lumière ou une Vérité absolue, mais si tel est le cas, l’une, comme l’autre, comme je viens de le dire, me semblent inaccessibles à la finitude de ma condition humaine. Alors, je chemine en quête de l’inaccessible, persuader qu’aucun d’entre nous n’est capable de contempler cette « Lumière/Vérité » dans son ensemble, mais que chacun d’entre nous est capable d’en détenir une parcelle. Parcelle qu’il convient de nourrir et développer telle une boule de neige que je roule sur un champ de neige infini.

Je n’ai pas l’intention de laisser ma vie fondre comme neige au soleil !

Ma Vraie Lumière est là qui m’attend ici et maintenant !

Attiré part les hautes sphères de l’esprit, je reste cependant un homme d’action et de réalité, amoureux de la vie et dont la recherche de la compréhension du sens a pour seul but le simple accès au bonheur.

En ce sens, mon engagement dans la réalisation de l’objectif de la Franc-Maçonnerie tel que défini par la Grande Loge de France au chapitre premier de notre Constitution, à savoir :

« La Franc-maçonnerie a pour but le perfectionnement de l’Humanité. A cet effet, les Francs-Maçons travaillent à l’amélioration constante de la condition humaine, tant sur le plan spirituel et intellectuel que sur le plan du bien- être matériel ».

Participe pleinement à ma quête du bonheur.

Le chemin du Devoir

Les premiers degrés m’ont permis par la maitrise même approximative de l’ouvrage, de façonner cette petite boule de neige qui demande qu’à croitre par mon travail et ma persévérance. Je suis sur le chemin du Devoir qui m’entraine à toujours pousser plus loin cette boule de Lumière même si cela devient de plus en plus difficile. Même si le chemin se rétréci et la pente s’accentue.

Le chemin du Devoir, c’est le Devoir d’être.

Je suis mon seul juge et mon Devoir est de capter cette Vraie Lumière qui m’éclairera sur ce que je suis réellement. Pas pour me changer, car je suis et reste ce que je suis, mais pour mieux me connaître afin que, ce que je pourrai appeler mon « être supérieur » prenne le contrôle sur cet « être inférieur » construit dans le chantier d’un monde profane ou prédomine l’apparence du monument alors même que les fondations peuvent se révéler terriblement instables.

Ce chemin du Devoir, tortueux, souvent abrupte n’est cependant jamais dangereux.

En effet, notre méthode d’initiation par la progressivité de nos rituels constitue à mon sens un garde fou qui nous protège de nous même. Cependant, la maçonnerie dans sa méthode ne relève pas d’une pratique thérapeutique basée sur la psychologie voir la psychiatrie. Elle s’adresse à des hommes sains d’esprit (libres et de bonnes moeurs) qui viennent chercher en loge à appréhender les mystères de la vie pour mieux en comprendre le sens.

La maçonnerie n’est pas une béquille destinée à mieux supporter notre quotidien et parfois compenser ces agressions. Elle nous propose un cheminement vers le centre de nous même, vers notre essence mais sans nous en imposer le chemin. Il revient à chacun de le tracer. Dans les premiers degrés, il ne s’agit que de suivre une direction. En progressant, le niveau de conscience s’élève, l’esprit apprivoise la matière que j’apparente à la raison. Tel le compas sur l’Equerre, il s’appuie dessus pour nous révéler la Loi morale contenu dans le volume de la Loi sacrée. Ainsi les trois grandes Lumières de la Franc-maçonnerie nous accompagnent au 4éme degré sur le chemin du Devoir qui conduit à la Vraie Lumière. Cette Vraie Lumière intime et profonde qui commence à paraître mais qu’un simple voile soumis aux quatre vents de la vie tumultueuse d’un simple profane peut opacifier jusqu’à nous faire sombrer dans les ténèbres.

Ces ténèbres ou règne l’ego, l’orgueil, l’ignorance, l’ambition, le fanatisme et tant de travers qui font aussi de moi ce que je suis. Mais la franc-maçonnerie, véritable religion du travail, me permet si j’ai le courage et la persévérance, de poursuivre sur mon chemin du Devoir sans m’attarder ou m’égarer sur les sentiers fleuris du prêt à penser où les préjugés scintillent d’idées lumineuses qui brillent d’un éclat trompeur. Cette fausse lumière par opposition à la Vraie Lumière objet de la présente planche trouve sa source dans le confort d’une paresse spirituelle. Ceci met en évidence la difficulté de mon engagement et peut être mes propres limites, que ce travail aura je l’espère permis de faire reculer ne serait-ce qu’un trait de Lumière plus loin.

TFPM, j’ai dit,

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