Voyage ou le chemin qui serpente
D∴ L∴
En aparté je dirai qu’il est indispensable de remercier tout ceux qui nous permettent de grandir un peu ; c’est dans cette tournure d’esprit que doit s’efforcer d’être tout élève !…
Il était une fois… C’est ainsi que commence tous les contes de notre enfance et ce rituel du voyage me fait invariablement penser à ces épopées merveilleuses que l’on raconte aux enfants pour qu’ils voyagent dans des contrées extraordinaires et dans lesquelles chacun de nous s’est vu alors transcendé en héros légendaire. Retrouvons donc, au fond de notre cœur ce chemin de pureté virginale qui nous fit accomplir mille et une fabuleuses prouesses.
Si cette démarche est serpentine lors de nombreux voyages c’est qu’elle suit un tracé d’exploration, une piste, mais il faut toutefois rester très vigilent car ce chemin qui serpente, c’est l’image même du labyrinthe.
On se rapproche du but petit à petit, progressivement, mais la moindre digression nous mène à une impasse nous privant ainsi de la progression vers notre objectif. Pour moi ces digressions sont toutes nos petites faiblesses quotidiennes, elles sont si insignifiantes que l’on préfère « faire l’impasse » (c’est le cas de le dire). Un premier grand pas est d’en prendre conscience à chaque fois que ça arrive et il faut faire preuve de beaucoup de vigilance et d’humilité pour le reconnaître et, ensuite, pour nous tous, notre devoir est de corriger bien évidemment. Il est, d’autre part, étonnant de constater que chez l’homme, les deux organes qui permettent l’assimilation des nourritures sont représentatifs de ces circonvolutions serpentines :
C’est l’intestin pour les nourritures terrestres, l’intestin qui extrait, des aliments que Mère Nature nous offre, tous les nutriments indispensables à notre fonctionnement biologique ; Et c’est le cerveau pour les nourritures intellectuelles et spirituelles, le cerveau qui permet la prise de conscience de notre condition et qui est nécessaire au fonctionnement de notre intelligence.
N’ont-ils pas l’un et l’autre l’apparence de serpents ?
Le fait est, que, dans toutes les légendes, le trésor est par définition caché, et très souvent gardé et protégé par un/des serpents dont il faut se rendre Maître pour prendre possession du trésor. Nous devons donc rechercher et prendre conscience de ces trésors que sont les nourritures terrestres de notre alimentation et célestes de notre mental et en rester Maître pour jouir pleinement de leur trésor, c’est ce qui nous sera permis d’expérimenter, le repas festif et/ou familial pourra alors se transmuter de partage en communion ; nous essaierons de bien penser à cela.
Paradoxalement, être présent dans l’action c’est être ailleurs, au-delà, hors de ce « moi » égocentrique pour percevoir cette part de Vérité transcendantale que revêt tout symbole et qui dès lors nous est accessible pour prendre part non pas en partage mais en communion avec ce que l’on vit. C’est ce qui est « intuité » au voyageur sur ce chemin qui serpente pour qu’il perçoive cette part de Vérité Divine, et l’issue du labyrinthe apparait alors, en prenant quelque hauteur.
Mais on découvre aussi qu’on ne peut sortir du labyrinthe qu’en acceptant de se perdre pour se retrouver, qu’avancer c’est aussi apprendre à rebrousser chemin, que régression et progression vont parfois de pair. Nous voici désorienté ayant perdu nos repères, plus ou moins consciemment à la recherche de fondamentaux qu’il faudra surpasser pour aller au-delà. L’espace à parcourir est truffé d’impasses, de retour et de sinuosités à l’image même du monde dans sa permanence trompeuse et insidieuse.
On comprend alors que le labyrinthe est en nous et qu’on est pris dedans, qu’on ne peut avancer qu’en découvrant nous-même le tracé de son chemin avec l’assistance des leçons de la tradition qui nous sont délivrées au fil de notre progression.
On se doit d’explorer les méandres de son for intérieur maintenant que les tracés de la droiture et de la rectitude nous sont connus ; acquis et imprimés en nous. Il s’agit maintenant de visiter les contrées inexplorées de sa conscience ; nous devons donc sortir des sentiers battus. Les conditions de ce voyage sont expressément réunies pour exacerber le besoin de découverte des méandres cachés de notre conscience ; c’est au cours de ces découvertes qu’on entend alors de nouvelles voix qui nous mèneront sur de nouvelles voies.
Notre recherche comportant l’errance et le combat passe par des sentiers détournés et à l’écart et notre pérégrination nous permet de nous éprouver et de nous mesurer en obéissant aux injonctions de nos devoirs dans une recherche de la Lumière et aussi de l’Amour de la Beauté.
Le génie de ce type de voyage est de créer des surprises, des vues sur son « soi » profond, des découvertes de contrées inexplorées de sa conscience, au détour de cette pérégrination, une idée se fait jour, et nous percevons alors une nouvelle manière de vivre, plus vaste, plus vraie, plus sincère et plus en accord avec le principe profond qui commence à affleurer la surface de notre conscience ; nous sommes en passe de devenir un être véritable et pour sortir de ce labyrinthe nous devons sublimer notre élévation, changer de plan de conscience et envisager déjà une toute prochaine ascension !…
J’ai dit T F P M