L’étoile de David ou le sceau de Salomon
Non communiqué
Lorsque l’on s’intéresse à un mouvement, la première question que l’on se pose est celle des valeurs qu’il incarne et le sens qu’il leur donne. Les valeurs que véhicule la franc-maçonnerie sont de nature à réunir les hommes de bonne composition que nous sommes censés être. Nos rituels nous renvoient constamment à ces valeurs. Elles concourent sur le plan individuel à faire de l’impétrant une personnalité la plus complète possible dans ce qui constitue son individualité. Notre thème de ce jour est largement expliqué dans le rituel du grade.
Seulement, à y voir dans d’autres sources l’étoile de David semble se rattacher à des pratiques païennes voire même à du satanisme rappelant par-là l’éternel problème concernant la dualité. Aussi est-il utile de faire travailler sa planche pour y voir plus de lumière et individuelle et collective.
Le rituel et le thème
Le bijou caractéristique d’un maitre maçon au quatrième grade représente l’étoile de David. Le rituel en donne de larges explications :
C’est « un double triangle lumineux formant une étoile flamboyante à six pointes… Il exprime la double nature de celui qui est la vraie Lumière du monde, et de l’homme qui est son image et le cercle qui l’entoure est l’emblème de son éternité » (Instruction par demandes et réponses) auquel ajoute le RDM que : « ce bijou que vous porterez désormais sur votre poitrine, vous rappellera ce que vous devez à l’Auteur de votre existence, à vous-même, à l’Ordre et à vos Frères. Au revers est une figure qui vous rappelle Saint André ».
En premier, cette parure est alors la continuation du cheminement du maçon en passant de l’étoile flamboyante à cinq branches vers celle à six branches. Ces étoiles irradient leur lumière d’en Haut pour jalonner notre parcours. En effet, comme il est mentionné dans l’instruction finale du nouveau F, elle « vous dirige dans l’emploi des moyens que vous aviez à prendre, pour acquérir et perfectionner en vous cette vertu et pour soutenir vos efforts…pour apprendre à la pratiquer ». Ici, notre étoile pourrait être dite encore plus flamboyante car le nombre de branches a augmenté passant de 5 à 6 ; six représentant une montée à un niveau plus élevé donc d’un désir plus ardent à se rapprocher au plus près de la Vérité. Nous pouvons nous référer à cela la présentation et l’accaparement en soi des vertus cardinales complètes au nombre de 4. Ce changement de nombre de branches de 5 à 6 caractérise le besoin de cheminement à pas mesurés, progressif, en équilibre avec soi-même, avec droiture, respect et sagesse mais aussi pugnacité, force et volonté.
La prudence que la leçon de maîtrise nous a donnée nous pousse à devoir agir sans hâte et ne pas brûler les étapes. Souvenons-nous de la déconvenue d’Icare à vouloir sortir trop vite de la prison passant outre les recommandations de son père Dédale.
Historique déstabilisateur
L’étoile à six branches adoptée par la F M est flamboyante marquant la différence avec d’autres emplois du signe de notre thème adoptés par diverses congrégations ou même Etat comme en témoigne son histoire. L’étoile de David ou sceau de Salomon alimente beaucoup de documents dont je prendrais ici quelques extraits (je cite) :
Sa genèse est inconnue, mais il a été largement utilisé dans les anciennes religions mystérieuses avant l’avènement du culte du Dieu créateur. Ainsi, à l’origine, dans l’antiquité, l’étoile à six branches qui devint plus tard connue sous le nom du Sceau de Salomon, Magen David, a été utilisé à côté de l’étoile à cinq branches, ou « Pentagramme », qui servait à la fois de signes magiques et décoratifs. L’étoile à six branches, ou hexagramme, était le symbole Ammonite et phénicien de Moloch, dieu à qui certains païens sacrifiaient leur enfants, et d’Astarté, ancienne déesse sémitique de la fertilité identique à Astarté des phéniciennes et à Ishtar des babyloniennes. Les Astrologues également l’utilisaient pour représenter Saturne, la planète géante qui est la sixième planète du soleil.
Salomon et le culte païen
L’hexagramme ne provient pas « des Israélites », mais du culte de dieu païen, de la Conscience Luciférienne qui imprégnait les cultures de l’antiquité du moment. Par conséquent, David, le deuxième roi des Israélites qui a uni Israël, et à qui de nombreux psaumes sont attribués, n’avait rien à voir avec la création d’une étoile. L’histoire nous raconte que le symbole est devenu associé avec les Hébreux lors de l’apostasie du roi Salomon .La BIBLE nous révèle que Salomon alla vers des dieux étrangers .1 Rois 1111.1 Le roi Salomon aima beaucoup de femmes étrangères, outre la fille de Pharaon : des Moabites, des Ammonites, des Édomites, des Sidoniennes, des Héthiennes, 11.4 A l’époque de la vieillesse de Salomon, ses femmes inclinèrent son coeur vers d’autres dieux ; et son coeur ne fut point tout entier à l’Éternel, son Dieu, comme l’avait été le coeur de David, son père.11.Salomon alla après Astarté, divinité des Sidoniens, et après Milcom, l’abomination des Ammonites.11.6 Et Salomon fit ce qui est mal aux yeux de l’Éternel, et il ne suivit point pleinement l’Éternel, comme David, son père.11.7 Alors Salomon bâtit sur la montagne qui est en face de Jérusalem un haut lieu pour Kemosch, l’abomination de Moab, et pour Moloch, l’abomination des fils d’Ammon.
La signification de symbole du Prophète proviendrait de la prophétie de Balaam : « Un astre issu de Jacob devient chef, un sceptre se lève, issu d’Israël » (Nombres 24, 1-25). Ce texte annonce la venue d’une étoile messianique, qui devait sortir de la maison de David, d’où son nom. L’étoile à six branches a aussi servi de symbole aux chrétiens jusqu’au VIIe siècle. Elle représente la réconciliation entre la Trinité divine et la trinité humaine. La signification du bouclier de David vient du fait que lorsque David était recherché par Saül, il s’est caché dans une grotte où, lorsque les soldats entrèrent, une araignée aurait tissé une toile prenant la forme d’une étoile à six branches cachant David. Cette étoile était également présente sur le bouclier des soldats lors de toutes les batailles remportées par Israël sur ses ennemis. Les six points aux extrémités de l’étoile et les 6 points d’intersection des triangles pourraient aussi représenter la disposition par Josué des douze tribus d’Israël, unifiées sous la royauté de David, sur la Terre d’Israël autour de Jérusalem.
Cette histoire fabriquée par les juifs sur l’origine de l’étoile de David vient plus de la fiction et d’une interprétation fantaisiste de la bible que de la réalité Biblique. (Fin de citation)
Certains écrits ont même assimilé les 6 pointes, les 6 triangles et les 6 côtés de l’hexagramme au nombre 666 représentant l’antéchrist de Satan. Toutefois, nous présentons ici des informations qui pourront permettre de dire que diverses facettes de raisonnements et de représentation pourraient émaner d’une situation. A nous d’en tirer les conclusions pour nous- mêmes.
A y voir de près
Ce qui importe dans l’histoire, à mon point de vue, est que David et son fils Salomon ont appartenu à la lignée du Christ et que le nom du roi Salomon est intimement lié avec Hiram à la source même de la F M.
Le roi Salomon a été cité pour sa sagesse, état prôné à atteindre pour tous maçons ; ce qui place dans la logique l’insertion de son sceau parmi l’apparat de notre Rite. Comme il a été mentionné auparavant, ce bijou illumine notre route mais rappelle aussi que tout maçon est « auteur » de son existence ; deux points qui semblent contradictoires. D’où, l’insertion d’un paragraphe dans cette invitation à voir de plus près le contenu de ce sceau, contenu qui renferme à la fois des figures géométriques mais aussi emblématiques, deux sous-ensemble complémentaires ; La géométrie « science de toutes les espèces d’espace » (Kant) qui nous dit de raisonner juste sur des figures simples et les autres représentations orientant notre vue. En tenue, ce bijou, donc objet précieux servant de parure, (s’il y en a) se porte sur la poitrine. Il se comporte ainsi comme un fil à plomb cherchant toujours la direction verticale nous signifiant qu’un maitre maçon de St André possède assez d’intelligence à scruter les deux sens de cette verticalité.
Ce sceau de Salomon a une forme circulaire. Il a été dit que le cercle qui donne son contour est l’emblème de son éternité mais tout ce qui échappe au temps appartient à la vérité absolue donc à la Vérité (majuscule) sous tendant la Sagesse ; d’où son importance à ce niveau de hiérarchie où nous travaillons. La F M nous a-t-on appris dès notre premier pas est « une école desagesse ». Le cercle de même, de par sa définition d’ensemble de points à égale distance du centre nous aide TOUS « à se conformer » à un certain règle de vie quel que soit notre grade, règle de vie qui vie à l’ouverture de notre temple intérieur qui ne sera meublé que de « bonnes choses ».
Deux triangles tapissent l’intérieur du cercle. La dualité est le propre de l’homme et qui parfois crée un dilemme. Mais, il s’agit ici de l’homme initié qui est l’image d’Hiram, muni de quatre instruments maçonniques. La vision maçonnique de l’homme se trouve contenue dans ce substantif – perfectionnement. Il inclut l’accomplissement en des proportions équilibrées de la personne publique autant que privée, matérielle autant que spirituelle. Le privilège du maçon n’est-il pas d’être en permanence conscient de la tâche qu’il doit remplir, d’agir et de penser en connaissance de cause en utilisant les outils liés à la construction ?
L’essence des deux triangles serait ce va et vient car « tout ce qui est en haut est comme ce qui est en bas » malgré que nul ne peut se prononcer sue ce que l’homme devrait être ; il serait même dangereux de s’y risquer car en voulant définir on simplifie inévitablement. En revanche, le franc-maçon peut tracer quelques repères en faveur de ses semblables, lui-même s’appliquant dans l’idéal, aux vertus essentielles avec tolérance et harmonie. Une lumière qui ne se répand pas finit par s’épuiser.
La discorde apparaît davantage naturelle à notre espèce que la concorde, la guerre plus facile à mener que la paix. La première se déclare sans autre, par contre il faut travailler pour que règne la seconde. La nature, les éléments, la configuration cosmique nous sont donnés une fois pour toutes, il n’y a pas à y revenir, tandis que l’humain, toujours enclin aux pulsions délétères, est une œuvre à bâtir chaque jour. C’est pourquoi, il ne saurait y avoir de vision maçonnique sans qu’intervienne d’abord l’idée de conscience menant à la maîtrise de soi. Je citerais ici même si c’est assez dur à entendre un extrait du livre « Etre en pleine conscience » écrit par le philosophe hindou Osho :
« L’essentiel de mon message est ceci : dans la vie, vous avez besoin d’une conscience, pas d’une personnalité. La conscience est réelle, la personnalité est fausse. La personnalité est nécessaire à ceux qui n’ont pas de conscience. Si vous avez des yeux, vous n’avez pas besoin d’un bâton d’aveugle pour vous guider ».
Revenons à notre bijou en examinant le revers de la médaille. Cette partie contient la figure qui rappelle Saint André. Il projette une des fondements de notre rite – son aspect christique. Le tableau n°4 représentant le Jérusalem Céleste lors de la réception nous complète la vision sur celui qui est indexé à mon grade par la présentation des vertus théologales qui serait « peut-être » la continuation de notre chemin initiatique. En tout cas, comme le nombre quatre est lié au maitre maçon de Saint André, je m’oserai pour moi-même parler du quaternaire : cherchant – souffrant – persévérant – croyant.
De ce paragraphe sur la scrutation du bijou du grade, il en sorti que le côté pile c’est-à-dire l’étoile invite le maçon à travailler avec une certaine méthode – la méthode maçonnique – et le côté face projette un état d’être, état dupliqué à l’approche christique. Aussi, permettez-moi de finir le tracé de cette planche par une réflexion sur la chrétienté de notre rite.
Recherche de son être
Si le RER est ancré dans le christianisme, c’est qu’il est à la recherche de l’intemporel, de ce qui est immuable, bref de la vérité.
Le monde objectif, ce que nous voyons et entendons est palpable. Ce monde objectif est l’objet de la science. Or, matérialiste que nous sommes, nous nous ruons sur ce qui semble être illusoire. Petit, nos parents ont veillé à ce que nous vivions avec la tête, pas avec le cœur. La tête conduit au succès, elle est rusée, elle calcule, elle manipule. Aussi chaque école, chaque collège, chaque université nous enseigne comment être plus « cérébral », comment devenir une « tête ». Ceux qui sont des têtes ont réussi et ont désormais les clés pour entrer dans ce monde. Par contre un homme de cœur sera un raté car il ne peut pas exploiter. Il sera aimant qu’il ne pourra pas être un exploiteur. Peu de gens actuellement connaissent la voie du cœur. La tête a été formée par la société, elle en fait partie. Avec le cœur, nous devenons un individu, un solitaire. Heureusement, tout maçon reconnait que ce monde objectif est le niveau le plus superficiel faisant penser que c’est le mental qui devrait l’emporter. Alors viennent les pensées, les sentiments engendrant la philosophie. Le problème est que ce mental est en perpétuel changement : hier, nous avions certaines pensées, aujourd’hui, nous en avons d’autres et demain, on en aura d’autres. Le pire même est que nous pouvons camoufler nos vrais sentiments. C’est peut-être pour cela que certaines personnes affirment que le maçon n’est pas un philosophe même s’il est à la recherche de la sagesse. Un niveau supérieur aux mondes objectif et mental s’avère ainsi nécessaire pour trouver l’ancrage absolu effaçant dans la foulée tout ce qui est relatif – relatif dans l’observation, relatif dans les pensées ; c’est celui du monde de la religion. A nous personnellement de chercher la voie pour retrouver le GADLU. En effet, s’il est merveilleux de pouvoir se dire que l’homme a été créé à l’image de Dieu ou sous d’autre forme l’esprit a créé le corps, il serait encore meilleur que le corps créé l’esprit ou que nous homme recréé le Dieu en nous pour que la magie de l’osmose puisse se produire.
En conclusion, l’étoile de David ou sceau de Salomon adopté par le Rite au niveau du grade de maitre de Saint André nous rappelle la trajectoire gravée par notre initiation et que le chemin continue sur la trace du nom qu’on s’est adopter Saint André avec ses vertus théologales. Porter sa main en visière sur le front serait de libérer notre cœur et notre âme du pouvoir des raisonnements ancrés sur le matériel.
R D M, J’ai dit.