4° #401012 Le devoir jusqu’au sacrifice est-il une entrave à la liberté individuelle ? Que peut-on en penser à travers les rituels Auteur: L∴ F∴ Obédience:Non communiqué Loge: Non communiqué On ne peut traiter ce sujet sans évoquer les notions de devoir et de sacrifice.En loge bleue, on parle de faire les devoirs.Pour l’apprenti, il faut se soumettre au silence pour apprendre à écouter et commencer à dégrossir la pierre brute.Pour le compagnon, remplir ses devoirs doit l’amener à pénétrer la connaissance.Pour le maître, ses devoirs consistent à rassembler ce qui est épars et à répandre la Lumière.Au 4ème degré on ne parle plus des devoirs, mais du Devoir et lors de la cérémonie de réception au grade de Maître Secret, le frère inspecteur atteste que la maçonnerie est un Devoir avec un D majuscule.Mais peut-on accomplir son devoir en toute liberté, en respectant cette obligation jusqu’au sacrifice ? Et le devoir ne semble-t-il pas incompatible avec l’idée même de liberté ? Est-il une entrave à la liberté individuelle ?Le Rituel nous aide dans la quête de cette démarche.L’accomplissement du Devoir demande de l’Initié une parfaite sérénité, de ne pas contourner la règle imposée, de rester en accord avec lui-même dans une démarche cohérente. On doit juger par soi-même.L’obéissance absolue du Devoir, c’et une obligation de soi envers Soi.Au grade de Maitre Secret, pratiquement tout le rituel est axé sur une notion de devoir qui mène au Devoir fondamental.Le sens du devoir doit l’emporter sur toutes choses. Et le respect d’une obligation peur mener jusqu’au sacrifice.Le Maitre Secret croyant en l’Homme, conscient de la nécessité du Devoir qu’il s’est lui-même fixé, doit donner une manifestation à ce Devoir.Comme il est plus facile de prendre une résolution que de l’accomplir, le Devoir consiste également à mesurer en permanence l’écart entre l’ambition de l’objectif et sa concrétisation.La notion du Devoir répond à la quête du Maitre, à sa recherche de la vérité et de l’amélioration de lui-même.Nous rencontrons au 4ème degré lors du 4ème voyage la notion de sacrifice qui nous parle de Justice et de Devoir pouvant conduire au Sacrifice.Ce concept de sacrifice vu comme une « mort et renaissance » est un archétype.Les Grecs avaient déjà développé le thème de la mort symbolique : ils nommaient « deux fois nés » ceux qui avaient franchi les portes de l’Erèbe et en étaient revenus ; Thésée, Héraclès, Persée, Ulysse…Phénix illustre également ce thème comme un certain nombre d’évènements bibliques.Ce que nous craignons, c’est la perte de notre individualité, de notre moi constitué en partie de notre conscience et de la mémoire de notre vécu.La notion de palingénésie doit être abordée.Lors de l’initiation le néophyte renait enfant âgé de trois ans. Lors de la maitrise le néophyte renait en Hiram, il a 7 ans et plus.Le sacrifice d’Hiram c’est le meurtre du père.Ce sacrifice a trois significations ; morale, symbolique et initiatique :Sur le plan moral c’est celle d’un homme qui sacrifie sa vie par devoir, pour obéir à sa conscience et ne pas révéler un secret.Pierre Brossolette s’est défénestré pour éviter de donner les noms des frères maçons à la Gestapo.Au plan symbolique, c’est l’illustration de la parole du Christ : « en Vérité, je vous le dit, si le grain de blé qui tombe en terre ne meurt pas, il reste seul ; si au contraire, il meurt, il porte beaucoup de fruits ».Pour nous Francs Maçonsle plus important c’est sa signification initiatique. Le vieil homme est mort et le candidat va s’engager dans une quête spirituelle. La légende d’Hiram nous pose une vraie question.Le sacrifice de soi, la mort à soi-même que prônent les moralistes, les philosophes, les religions et la Franc Maçonnerie elle-même ne peut être considéré comme l’écrasement devant l’autre ou comme la soumission à un surmoi légaliste et culpabilisant.La signification est différente :Mourir à soi-même, se sacrifier, c’est perdre le narcissisme primitif qui rend l’homme inapte à toute vraie vie, à tout échange sincère avec autrui.C’est passer du stade objet, soumis à des interdits et des tabous, au stade sujet autonome, libre, responsable, volontaire, capable de s’aimer profondément et capable d’aimer profondément l’autre.C’est le véritable sens de la résurrection ou de la renaissance qui font de nous des maçons libres après avoir sacrifié le vieil homme.La voie initiatique entraine pour chaque initié une ascèse longue et pénible nécessitant de nombreux sacrifices dont celui de l’égo, mais qui aboutissent à la pleine réalisation de l’être. Le temple est un lieu sacré et un lieu de sacrifice où nous venons sacrifier notre orgueil, nos ambitions, nos préjugés.Le récipiendaire tue en lui l’individu qu’il était, et qu’il veut remplacer par celui qu’il souhaite devenir.Cette mort symbolique s’adresse à la totalité de l’être : physique, émotionnel et mental. Celui qui renaitra devra donc renouveler ses actions, ses sentiments et ses pensées.Au terme de ses 4 voyages, le Maitre est confronté à la nécessité d’accomplir le Devoir jusqu’au Sacrifice.Comme Socrate a lui-même, respectueux des lois, a refusé l’évasion préparée par ses fidèles, et but avec sérénité une décoction de cigüe.Cette route du Devoir l’initié pourra la suivre sans crainte de se tromper s’il se conforme à ce qu’on lui a appris :« Garder le secret, être obéissant, rester fidèle ».La réponse est dans le Rite, dans le Mythe.– garder le secret du langage et de notre Tradition – être obéissant à nos règles initiatiques. – demeurer fidèle à notre démarche vers la Lumière, à la Connaissance et à l’Amour.La Connaissance implique le Devoir de partager et de Transmettre. Au degré de Maitre Secret, le Rituel nous dit que le Devoir est à la recherche de la Parole Perdue.Une partie de la connaissance primordiale nous a été ravie et notre devoir consiste à retrouver cet état édénique où l’être avait une connaissance immédiate des choses. De plus le Rituel insiste sur la nécessité de l’Initié à se rendre Libre, et chercher c’est se rendre libre.La notion de liberté signifie spontanément l’absence de contraintes, l’expression de nos désirs personnels sans rencontrer d’obstacles extérieurs et d’interdits faisant peser une menace en cas de transgression.Ainsi le devoir semble-t-il incompatible avec l’idée même de liberté.La liberté c’est la possibilité d’agir, de penser, de s’exprimer, selon ses propres choix. Mais la liberté n’est pas dans le refus mais dans l’acceptation et la juste adaptation. Pour le franc-maçon c’est la liberté de l’initiable, de celui qui cherche, qui ne cultive ni certitudes ni croyances bloquées, mais celui qui reste ouvert à l’autre et à la connaissance.Le Franc Maçon est virtuellement initié en homme libre mais sa liberté sera conquise progressivement par le dégrossissage de la pierre brute, par le dépouillement de soi-même pour atteindre l’essence divine.C’est dans l’âme seule que la vraie liberté peur se développer et s’épanouir.Etre libre, c’est avoir la capacité du choix, c‘est ce que Descartes appelait « le libre-arbitre ».Comment accomplir son devoir en étant un homme libre ?Le Franc-maçon, homme libre ne peut éluder le Devoir. En prenant appui sur sa vocation initiatique, il doit affirmer sa position lorsque les valeurs considérées comme fondamentales pourraient se trouver en péril ou attaquées car méconnues.Le devoir suppose un grand espace de liberté décisionnelle. Agir par devoir, c’est agir sans y être poussé, en dehors de toute contrainte qui pèserait sur notre volonté, en toute autonomie, par pure obéissance à un ordre de la raison que l’on se donne soi-même.Or agir en toute autonomie, c’est agir librement. Donc agir par devoir, c’est agir librement.Si pour le Maitre Secret « il n’y a pas de devoir qu’envers soi-même », c’est d’abord pour souligner l’absolue liberté de l’être humain. Rien ne saurait restreindre cette liberté fondamentale : cette liberté se décline en liberté de penser, de croire ou de ne pas croire.La liberté du Franc Maçon, « homme libre et de bonnes mœurs » peut sembler paradoxale dans la mesure où c’est par sa soumission à des impératifs moraux qu’il se rend libre. S’il peut être déterminé par ses penchants, ses inclinations, il se distingue cependant des autres créatures par la possibilité de se fixer à lui-même un devoir, grâce à la raison, devoir auquel il pourra librement obéir.Cette volonté pure ne peut donc être qu’une volonté d’agir par devoir.Le rituel du 4ème degré développe cette idée sous forme de questions posées aux récipiendaires.Sachez, mes Frères, que l’idéal de la F M est l’accomplissement du Devoir porté jusqu’au sacrifice Etes vous-prêts à faire votre devoir en toutes circonstances, quoi qu’il puisse vous en couter ? »« Vos travaux peuvent n’être pas récompensés, …êtes vous prêts à accomplir votre devoir parce qu’il est le Devoir…L’impératif de KANT : « Agis toujours comme si tu étais législateur en même temps que sujet » rappelle ainsi les injonctions du rituel du 4ème degré au Maître Secret dans ses rapports à lui-même et avec autrui.« Vous ne vous forgerez point d’idoles humaines…vous déciderez par vous-même de vos opinions…vous n’accepterez aucune idée que vous ne compreniez et ne jugez vraie.En finalité, c’est la rigueur du devoir qui ouvre la conquête de notre liberté intérieure.La loge de perfection est un creuset de devoirs initiants.Le meurtre d’Hiram est une libération et un passage à l’âge adulte pour l’initié. L’après Hiram est une prise de conscience.Le devoir touche à une valeur d’importance qui lui est synonyme, celle d’engagement. Ne pas s’engager c’est renoncer à prendre parti, choisir de ne pas choisir ou laisser le choix au hasard, c’est donc réduire sa liberté à son plus bas degré. Or s’engager c’est confirmer et conserver sa liberté comme autonomie.J’ai dit, T F P MAscèse = L’ascèse ou ascétisme est une discipline volontaire du corps et de l’esprit cherchant à tendre vers une perfection, par une forme de renoncement ou d’abnégationL’acquisition de la Connaissance et de la prise de conscience de la Liberté Spirituelle, des Règles, conditionnent toute action : Justice et DevoirPalingénésie = naissance à nouveauArchétype = modèle idéal sur lequel est fait un ouvrage. Manuscrit ancien, ancêtre de plusieurs autres. Navigation des articles Planche Précédente "Vous ne prendrez pas les mots pour des idées. Et vous vous efforcerez toujours de découvrir l’idée sous le symbole" Planche Suivante "Aimer et servir la justice"