La Batterie du Grade au 4ème degré

Auteur:

J∴ M∴ C∴

Obédience:
Non communiqué
Loge:
Non communiqué

Le 6+1 = 7, nombre de coups de la batterie du quatrième degré semble être un ensemble qui ne parait exister que pour ce qu’il induit même si certains auteurs considèrent que l’exercice est faux. Pour ceux-là, chaque nombre ne peut exister qu’en tant quel tel (1), seul représentatif d’une essence unique caractérisant l’objet ou l’être associé lié par un nom unique significatif de sa nature véritable.

Peut-être… En tous cas, si le chiffre 1 et le chiffre 7, sont en tant que tels omniprésents dans une quantité de symboles de par le monde en général et dans la Maçonnerie en particulier, le chiffre 6 par contre, n’est, quant à lui, que très peu présent dans la symbolique universelle (2) et ne semble n’y avoir guère de présence quoi que bien longtemps avant nous, les Babyloniens l’ait quand même associé à Ishtar, la déesse-mère aux multiples rôles (3).

La Maçonnerie ne fait guère référence au chiffre 6 et il est peu présent dans nos rituels. On ne le trouve guère que dans deux symboles – néanmoins importants – l’Etoile Flamboyante, avec les 5 côtés de la figure, associés à la lettre G en son centre et dans l’hexagramme appelé Sceau de Salomon, ou Etoile de David.

Ce dernier, avec ses deux triangles imbriqués, représente symboliquement le monde d’en haut et le monde d’en bas ; on y perçoit le Masculin et le Féminin, le principe Actif et le Passif, le Feu montant et l’Eau descendante. Les deux triangles réunis en une étoile à six rayons, semblent désigner l’un la Matière qui monte vers l’Esprit, et l’autre l’Esprit qui descend vers la Matière. On y pressent la recherche de l’harmonie entre le Créateur et sa créature dans ces deux substances qui se complètent grâce à ces deux forces : « Ce qui est en Haut est comme ce qui est en Bas ; ce qui est en Bas est comme ce qui est en Haut ». dit le deuxième précepte dit « de Correspondance » de l’Hermétisme.

Le 6 se rapporte aussi aux 6 directions de notre espace Maçonnique : les 4 points cardinaux qui, avec le zénith et le nadir – le monde d’en haut et le monde d’en bas – ne constituent pas l’espace des physiciens mais celui, maçonnique qui est devenu le nôtre. Les Amérindiens feront un clin d’œil complice aux Maçons en associant le chiffre 6 avec ces mêmes coordonnées cosmiques de l’Homme.

Dans l’alphabet hébraïque, la 6ème lettre « Vav » y a aussi son importance car elle est constitutive du mot sacré – le nom de Dieu seul connu du Grand Prêtre du Temple de Salomon, ces héritiers d’Aaron, premier titulaire de la fonction, à laquelle il avait été nommé par Dieu lui-même.

Et puis il y a le Tarot : Le 6ème arcane est celui de l’Amoureux. Cet arcane indique les deux voies divergentes qui conduisent vers la réalisation du Grand Œuvre : l’une est sèche, l’autre humide. Le choix entre ces deux méthodes dépend de l’Adepte. Le jeune personnage qui se trouve placé entre les deux femmes qui le sollicitent se trouve en effet au carrefour de deux routes et il doit s’engager dans un chemin, lequel dépend naturellement de son état de conscience ou d’âme, de ses sentiments; car ce sont sur ces derniers, tout d’abord que les premières épreuves vont se manifester. L’Ange qui dirige sa flèche vers le cœur du jeune homme nous le confirme : « Méditez bien sur le sens ésotérique de cette flèche » nous indiqua Fulcanelli. L’Adepte doit renoncer aux choses terrestres car rien n’est possible sans une sublimation de ses sentiments vers les plans supérieurs.

Le chiffre 7 est, quant à lui, omniprésent dans la symbolique universelle et lors de nos premiers pas en Maçonnerie, nous avons déjà rencontré les 7 marches du Temple et les 7 arts libéraux (4).

Pour revenir au Tarot, l’arcane 7, celui du Chariot, représente la marche progressive des opérations préliminaires avant même d’atteindre la séparation des mixtes. Il représente l’évolution de la « Materia Prima » contenant les deux principes androgynes, les deux polarités qui tendront à se séparer par la suite.

Chez les Juifs on y trouvera le chandelier à 7 branches, les 7 prêtres portant 7 trompettes qui durent, le 7ème jour, faire 7 fois le tour de la ville de Jéricho lors de sa prise ou Joseph qui rêva de 7 vaches grasses et de 7 vaches maigres.

Pour les Chrétiens on retrouvera par exemple les 7 péchés capitaux (5), les 7 jours de la création, les 7 sacrements (6) ou les 7 piliers de la sagesse (7) et d’innombrables références dans l’Apocalypse. Le groupe 6 + 1 de la batterie évoque immédiatement les 6 jours de la création + le jour de repos que pris le Créateur en contemplant son œuvre. Le 6 en désigne une partie, qui, avec le 1 du jour de repos forme le 6+1 représentant le Tout. Mais si le créateur s’est reposé le septième jour alors il désigne non la perfection mais le perfectible car ne sommes-nous pas ici pour parfaire très humblement et très modestement l’œuvre du G A D T L M ?

Chez les Grecs il y aura dans l’histoire les 7 portes de Thèbes et les 7 sphères célestes de Ptolémée et dans la mythologie les 7 fils et filles de Niobé.

Pour l’Islam, ce seront les références aux 7 tours de la Kaaba des pèlerins de la Mecque, aux 7 cieux, aux 7 terres et 7 mers, aux 7 divisions de l’enfer ou aux 7 versets de la Fatiha…

Le Bouddha naissant avait quant à lui, mesuré l’univers en faisant 7 pas dans chacune des directions de l’espace.

On retrouvera aussi de multiples références dans d’autres traditions de part de monde depuis les Hindous avec par exemple les 7 chakras majeurs (8) ou les 7 rayons du Soleil, en passant par les Mayas (9), les Incas (10), les Dogons (11) d’Afrique et jusqu’aux Tatars d’Asie Centrale (12).

Plus prosaïquement, nous connaissons les 7 jours de la semaine, les 7 sept couleurs de l’arc-en-ciel, les 7 notes de la gamme diatonique et les 7 nains de Blanche Neige ou de la fratrie du Petit Poucet.

Et puis il y a les enseignements des Hermétistes « Les principes de la vérité sont au nombre de sept – vous avez entendu le deuxième -, celui qui les connaît et qui les comprend possède la clef magique qui ouvrira toutes les Portes du Temple avant même de les toucher ». Le Corpus Hermeticum quant à lui nous dira que « Dieu, l’Esprit…engendra d’une parole un second être spirituel, le Démiurge qui, en tant que Dieu du feu et du souffle, créa sept recteurs pour entourer de leurs cercles le monde sensible et le diriger par ce qu’on nomme le Destin » et on y lira aussi que « l’Univers se constitua en sept cercles ».

Est-ce un hasard que la matière est constituée d’atomes eux-mêmes d’un noyau et d’électrons, le noyau contenant des protons et des neutrons eux-mêmes constitués de quarks ? Comptez bien…cela fait bien 7 niveaux J…

Pour le Maître Secret, la batterie c’est le 6+1… oui mais on aurait pu aussi y faire 2 x 3 +1…un double ternaire – le ternaire étant lui aussi omniprésent dans notre parcours puisque dès notre entrée en Maçonnerie on nous montra qu’il constitue pour nous la représentation intelligible de l’Unité ; et là aussi toujours complété du 1 pour former un Tout. Il aurait pu tout aussi bien se décomposer en 4 + 2.

Le chiffre 4 qui par la progression : pensée, volonté, action et réalisation de la Tétraktys des Pythagoriciens montre un Créateur qui se retrouve par ses créations et représentant la totalité du créé et du révélé et le chiffre 2 qui découle du Un, polarisé en deux essences : le yin et le yang, le mâle et la femelle, deux forces opposées qui ordonnent le Chaos primordial en Cosmos sur une ligne qui n’est autre que le point Un organisant le temps et dans l’espace qu’il a créé.

Cette batterie du grade est riche de symboles à ce point du parcours des Maîtres Secrets, qui a quitté le plan horizontal pour entamer son long cheminement sur un cône vertical. Ce 6 ne semble exister que pour générer le 6+1 = 7 et ne trouver sa valeur que complété par l’Unité, centre omniprésent de notre monde. Car avec les 6 directions de l’espace maçonnique, le 6+1 ne prend tout son sens qu’avec son centre – le 7ème point, l’Humain.

Doit-on y voir un nouveau cycle ? …peut-être…car ce 6+1 signale au Maitre Secret que parvenu à la fin d’une phase il entame maintenant le début d’une nouvelle. Il annonce un changement ; changement porteur d’espoir mais aussi porteur d’inquiétude sur ce que sera son avenir car 6+1=7 est aussi un chiffre associé à la bête infernale de l’Apocalypse qui a sept têtes (13).

Alors si le 6 ne semble exister que pour générer le 6+1 = 7 et ne trouver sa valeur que complété par l’Unité, ce point central du cercle ou le Maître Secret se trouve désormais. Il est maintenant celui d’où, humble et modeste ouvrier, il aspire à percevoir non pas l’Infini mais ce que sera le Fini. Ce 7ème point, c’est l’Alpha de l’Univers et l’Humain en fait partie. En effet, Les Hermétistes nous diront que « S’il est vrai que tout est dans Le Tout, il est également vrai que Le Tout est dans tout ». L’Humain sera donc aussi part de l’Oméga en devenir ; il est partie de son origine et sera aussi partie de sa fin dans le pôle de convergence ultime de l’évolution Humaine. « Tout est double » nous dira le 4ème principe dit « de polarité » de l’Hermétisme. L’humain reviendra à l’Unité dans la noosphère qu’il formera avec son Créateur dans une fusion consubstantielle pour créer l’Oméga de l’Univers et repartir dans un nouveau cycle.

J’ai dit, T F P M

Notes

(1) En particulier Christian Guigue.
(2) En numérologie, le chiffre 6 correspond aux sentiments, à l’harmonie et la beauté, mais aussi aux doutes et hésitations, il est le symbole de la tranquillité, de l’équilibre, de la loyauté, de la sincérité et de l’honnêteté.
(3) Son nombre sacré étant 15 ou 5+1 = 6.
(4) Grammaire, rhétorique, logique, arithmétique, géométrie, musique et astronomie.
(5) Luxure, avarice, envie, orgueil, paresse, gourmandise et colère.
(6) Baptême, confirmation, communion, confession, extrême onction, ordination et mariage.
(7) Livre des Proverbes de la Bible (IX, 1-6) : « La Sagesse s’est bâti une maison ; elle a taillé sept colonnes ».
(8) Les chakras racine, sacré, plexus solaire, cardiaque, laryngé, le frontal (ou troisième œil) et le coronal (ou couronne).
(9) Le Grand Dieu du Ciel se fait Dieu-Sept avec six soleils cosmiques.
(10) Par exemple, les 7 sept yeux nommés les yeux de toutes choses, dans le Temple de Coricancha, à Cuzco.
(11) Symbole de l’union des contraires pour le Dogon, le nombre 7 est l’insigne du Maître de la Parole, dieu des pluies nouvelles, et donc de l’orage et des forgerons.
(12) En appelant leur pays « Mon pays aux Sept Portes ».
(13) Apocalypse (13, 1).

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