4° #401012 La loi de l’ancien testament est-elle universelle ? Auteur: N∴ B∴ Obédience:Non communiqué Loge: Non communiqué A:.L:.G:.D:.G:.A:.D:.L’U:. SUPREME CONSEIL DE FRANCEA La Gloire Du Grand Architecte De L’UniversDeus Meumque JusOrdo Ab ChaoSuprême Conseil de France Liberté, Egalité, Fraternité Le décalogue ou 10 paroles (Essoré ha Devarim en Hébreu, en grec Decca Logoi et non pas10 commandements), auraient été reçues par Moise, gravés dans la pierre du doigt de D’….C’est un ensemble élémentaire de règles de conduite, morales. Ces 10 paroles font partie des613 recommandations ou Mitzvot (valeur numérique 10 donc 1), par le même Moise.On remarquera que 7 commandements (à rapprocher des 7 alliances de D…) commencentpar «Lo» une négation, ne pas. Seuls les 1er, 4 ème et 5 ème sont des affirmations :« Je suis Yahvé, ton Dieu, qui t’a fait sortir du pays d’Egypte, de la maisonde servitude.Tu n’auras pas d’autres dieux devant moi. […]Tu ne prononceras pas le nom de Yahvé ton Dieu à faux, car Yahvé ne laisse pasimpuni celui qui prononce son nom à faux.Tu te souviendras du jour du sabbat pour le sanctifier. Pendant six jours tutravailleras et tu feras tout ton ouvrage; mais le septième jour est sabbat pourYahvé ton Dieu. Tu ne feras aucun ouvrage, toi, ni ton fils, ni ta fille, ni tonserviteur, ni ta servante, ni tes bêtes, ni l’étranger qui est dans tes portes. […].Honore ton père et ta mère, afin que se prolongent tes jours sur la terre que tedonne Yahvé ton Dieu.Tu ne tueras pas.Tu ne commettras pas d’adultère.Tu ne voleras pas.Tu ne porteras pas de témoignage mensonger contre ton prochain.Tu ne convoiteras pas la maison de ton prochain. Tu ne convoiteras pas la femmede ton prochain, ni son serviteur, ni sa servante, ni son boeuf, ni son âne, rien de cequi est à ton prochain. »Ces ordres consistent à régir les rapports humains et à établir des règles de fonctionnementde la cité, ordonner La relation entre le peuple et Dieu. Mais ces Lois ne sont valables quepour le peuple hébreux à partir de cette époque et ne peuvent être considérées commeuniverselles. Elles n’ont même pas été universelles, par et grâce au nouveau testament, pluslargement diffusé par les romains et reprises par l’église romaine (voire apostolique) endéformant les textes grecs, araméens et hébreux, à son seul profit, en ne dévoilant pasl’évangile de Juda, ce qui aurait probablement changé le cours de l’histoire.De Tradition orale, les lois ont été écrites. Elles ont perdu ainsi le Verbe, non, sous Moise,car comment aurai-il pu écrire sa mort mais plus tard ?L’écrit permet de figer et de ne plus déformer. Sauf à recopier infidèlement. Sauf à traduireinfidèlement sauf à ajouter ou retrancher (textes apocryphes). Sauf à retrancher les voyellespour rendre le texte encore plus hermétique et donc impénétrable et incompréhensible aupetit peuple. Existaient alors une caste royale, une caste sacerdotale et une caste militaire. Leprophète n’est-il pas celui qui doit écraser le politique ? Plus de prophète, c’est lamondialisation, la tour de Babel, la destruction, l’incompréhension universelle. Loi du plusfort et non pas celle du plus juste. Ni naturelle ni morale, ni spirituelle.Si la Loi universelle a un rapport avec D’ieu, alors, définissons sans prétention le mot Dieu :Le mot DIEU est originaire du lointain DEI, remontant à une souche linguistique indo-européenne.L’’ancêtre DEI a exprimé la lumière du soleil et les phénomènes naturels quis’observent dans et sous le ciel. Peut-être nos ancêtres ont personnifié des phénomènesnaturels, alors incompréhensibles, par leur esprit.L’aîné de cette famille très ancienne est notre mot JOUR. Il s’est modelé pour un usagecourant en partant du latin DIURNUS, par l’érosion phonétique de ce mot : DI-OURNOUS,I-OURNOUS, I-OUR, JOUR. L’usage distingué a gardé la forme DIURNE. Dans le mêmetemps, la contraction du mot DIURNUS à sa première syllabe DI, engendrait le latin DIES,qui se traduit aussi par JOUR, et que l’on retrouve dans LUN-DI (jour de la Lune), MAR-DI(jour de Mars), et ainsi de suite pour toute la semaine, comme dans Ml-Dl, QUOTI-DI-EN,MERI-DI-ONAL.Le second fils de la famille DEI a bénéficié d’une belle promotion. C’est JUPITER, formé deI-OUR et de PATER, le JOUR PERE, autrement dit le JOUR qui, par la lumière du soleil,engendre tout ce qui existe. Plus tard, par une interversion de sens et une extrapolation, leJOUR PERE deviendra le PERE DU JOUR… Les Romains ont adopté, sous le nom de JUPITER, le ZEUS des Grecs. Dans la foulée, leZEUS grec, qui se prononçait ZE-OUS, a glissé jusqu’au DEUS latin, prononcé DE-OUS. Etc’est ainsi que, recentré en français sur la racine DI, déjà relevée dans DI-URNUS et Dl-ES,le vocable DIEU a pris naissance du latin DEUS.La racine DI subsiste encore dans le latin DI VUS, qui a donné deux branches françaises :d’une part DEVIN, DEVINER, et d’autre part DIVIN, DIVINITE, avec un retour surDIVINATION.Le DEUS latin est cousin du THEOS grec qui s’est conservé, en français, dansENTHOUSIASME, PANTHEON, ATHEE, POLYTHEISME, MONOTHEISME,PANTHEISME, APOTHEOSE, THEOLOGIE, THEOCRATIE, THEOSOPHIE… Or, leTHEOS grec, qui se veut plus savant que le banal DEUS latin, mais qui a le même sens, serapporte lui aussi à ZEUS, avec un rappel de la racine grecque THAW, qui signifieCONTEMPLER. Cette racine THAW prolifère dans des mots tels que THEORIE, THEATRE,etc. On peut aisément vérifier tout cela par l’étymologie, une science précieuse qui permet deconnaître le sens premier des mots, au moment de leur naissance. En employant le motTHEOS, à l’époque d’Archimède, puis le mot DEUS, à l’époque de Jules César, le Grec et leRomain ne parlaient pas du même sujet que nous, lorsque nous utilisons le mot DIEU. Ilsévoquaient la figure allégorique ZEUS-JUPITER qui, par la mythologie, synthétisait lesdonnées de l’astronomie de leur temps (tournées plutôt vers l’astrologie) celles des forces dela nature, des saisons et des climats, celles des phénomènes atmosphériques, météorologiquesdirions-nous aujourd’hui, le tout localisé globalement dans le CIEL, c’est-à-dire, trèsprosaïquement, au-dessus de la terre et des hommes. L’Alliance de Dieu est-elle la Loi Universelle ?Rappelons tout d’abord que pour établir une alliance, il faut être deux parties libres et avoirla volonté d’aboutir à un pacte. Or, c’est Dieu seul, qui propose une relation au peuplehébreux, peuple «élu» par Lui. «Si tu obéis à mes préceptes, alors je te ferai retrouver la terre de tes ancètres : Canaen…Sinon je décime ton peuple…». Principe de la récompense,sanction. Principe que Jésus a trés largement repris.1940-1945 : plus de 20 millions de morts, de torturés, de violées, de brulés, d’exterminés.Sans compter les massacres récents de chrétiens, de musulmans. Au Moyen-Orient (juifs etpalestiniens) en Afrique, Nigéria (chrétiens et musulmans), et ailleurs (Arméniens,..). Blanc,jaune, noir ou rouge tous ont connu l’extermination. Geerahrdus explique le mot « testament » par deux définitions: « une disposition que quelqu’unprend pour lui-même » dans son sens premier (c’est le sens de Diatithmi) ; « Dernière volonté »dans son sens courant. Le problème soulevé est la traduction de Diathkh (alliance outestament) : Peut-on parler de testament lorsqu’il s’agit d’un Dieu qui ne meurt pas etheureusement pour le croyant. II ne peut donc pas s’agir d’alliances. D’alliances entre Dieuet le peuple des israélites, ceux de la terre de Canaen.Précisemment El, Yaveh (Yahou ?), Elohim, El Chedai, Adonai, a contracté 7 alliances avecle peuple Hébreux. Tiens les 7 planètes. ALLIANCE I : NOÉGenèse 6:18 Mais avec toi j’établirai mon alliance; tu entreras dans l’arche, avec tes fils, ta femmeet tes belles-filles.Genèse 9:9 Quant à moi, j’établis mon alliance avec vous et avec votre descendance après vous,Genèse 9:11 J’établis mon alliance avec vous: (il n’arrivera) plus que toute chair soit retranchée parles eaux du déluge, et il n’y aura plus de déluge pour détruire la terre.Genèse 9:12 Dieu dit: Voici le signe de l’alliance que je place entre moi et vous, ainsi que tous lesêtres vivants qui sont avec vous pour les générations à venir:Genèse 9:13 je place mon arc dans la nuée, et il sera un signe d’alliance entre moi et la terre.Genèse 9:15 et je me souviendrai de mon alliance entre moi et vous, ainsi que tous les êtres vivants, etles eaux ne se transformeront plus en déluge pour détruire toute chair.Genèse 9:16 L’arc sera dans la nuée, et je le regarderai pour me souvenir de l’alliance perpétuelleentre Dieu et tous les êtres vivants qui sont sur la terre.Genèse 9:17 Dieu dit à Noé: Tel est le signe de l’alliance que j’établis entre moi et toute chair qui estsur la terre. ALLIANCE II : ABRAHAMGenèse 15:18 : Je donne ce pays à ta descendance; depuis le fleuve d’Égypte jusqu’au grand fleuve, (àsavoir) l’Euphrate,Genèse 17:2 J’établirai mon alliance avec toi, et je te multiplierai à l’extrême.Genèse 17:4 Pour moi, voici mon alliance avec toi: Tu deviendras le père d’une foule de nations.Genèse 17:7 J’établirai mon alliance avec toi et ta descendance après toi, dans toutes leursgénérations: ce sera une alliance perpétuelle, en vertu de laquelle je serai ton Dieu et celui de tesdescendants après toi.Genèse 17:9 Dieu dit à Abraham: Toi, tu garderas mon alliance, toi et tes descendants après toi, dans toutes leurs générations.Genèse 17:10 Voici comment vous garderez l’alliance que je traite avec vous et avec ta descendance après toi: tout mâle parmi vous sera circoncis.Genèse 17:11 Vous vous circoncirez comme signe d’alliance entre vous et moi.Genèse 17:13 On devra circoncire celui qui est né dans ta maison et celui qui est acquis avec tonargent; ce sera dans votre chair (la marque d’) une alliance perpétuelle.Genèse 17:14 Un mâle incirconcis, qui n’aura pas subi la circoncision dans sa chair, sera retranché du milieu de son peuple: il aura rompu mon alliance.Genèse 17:19 Mais Dieu dit: Certainement, ta femme Sara va te donner un fils; et tu l’appelleras Isaac. J’établirai mon alliance comme une alliance perpétuelle avec lui et sa descendance après lui.Genèse 17:21 Mais en ce qui concerne mon alliance, je l’établirai avec Isaac que Sara te donnera à cette époque-ci de l’année prochaine. ALLIANCE III : AARON-MOISEL’alliance du Sinaï (Exode 20 et 24),19 Le jour même du troisième mois après leur sortie d’Egypte, les Israélites arrivèrent au désert duSinaï.2 Partis de Rephidim, ils arrivèrent au désert du Sinaï et campèrent dans le désert. Israël campa là, vis-à-vis de la montagne.3 Moïse monta vers Dieu et l’Eternel l’appela du haut de la montagne en annonçant: «Voici ce que tu diras à la famille de Jacob, ce que tu communiqueras aux Israélites:4 Vous avez vu ce que j’ai fait à l’Egypte et la façon dont je vous ai portés sur des ailes d’aigle et amenés vers moi.5 Maintenant, si vous écoutez ma voix et si vous gardez mon alliance, vous m’appartiendrezpersonnellement parmi tous les peuples, car toute la terre m’appartient.6 Vous serez pour moi *un royaume de prêtres et une nation sainte.’ Voilà les paroles que tu diras aux Israélites.»7 Moïse vint appeler les anciens du peuple et leur exposa toutes ces paroles, comme l’Eternel le lui avait ordonné.8 Le peuple tout entier répondit: «Nous ferons tout ce que l’Eternel a dit.» Moïse rapporta les paroles du peuple à l’Eternel. 9 Et l’Eternel dit à Moïse: «Voici, je vais moi-même venir vers toi dans une épaisse nuée afin que le peuple entende quand je te parlerai et qu’il ait toujours confiance en toi.»Moïse rapporta les paroles du peuple à l’Eternel.10 L’Eternel dit à Moïse: «Va vers le peuple. Consacre-les aujourd’hui et demain, et qu’ils lavent leurs vêtements.11 Qu’ils soient prêts pour le troisième jour, car le troisième jour, sous les yeux de tout le peuple, l’Eternel descendra sur le mont Sinaï.12 Tu fixeras au peuple des limites tout autour de la montagne et tu diras: ‘Gardez-vous bien de monter sur la montagne ou d’en toucher le bord. Tout homme qui *touchera la montagne sera puni de mort.13 On ne mettra pas la main sur lui, mais on le lapidera ou on le transpercera de flèches: qu’il s’agisse d’un animal ou d’un homme, il ne vivra pas. Quand la trompette sonnera, ils s’avanceront vers la montagne.»14 Moïse descendit de la montagne vers le peuple. Il consacra le peuple et ils lavèrent leursvêtements.15 Et il dit au peuple: «Soyez prêts dans trois jours. Ne vous approchez d’aucune femme.»16 Le matin du troisième jour, il y eut des coups de tonnerre, des éclairs et une épaisse nuée sur la montagne. Le son de la trompette retentit fortement et tout le peuple qui était dans le camp fut épouvanté.17 Moïse fit sortir le peuple du camp pour aller à la rencontre de Dieu, et ils se placèrent au bas de la montagne. 18 Le mont Sinaï était tout en fumée parce que l’Eternel y était descendu au milieu du feu.Cette fumée s’élevait comme la fumée d’une fournaise et toute la montagne tremblait avecviolence. ALLIANCE IV: ISRAELAlliance après le veau d’or (Exode 34), ALLIANCE V: ISRAEL 2Alliance répétée après récapitulation de la loi (Deut. 29-30). ALLIANCE VI: DAVID2 Samuel 23:5 N’en est-il pas ainsi de ma maison avec Dieu, Puisqu’il a fait avec moi une alliance éternelle, En tous points réglée et gardée? Ne fera-t-il pas germer tout mon salut Et tout ce qui est agréable?2 sam 7 :1-29 (Veuille maintenant bénir la maison de ton serviteur, afin qu’elle subsiste pour toujours devant toi! Car c’est toi, Seigneur Éternel, qui as parlé, et par ta bénédiction la maison de ton serviteur sera bénie éternellement). ALLIANCE VII: JESUSPrédit en AT (Jér 31 :31-34->40 Ez 36 :26 /39 :26 & 29 + Actes III (Iod) symbolisait le principe créateur actif et la manifestation du principe divin que fécondela substance.N (Noun) symbolisait la substance passive, moule de toutes les formes.R (Resh) symbolisait l’union des deux principes et la perpétuelle transformation des chosescréées.I (Iod) symbolisait à nouveau le principe créateur divin, pour signifier que la forme créatricequi en est émanée y remonte sans cesse pour en rejaillir toujours. (2)Sens matériel. – Jesus Nazaraeus Rex Judaeorum (Jésus le Nazaréen Roi des Juifs)– Igne Natura Renovatur Integra(La Nature purifiée est renouvelée – régénérée – par le feu).Sens supérieur. – Inefflabile Nomen Rerum Initium(Le Nom ineffable est le commencement des choses).Intra Nobis Regnum Jehovah (Au dedans de nous (est) le règne de Jéhovah). (JeanTabris)À titre anecdotique nous mentionnerons quelques autres explications qui ont été relevées deces quatre lettres :Jamaïm, Nor, Rouach, Jabashah(Eau, Feu, Air, Terre) (hébraïque).Indefesso Nisu Repellamus Ignorantiam(Que par l’effort infatigable nous repoussions l’ignorance).Infinitas Natura Ratioque Immortalitas De Jésus, s’il a existé :« Ne croyez pas que je sois venu apporter la paix sur la terre; je ne suis pas venuapporter la paix, mais l’épée. Car je suis venu mettre la division entre l’hommeet son père, entre la fille et sa mère, entre la belle-fille et sa belle-mère; etl’homme aura pour ennemis les gens de sa maison. Celui qui aime son père ousa mère plus que moi n’est pas digne de moi; et celui qui aime son fils ou sa filleplus que moi n’est pas digne de moi; celui qui ne prend pas sa croix, et ne mesuit pas, n’est pas digne de moi. Celui qui conservera sa vie la perdra, et celuiqui perdra sa vie à cause de moi la retrouvera.» (Mt 10.34-39) L’Origine de YahvéÉléphantineLe sol de la Haute Égypte a révélé au monde moderne une découverte de laplus haute importance pour la compréhension du judaïsme. Au XIXe siècle, unlot de documents, écrits en araméen, a été exhumé des ruines d’une place-fort située àÉléphantine, une île du Nil située près de la première cataracte du fleuve . 1. On dénombre environ 200 papyri et 50 ostraca provenant d’une colonie militairejuive installée dans la place-forte. Ces documents se composent de textes relatifs àl’organisation de la garnison, de lettres et de contrats.Le poste-frontière d’Éléphantine était devenu un important lieu stratégiquedepuis que l’Égypte et l’Éthiopie s’étaient scindées en deux royaumes (vers 645). On possède également des lots de papyri araméens, moins nombreux, retrouvés à Hermopolis et à Migdol, notamment une lettre écrite par un Juif au hiérarque du temple deYahou à Éléphantine (cf. J.C.L. Gibson, Aramaic Inscriptions, Oxford, 1975). D’autre part,Hérodote raconte que Psammétique Ier avait mis une garnison militaire à Éléphantiasique. LaLettre d’Aristée nous dit que des Juifs furent envoyés comme renfort à Psammétique II (594-588).Ce furent probablement les pharaons de la dynastie saïte (645-525) qui demandèrent à la Judée de leur céder des soldats pour renforcer leur armée, et qui placèrent à Éléphantine des troupes juives. Le terme d’ « armée juive », relevé sur les documents ne laisse aucun doute quant à la nationalité des mercenaires. D’autre part, on ne peut douter que ce fut l’un des pharaons saïtes qui permit aux membres de cette colonie (constituée des militaires et de leursfamilles) de bâtir sur place un temple à leur dieu : « Dès les jours des rois d’Égypte (donc avant la conquête perse et après la domination assyrienne), nos pères avaient construit un sanctuaire à Yahou » (pap. 1/I, 13 ; 2/I, 11). Du reste, lorsqu’ils eurent besoin d’aide (nous verrons dans quelles circonstances), ils s’adressèrent en priorité à leurs coreligionnaires de Jérusalem. Lorsque le roi perse Cambyse II (529-521) arriva en Égypte, il trouva le templed’Éléphantine déjà construit1. Ce fut surtout pendant l’époque de l’occupation perse, au Ve siècle avant notre ère, que prospéra la colonie d’Éléphantine. La plupart des documents sont datés des règnes de Xercès Ier (485-465), d’Artaxercès Ier (464-424) et de Darius II (423-405). Le temple d’Éléphantine était consacré à Yahou (YHW), non à Yahvé (YHWH). C’est un fait que la religion que nous décrivent les documents d’Éléphantine du Ve siècle était différente du yahvisme qui, d’après la Bible, était observé par les Juifs de cette époque. Notons que, pour la même époque, les sept cent trente tablettes cunéiformes découvertes à Nippour, en 1893,portent, elles aussi, les noms de Yahou, de Yawa (YW) ou de Ya (Y), jamais celui de Yahvé.Adolphe Lods, qui a eu l’occasion d’étudier les documents d’Éléphantine, nousoffre un compte-rendu d’une importance capitale pour qui veut comprendre le judaïsmedu Ve siècle avant notre ère. Le lecteur ne nous en voudra pas de la longueur de cet extrait :« Les Juifs d’Éléphantine adoraient Yahou […]. Ils s’étaient bâti un sanctuaire,qui avaitses prêtres, où l’on offrait holocaustes (pap. 1/I, 21, 25, 28), oblations,sacrifices de paix (pap.1/I, 28) et encens (pap. 1/I, 28 ; 3/I, 9), auquel on payaitla dîme, donc un de ces « hauts-lieux» que réprouve l’orthodoxie deutéronomiste.« Ils pratiquaient à l’égard des « autres dieux » une largeur qui eût scandalisé undisciple des prophètes ». Un des documents a été retrouvé scellé au nom1 Cf. J.B. Pritchard (éd.), Ancient Near Eastern texts relating to the Old Testament (Princeton,1955).2 – Pour répondre au lecteur qui s’étonnerait de nos emprunts aux auteurs cités dans le présentouvrage, nous tenons à dire que notre motivation n’est pas de mettre en valeur une quelconque érudition personnelle, mais de ne laisser passer aucune occasion de faire la lumière sur la question qui nous intéresse.d’Amon Râ. Une Juive, à qui le tribunal défère le serment, ne refuse pas de jurerau nom de la déesse égyptienne Séti. Un de ses coreligionnaires jure par le Mesguéd (c’est-à-dire « le lieu d’adoration ») et par Anat-Yahou – la déesse cananéenne Anat (c’est-à-dire Ista, Astarté, Asherah) mise en rapport avec Yahou (pap. 32/I, 3).« Les mariages mixtes – la grande abomination dénoncée par Néhémie etEsdras – étaient admis (pap. G) […].« Mais il y a un trait plus significatif encore. Un des papyrus contient une listeen tête de laquelle on lit : « Voici les noms (des membres) de l’armée juive quiont donné de l’argent pour le dieu Yahou, chacun deux sicles en argent ». Or, àla fin du document, on apprend que les sommes recueillies furent réparties entreYahou et deux autres divinités, Asam-béthel et Anat-béthel, cette dernièrerecevant à peu près autant que Yahou (pap 18, col, 7, 1, 6). Il est clair que cesdeux êtres divins étaient étroitement associés à Yahou, que par conséquent Anatbéthel doitêtre un autre vocable désignant la déesse appelée ailleurs Anat-Yahou. Yahou avait donc à Éléphantine des parèdres, dont une au moins féminine.« Les particularités du judaïsme des colons d’Éléphantine ne s’expliquent paspar l’influence du milieu où ils vivaient. Les divinités qu’ils associent ouassimilent à Yahou ne sont pas égyptiennes, mais palestiniennes : cela estcertain pour Anat, très probable pour Asam. Béthel, qui désignait proprement la pierresainte – en tant que « maison de dieu (el) » – était devenu, en pays sémitique, un titredivin, voire le nom d’un dieu spécial : les Juifs d’Éléphantine, comme leurs ancêtres,l’identifiaient plus ou moins à Yahou […].« Les colons juifs d’Éléphantine, qui, étant donné leur métier originel, devaient être tous des gens du peuple, perpétuaient évidemment, en plein Ve siècle, l’état religieux qui était celui des masses populaires en Palestine au temps où ils avaient quitté leur pays. Et c’est ce qui donne à leur cas un intérêt exceptionnel ».C’est dire explicitement que du VIIe au Ve siècle avant notre ère, la réforme deutéronomique, que la Bible attribue à Josias (fin VIIe siècle), n’était pas connue du peuple juif dont le dieu principal (mais pas le seul) était Yahou (non Yahvé).En revanche, on sait qu’à la fin du Ve siècle, la réforme sacerdotale atteignit les Juifs d’Éléphantine. En 419/418, Yedônya, le prêtre du sanctuaire de Yahou, reçut d’un certain Hananya une lettre l’avisant qu’un ordre du gouvernement perse était parvenu à Archam, le satrape d’Égypte, fixant la manière dont les Juifs devaient célébrer la fête des Pains sans levain (pap. 6). Ce témoignage confirme celui du livre d’Esdras qui nous montre le prêtre-scribe de ce nom, arrivant à Jérusalem muni des pleins pouvoirs d’Artaxercès, pour faire connaître et observer la loi de Yahvé par tous les Juifs de la partie transeuphratique de l’empire perse.Les prêtres de Hnoub (le dieu-bélier, protecteur des Égyptiens d’Éléphantine) voyaient les immolations de béliers pratiquées par les Juifs comme de véritables déicides. En 410, profitant de l’absence d’Archam le satrape, ils soudoyèrent un des magistrats perses de la ville pour faire saccager le sanctuaire juif par les troupes d’une cité voisine. Le sanctuaire fut dévasté. Pour obtenir l’autorisation de relever leur temple, les Juifs d’Éléphantine s’adressèrent à leurs coreligionnaires de Jérusalem. Ils écrivirent des lettres à Bagôhi, satrape de Juda, au grand prêtre Yohanan et à ses collègues, enfin aux nobles (les « anciens »), dont le chef était un certain Ostân. Ils ne reçurent aucune réponse.Trois en plus tard (en 407), ils réitérèrent leur démarche auprès de Bagôhi, mais cette fois ils ignorèrent les prêtres et les nobles de Jérusalem partisans de la réforme sacerdotale, pour s’adresser aux fils de Sanballat, l’ancien satrape des « gens du pays », résidant à Sichem, qui s’était opposé à la réforme. Leur requête reçut bon accueil. Archam autorisa les Juifs d’Éléphantine à reconstruire leur sanctuaire, mais en leur défendant d’immoler les animaux que les habitants du pays considéraient comme divins.En 404, une insurrection générale délivra l’Égypte (pour une soixantaine d’années) de la domination perse. Au cours de ce soulèvement, le sanctuaire juif d’Éléphantine fut détruit et la colonie massacrée ou dispersée (pap.15).Les documents d’Éléphantine ont survécu à ce vandalisme. Ils nous apportent la preuve irréfutable que le culte polythéiste de Yahou préexista au yahvisme monothéiste.D’où vient Yahou ? Le Dieu de l’HorebAvant de devenir YHWH (Exode, 3/14), le dieu de l’Horeb s’appelait YHW.A cette époque reculée (IIe millénaire avant notre ère), les gens qui avaient Yahou pour dieu étaient les Shosou (voir supra chapitre II). Où ce peuple trouva-t-il son dieu ? Nous proposons deux réponses.1) La réponse la plus simple est de voir en Yahou le dieu de l’orage qui apporte aux gens des déserts la pluie bienfaisante. 2) Les Shosou nomades étaient disséminés dans toute la partie orientale du territoire égyptien où ils se livraient parfois au brigandage. Toutefois, il semblerait que leur lieu de ralliement, sinon d’origine, était au pied du mont Horeb. Où trouve-t-on cette montagne ? Pour déterminer l’emplacement de ce site, il faut prendre connaissance du récit d’Exode (20/18) où il est relaté dans quelles circonstances le « Peuple élu » a été mis en présence du dieu :Et tout le peuple aperçut les tonnerres, et les flammes […], et la montagne fumante ; et le peuple vit cela, et ils tremblèrent. Ce passage évoque incontestablement une éruption volcanique. Dans le texte actuel, la montagne où se produisent de tels phénomènes est le Sinaï ; mais ce mont, situé dans la péninsule de Sin, n’est pas un volcan. Le véritable Horeb pourrait se trouver en Arabie Saoudite, à l’est du golfe d’Aqaba, dans la partie septentrionale du massif de Al-Hijaz. C’est le seul endroit, sur l’itinéraire de l’Exode, où on trouve d’anciens volcans. En outre, c’est au pied de Al-Hijaz que se situe, dans la Bible, le pays de Madian, dont le sacrificateur Jethru estprésenté comme le beau-père de Moïse. Et c’est bien sur « la montagne de Dieu, à Horeb », que « l’ange de l’Éternel » apparaît à Moïse « dans une flamme de feu ». Le texte actuel de l’Exode parle d’un « ange » ; mais l’ange a remplacé Yahou le jour où il fut décidé que la grande révélation devait se réaliser ultérieurement, sur le mont Sinaï (peut-être après Esdras, à l’époque où on intégra le Décalogue à la Bible). Le texte actuel fait partir les Hébreux du delta du Nil ; il n’est pas déraisonnable de penser qu’il fut un temps où le texte les faisait migrer de l’Horeb au mont Nebo, ainsi que l’affirme le Deutéronome (1/6) :« L’Éternel (interpolation ?), notre Dieu, nous parla en Horeb, disant :Vous avez assez demeuré dans cette montagne ». L’ange qui marchait devant eux s’appelait Josué/Jésus (Yehoshua : « Yahou mon salut », comme il est dit en Exode (15/2) : « Jah […] a été mon salut » ; ou « Yahou le salut »). Le héros humain de la conquête de Canaan était primitivement Caleb, non Josué : en Deutéronome (1/36), le seul de la génération du désert qui doit voir le « bon pays » est Caleb, fils de Jephunné » ; mais, de manière inattendue, Deutéronome (1/38) lui ajoute Josué : « Josué, fils de Nun, […], lui, y entrera ». Dans ces conditions, on peut penser que, dans le livre de Josué, ce n’était pas l’Éternel qui, originellement, parlait à Josué (1/1), mais l’ange Josué qui parlait à Caleb.Enfin, on a longtemps cherché – et on cherche encore – d’où vient le nom de « Moïse » (voir supra, chapitre IV). La théorie qui domine actuellement veut que le nom de Moïse vienne de l’égyptien msès qui veut dire « tiré de », « né de ». C’est possible. Mais on peut également penser que le nom de Moïse ait un rapport direct avec le grec mésos, qui veut dire « intermédiaire », « médiateur » « messager », « ange » : Moïse n’est-il pas encore, dans le texte actuel de l’Exode, l’intermédiaire entre Dieu et les fils d’Israël ? Ne fut-il pas un temps où le texte désignait Josué comme l’ « ange du Seigneur » ? L’utilisation d’un mot grec dans la Bible nous signale un remaniement postérieur à la fin du IIIe siècle avant notre ère. Contre toute attente, il se pourrait donc que l’auteur de l’histoire sacerdotale (et à plus forte raison l’auteur de l’histoire deutéronomique) n’ait pas connu Moïse, mais Yehoshua, non pas comme « ange de Yahou », mais en tant que Yahou lui-même. L’ange, le mésos grec, serait donc une invention chrétienne, du temps où la philosophie chrétienne (fin IIe siècle de notre ère) se limitait au Décalogue. Moïse, le « sauvé des eaux » ne fut créé qu’à l’époque où des helléno-biblistes, en quête d’un intermédiaire entre Dieu et les hommes, imaginèrent un mésos hébreu, un Logos personnifié sous l’apparence de l’ange Josué, auquel le Jésus des Évangiles emprunta le nom, lors de son invention, cent ou deux cents ans plus tard. Ceci expliquerait pourquoi les Juifs ne se sont jamais vraiment intéressés au Décalogue.Quoi qu’il en soit – et nous insistons fortement sur ce point –, ce qui apparaît clairement, c’est que, dans sa première phase d’existence, à l’époque des nomades Shosou, Yahou était le dieu de l’orage ou le dieu des entrailles de la terre. Dans une seconde phase, les Shosou identifièrent Yahou à Baal et l’associèrent à Anat/Asherah à l’époque où ils découvrirent la culture cananéenne. A cette époque, il n’était pas le dieu créateur du monothéisme yahvique, mais un dieu parmi d’autres. Ce fut dans une troisième phase, ainsi que nous allons le voir, qu’il devint « Je suis celui qui est ».Je Suis Celui Qui Est Dans le grand poème sumérien du XVIIIe siècle avant notre ère, Enûma élish (« Quand en haut »), c’est un couple primordial – Apsou (les eaux douces) et Tiamat (les eaux salées) – qui crée le monde et les autres dieux. Mais le texte du poème évolua au fil des siècles, si bien qu’Apsou et Tiamat finirent par n’êtreque les créateurs du chaos dont sortira, contre leur volonté, le monde ordonné, et se trouvèrent dominés par une triade suprême : Enki (l’ordonnateur du monde, le créateur de la vie), Enlil (le roi de la terre) et An (le roi des eaux). A l’époque akkadienne, les trois mêmes s’appellent Anou, Enlil et Ea. Enlil finit par disparaître, car sa personnalité fut absorbée par Mardouk, fils d’Ea. En outre, Mardouk bénéficie des qualité de son père : il connaît la science et de la magie. C’est lui qui met fin à la gigantomachie primordiale en séparant la terre des eaux, en ordonnant le monde et en créant l’homme. A force de syncrétisme, le panthéon babylonien finit donc par être dominé par Mardouk et Ea. En Canaan, Ea devint El, et Mardouk devint Baal. Ceci est confirmé par les découvertes de Ras Shamra. Voici, à ce sujet, ce qu’a écrit André Caquot concernant El, dans le panthéon ougaritique du XIVe siècle avant notre ère :« Depuis 1929, nous sommes un peu mieux placés pour parler de la religion cananéenne. Vingt campagnes de fouilles françaises sur le site de Ras Shamra, l’ancienne Ougarit, au nord de Lattaquié, ont révélé le plus vaste ensemble de mythes sémitiques occidentaux connu en dehors de l’Ancien Testament […].Les textes ougaritiques n’ont pas offert l’équivalent du « poème babylonien de la création » ou des premiers chapitres de la Genèse. Nous y apprenons assez furtivement que la création du monde est l’oeuvre d’un dieu : El. Ce vocable n’est pas un simple appellatif signifiant « dieu », mais le nom propre d’une divinité particulière. A cinq reprises, El reçoit dans les textes de Ras Shamra l’épithète bny bnwt (vocalisé sans doute bannây banûwât) : « créateur des choses créées » […].« Le titre de El ougaritique est curieusement semblable à celui d’un dieu créateur mésopotamien Ea appelé bânû nabnit. El apparaît encore comme une réplique occidentale d’Ea, par la vertu fondamentale qui leur est commune : Ea est le « seigneur de sagesse », on salue El en ces termes : « Ta parole, ô El, est sage, tu es sage éternellement ». De même qu’Ea réside dans l’apsu, l’océan cosmique, El demeure « au confluent des deux fleuves, à la source même des deux abîmes » : ce sont les deux branches du fleuve qui embrasse la terre et lefirmament (comparer les « eaux d’en haut » et les « eaux d’en bas » de Genèse, 1/7 ».Quant à Baal, voici ce qu’a écrit André Caquot :« A Ras Shamra, Ba’al est le protagoniste du « drame agraire » illustré par le corps le plus important des textes : dieu de fertilité mourant sous les dents de Mot, l’esprit du grain, et ressuscitant périodiquement, personnification de la pluie et dispensateur des produits du sol, il a dû attirer sur lui la dévotion la plus fervente ».On comprend que le Yahou des Shosou n’eut aucune difficulté à s’identifier au Baal cananéen.1 A. Caquot, in La Naissance du Monde, ouvrage collectif (Seuil, Paris, 1959).Ce fut au contact du Mardouk babylonien que Yahou trouva son rôle de dieu créateur. André Caquot nous le confirme : « Mardouk de Babylone est proclamé roi après son triomphe sur Tiamat. Or un psaume hébraïque (le XCIIIe) associe la royauté de Yahvé à la stabilité de l’univers assurée par la victoire du dieu sur les « fleuves ». La royauté de Yahvé est une idée complexe dans laquelle les motifs historiques ont pris le pas sur les motifs cosmiques, mais ce sont ces derniers qui donnent son coloris au psaume XCIII. Nous y saisissons l’idée du grand dieu organisateur de l’univers en vertu de son triomphe sur les eaux et devenant ainsi le roi. L’originalité du psaume XCIII parmi ceux qui proclament la royauté de Yahvé (XLVII, XCV-XCIX) a suggéré l’hypothèse du transfert au dieu israélite des attributions et des actes de son prédécesseur cananéen à Jérusalem, la dépersonnalisation des puissances vaincues suffisant à rendre ce texte conforme à l’exclusivisme yahviste. Cette conjonction d’indices laisse croire que les Cananéens se sont représenté la création et l’organisation du monde comme le résultat du triomphe d’un dieu sur un chaos liquide ».Par tout ce qui précède, nous sommes obligés de conclure que le Yahvé de la Genèse biblique n’est que la reproduction exilique du Mardouk babylonien. C’est à Mardouk que fait allusion le « dieu des cieux » du décret de Cyrus. Les Judéo-Israélites de l’Exil voulaient se différencier des autres peuples. Il leur fallait un dieu national, en conformité avec la formule « un seul dieu, une seule nation ». Paul Garelli et Marcel Leibovici1 nous livrent une information importante : dans une adresse aux démons, Mardouk proclame « Je suis celui qui s’est créé de par sa propre volonté » (d’après W.G. Lambert, Archiv für Orientforschung, 1954-1956, p. 315, F, 1.6). Or, à propos de « Yahvé l’assyriologue Jean Bottéro2 nous explique que « ce nom est tout un programme, contenu dans le nom même (manière de raisonner dont nous connaissons de nombreux exemples, à l’époque – principalement, cela va de soi ! en Mésopotamie). Ya, Yaou, ou quelque chose comme çà, évoque la troisième personne du singulier du verbe cananéen qui signifie ‘’exister’’ ». La proximité orthographique des termes YHW et YHWH favorisa la substitution du premier par le second. Mais derrière « Je suis celui qui est », c’est Mardouk qui se cache.1 P. Garelli et M. Leibovici, in La Naissance du Monde (op. cit.).2 J. Bottéro, Babylone et la Bible (Les Belles Lettres, Paris, 1994).** *Il nous reste à expliquer pourquoi certains exégètes catholiques (Jean-Louis Ska, Mario Liverani, etc.) semblent adhérer à la méthode rationaliste. Il est vrai qu’ils participent autant qu’ils le peuvent, à la démystification des textes bibliques. Néanmoins, ils n’agissent pas par soif de la vérité ; ils ont un dessein inavoué : préparer la reconversion de l’Église de Rome sur le thème « Tout n’est que symbole ! » ; et ces symboles nous sont présentés comme des vadémécum, de précieux outils pour une bonne gouvernance du monde d’aujourd’hui et dedemain. Déjà, nous entendons les hommes de la curie noire proclamer sans vergogne que le christianisme est « la religion de l’incarnation » et que, par conséquent, l’attachement au corps, à sa beauté, sa culture et son exaltation ne sont pas incompatibles avec le salut. Pourtant, pendant des siècles, l’Église de Rome a enseigné que le corps n’est rien, que la vie d’ici-bas est une punition du Ciel, et que seule compte l’âme qui, comme Dieu, est un esprit ! Cependant, nous ne voyons pas en quoi la Bible pourrait contenir un message pour l’avenir :la philosophie humaniste n’a rien à lui envier. Nous ne voyons pas en quoi les hommes de la superstition pourraient donner des leçons de vie aux hommes de la raison.J’ai dit Navigation des articles Planche Précédente "La Guirlande de Laurier et d’Olivier" Planche Suivante "Ziza"