4° #401012 Le Temple de Salomon Auteur: B∴ K∴ Obédience:Non communiqué Loge: Non communiqué A la Gloire du Grand Architecte de l’Univers Ordo Ab Chao Deus Memuque Jus Sous les Auspices du suprême conseil de France Rite Ecossais Ancien et Accepté Introduction : Pour le rédiger, je me suis documenté par la lecture d’ouvrages et revues suivants : « Symbolique des grades de perfection et des ordres de sagesse » Irène MAINGUY « Sur les traces du Roi Salomon » JP Perraud et St Del Regno « La Symbolique du Temple » de JP Bayard « Symbolisme maçonnique traditionnel » de JP Bayard « Maitre Hiram et le roi Salomon » de Christian Jacq « Le Temple de Salomon dans la tradition maçonnique » Alex Horne Les PVI n° 101,114, 121 et 127 Le dernier « Ordo ab chao » n°74 Lettre initiatique 4 ième degré Jean Mougues Preambule :Rappelons-nous que nous venons du 3 ième degré.Nous avons d’abord assisté à la mort d’Hiram par les mauvais Compagnons. Nous avons cherché son corps et l’avons découvert sous le tertre avec un rameaux d’acacia dessus. Enfin nous l’avons vu renaitre par notre exaltation à la Maitrise.Cela dit nous ressentons une impression d’inachevé car ce récit reste incomplet à ce moment crucial du parcours maçonnique. Le Maitre maçon ne peut se satisfaire de la perte de la parole et de son remplacement par des mots substitués. Il ne peut accepter que l’œuvre d’édification du Temple soit définitivement interrompue à la suite de l’assassinat d’Hiram. D’où les questions : qui doit légitimement remplacer l’architecte défunt pour mener à bien l’achèvement du Temple et quel sort réserver aux meurtriers du Maitre ?Autant d’interrogations sans réponse dont le Maitre maçon soucieux d’approfondir la maitrise et de poursuivre un cheminement initiatique cohérent ne saurait se satisfaire.Durant mon parcours en Loge bleue, j’ai conscience, par mon entourage, que j’ai amélioré mon comportement à l’égard des autres, que je les respecte beaucoup plus maintenant et je me demandais ce que la Loge de perfection pourrait bien m’apporter !A l’ouverture des travaux au 4 ième degré, le 1er inspecteur déclare « J’ai été reçu sous le laurier et l’olivier en passant de l’équerre au compas. J’ai vu le tombeau de notre respectable Maitre Hiram et j’ai versé de larmes sur ce tombeau avec mes FF et le plus puissant des rois ».Dès l’introduction aux grades de perfection, il est clairement posé « L’enseignement dans les Loges de perfection…constitue la poursuite et un approfondissement du symbolisme du Temple de Salomon ». Cette introduction cite le fait que le Roi Salomon, à la mort d’Hiram, désigne 7 Maitres admis au rang des Lévites pour poursuivre l’œuvre d’Hiram dans l’achèvement du temple et la construction de son tombeau. Lors de la tenue d’initiation au 4 ième degré, le récipiendaire figure l’un de ces 7 Maitres.Le TFPM dit « Vous voyez notre loge en deuil et les FFencore plongés dans la douleur que leur a causé la mort de Maitre Hiram ».La Franc-Maçonnerie a puisé dans le grand Trésor Symbolique de la Bible et de la Torah. Pour y trouver surtout deux joyaux :Le prologue de l’évangile selon Saint Jean et le récit de la construction du Temple par le roi Salomon.Selon un catéchisme maçonnique du XVIIIème siècle, la Bible fait partie « des autres meubles de la loge, avec le compas et l’équerre ». Elle l’est encore aujourd’hui, sauf dans les loges qui refusent l’invocation du Grand Architecte De l’Univers.Le temple de Salomon depuis les textes bibliques : L’arche d’alliance contenait les saintes tables de la loi sur lesquelles les 10 commandements de Dieu étaient gravés, en effacer des mots aurait signifié les détruire.Elle abritait la présence de Dieu qui était incorporée dans un sanctuaire mobile nommé « tente du témoignage » ou de la « réunion », qui convenait parfaitement à un peuple nomade. Mais Israël était devenu sédentaire par son installation en terre promise, il lui fallait un sanctuaire pour révérer l’Eternel.La Franc-Maçonnerie a puisé dans le grand Trésor Symbolique de la Bible et de la Torah. Pour y trouver surtout deux joyaux :Le prologue de l’évangile selon Saint Jean et le récit de la construction du Temple par le roi Salomon.Selon un catéchisme maçonnique du XVIII ème siècle, la Bible fait partie « des autres meubles de la loge, avec le compas et l’équerre ». Elle l’est encore aujourd’hui, sauf dans les loges qui refusent l’invocation du Grand Architecte De l’Univers.Le temple était divisé en trois parties : le ULAM ou ELAM ou Vestibule, le HEKAL ou Saint et le DEBIR, nom hébreux du Saint des Saints.Devant le ULAM s’élevait deux colonnes en haut desquelles se trouvaient deux guirlandes contenant 2 rangs de 100 grenades chacune. Elles étaient en airain, alliage d’étain, d’argent et de cuivre, utilisé pour les instruments du culte et n’avaient aucune utilité architectonique et leur fonction semble bien être emblématique, symbole d’une connaissance évanouie dans le brouillard de l’histoire. Elles devaient avoir une formidable destinée en Franc-maçonnerie, BOAZ et JAKIN, une tradition nous apprend que ces colonnes étaient creusées et qu’elles contenaient des livres écrits avant le déluge, contenant 1’histoire de la connaissance oubliée et cachée.Les augmentations de salaire en maçonnerie ont lieu près des colonnes, répliques de celles du temple de Salomon, on transmet effectivement de manière symbolique le savoir, un savoir antédiluvien.Ce ULAM, constituait donc une zone de transition entre le monde profane et l’univers sacré, le monde du surnaturel. Pour employer un langage familier de nous, francs-maçons, disons qu’il fallait laisser les métaux à la porte du temple, pour pouvoir entrer dans une autre réalité, une autre dimension, celle de l’espace sacré. Le saint ou HEKAL était le lieu de l’accomplissement du rituel du service de la divinité, de la présentation des offrandes et où se déroulait le culte quotidien.Le HEKAL et le DEBIR étaient entourées au nord, à l’ouest et au sud, par un déambulatoire de trois étages, plus large au sommet qu’à la base. Les fenêtres étaient à cadre et à grille.C’est par cet escalier en colimaçon, que l’on accédait à ce que le livre des chroniques nomme « la chambre du milieu » qui deviendra dans la franc-maçonnerie le lieu où les Maîtres se réunissent.L’accès au DEBIR était fermé par les vantaux de bois formant balustrade et surplombées d’un double rideau.Ce DEBIR, siège de la parole, de la racine Hébraïque « dalet-bet-rech » signifiant parler, était une pièce cubique de 10 mètres de côté sans fenêtre ou était déposée l’arche d’alliance. On y brulait l’encens ou les parfums d’huiles. Adonaï, le Dieu vivant, présent dans l’arche d’alliance, construite, bien sûr, en acacia, y demeurait dans l’énigmatique « sombre nuée »,ce qui rendait ce lieu inaccessible pour l’homme.Selon certains rituels anciens, c’est dans le DEBIR que reposait la dépouille d’Hiram dans l’attente d’une sépulture définitive.Cet Arche d’alliance est un coffre d’acacia recouvert d’or. Elle contient les 2 tables de la Loi telles qu’elles ont été énoncées et écrites de la main de Dieu. Ces tables de marbre blanc contenaient les dix commandements de Dieu. La légende veut que l’arche d’alliance dégageait une force qui nous rappelle la radioactivité, force d’essence divine, comme si la divinité était descendue habiter cette tente gardée par des hommes en armes.Deux chérubins, les ailes déployées, à face humaine, protégeaient l’arche de part et d’autre ; hauts de 5 mètres, ils avaient une envergure de 10 mètres, paire d’ailes contre paire d’ailes, et touchant également les murs.Dès cette époque, la dimension sacrée du DEBIR est telle, que seul le Grand Prêtre (le Kohen Gadol) est autorisé à y pénétrer. Et encore, cet évènement ne se produit qu’une fois par an, lors de la fête du Kippour. L’interdit est si fort, que la légende prétend que le Grand Prêtre avait une corde attachée à la cheville. Ainsi, en cas de malaise, ou s’il était puni de mort par son Dieu qu’il aurait mal servi, son corps pouvait être ramené, afin que quiconque n’ait à pénétrer dans l’enceinte sacrée. Il y proférait le vrai nom de Dieu, et il se passait une sorte d’évènement cosmique : un vent de sable se levait sur la ville et le désert.Les lieux saints sont gardés par des Lévites ou Maîtres secrets, seule des douze tribus d’Israël à ne pas avoir reçu de terre, afin d’exercer sans convoitise, ni jalousie, ni problème d’héritage, leur fonction sacerdotale.Le symbolisme du Temple :Il existe une liaison étroite entre l’idéal de perfection proposé aux FMet la signification symbolique du temple de Salomon en tant que support référentiel omniprésent en loge de Maitre Secret. Temple qui non seulement est le symbole de l’univers dans son infinitude mais dont l’une des restitutions symboliques tend à démontrer que l’homme est à la fois image et partie tentant d’en percer le mystère. En ce sens, le temple de Salomon devient le théâtre et la cristallisation d’un symbole figuré et transfiguré qui porte en germe le recherche d’une harmonie en accord avec une vision de perfectibilité.Et on ne peut occulter l’importance des 3 piliers constitutifs du projet architectural du temple. Le soutien mystérieux qu’ils procurent à l’édifice s’assimile aux 3 piliers du temple symbolique de l’Homme ; à savoir Force, Beauté et Sagesse. Seulement d’idée de perfection est intrinsèquement liée au quaternaire primordial en tant que principe de vie. Les notions de devoir et de perfection apparaissent donc au cours d’un processus initiatique ou le corps est investi par l’esprit dans un être unifié. Ceci démontre que l’exigence de perfection dans cette quête d’un quaternaire devient le quatrième pilier du Temple. Ce quatrième pilier, invisible et axial par nature est un symbole du soutien universel. Le quatrième pilier invite à une réflexion d’ordre métaphysique. C’est pourquoi il est difficilement envisageable de concevoir l’initiation sans une portée spirituelle.Le symbolisme du Temple s’enracine dans le mouvement de sacralisation de l’espace à l’œuvre dans toutes les cultures humaines, même les plus primitives et mis en évidence par Mircea Eliade dans ses divers travaux.La sacralisation de l’espace consiste à ordonner le chaos, à construire un cosmos. Pour l’homme des sociétés traditionnelles, l’espace n’est pas homogène : il s’organise autour d’un centre, d’un point fixe d’origine sacrée, à l’endroit précis où la plupart du temps un Dieu s’est manifesté. De ce centre s’élève l’axe du monde, reliant le ciel et la terre, symbolisé par un arbre, une montagne, un autel, une ville, un temple.La franc-maçonnerie qui s’est développée sur les antiques traditions de corporations de bâtisseurs a trouvé dans l’exercice de l’art royal, un ensemble de moyens privilégiés pour aider les hommes en quête d’absolu à réaliser la construction de leur temple intérieur.Construire est pour un maçon, un engagement irréversible. Cela lui devient vite un devoir qui finit par l’imprégner comme une seconde nature.S’il est invité à construire, c’est avant tout pour se réédifier en pleine conscience, dans le respect des lois de la vie qu’il va découvrir en cheminant sur la voie initiatique.Tailler sa pierre n’est pas lui donner la forme qu’il voudrait qu’elle ait, c’est essentiellement retrouver celle qu’elle a par nature, pour savoir en fin de compte ce qu’il est véritablement et ce qu’il peut devenir dans l’esprit des sentences bien connues :– la règle hermétique ; « Visite l’intérieur de la terre…»;– l’adage gréco-coranique : « Connais-toi toi-même et tu connaîtras ton Seigneur…»;– la parole de Mahomet : « J’étais un trésor caché, je t’ai créé pour me connaître moi-même…».Construire c’est accompagner la vie dans son vaste mouvement d’évolution vers un « plus être » spirituel. Ensuite, il faut alors se dépasser, s’élever par un travail de méditation active et de réflexion sur le rituel. L’agencement symbolique de la Loge aide à cette démarche. Il s’agit de trouver la sensation métaphysique de ce symbolisme, ce qui aura pour effet d’augmenter chez le franc-maçon la capacité d’accueil de la lumière entrevue le premier jour. C’est ainsi un travail de lente transformation de l’invisible, qui amène à la découverte de sa vérité intérieure, qui est non seulement celle de son âme, mais « sa pierre cachée ». Poursuivre la construction de son âme par un travail de rectification sur « la pierre brute » pour la rendre cubique et polie. Intégrer enfin ce symbolisme et en intérioriser toutes les ramifications ultimes, qui convergeront inéluctablement vers la lumière.Avant de rentrer en maçonnerie et donc dans la plus grande partie de ma vie, j’ai été dans l’équipe d’animation de ma paroisse dans l’Eglise. Par mon cheminement maçonnique, je viens d’obtenir la mission de Lévite/maçon au Temple, de prêtre moderne dans l’universel, j’abandonne l’horizontalité de la matérialité pour pouvoir privilégier la verticalité, la relation directe avec le créateur. Je suis passé du physique au spirituel et je subodore que ce spirituel doit m’amener à mon rythme au Divin.Dans le temple de Salomon, je suis passé du parvis, l’Elam, à l’Ekal, (le Saint) et mon cheminement doit me guider vers ce fameux Saint des Saints, le sanctuaire divin.Conclusion :En conclusion, disons que c’est la mission de notre ordre que de transmettre cette mystique du temple dans l’homme en tant que construction initiatique, où l’adepte se doit de bâtir sa véritable spiritualité, s’expérimenter à trouver « sa pierre » et s’exercer à son façonnage, guidé par le souci de sa perfectibilité, faire croître sa lumière du premier jour qui le conduira vers ce que symbolise la Lumière.« Je me suis fait un devoir de chercher, de creuser le mythe d’Hiram. En ce sens, j’ai travaillé et ne cesse de travailler. Sur ce sujet, comme tout Maitre, je suis à la recherche d’une vérité que je pourrais nommer une sagesse ». Je disais cela dans ma planche d’accession « Le Maitre est retrouvé et il reparait plus radieux que prévu ». D’où l’intérêt d’approfondir le symbolisme et les vertus dégagées par la construction du temple de Salomon.« Le laurier, symbole de victoire sur mes passions, m’a entrainé encore plus loin et l’olivier a symbolisé la paix et la ténacité ». Je disais cela dans ma première colonne au 4 ième le Laurier, l’’Olivier et le Devoir. Ces deux symboles m’imposent toujours l’accomplissement du devoir d’où l’intérêt de la construction de Temple de Salomon.« Si nous suivons la voie de la recherche de la Vérité durant toute notre vie maçonnique, peut-être ne trouverons-nous pas la Vérité, ni n’atteindrons la sagesse, mais peut-être deviendrons nous des maçons plus sages. Le passage au 4 ième grade nous enseigne l’humilité et aussi le Devoir. La recherche de la Parole perdue va nous permettre, le moment venu, de transmettre le sens de la vie ». Je disais cela dans ma deuxième colonne gravée« la Vérité et la Parole perdue ». D’où la nécessité d’approfondir et de s’intéresser à la construction du Temple du sage Salomon.Jean Mourgues a écrit « C’est après 5 à 6 ans que nous prenons conscience de notre personnalité intime. Cette prise de conscience ne fera que s’accentuer jusqu’au moment où nous aurons parfaitement compris que, au cœur même de notre être, une lumière immobile et rayonnante à la fois donne à nos relations avec le monde une qualité singulière et une coloration unique ».Le quatrième degré du REAA nous procure un « viatique » et apporte une espérance de « complétude » non pas « au-delà » mais bien « au contact » des réalités de la condition humaine ainsi que des aspirations de l’Homme.Pour ce faire, il me faut utiliser cette nouvelle dimension qui m’est proposée au grade de Maitre Secret : savoir lâcher prise, dépasser la voie du rationnel qui limite le champ de la vision. Par l’œil du cœur qui est sur mon tablier, laisser mon intuition prendre le pas sur ma raison, entrer en résonnance avec le cosmos et faire mienne cette affirmation, « Quelque admiration que t’inspire le spectacle de l’univers, seule est réellement admirable la Loi unique et multiple qui régit toutes les choses dans leur ensemble et chaque chose dans son détail ».Cette progression, d’une chambre à l’autre, conformément au parallèle habituellement établi entre le temple extérieur et le temple intérieur, n’est autre que le cheminement spirituel de tout initié, l’accès du monde profane au monde sacré, le passage du chaos à l’ordre, des ténèbres à la lumière. Je suis à présent au seuil du Saint des Saints, tout comme je suis au seuil de ma vie maçonnique ; s’ouvrent encore devant moi un long chemin, un long apprentissage pour réaliser le dépouillement ultime du vieil homme et renaître, porteur de l’esprit d’Hiram. En effet, le rituel nous rappelle « pour l’instant il vous est interdit de franchir cette barrière, mais vous avez la clef ; un jour il vous sera permis d’ouvrir et de passer ». Cette clef représente l’optimisme du Maitre du devoir et la continuité du travail à la recherche de la Parole perdue pour sortir du deuil.Arrivé à ce stade de ma vie maçonnique, je réalise que le but de mon engagement est effectivement de continuer à réaliser mon unité intérieure. Cette fusion de mes contraires me permettra peut-être un jour d’approcher cette sérénité que la philosophie bouddhiste nomme l’Eveil.Enfin l’abandon de toute ambition personnelle permet au MS de poursuivre sa quête de la Parole perdue, de la Vérité et de la Lumière. In fine, le MS doit être capable d’aller jusqu’au sacrifice. En tout cas, jusqu’au sacrifice de son ego. Il lui appartient de faire mourir son ancien « Moi »et de renaître dans la Lumière.« A force de construire, l’Homme se construit lui-même » Paul ValéryDonc je continue, comme vous aussi mes FFTrois Fois Puissant MaitreJ’ai dit. Navigation des articles Planche Précédente "La route du Devoir…" Planche Suivante "Il n’existe en Franc-maçonnerie que trois grades :"