#401012

Le Laurier, l’olivier et le Devoir

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Non communiqué

Obédience:
Non communiqué
Loge:
: LE PONANT

Deus meumque Jus
R E A A
Ordo Ab Chao
Au nom et sous les auspices du Suprême Conseil de France

Je vais vous parler des victoires qu’il me semble que la F M m’a déjà permis de remporter puis des victoires que j’entrevois ou que j’espère remporter lors de mon cheminement initiatique. Lorsque je suis entré en maçonnerie, j’avais derrière moi une carrière scientifique et étais ainsi habitué à des opinions tranchées : oui ou non, blanc ou noir. Bref, je raisonnais principalement en termes de dualité. Je ne faisais preuve que d’une toute relative tolérance envers ceux qui ne pensaient pas comme moi.

J’ai donc appris à écouter et à tolérer ; qui plus est, avec plaisir et fraternité car il s’agissait de F F qui étaient pour moi des êtres chers, comme une deuxième famille.

Mais qu’en était-il par rapport aux profanes ? Là j’ai dû lutter longtemps contre mes penchants naturels, mais ces deux longues années d’apprenti ont fini par porter leurs fruits et j’ai vraiment réussi, du moins je le crois, à devenir plus tolérant dans la vie profane. Cette notion de tolérance était constamment présente à mon esprit. J’ai été ainsi amené à faire la différence entre tolérance et laxisme, entre tolérer, excuser ou pardonner.

Dans le pardon et l’excuse il y a faute, or dans la tolérance il n’y a pas de faute, il s’agit d’accepter des opinions, des attitudes, coutumes, différentes des nôtres mais pas forcément fautives. Puis j’ai réfléchi également sur les limites de la tolérance. Devait-on tout tolérer ? Si non quelles étaient les limites ?

A mon sens, le fondement de l’attitude de tolérance doit être le sens de la dignité, du respect de l’homme, tant des autres que soi-même. « Agis toujours de telle façon qu’en toi-même et dans les autres tu considères la personne humaine comme une fin et non comme un moyen » est un des impératifs catégoriques de KANT et doit nous guider dans notre attitude de tolérance.

Mais ce laurier, symbole de victoire sur mes passions, m’entraîne encore plus loin…

Le rituel d’initiation nous dit :

« Le T F P M se lève à son plateau et présente la couronne aux récipiendaires. Dans cette couronne, le Laurier est l’emblème de la victoire que vous devez remporter sur vos passions ; l’Olivier, celui de la paix et de l’union qui doivent toujours régner entre des Frères.

Ceux qui, dans l’Antiquité, allaient consulter l’Oracle de Delphes portaient de semblables couronnes, comme en portaient aussi les prêtres romains dans les grandes solennités.

En progressant dans les voies de la Franc-Maçonnerie, n’attendez pas un oracle dont les réponses pourraient vous égarer ou vous décevoir : commencez maintenant la marche ascendante qui fera de vous les adeptes et les apôtres de la Vérité.

Je vous couronne de Laurier et d’Olivier, dans l’espérance de vos succès futurs et de votre ultime victoire ».

Mon deuxième contact avec le laurier et l’olivier se produisit lors de ma découverte du rituel d’ouverture des travaux au quatrième degré. Le T F P M demande au Frère inspecteur : « comment avez-vous été reçu Maître Secret ? » Et le Frère premier inspecteur lui répond : « j’ai été reçu sous le laurier et l’olivier, en passant de l’équerre au compas ».

Enfin l’instruction du 4ème degré nous dit :

« Ou avez-vous été reçu Maître Secret ? »
« Sous l’Olivier et le Laurier ».

Que représentent ces symboles ?

Il convient de remarquer que, depuis les débuts de l’humanité, les Hommes, à travers les rites religieux, ont associé des arbres ou des plantes à la célébration des Mystères.

Moi-même, j’ai planté un acacia mais je l’ai cru mort cet hiver à ma grande tristesse. Etait-ce un signe que je devais passer à autre chose ? Eh bien, il vient de ressusciter comme ce qui m’est arrivé lors de mon initiation à la Maitrise après la mort d’Hiram. Nous avons aussi dans notre jardin un olivier et un laurier pour la cuisine.

Ainsi autrefois, le laurier était employé pour provoquer les menstruations et les avortements. On l’utilisait également contre les piqûres d’insectes, les morsures de serpents, les éruptions cutanées, les douleurs d’estomac, la fièvre, la grippe, la bronchite chronique, les rhumatismes, et même contre la transpiration des pieds.

Aujourd’hui ; Il est toujours employé, en phytothérapie, contre la toux, les spasmes, les vomissements, les palpitations et les insomnies.

Les feuilles de laurier contiennent un glycoside et une substance amère ; elles sont apéritives et facilitent la digestion, elles sont diurétiques et antiseptiques, mais il faut en user avec modération car elles recèlent une petite toxicité.

Le laurier, ne figure pas dans les rites de Mystères mais, parce qu’il reste vert tout l’hiver, il est lié au symbolisme de l’immortalité, obtenue par la victoire et la divination, c’est l’emblème d’Apollon. De ce fait, il passait même comme protecteur de la foudre. Avec son feuillage on tresse des couronnes aux vainqueurs. Le voilà symbole de victoire.

En Grèce, avant de rendre ses prophéties, la Pythie et les devins accordaient au laurier des qualités divinatoires, ils le mâchaient ou le brûlaient et ceux qui avaient obtenu une réponse favorable s’en retournaient chez eux avec une couronne de laurier sur la tête.

J’ai eu beaucoup de lauriers quand j’étais jeune dans mes études et le début de ma carrière professionnelle. J’ai du faire un effort pour oublier ces lauriers la qui sont passés et, comme les métaux, les laisser à la porte du temple.

Le laurier est le symbole de la victoire que j’espère remporter sur moi-même, cette fois à la suite de mes efforts dans l’accomplissement du devoir. Y arriverais-je ?

Quant à l’olivier, mes F F M M Secrets, il produit des fruits qui pressés donnent de l’huile d’olive avec ses nombreux bienfaits.

La communauté médicale, a, ces dernière années, confirmé avec certitude ce qui était déjà connu de manière empirique par les civilisations antiques. L’huile d’olive a des pouvoirs prodigieux. Elle est riche en Vitamine E et en antioxydants. L’huile d’olive aide à prévenir la sclérose artérielle, elle aide à protéger le cerveau du vieillissement, elle réduit les risques de maladie cardio- vasculaires, la viscosité du sang et enfin, fait diminuer les taux de cholestérol. Dans certaines tribus, les hommes en buvaient pour augmenter leur pouvoir de procréation.

L’olivier est très riche de symbolisme car il existe depuis la plus haute antiquité. C’est une des premières plantes cultivée par l’homme, chez les Perses 1200 ans avant J C .

Il est symbole de ténacité car il pousse quelles que soient les conditions. Aujourd’hui encore de jeunes rameaux pousseraient sur des racines de plus de 2000 ans, symbole peut-être d’une maçonnerie intemporelle !

Une querelle entre Athéna et Poséidon fait entrer le premier olivier dans la légende : Athéna, déesse de la sagesse, et Poséidon, dieu de la mer, s’affrontent pour la possession de l’Attique. Zeus, médiateur, leur propose de choisir une offrande à l’Acropole. Sera vainqueur celui qui donnera l’offrande la plus utile au peuple. Poséidon choisit une source d’eau salée, Athéna propose un olivier. Zeus choisit l’olivier, donnant ainsi la victoire à Athéna. Cet olivier donnerait encore des pousses aujourd’hui sur l’Acropole. C’est un arbre éternel qui, symbolisant, outre la victoire, la ténacité, la longévité, l’espérance et la paix, fut souvent retenu comme l’arbre des dieux.

Il est aussi symbole de fidélité car il constituait le lit dans lequel Pénélope resta fidèle à Ulysse pendant ses 20 ans d’absence.

Les vainqueurs des Jeux Olympiques d’Athènes étaient récompensés avec des branches d’olivier et des jarres d’huile d’olive, en plus de la couronne de laurier.

Dans les traditions juive, chrétienne et islamique, l’olivier a une importance considérable. Il est symbole de paix.

Est très connu, l’épisode qui annonce à Noé la fin du Déluge (Genèse, VIII, 1) « La colombe vint à lui, au temps du soir, et voici qu’en sa bouche, il y avait une feuille d’olivier toute fraîche. Alors Noé sût que les eaux avaient diminué de dessus la terre ».

L’onction à l’huile d’olive devint ainsi symbole de lumière et de pureté.

Dans la religion chrétienne, l’olivier signifie la paix, la réconciliation, la bénédiction et le sacrifice. La croix du Christ aurait été faite de bois d’olivier et de cèdre. Jésus serait mort au mont des oliviers près de Jérusalem. Angélus SILENIUS a même écrit : « Si je peux voir à ta porte du bois d’olivier, je t’appellerai à l’instant temple de Dieu ».

Dans le Coran, comme pour les Soufis, c’est un arbre béni associé à la lumière, l’huile alimentant les lampes. Arbre central, axe du monde, il est symbole de l’Homme universel, l’Homme réalisé spirituellement, et permet l’accès à la vie éternelle.

On le voit, le symbolisme de ces deux arbres est extrêmement riche.

Les couronnes de laurier et d’olivier représentaient dans l’antiquité la plus haute distinction montrant, qu’ainsi directement sous le divin, se trouve son représentant humain, trait d’union entre la matière et l’esprit.

Sa forme circulaire, montre bien la relation avec le monde céleste, telle la couronne de la voûte des cieux.

Dans tous les cas, la couronne honore une personnalité digne d’un honneur et la place au plus haut degré de l’estime de ses pairs.
Pour l’objet de ce travail, il s’agit d’une couronne végétale, formée de deux rameaux d’arbres différents, reliés à l’arrière et ouverte sur le devant.

A mon sens, si ces deux végétaux ont été rapprochés c’est pour faire ressortir ce qu’ils ont en commun à savoir l’idée de récompense qui suit l’effort

Peut-être qu’un jour chaque F maître Secret pourra espérer recevoir un jour la couronne de Laurier et d’Olivier qui récompensera la victoire qu’il aura obtenue sur lui-même, dans l’accomplissement du Devoir.

Le Maitre Secret doit méditer sur l’idée de la récompense que procure l’effort (glorification du travail), récompense suppose mérite et choix.

Ce couronnement du Maître Secret serait celui d’un état potentiel qui reste à acquérir par un travail initiatique actif. C’est ainsi qu’il devra sa qualité de Maître Secret digne et capable de rayonner, d’observer les Maîtres et de les orienter, car il a la force et la sagesse de son âge.

Nous ne sommes pas des moines réguliers retirés du monde, nous sommes des Francs-Maçons séculiers, et à ce titre cette maîtrise nous ouvre la porte de nos devoirs envers nos frères, envers tous les hommes qui créent l’Humanité.

Mes F F M M Secrets la couronne de laurier et d’Olivier implique impérativement des obligations envers les autres, ainsi au grade de Maître Secret, pratiquement tout le rituel est aujourd’hui axé sur une notion du devoir qui mène au devoir fondamental.

Pour preuve, les sentences et préceptes ci-après :

« Malheur à ceux qui acceptent légèrement des devoirs et qui, ensuite, les négligent » ;

« Sachez, mes Frères, que l’idéal de la franc-maçonnerie est l’accomplissement du devoir porté jusqu’au sacrifice » ;

« Etes-vous prêts à accomplir votre devoir parce qu’il est devoir, sans songer à la récompense, et à être satisfait de l’approbation de votre conscience ? » ;

« Ce que la F M vous demande, c’est d’aimer la Justice, de la vénérer, de marcher dans ses voies, de la servir de tout votre cœur et de toute votre âme » ;

« Reconnaissez-vous sans réticence que le devoir est la grande loi de la F M, inflexible comme la fatalité, exigeant comme la nécessité, impératif comme la destinée ? » ;

« La route du devoir mène surement à la Vérité » ;

« Il n’est pas nécessaire d’espérer pour entreprendre ni de réussir pour persévérer » ;

« Le Devoir s’impose à nous, le jour comme la nuit » ;

La réalisation du devoir fondamental est une phase essentielle et incontournable de toute progression initiatique.

Ce devoir est une obligation qui s’impose à la conscience et au libre arbitre de chacun.

En fait, on peut distinguer deux devoirs :

Le devoir naturel qui est basé sur des critères sociaux et donc sans caractère initiatique.

Le devoir fondamental ou essentiel, à travers la compréhension de la Symbolique du GADLU qui consiste à rechercher la Parole perdue et la Vérité ; de quoi découle un ensemble de devoirs envers autrui et soi-même. Pour ma part, la notion de devoir me convient bien avec mon tempérament cartésien.

Je sens bien cette nuance entre les deux types de devoir.

En effet, dans le passé, j’ai eu un cap très difficile à franchir par rapport à mon couple ou aucune communion d’esprit n’existait plus, je n’ai pas hésité à transgresser un devoir naturel qui était le mariage, car j’ai senti que, pour mes enfants et moi, il était préférable d’essayer de retrouver une atmosphère familiale malgré le drame du divorce à franchir. Ai-je eu raison ?

De même, je ne me sens pas obligé d’avoir des contacts étroits avec ma famille si les circonstances veulent que le courant ne passe pas bien.

Le devoir n’est pas une contrainte mais plutôt une obligation morale qu’il est toujours possible d’ignorer. Pour beaucoup, la liberté réside dans le possible rejet du devoir, celle du Maître Secret, au contraire, consiste en son accomplissement complet.

Le M S, plus que le maçon tout court, doit exercer son devoir sans attendre une contrepartie. L’application du devoir de recherche de la Vérité demeure pour lui aussi vitale que le sang qui coule dans ses veines.

Le Maître Secret sous son voile transparent, devine et entrevoit ce qui est en perfection et mis à sa disposition ; lui, l’Initié perpétuellement initiable, car, de même qu’il ne voit pas bien, il ne comprend pas bien. Il a étudié les outils du 1er au 3è Degrés. Il sait s’en servir pour tracer des plans. Il sait donc « faire ». L’initiation sacerdotale le fait passer du « faire » au « dire », de la maîtrise de l’outil à la maîtrise du verbe ; ce qui éclaire mieux le sens du « signe du secret ».

Ce qui a été oublié réside dans les profondeurs de sa conscience, là où sont enfouies les impressions reçues depuis des âges.

Dans cette quête, il ne doit pas se laisser abuser par les artifices qui généralement voilent la Vérité.

En conclusion, mes F F M M Secret, pour moi le rituel du 4ème degré est un rituel de deuil par rapport à la mort d’Hiram et nous avons le devoir d’identification au Maître Hiram.

J’ai dit.

B K

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