Le sceau du secret

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Le sceau : selon Larousse « le cachet dont l’empreinte est marquée sur de la cire pour donner un caractère authentique à un acte ». Le sceau donc officialise, authentifie aux yeux de tous. En loge de perfection on vient accomplir « un nouvel apprentissage »…« mais avant tout, vous devez savoir que la discrétion maç…est encore plus stricte au 4ème degré. Pour vous manifester le symbole, nous allons vous clore les lèvres avec le sceau de Secret ». C’est à ce moment que le 3 fois puissant M descend pour placer ma main droite sur le coeur et appuie le sceptre sur mes lèvres.

1) Le Sceau de Salomon

Le 3 fois puissant M représente le Roi Salomon, je ne peux que songer au sceau de Salomon : Selon la tradition juive, islamique, et chrétienne le sceau de Salomon était un anneau magique que le roi Salomon était censé avoir possédé, et qui lui donnait simultanément le pouvoir de commander les démons et les génies ou de parler avec les animaux. Dans certaines versions de l’histoire, l’anneau était fait de fer et de laiton, serti de quatre joyaux, avec le nom de Dieu gravé sur lui. On déduit donc que le sceau est intiment lié à la notion de sacré et de secret. Mais de quels secrets s’agit-il ? Dans le rituel il est question de discrétion, donc nuance avec le secret.

2) Discrétion ou secret ?

La question est de savoir ce qui relève en maçonnerie du secret ou de la simple discrétion nécessaires à la sérénité des travaux. Le secret naît avec l’initiation, il est absolu ; avant d’être un contenu perceptible, un savoir ou une connaissance, le secret est un engagement (sous serment) au 4ème degré on parle d’alliance. Cette alliance est bien plus qu’un serment, c’est une véritable « union » dans la quête avec tous les autres fr.

D’un point de vue pratique, il est le fruit d’une nécessité historique; une manière pour l’obédience d’assurer sa pérénité. La discrétion consiste au franc-maçon au choix de se dévoiler ou de ne pas le faire.

M’interrogeant sur le secret maçonnique, je me souviens de ce proverbe d’un soufi qui dit « les aveugles ont besoin de yeux, pas de lumière ». Autrement dit il n’existe pas de lumière pour qui ne peut ou ne sait la voir. Le secret maçonnique est aussi et peut être essentiellement une construction intérieure, personnelle et intime. Une construction qui ne s’enracine pas simplement dans le domaine du conscient mais une construction qui vient puiser ses sources plus profondément en nous, il est notre propre expérience : une spiritualité intime.

Il ne se transmet pas, en tout cas par le biais du langage, car il ne s’acquiert pas par le langage. Il se forme par le travail profond du rituel sur le franc-maçon, un travail lent et continu. Chaque frère vit une maçonnerie qui lui est singulière.

3) Le secret maçonnique ou les 4 S : secret-sacré-sacrifice-silence

Il existe une grande proximité étymologique entre les mots « sacré » (sacratum) et « secret » (secretum) : il s’agit dans l’un et l’autre cas de ce qui est mis à part. La même proximité existe avec le mot sacrifice : sacrifier, c’est « sacrum facere », rendre sacré l’objet du sacrifice. Maître Hiram nous en donne la meilleure illustration en allant jusqu’au sacrifice suprême pour protéger ce qu’il considère comme sacré. Ces mots « secret », « sacré » et « sacrifice » s’accordent et se complètent dans leur signification respective. Le sacré sans secret, comme le sacrifice sans secret n’existent pas.

« Le devoir est pour nous aussi inflexible que la Fatalité » « La route du Devoir mène sûrement à la Vérité… » Le Devoir s’accompagne souvent du sacrifice, donc du sacré et du secret…

Le secret sert à protéger l’accès à une connaissance, ici sacrée. Tout savoir initiatique est sacré, il doit être transmis, il ne peut être ni donné, ni inventé : l’histoire des mauvais compagnons nous montre qu’il est vain d’avoir un secret, car il faut être prêt c.à.d. que le secret est dans l’être et non dans l’avoir (le faire ou le paraître).

La mort de Maître Hiram est le fruit malheureux de la confusion entre l’être et l’avoir. Passer de l’avoir à l’être, c’est passer de l’équerre au compas, de la matière à l’esprit, du carré au cercle ou de la terre au ciel. C’est ce qu’indique Maître Hiram aux mauvais compagnons lorsqu’il est menacé : « travaille, persévère et tu seras récompensé », il les pousse à agir pour être.

Qui voyage ainsi avec vous M des cér ? Des V M qui cherchent La Parole Perdue. Est perdu, ce qui est devenu invisible, mais qui continue à être, sans que nous en ayons connaissance. C’est parce que la réponse existe, quelque part en nous, que nous la transformons en question. Et, quelle que soit la réponse, elle ne peut être que symbolique. Le moindre mot qui tenterait de la définir, la détruirait.

Un proverbe chinois dit que : « Donner du poisson à un homme, c’est le nourrir momentanément, mais, lui apprendre à pécher, c’est le nourrir toute sa vie ». Pour la démarche initiatique, cette parabole peut s’appliquer. Ce n’est pas en lui révélant le secret, que l’homme retrouvera la Parole Perdue, mais en lui apprenant à chercher et à méditer. Pour méditer, il faut faire silence et vivre dans un monde spatio-temporel, où l’Etre intérieur et l’Etre extérieur s’unissent en une oeuvre parfaite, dans une dimension supérieure.

Ce n’est que lorsqu’on est silencieux à l’extérieur et à l’intérieur, jusqu’au fond de son être, que l’on peut voir, provenant de ce silence, comment notre pensée du monde prend forme. De ce silence : La Parole pourrait surgir, comme un écho venu de très loin, de là où nous étions jadis…et que nous avons oublié…ce que nous avons été. Ce silence profond fait peur au début, finalement on comprend la nuance entre vide et néant : ce silence s’apparente à du vide (c’est vrai) mais un vide vivant : Vacuité.

Le silence profond est ce qui permet d’apaiser le mental, de dissoudre l’égo, de transcender son être et d’accéder à son : SOI ie au centre là où on ne peut se perdre. Le plus dur est d’y résider dans cet espace sacré – secret – sacrificiel – et silencieux : ie son centre, son Soi (son Moi transcendé).

Pour moi le sceau du secret est une synthèse du silence, du sacré, du sacrifice et du secret : symbole puissant qui nous révèle notre véritable essence et état d’être en résident véritablement dans l’être. Les 4 voyages le stipule si bien.

4) Les paradoxes du 3ème degré : Du 3ème degré germe deux paradoxes :

– Le 1er est que le compagnon imite le drame vécu par Hiram et se substitue à un M alors qu’il n’est pas encore M.

– Le second qui découle du 1er, il est dit « Le M reparait aussi radieux que jamais…et qu’il renait dans la personne du nouveau fr », alors dans ces conditions « la Parole et la Lumière qui nous éclairait » est retrouvée ; alors pourquoi le M M recherche t-il encore
la Parole ?

Ce double paradoxe peut être levé en considérant Hiram non comme un homme mais essentiellement comme une Connaissance, un état initiatique non auquel on vient d’y accéder mais au contraire qu’il nous faut retrouver ici et maintenant afin d’achever la construction du temple.

Le 3ème degré est un grade du M en « devenir » et d’ignorance des plans et ainsi que d’une prise de conscience importante : la connaissance réelle d’une chose nécessite une identification à cette chose : Connaitre c’est Être (par le Faire) ie pour connaître Hiram, il faut être Hiram
et mettre ses pas dans Ses pas.

Le M S, le chercheur de l’Architecte, n’est lui-même qu’un « architecte en devenir ». Souvenons nous qu’un cercle ne peut être tracé qu’à partir de son centre et que c’est ce centre et lui seul qui donne son existence et sa réalité à la circonférence et non l’inverse. C’est la Parole centrale qui donne sa raison et son but à la recherche (sous le sceau du secret) et non le contraire, autrement cela reviendrait « à prendre les mots pour des idées ».

5) Conclusion :

Le secret et le silence imposé par le Roi Salomon (le Roi du centre, du Saint des Saints) à l’aide du sceau et en mettant ma main droite sur le coeur est une mise en harmonie et le témoignage d’un sceau Royal qui ne peut être rompu que par un autre Roi : Hiram ou La Lumière même que je porte dans mon coeur. « Je vous couronne de Laurier et d’Olivier, dans l’Espérance de vos succès futurs et de votre ultime victoire ».

Mais pour l’instant en tant que M S je me situe devant le Saint des Saints ie symboliquement. Le Centre, malgré la possession de la clé d’ivoire pour y accéder ; mes yeux sont voilés et je ne perçois pas encore le Saint des Saints, le Centre.

Comment ôter ce voile ? Comment accéder au Centre, à Hiram, au Saint des Saints ? La réponse est donné par le rituel « si vous voulez trouver la vraie Lumière et la Parole Perdu, inclinez-vous devant notre autel sacré, contractez une sincère alliance avec nous, prenez
l’obligation de garder fidèlement les secrets et de remplir les devoirs du 4ème degré ».

« Rien ne sort du Centre » ; cette inclinaison est la clé du grade, la clé de la Resplendir ZIZA. Clé pouvant ouvrir les portes de l’inconnu vers la Connaissance mais aussi fermer d’autres portes en garantissant l’inviolabilité de ce qui doit être scellé.

Cette soumission volontaire de la raison au coeur est une véritable dés-identification totale au système corps-mental ; c’est l’invitation à la perception de l’Unité dans le multiple et le multiple dans l’Unité ; c’est la perception de sa propre et véritable essence en tant que grain de conscience (personnelle et témoin de la manifestation) dans la trame et l’océan de la Pure Conscience (l’Absolu, le non-manifesté). Transcender la 1ère vers la seconde revient à tourner la clé d’ivoire de la porte du Saint des Saints. Je citerai un extrait des Sermons de Maitre Eckart : « Trois choses nous empêchent d’entendre la Parole Eternelle. La première est la Corporalité. La deuxième est la Multiplicité ; Et la troisième, la Temporalité ».

Vivre c’est tenter d’être heureux avec ce qu’on est et ce qu’on a, sur le chemin rêvé et tracé par nos ainés. En surmontant ces trois choses, on habiterait dans l’Eternité, on habiterait dans l’Unité et dans l’Absolu. Et là, sous le Laurier et l’Olivier, le Devoir accomplit, la Paix dans l’âme on entendrait la Vérité et la Parole Eternelle.

Trois fois puissant M et vous tous mes Fr M S.

J’ai dit.

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