La fonction sacerdotale du maître secret

Auteur:

L∴ T∴

Obédience:
Non communiqué
Loge:
La Porte des Maures - Orient du Cannet

A La gloire du Grand Architecte de l’Univers
Ordo ab Chao – Deus Meumque Jus
Au Nom et sous la Juridiction du Suprême Conseil pour la France
Des Souverains Grands Inspecteurs Généraux du 33ème et dernier degré
Du Rite Ecossais Ancien et Accepté

T F P M et vous tous M S

Dans les trois premiers degrés du Rite Ecossais Ancien et Accepté, le Maçon travaille sur ce qu’il est ; c’est-à-dire sur sa pierre brute puis sur ce qui l’entoure en découvrant le monde par les voyages, afin d’être prêt à parfaire son initiation par le dernier voyage dans ce monde terrestre. Il est porteur d’un pouvoir de type temporel car il a qualité à agir sur lui-même, sur son propre corps, sur son matériel.

Au quatrième degré, le Maître Secret s’engage sur une nouvelle étape sur le chemin initiatique, sur la voie de la réalisation, de la connaissance, de la recherche de la Parole Perdue qui est l’accomplissement de son Devoir. Son travail sur le monde matériel des trois premiers degrés se transforme et devient Spirituel. Le Maître Secret se trouve maintenant devant un nouveau monde qu’il doit conquérir, devant l’inconnu d’un nouveau devenir pressenti dans les trois premiers degrés. C’est là le sens de son engagement sacerdotal. Son autorité spirituelle émanant du Trois Fois Puissant Maître, ne lui confère aucune autorité sur les âmes des hommes, détenue elle plutôt par les prêtres, mais sur sa propre âme.

En s’engageant, en faisant une Alliance, Il promet de servir l’Ordre. Cela implique un élan, un doute de soi, un abandon à la règle, de la même manière que les frères bénédictins s’abandonnaient à la règle de Saint Benoît. C’est un acte responsable, librement consenti, en toute confiance. L’obligation devient alors une Alliance solennelle sous le signe de la reconnaissance et de la réciprocité. C’est un acte de fidélité et de dévouement qui demande courage et persévérance, et s’il y a du temporel dans la vie, il y a du spirituel dans l’engagement. Il prête serment sur le Volume de la Loi Sacrée, non plus sur le Prologue de l’Evangile de Jean mais sur le livre des Rois. Il découvre ainsi qu’il n’a donc plus de droits mais des devoirs, et que la recherche de la Parole Perdue et de la Vérité revêt un caractère d’exigence et d’obligation et que son engagement dans la voie sacerdotale ne peut être que totale.

Le Maître Secret est un « prêtre », il n’attend rien en récompense quand il fait son Devoir. Parvenu à un degré de conscience, Il donne le meilleur de lui-même. Il n’a plus besoin de craindre une quelconque sanction pour respecter la parole donnée. Pour cette raison, plus de châtiment prévu dans l’obligation. L’alliance est un pacte d’amour avec ses frères qui prend appui sur la reconnaissance mutuelle et le dévouement sans jamais aliéner sa propre liberté. Il s’agit pour le Maître Secret, de participer activement, d’animer et d’enrichir en étant attentif, d’être en éveil dans le don de soi pour servir la cause commune, celle qui nous pousse à marcher les uns à côté des autres sur le chemin de la Connaissance sans jamais à se plaindre. Cette Alliance Sacrée est symbolisée par l’Arche d’Alliance qui est déposée dans le Saint des Saints par le Grand Prêtre, et devant lequel le Maître Secret, le Lévite se trouve, lèvres scellées par le sceau du secret.

Par cette Alliance à l’Ordre, le Maître Secret à une fonction Sacerdotale. Cette notion d’allégeance, cette obligation de fidélité et de dévouement absolus est réglée par « LA » Loi et par des Règles, et c’est le lien qui nous unis. Le Maître Secret est détenteur d’une Tradition, qu’il a pour devoir de préserver et de transmettre dans une cohésion, une unité et dans le respect du Grand Architecte De L’Univers pour le Bonheur et par l’Amour des Hommes.

Il s’agit donc d’aller plus loin, toujours plus loin, de reconnaitre, avec humilité, la courroie de transmission de la Tradition Universelle, représentée par notre hiérarchie afin que circule de bas en haut et de haut en bas, l’Eternelle Lumière initiatique lorsque « l’éclat du jour aura chassé les ténèbres et que la grande Lumière commencera à paraître ».

De ceci découlera l’Harmonie tant recherchée, dans un lâcher-prise indispensable au Maître Secret pour trouver la Confiance dans sa Fonction Sacerdotale. « La liberté est obéissance à la Règle » nous disait Montesquieu, elle est l’expression de la Loi Morale qui est en nous, qui impose Fidélité, dont l’étymologie vient de Fides qui signifie Foi. Elle s’appuie sur la Foi et elle représente dans la conscience, un élément dynamique, actif, fondateur, qui perpétue et poursuit une création, elle est Fidélité à une quête animée par un idéal de perfection et d’Amour de soi, donc des Autres et donc du Très Haut.

Ce chemin est celui du Sacerdoce du Maître Secret, c’est celui de son Devoir, c’est par l’Allégeance, L’Alliance, l’Obéissance et la Fidélité qu’il trace sa Voie vers l’Innéfable, celui qui, dans la Tradition Hébraïque, l’on ne nomme, l’on ne le représente n’écrit.

Devoir exigeant, « impératif comme la nécessité », qui demande sincérité et abandon jusqu’à l’accomplissement du Devoir Complet. Placé devant la balustrade, les lèvres closes par le sceau du secret, le Maître Secret construit dans la paix intérieure de son cœur et l’intimité de son âme, son propre temple intérieur. Il travaille au sacrifice de son égo afin d’être à même d’œuvrer dans l’universel et c’est en Lévite, en gardien de son propre Temple Intérieur qu’il recherche le sens du Devoir. Il se défait progressivement des sirènes du pouvoir, de l’orgueil, du fanatisme, de l’ambition… Son égo contenu, il peut alors travailler à l’accomplissement du Grand Devoir qui seul peut mettre au pas les vices et défauts. Le Maître secret devient responsable de sa propre architecture mais aussi d’une architecture plus vaste, plus collective. Le microcosme se reflète dans le macrocosme selon la Loi Universelle, loi d’Amour, ce qui est en haut est comme ce qui est en bas.

La Fonction Sacerdotale du Maître Secret c’est également développer conjointement le pouvoir Royal et le pouvoir Sacerdotal, l’un générant l’autre et celui-ci là et soutenant celui-ci. Notre modèle unique c’est le Templier -le moine soldat- c’est Melchisédech -le roi prêtre- et aucune des fonctions de nos deux modèles ne doit prévaloir sur l’autre. Elles sont inséparables, consubstantielles mêmes.

L’objectif n’est-t-il pas de concilier et d’équilibrer. Ne devons nous pas unifier et harmoniser notre coeur et notre esprit. L’Ecossisme ne nous enjoint-il pas de vouloir monter et nous positionner, mais également oser redescendre pour collaborer dans le monde ?

L’emblème du Suprême Conseil, L’Aigle bicéphale, qui à la fois soutient et est soutenu par son glaive, exprime bien ce double effort, cette double recherche qui doit nous animer.

Dans « autorité spirituelle et pouvoir temporel » René Guénon s’attache aux relations qui existent entre la fonction royale et la fonction sacerdotale. Mettant en avant la théorie d’une stricte procession entre les pouvoirs : royal (terrestre) découlant du pouvoir sacerdotal (intermédiaire) qui lui-même dépend du pouvoir prophétique (céleste). Cette tradition oriente clairement la tradition vers un idéal théocratique c’est à dire vers un idéal Divin le Grand Prêtre mis en oeuvre par ses ministres, Les Lévites.

Ainsi sur la route du Devoir et dans la poursuite de son élan de la Perfectibilité, le Maître secret se trouve investi du pouvoir sacré d’instaurer un ordre harmonieux ici-bas, comme une mission qui vient d’en haut, fondée sur le respect, la liberté et l’acceptation de l’autre. Espoir d’avancer ensemble et de tendre vers la Création Universelle.

Les fidèles Lévites, que le Dieu de Moïse avait désignés comme les fils aînés d’Israël sont les Maîtres Secrets. Ils sont désignés pour être les Frères Aînés de la Maçonnerie Bleue, montrant ainsi l’exemple et veillant au respect et à la transmission par la Tradition.

Ces mêmes Lévites, gardent le Saint des Saints. Ils sont des Hommes vrais et accèdent à la fonction sacerdotale de gardien du temple.

Ils sont en marche vers l’idéal de Perfection, du fini à l’Infini, devant le Saint des Saints et séparés par une balustrade encore infranchissable dont « Ils » sont la clef symbolique.

Conclusion

Le couple Chevalier – prêtre est tellement indissociable du Maître Secret, qui est un Lévite, qu’il se voit associer des qualités et des objectifs- discrétion, obéissance, fidélité devoir et justice- liés aux Vertus Cardinales qui sont celles de la Chevalerie. Ces qualités font carences à l’homme faible qui ne fait pas face, qui n’est pas libre. Défendre par le bras et instruire par l’esprit sont donc des activités inséparables, indissociables l’une de l’autre. Notre Rite nous incite à développer ces qualités simultanément et sans complaisance mais surtout sans préférence. Le Maître secret, dans un Pouvoir Sacerdotal doit développer les qualités opératives du Chevalier (pouvoir sur le corps) et celles spéculatives du prêtre (pouvoir sur les âmes).

Il doit se discipliner, s’organiser et orienter son énergie. Il doit se mettre en position de Chevalier en quête du Graal, afin de pouvoir décrypter toutes les richesses symboliques, toute la nourriture céleste servie dans cette coupe d’immortalité.

J’ai dit T F P M

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