Clé d’ivoire et balustrade
S∴ G∴
A LA GLOIRE
DU GRAND ARCHITECTE
DE L’UNIVERS
ORDO AB CHAO – DEUS MEUMQUE JUS
Le C est passé de l’Equerre au Compas lors de sa cérémonie d’élévation au grade de M.
La L toute entière s’est relevée par les 5 points parfaits de la maitrise.
Nous sommes passés de l’horizontale à la verticale, et c’est dans la projection planaire de cette loge verticalisée que le M demande à progresser dans le rite REAA.
Cette L dans laquelle le M effectue 4 voyage à l’aide d’une marche serpentine, effectuant des aller-retours entre la balustrade et Adonhiram, sans toutefois la franchir.
Au cours de cette cérémonie de réception au grade de M S, le M reçoit une clé d’ivoire et la couronne de Laurier et d’Olivier.
Cette dernière, symbole de la réussite, sous-entend que le TFPM qui nous la remet nous fait confiance à l’avance de notre réussite.
Mais notre réussite de quoi ?
Quel est le but du M S à ce grade ?
Et quel usage doit-il faire de cette clé ?
Pour répondre à cette question, je vous propose mes F F M S de s’attarder quelques instants sur celle-ci. Il s’agit donc d’une clé d’ivoire, dont le panneton est en forme de Z, forme complexe qui est sensée ouvrir une porte, mais laquelle avec cette forme complexe ?
Parlons justement de cette complexité de Z. Ceci n’est pas sans rappeler un domaine mathématique, les complexes, dont le nombre complexe Z s’exprime par z=x + iY ; x étant la partie réelle, y la partie imaginaire pure. On y voit ainsi dans cette dualité de membres (x,y) une analogie matière, réelle, et esprit, lié en quelque sorte à quelque chose de non matériel, et par extension, se rapprochant de l’imaginaire. Il s’agit ici d’une association qui intrinsèquement inspire l’échange entre ces deux membres, entre la matière, représentée par l’Adonhiram et la séphirah Malkout et le spirituel, représenté par le Roi salomon et la Sephirah Keter, échange prenant forme d’éclair, forme de Z !
Nous retrouvons donc ainsi les échanges ou aller-retours effectués par les M M lors des 4 voyages de la cérémonie de réception au 4ème degré.
Mais revenons à ce principe de clé, qui voudrait que l’on puisse en faire l’usage pour une ouverture. Une ouverture de quoi ? De quel principe parlons-nous ? De l’ouverture d’esprit surement, pour commencer. Car pour chercher à l’intérieur de nous, il nous faut ouvrir nos chakras. Il nous faut chercher au fond de nous les défauts afin de s’en acquitter, tel que nous le suggère la phrase VITRIOL dans le cabinet de réflexion. Le M S doit donc chercher en lui ces vices et ces passions afin de s’en affranchir (affranchissement / franche / Franc-maçon…)
Car si cette clé au panneton spécial doit ouvrir quelque chose un jour il nous faudra nous en montrer digne. Mais plus concrètement, de quel passage mystérieux parlons-nous en évoquant l’ouverture grâce à cette clé.
La porte symboliquement infranchissable au 4ème degré qu’est la balustrade (rituel lors de la cérémonie, le T F P M dit : « 1 jour il lui sera possible de passer »).
Cette balustrade représente nos passions et nos préjugés qu’il faut donc vaincre, tel que nous venons de l’évoquer…
L’accès à la balustrade sera possible grâce à la clé d’ivoire qui nous est transmise lors de la réception au 4ème degré.
Nous détenons donc dès la réception à ce grade l’élément qui nous permet de franchir la balustrade. Mais nous ne savons pas encore nous en servir. Elle est en nous, dans notre cœur (position au bout du cordon, su notre cœur / matière organique qu’est l’ivoire), et son panneton en forme de Z qui est la première lettre du mot de passe du M S.
Le Z du panneton est également la première lettre du mot balustrade en hébreu : Zizon.
Or, n’oublions pas que la loge au 4ème degré doit également être considérée en tant que représentation symbolique du Temple de Salomon.
Nous avons donc franchit le parvis, et sommes rentrés dans le sanctuaire. Nous nous retrouvons devant le Saint de Saints, séparé par la balustrade…
Le sanctuaire du temple, représente la conscience de l’homme ; c’est la partie la plus concentrée de son être ; elle peut seule concevoir la grandeur et l’immensité de Dieu. La balustrade représente la raison qui préserve la conscience des funestes effets des préjugés vulgaires et fanatiques. La clé du sanctuaire, est le symbole de l’intelligence, qui, en éclairant la conscience, permet à l’homme d’arriver jusqu’à la vérité, qu’il concentre en lui-même dès qu’il en a la conviction la plus intime ; d’où il résulte que la conscience, figurée parle sanctuaire, est, comme le saint des saints, un asile sacré où personne n’a le droit de pénétrer.
Sépare virtuellement le débir de l’hékal
Ziza signifie resplendeur. Il s’agit peut être ici de celle qu’évoque le Saint des Saints. Lieu qui abriterait la lumière divine, et serait donc la demeure de Dieu. Cette lumière divine qui n’est pas sans évoquer la Shequinah.
Shequinah (שכן ) veut dire littéralement être installé, habiter ou résider, et est employé dans la Bible hébraïque.
Ce terme est donc utilisé pour évoquer la présence de la lumière divine dans le saint des saints, étroitement lié à la présence de l’Arche d’Alliance.
On nous transmet donc le mot de passe et la clé qui nous permettrai de franchir la balustrade (et donc de s’affranchir de nos démons que sont nos passions, nos préjugés, et plus globalement l’ensemble de nos vices) et rejoindre le saint des saints ?
Pour cela, il nous faut appréhender la signification de cette resplendeur qu’évoque le mot de passe, ainsi que l’usage de cette clé d’ivoire.
Cette clé est une clé ésotérique. Eso, qui veut dire intérieur, il s’agit donc d’une clé intérieure.
A l’intérieur de quoi ?
C’est une clé qui réside à l’intérieur de chaque maitre maçon, dont la présence contre le cœur porté par le M S rajoute une symbolique d’animation positive de l’être. Le cœur rappelant la générosité, l’amour (l’amour de nos frères, de l’humanité) et tant d’autres sentiments positifs. Le cœur peut également contribuer à la passion. La frontière étant alors mince entre amour de l’autre et passion que l’on doit vaincre… Là encore, la clé réside en nous…
Cette clé intérieure ouvre le passage pour traverser la frontière entre l’Hekal et le Débir matérialisé par cette balustrade, mais également une porte intérieure. Rappelons que la loge au 4ème degré est la représentation verticale de la chambre du milieu, espace sacré dans lequel le compagnon est élevé au grade de Maitre. Chambre du milieu, n’est-ce pas non plus sans rappeler ici que la pièce centrale du Temple, l’hékal, entre l’Oulam et le Débir, correspond également à la chambre intérieur de l’être dans laquelle chaque Franc-Maçon doit construire son Temple…intérieur ?
La clé n’ouvre-t-elle pas dans ce cas la porte intérieure, respectant l’aphorisme « la porte est en dedans », que l’on retrouve au-dessus de la Chapelle de Tréhorenteuc, la Chappelle du Graal ; évoquant peut être ainsi une analogie entre la symbolique de la quête du Graal et la recherche de perfection personnelle afin de répandre celle-ci de manière universelle en rayonnant autour de soi ?
Cette porte intérieure ne pourrait donc être ouverte que par la clé en ivoire parce qu’elle se trouve à l’intérieure, dans la boite en os, matière organique identique à celle dont est constituée la clé. La boite en os, représentée par l’intérieur de la bouche, dont les limites symboliques sont en dessous le larynx sur lequel nous apposons le tranchant de la main à l’ordre d’apprenti, et les lèvres en position supérieure, closes par les deux doigts du serment du secret du M S…
Ainsi nous avons, M S, la clé en nous pour franchir cette balustrade, barrière spirituelle représentée dont les barreaux ne peuvent être franchis pour le moment, tels les barreaux d’une cellule de prison, image du F prisonnier de ces vices dont ils doit s’acquitter pour continuer sa progression vers le saint des saints…
Barreaux qui peuvent également suggérer ceux d’une échelle posée à l’horizontale, qu’il nous faudrait délivrer à l’aide de notre clé afin de l’utiliser pour s’élever.
Ainsi cette échelle serait l’outil d’élévation vers le Divin, dont la demeure dans le Temple réside dans le Saint des Saint, échelle qui n’est pas sans rappeler celle de Jacob.
Cette échelle est le
symbole d’échanges entre le ciel et la terre, de
par le mouvement ascendant et descendant des Anges qui la parcourent.
Cette échelle, dont le nom hébreu est Soulam,
présenté la même valeur
numérique que le mot Sinaï, nom du mont sur lequel
Moïse reçu les tables de la loi.
Ceci évoque indirectement le Temple de Salomon, dont le
Saint des Saint représente sur Terre la maison de Dieu.
Dans la religion Chrétienne, Le Christ représente lui aussi la liaison entre le Ciel et la Terre :
Evangile selon St Jean 1 : 51. Le Christ est vu comme l’échelle reliant le Ciel et la terre, étant à la fois le Fils de Dieu et le Fils de l’Homme.
Cette balustrade représente donc une barrière spirituelle, qu’il nous faut apprendre à surmonter en s’affranchissant de nos passions et de nos vices, afin de pouvoir progresser vers la lumière.
Cependant, plusieurs représentations du Temple de Salomon évoquent non pas une balustrade, mais un voile, séparant l’Hékal du Debir.
Ce voile, nous le portions sur les yeux lors de notre cérémonie de réception au 4ème degré.
Il nous fut enlevé pour voir pleinement la lumière. Mais la voyons nous pleinement en notre qualité de M S ?
N’avons-nous pas à travailler en notre Temple intérieur afin de lever le voile et être habilité à franchir la balustrade ?
La clé réside en nous…
J’ai dit T F P M