Le laurier et l’olivier
E∴ B∴
A la Gloire
du Grand Architecte de l’Univers
ORDO AB CHAO – DEUS MEUNQUE JUS
Au nom et sous la juridiction du Suprême Conseil « Lux
Ex Tenebris »
des Souverains Grands Inspecteurs Généraux du
33ème et dernier degré du
Rite Ecossais Ancien et Accepté
Atelier de Perfection « Vincere aut Mori
»
Le T F P M, en le couvrant de la couronne végétale, précise au M S : « Dans cette couronne, le Laurier est l’emblème de la victoire que vous devez remporter sur vos passions ; l’Olivier, celui de la paix et de l’union qui doivent toujours régner entre des Frères.Ceux qui dans l’Antiquité, allaient consulter l’Oracle de Delphes portaient de semblables couronnes, comme en portaient aussi les prêtres romains dans les grandes solennités. En progressant dans les voies de la Franc-Maçonnerie, n’attendez pas un oracle dont les réponses pourraient vous égarer ou vous décevoir, commencez maintenant la marche ascendante qui fera de vous des adeptes et des apôtres de la Vérité. Je vous couronne de laurier et d’olivier, dans l’espérance de vos succès futurs et de votre ultime victoire ».
L’explication, certes, semble juste et pourrait seule suffire en réponse à tout questionnement… Pourtant, et au-delà de l’instruction faite de s’efforcer toujours « de découvrir l’idée sous le symbole », cette interprétation semble trop aboutie, trop « immédiate » pour contenter pleinement le silence du M S.
Nous verrons ainsi que le détail de cette explication bien plus que de réduire le sens donné à une brutale définition, ouvre le champ à une interprétation bien plus fine et intimiste… En passant de l’équerre au compas.
Tentons en premier lieu de nous pencher sur l’historique du grade et en particulier sur cette période de l’écossisme qui précéda la formalisation du premier Suprême Conseil en 1801.
Entre 1745 et 1760 on trouve ainsi trace d’un quatrième grade, celui de Maître Parfait, dans le Rite en 7 puis 9 et enfin 10 degrés des Loges écossaises.
C’est Martinez de Pasqualy qui le premier mentionne l’existence d’un grade de « Maître Secret », en 1761 à Lyon, apparaissant alors comme le 10ème grade d’un rituel en 25 degrés.
Nous pourrions sourire en pensant que Martinez de Pasqualy, l’un des trois piliers fondateurs du Régime Ecossais Rectifié ait été le premier à en révéler l’existence dévoilant ainsi l’a présence d’un tronc commun aux deux rites. Mais de fait, c’est à partir de 1762 et surtout 1780 que le grade de Maître Secret se codifie apparaissant ou disparaissant, tantôt avant ou après, mais toujours proche du grade de Maître parfait…
En dehors de la suppression du « Mot sacré et mystérieux que Moïse grava lui-même sur une plaque triangulaire d’or » ainsi que la mention du pilier de la Beauté, les rituels ne semblent avoir que très peu variés, en particulier, quant au sujet qui nous intéresse.
L’un des plus anciens rituels, celui de Maître Secret Cohen rédigé dans les années 1760 indique : « Je vous reçois maître secret. Ce laurier représente la victoire que vous avez remportée sur vos passions. L’olivier est le symbole de la paix et de l’union qui doit régner parmi nos frères. Il ne tiendra qu’à vous de mériter la grâce que Dieu seul peut vous donner, c’est celle d’espérer de parvenir un jour dans le lieu saint pour y contempler le pilier de la beauté ». Dans le présent cas, tout comme dans le Rituel Abraham de 1805, le laurier n’est pas le gage d’une victoire future mais la récompense du combat sur la mort que symbolise la maîtrise.
Inversement, le Rituel Francken de 1783 fait de cette victoire une promesse à venir en insistant sur une solennelle mise en garde : « …ce sera votre faute si vous n’obtenez pas la faveur que Dieu seul peut dispenser, d’arriver avec le temps au lieu sacré d’où vous pourrez contempler, plongé dans la Joie divine et l’Extase, le Pilier de la Beauté ».
La promesse du salut est donc manifeste : le Pilier de la Beauté au sens strictement platonicien, à savoir le pilier du « Vrai ».
Mais avant de pénétrer plus en avant le mystère, attardons-nous quelques instants sur le caractère bien particulier de ce couronnement qui semble tenir concomitamment de la consécration et de l’adoubement. C’est deux derniers termes ne sont pas vains car nous verrons qu’au-delà de la Force et de la Paix, les deux rameaux ne sont pas dans leur développement symbolique, en particulier grec, sans rapport avec la double nature de l’homme : terrestre et céleste, de corps et d’esprit, mortel et divin ouvrant la voie de la quête spirituelle.
Le M S, celui qui se tient au centre du cercle, a certes déjà croisé le végétal : Ce fut d’abord la grenade, promesse de connaissance, ornant les deux colonnes qu’il traversa lors de sa réception par la porte basse. Maître, il aperçut l’acacia funéraire de celui qui a vaincu la mort fermant un premier cycle.
En passant de la Loge bleu à la Loge verte, il quitte symboliquement le minéral et les symboles qui lui sont attachés pour pénétrer le règne du végétal.
Ce règne du vert bordant le tablier du M Parf (qui fut longtemps comme nous l’avons évoqué le 4ème degré) est également signifié au M S par la présence des rameaux d’Olivier et de Laurier. Certes, son tablier est bordé de la couleur du deuil du Maître mais leur présence atteste des valeurs du cycle qui s’ouvre : celles de la justice et de l’espérance…
Le végétal, dans son approche symbolique ou peut-être plus justement « psychologique », nous renvoie à une imaginaire originel profond…
Dans la tradition universelle et ceci depuis les âges ancestraux, le végétal est le vecteur sacré de transformation ou plus justement de réintégration dans l’état premier de pureté. On comprend que leur utilisation en ait été sous différentes formes généralisées lors des initiations où étaient révélés les grands mystères fondamentaux. En cela, ils ont toujours induits la notion de passage et d’immortalité de l’âme.
Nous avons tous en nous, mes TT CC FF, les images évanescentes de ces druides bénissant les jeunes mariés sous le gui, l’acacia et la myrte brûlés par les prêtres de l’Egypte ancienne, la vigne et le lierre des mystères de Dionysos, ou plus proche de nous, ces « hommes verts », symbole de la force de la divine nature gravée au cœur de nos cathédrales… Le Christ lui-même est fils du charpentier et c’est sur le végétal qu’il œuvre avant de devenir rabbi.
Depuis les origines, les végétaux ont présidé aux initiations, mystères, sacres profanes ou religieux comme symbole de la loi immuable de la nature d’essence divine ou magique. Toutes ces opérations ont toutefois un point commun : que ce soient pour les rites funéraires, maritales ou initiatiques, elles marquent le passage d’un état ou espace symbolique à un autre : de la vie à la mort, du jeune adolescent à l’homme, du profane au sacré.
Ces deux rameux de laurier et d’olivier s’inscrivent dans la tradition primordiale de l’homme. C’est sous le végétal, que le Maître Secret est consacré lévite entre la terre des racines et le céleste spirituel de la canopée, marquant le passage de l’équerre au compas.
Notre F Louis Trébuchet écrit sur ce passage dans un travail sur Dédale et Talos, les frères architectes du Labyrinthe du minotaure :
« Vous êtes passés de l’équerre au compas, des lignes et des angles par lesquels le géomètre mesure la surface de la Terre, aux courbes et aux cercles par lesquels l’astronome mesure le mouvement des astres. Vous commencez maintenant à pénétrer dans les hautes sphères de la connaissance spirituelle ».
La couronne indique la puissance légitime d’un homme en le désignant comme le représentant d’un monde supérieur. Celle du Maître Secret n’est pas de métal mais de végétale, elle couvre sa tête sans le coiffer et domine ainsi son corps humain et la matière en l’élevant vers le cercle céleste.
Il est à ce propos difficile de ne pas évoquer la légende maçonnique des quatuor coronati, littéralement les « quatre couronnés » représentés accompagnés par les vertus de la Foi, de l’espérance, de la sagesse, et de l’Ecclésia… L’Oliver et le Laurier ne sont pas loin. Comme l’écrit Jean-Claude Mondet, « La couronne circulaire désigne le monde spirituel. Posée sur notre front, elle relie le monde matériel au monde spirituel. Elle repose sur notre cerveau, où siège l’hémisphère droit de l’intuition et le gauche de la réflexion ».
Car n’oublions pas que le Maître Secret est un lévite, un être rituellement voué au service du divin et des hommes qu’il a en charge d’éclairer. Sous cet angle, le laurier et l’olivier reprennent sous une autre forme l’enseignement des deux premiers grades : le laurier offert au héro désigne le plan horizontal, celui de l’homme, alors que l’Olivier offert aux Dieux et dont l’huile scelle les sacrements désigne le plan vertical.
Pour aller plus avant, il nous faut revenir aux premiers rituels dans lesquels les rédacteurs ont nécessairement introduit des éléments symboliques recueillis hors du Temple. En effet, durant la période qui nous intéresse, le laurier et l’olivier sont abondamment utilisés dans l’iconographie royale et sacrée.
En France, Louis XIV et surtout Louis XV qui en ornera son profil sur sa monnaie, en font un symbole de la gloire royale que Napoléon reprendra allègrement au titre impérial…
La prégnance de l’antiquité et de ses classiques a sans aucun doute marqué l’imaginaire de lettrés rompus à l’étude de la théogonie d’Hésiode ou des Métamorphoses d’Ovide.
La mythologie, grecque en particulier, constitue donc un foyer de connaissance en marge du dogme sacré judéo-chrétien et l’esprit de nos prédécesseurs s’est sans doute ingénié à y créer quelque lien symbolique.
L’olivier est classiquement associé à la déesse Athéna dont il est l’un des emblèmes. Le mythe conte ainsi que la fille de Zeus, déesse de la sagesse, se querella avec son frère Poséidon, souverain des mers, pour la possession de l’Attique, région entourant la ville d’Athènes.
Comme souvent dans les mythes grecs, ils prirent un mortel pour arbitre en la personne du sage roi Cécrops. Ce dernier personnage est d’ailleurs d’un grand intérêt symbolique : Il est le fils de la Terre et est né mi-homme, mi- serpent.
Poséidon, pensant impressionner le monarque, frappa dans un premier temps de son trident le mont Acropole et en fit jaillir une source d’eau salée. Puis, pour flatter son juge, il lui offrit un magnifique étalon noir promesse au combat de victoire sur tous ses adversaires.
Vint le tour d’Athéna qui, après réflexion, gratta de sa lance le sol aride et brûlé en faisant jaillir un arbuste verdoyant dont les fruits seraient le remède aux afflictions du corps des hommes. Cet arbre pouvant vivre des siècles même lorsqu’il semble être un arbre mort se reconnaît par les rejetons verdoyant qui repoussent à sa base signe d’une éternelle régénérescence : l’Olivier.
Le roi dans sa sagesse jugea le don de la déesse bien plus utile pour son peuple et la reconnu comme protectrice de la cité qui portera son nom : Athènes.
L’Olivier met en exergue les qualités de la déesse : Sagesse et paix. Car si la déesse aux yeux pers est une déesse guerrière, la confrontation n’est pas synonyme de combat glorieux, de conquête comme pour son frère Arès, mais de préservation et de victoire sur l’adversité par la sagesse et la raison.
Le juste combat n’est donc pas celui du sang mais celui qui mène à la paix. On comprendra peut-être ainsi que certains anciens rituels aient ainsi pris soin de préciser lors de l’ouverture au premier degré « que la sagesse et l’harmonie guident nos travaux ».
Les circonstances de la naissance de la déesse sont aussi riches d’enseignements :
Les grecques racontent ainsi que Zeus conçut d’un amour adultère avec la nymphe Métis un enfant dont la Déesse Terre prédit qu’il le détrônerait… Craignant de subir le même sort que son propre père, Chronos, il avala sa maîtresse Métis transformée en mouche mais fut en retour la proie à de violents maux de tête.
Pour le soulager, Hermès, le dieu médecin et de la transmission, convainquit Héphaïstos d’ouvrir d’un coup de hache la tête de Zeus afin d’en libérer le mal.
La déesse naquit ainsi sortant du cerveau du père le libérant des souffrances de son esprit. Elle est donc le fruit de la conscience de Zeus mise au jour par la connaissance d’Hermès guidant celui qui transforme et purifie la matière par le feu : Héphaïstos.
Il n’est point étonnant que les premiers chrétiens, inspirés par les grecques, firent de l’olivier l’arbre du Saint Esprit et de son huile son instrument. Il est donc tout comme dans les mystères d’Eleusis le moyen par lequel l’être souffrant se purifie, se transforme et s’ouvre à la lumière. Il est le médium entre le fils, l’homme, et le père, le dieu.
Ce caractère sacré se retrouve d’ailleurs chez les Soufis pour qui cet arbre, l’axe mundi, pilier du monde soutenant la voûte cosmique possède sur chacune de ses feuille l’un des noms de Dieu…
L’Ancien Testament ne fait pas exception car si Noé fit son arche d’acacia, c’est un rameau d’olivier qui lui fut apporté par la colombe pour lui signifier la fin de son errance et l’espoir d’une nouvelle terre. Elle porte le message divin fait de pardon, de paix, d’espoir et désigne l’alliance nouvelle entre Dieu et les hommes.
Mais c’est aussi d’huile d’olivier que Jacob enduisit la pierre de Beth-El sur laquelle il s’était endormi et avait eu la vision de l’échelle céleste hautement initiatique.
Enfin, n’oublions pas que c’est sur les oliviers, sur le mont du même nom, que le Christ se recueillit la veille de son arrestation qui marquera le début de sa passion et de son cheminement vers la croix…
A ce stade nous voyons comment le rameau d’Olivier pointe deux enseignements distincts et complémentaires adressés au Maître secret. Il lui ordonne de veiller à la paix et l’harmonie qui doivent veiller parmi les Frères… Et en lui-même: Ici est son premier commandement et son premier devoir sacerdotal. Mais derrière l’olivier se dessine la silhouette divine d’Athéna, la déesse accompagnée de la chouette, emblème de la sagesse et de la connaissance cachée. L’olivier est un présent divin. Il soigne le corps, l’âme et l’esprit qu’il prépare à la connaissance sacrée de même qu’il « sacralise » celui qui en est coiffé ou qui en ingère le fruit.
Sous le spectre christique, l’olivier prépare donc le Maître Secret à suivre les traces d’un autre Lévy, le Christ, dont le nom signifie d’ailleurs l’oint en grecque. C’est donc par l’huile qu’il est consacré serviteur du très haut et entrant dans la sphère spirituelle.
Abandonnons provisoirement Athéna et l’Olivier pour nous tourner vers Delphes, autre terre des cérémonies initiatiques grecques, et le Laurier d’Apollon.
On explique habituellement que son association avec le Laurier provient de son amour malheureux pour la nymphe Daphnée dont le nom signifie littéralement « Laurier ». Celle-ci rejetant les avances du dieu implora son père, le fleuve Pénée, de lui porter secours. Ce dernier écouta la prière et changea sa fille en arbuste, en laurier.
Apollon ainsi éconduit en prit sur l’arbre un rameau dont il fit une couronne. Vénéré par les poètes et les oracles, ils voyaient en lui le dieu de l’inspiration et des créations de l’âme…
Si c’est là le mythe le plus couramment utilisé pour expliquer la relation entre Apollon et le laurier deux, récits non moins importants restent à mentionner.
Le premier conte sa victoire sur le dragon Python. En effet, quatre jours, et le chiffre est hautement symbolique, après sa naissance, le jeune dieu solaire décida de s’emparer du sanctuaire de Delphes pour en faire le temple de son propre culte.
En ce lieu officiait l’Oracle de la Terre qui l’avait confié à la garde d’un dragon femelle : python. Armé de flèches confiées par le dieu forgeron Héphaïstos (qui est aussi le dieu boiteux, c’est-à-dire celui qui souffre de l’âme), Apollon terrassa le serpent (qui n’est pas celui de la genèse mais celui des forces obscures de la terre et des passions) en s’écriant « que ton corps desséché pourrisse sur ce sol fertile ».
Mais dans son agonie, Python cracha un dernier souffle empoisonné qui contamina le jeune dieu… Pour se purifier tant du crime (qui désigne l’âme) que de l’empoisonnement (qui désigne le corps), Apollon s’exila en Thessalie où il se soigna par l’ingestion des salvatrices feuilles de Laurier.
De retour à Delphes, il instaura son propre culte dans le sanctuaire où l’Oracle Pythie, après avoir fait brûler et ingurgiter des feuilles de laurier, dévoilait durant sa transe les secrets dessins des Dieux.
Apollon dont les grecques célébraient la divinité durant les soirs du solstice d’hiver, au moment où le soleil reprend sa course pour atteindre le point le plus haut du ciel, est la manifestation de la montée de la conscience.
S’il est lui aussi un dieu guerrier tout comme Athéna, son action se porte comme avec python contre les forces obscures. Il guide ainsi à la création de l’œuvre au noir où l’âme se libère de ses passions alors qu’Athéna prédestine à l’Œuvre au blanc, qui accueille la lumière dans l’esprit. Nous auront également reconnu là les deux couleurs qui ornent le tablier du M S Et qui mènent à l’œuvre au rouge… Pour Apollon comme pour la sage Athéna, les circonstances de sa naissance sont tout aussi curieuses et riches d’enseignement.
Second mythe où nous retrouvons Zeus et ses coupables passions dans sa liaison adultérine avec la belle Léto. De cette intime relation, Léto tomba elle aussi enceinte et lorsque celle-ci s’apprêta à accoucher, furieuse, la jalouse Héra interdit qu’elle mis au monde son enfant en un lieu éclairé par le soleil en menaçant de son courroux ceux qui oseraient lui prêter assistance…
Seule et abandonnée, Léto se réfugia dans une grotte sur l’île de Délos entre un olivier et un palmier et c’est dans la plus profonde obscurité que vint au jour Apollon.
Nous retrouvons ici l’injonction du rituel : « la victoire qui doit être prise sur les passions ». Cette naissance au sein de la terre entre l’olivier symbole de la sagesse, et le végétal dont les palmes montre la gloire de celui qui les porte, c’est l’ascension de l’intuition ou de l’imagination primitive vers la connaissance,comme la lumière naît des ténèbres ou encore Lux ex Ténébris. Mais cette ascension ne se fait pas sans peine et oblige celui qui cherche à œuvrer sur lui en faisant passer son intuition à la réflexion.
Les grecques décoraient des verts lauriers les vainqueurs des jeux d’Olympie récompensant ainsi la force de celui qui n’abandonne pas face à l’adversité. Les chrétiens associait la palme au triomphe du Christ entrant dans Jérusalem et aux premiers martyrs ayant refusé de rejeter leur foi. Le dimanche des rameaux qui précède Pâques commémore l’ultime passion du Christ. Dans les tous les cas, c’est bien le devoir et la persévérance qui sont exaltés et qui viennent compléter l’instruction de l’olivier.
Le combat vertical qui est désigné à l’apprenti l’invitant à de constant va-et-vient entre son zénith et son nadir se retrouve ici reformuler par l’image d’Apollon. Le laurier dont il ceint son front est à la fois associé à la gloire et à la connaissance de la matière et de l’âme.
C’est bien là toute la portée de la recommandation gravée au seuil du temple de Delphes d’Apollon reprise par Socrate: Connais-toi toi-même et tu connaîtras l’univers et le Dieux.
J’avais mentionné, à regret, la disparition de certains éléments présent dans les anciens rituels, en particulier le Rituel Francken qui évoquait la possibilité d’espérer à parvenir un jour dans le lieu saint pour y contempler le pilier de la beauté… Pourtant, à l’épreuve des classiques grecques, c’est bien ce schéma qui semble poindre : Athéna, l’olivier, la sagesse primordiale, Apollon, le laurier, la force (dans le sens de la connaissance*) et… La Beauté, dans son acceptation platonicienne : le vrai. Ainsi se retrouvent transfigurés sous de nouveaux traits les trois piliers de la loge bleue marquant ainsi la progression du cherchant.
Le choix d’une symbolique n’ayant à priori que peu de points communs avec la légende hiramique participe sans doute de cette volonté : elle condense les notions appréhendées en loge bleu mais les déplace dans un univers qui ne semblait que peu présent auparavant : La Grèce.
Cette transition faite en rupture ouvre le compas en dévoilant un champ d’ouvrage et de recherche plus vaste, elle use d’une symbolique primitive par l’utilisation du végétal renvoyant le M S vers la tradition primordiale.
Ce retour à la tradition grecque lui permet ainsi de redécouvrir sous un angle nouveau les mythes croisés lors de son état de profane. Par le processus d’intériorisation, il transforme ainsi le savoir extérieur en connaissance intime en s’inscrit pleinement dans l’histoire initiatique humaine se constituant comme un nouveau maillon de la chaîne…
Cette couronne qui par ses deux rameaux dessine l’ouverture d’un compas marque le passage à une sphère spirituelle plus haute et c’est sans doute cette transition que marque la mort symbolique du Maître qui a atteint le point le plus profond de son âme.
Pour conclure, le Laurier est le symbole de la victoire que le M S doit remporter sur ses passions et l’olivier signifie la paix et l’union devant régner entre les F La théogonie des grecques anciens définit toutefois une cosmogonie qui vient parfaire le mythe hiramique en l’enrichissant d’une pensée universelle… Cette couronne de rameaux désigne l’éveil de la conscience de l’homme à partir de son chaos intérieur.
Le laurier tout comme l’œuvre au noir désigne le stade de la putréfaction, la victoire sur la matière et les passions de l’âme. L’Olivier désigne quant à lui, tout comme l’œuvre au blanc, la purification et l’ouverture à la lumière.
La sagesse lié à l’intelligence primordiale, au verbe, sous les traits Athéna et l’intuition liée à la conscience issue des profondeurs d’Apollon, mettent en œuvre le procédé alchimique et psychologique auquel doit se vouer le M S.
J’ai dit T F P M