#401012

La Grande Lumière commence à paraître

Auteur:

M∴ S∴

Obédience:
Non communiqué
Loge:
Non communiqué

Lorsque notre 3XPM demande: « S Inspectrice, quelle heure est-il ? », celle-ci répond

L’éclat du jour a chassé les ténèbres et la Grande Lumière commence à paraître

Notre 3XPM déclare alors que, puisqu’il en est ainsi, et que nous sommes toutes

MS, elle va ouvrir les travaux au 4ème degré.

Après Midi-Minuit, voici une autre façon de nous situer dans le temps pour annoncer le début des travaux. Ce changement interpelle le MS car, face à de nouveaux critères, il est amené à abandonner des horaires établis par l’Homme. Cela va désormais le conditionner pour mettre son esprit à l’écoute de la nature, de l’Univers, et de ses lois. Après une approche empirique (qui s’appuie sur l’expérience, le connu, une théorie) du cosmos (l’universel, l’ordonné) il va privilégier une Présence sacrée, ce qui l’aidera à progresser dans son questionnement.

L’heure d’ouverture est somme toute assez imprécise, et cela nous souligne que les ténèbres et la lumière ont toutes deux leur importance et sont indispensables pour se révéler mutuellement.

Au lever du jour nous sommes encore en partie dans les ténèbres. Cela rappelle le voile de notre initiation qui n’est ni opaque, ni transparent, seulement translucide et ne nous autorisant qu’une lumière tamisée. C’est le reflet de nos connaissances actuelles et de notre degré de compréhension. Le MS avance peu à peu entre les ténèbres (ou la ténèbre) et la lumière (blanc et noir) sur le chemin de la Connaissance.

Grâce à nos sens, nous pouvons appréhender le moment où « la lumière du jour commence à paraître ». Nous sommes également conscientes que si « l’éclat du jour a chassé les ténèbres », à contrario les ténèbres chasseront à leur tour la clarté du jour. Simple logique du mouvement cosmique faisant alterner immuablement jour et nuit.

L’heure où l’aurore commence à poindre est évidemment variable entre les deux solstices et les équinoxes en fonction du lieu où l’on se situe, et cela nous amène à consigner la localisation de la Loge avec précision dans la colonne gravée des travaux du 4ème degré.

L’aurore qui annonce le point du jour est un moment plein de force et de joie qui doivent rejaillir sur le MS à l’ouverture des travaux. C’est un moment quasi magique situé entre la nuit et le jour, l’ombre et la lumière; c’est un symbole d’éveil, de re-naissance, de promesses, et d’espérance. Instant fugitif où l’humain semble presque en contact avec le Divin. Telles les plantes qui reprennent vie en sortant du sommeil de la nuit, nous ouvrons notre esprit, concentrons nos forces et nous nous mettons en chemin. Le soleil fécond, qui doucement réveille la nature, se lève en nous indiquant l’Est, l’Orient, et il nous donne son énergie. L’obscurité, image de notre ignorance est chassée, et le MSdoit alors tenter de mettre fin aux ténèbres de son inconscient pour élever sa conscience vers la Lumière.

Nous sommes devant le Saint des Saints et, tout comme le changement d’horaire, ce changement de lieu va de pair avec un changement symbolique d’horizon, (on va travailler vers le divin, on nous dit dans le rituel que nous commençons une marche ascendante vers la Vérité). La présence du Volume de la Loi sacrée permet d’accéder au Temple de l’esprit. Cette nouvelle situation place le MS dans une perspective dynamique nouvelle visant, par une évolution progressive et permanente, à nourrir sa spiritualité; de même, cela lui permet d’aller vers l’acquisition de Connaissances nouvelles (les symboles de la Bible) qui lui rendront le Sacré plus intelligible. Nous, MS, pouvons penser que c’est dans notre cœur que cette petite lumière est « logée », peut-être entre l’âme et l’esprit ? (se spiritualiser, c’est aspirer à sortir de ses propres limites, admettre que notre corps n’est pas notre seul composant et que nous sommes reliés à une vérité qui nous échappe, vers laquelle nous voulons nous élever – l’esprit rejoint l’intellect). Difficile statut de l’âme ! (dimension supérieure en nous, un état émotionnel, contrairement à l’esprit qui lui commande, réfléchit, est souffle de vie). Est-ce un principe spirituel d’où émane la conscience de soi ? Ou bien la petite lumière que nous possédons toutes en nous ? Âme et esprit semblent être des vecteurs du Divin. (en FM: expérience personnelle, intime, secrète parce qu’unique pour chacun).

Au 4ème degré les travaux ne sont plus éclairés alternativement par la lumière active du soleil, et passive de la lune, mais sont placés sous le signe exclusif de l’astre solaire.

Le MS doit aiguiser sa volonté pour saisir à tout instant les petits flashs de clarté lui permettant de sortir des ténèbres de l’incertitude afin de mettre en adéquation la lumière extérieure et sa lumière intérieure. La passivité n’étant pas de mise, et rien n’étant figé, le MS chemine aussi vers la Raison ; il sait à présent que nous ne devons pas accepter « uneidée que nous ne comprenions et ne jugions vraie».

Le Logos, (la raison humaine, la parole) terme rattaché au concept de la Raison, est aussi en FM synonyme de Verbe, Parole, et… Lumière divine.

La Grande Lumière «commence seulement à paraître», elle est donc différente de « l’éclat du jour » qui a chassé les ténèbres, ou… peut-être… est-elle d’un autre Ordre ? Cette question nous renvoie au récit de la Genèse et de la Création du Monde qui nous apprend que la Lumière, éclairait les ténèbres initiales dès le 1er jour, créant ipso facto un soir et un matin. Le premier jour est encore dans l’unité principielle; est-ce à dire que cette Lumière unique est la représentation de l’Esprit Créateur, de notre GADLU ? La Bible précise: « Au commencement de tout était la lumière, et de cette essence subtile extraite de lui-même Dieu créa l’Univers».

Nous pouvons aussi remarquer que si la Lumière est UNE, les ténèbres sont au pluriel (ignorance, incroyance, intolérance, le mal, le mauvais). L’unité (la vérité, le beau) se prépare t-elle ainsi à devenir dualité ?

Les Ecritures nous disent que ce n’est que le 4ème jour que le Soleil et la Lune ont été créés; et elles nous précisent également que la Lumière n’est plus la même que celle du 1er jour: elle devient plus matérielle (soleil).

Nous ne pouvons également pas occulter le symbolisme du nombre 4 qui, nous le savons, représente la matière; cela peut nous amener à la mettre en relation avec la Lumière du Monde nouvellement créée.

D’après la Bible la Lumière « primordiale » n’est donc pas celle du Soleil ! Est-ce à dire que la Lumière recherchée est cette Lumière originelle du premier jour de la création ? Probablement pas, car il serait fort présomptueux de vouloir accéder à cette vision première ! La Lumière recherchée est, plus probablement, celle de la révélation, celle qui nous fait passer de l’état de crédule ignorant à celui de cherchant éclairé en total état de conscience; c’est aussi, et surtout, celle qui amène naturellement vers la recherche de la Vérité.

Nous sommes invitées à aller au fond de nous-mêmes, à la recherche de la Parole Perdue, avec persévérance et espérance car « la lumière peut se révéler dans tout son éclat à celui qui veut ouvrir ses yeux et regarder». Dans notre Temple la Lumière qui guide nos travaux est Lumière de l’esprit, et comme toute lumière elle revêt plusieurs apparences, en fonction de notre propre progression spirituelle.

Il est maintenant de notre Devoir de nous mettre en action pour faire émerger la Grande Lumière, parcelle du Divin, car celle-ci est cachée au plus profond de nous. En accédant à ce degré le nouveau MS quitte le géocentrique pour le cosmique, il passe du terrestre au céleste. Le divin succède à l’intellect.

Grégoire de Nysse nous a enseigné la Vérité de ce chemin, il a écrit: « le progrès spirituel est une participation de l’âme de plus en plus intense à la vie divine… jusqu’au moment où l’âme découvre que l’union à Dieu consiste précisément dans un progrès sans fin… ».

Pour partir à la quête de la « vraie » Lumière qu’est la Vérité, le MS doit s’aider de la « Grande » Lumière, la Lumière active, pas celle qui est vue, mais celle qui fait voir. C’est en elle que nous trouverons la source inépuisable de notre recherche de spiritualité. Elle rend « visible », elle éclaire, elle est symbole de Vérité.

C’est pour étudier tous ses aspects que le MS chemine, observe, étudie le monde qui l’entoure à la Lumière du soleil ascendant, puis à la lumière du zénith, et ensuite à la lumière descendante du soleil couchant… puisque nos travaux fermeront à la fin du jour, au retour des ténèbres.

Toute chose projette une ombre lorsqu’elle est éclairée, et il peut arriver que l’on prenne l’ombre pour la chose. Illusions trompeuses. Un poète allemand du 18ème siècle a su nous mettre en garde: « Si vous apercevez un géant, dit-il, regardez d’abord la position du soleil, et vous verrez si le géant n’est pas en réalité l’ombre d’un pigmée» ! Dans la vie aussi de nombreux leurres existent. A nous de prendre la juste mesure des choses car les faux semblants n’engendrent que confusion.

La « Grande Lumière » pourrait simplement être symbolisée par le soleil à son zénith, instant très fugace où la lumière est à son apogée et où l’ombre disparaît. La Vérité, si difficile à saisir, serait-elle cachée dans ce moment très fugitif, ce court instant où la position du soleil efface toute ombre ?

« L’éclat du jour a chassé les ténèbres, et la Grande Lumière commence à paraître» est un passage symbolique, un cycle qui nous fait passer des ténèbres à la Lumière.

Ces deux plans nous rappellent avec force que l’on ne doit pas se contenter de l’éclat du jour, car les initiées que nous sommes doivent aller plus loin. Il nous faut changer notre regard, ce qui ne consiste pas à rejeter une idée pour en adopter une autre, mais à l’enrichir en sachant que la quête de la Lumière reste plus importante que la Lumière elle-même. « Vous ne prendrez pas les mots pour des idées, et vous vous efforcerez toujours de découvrir l’idée sous le symbole» nous le résume bien.

Peu à peu nous pourrons percevoir la Lumière de plus en plus intensément mais nous devrons toujours prendre garde à « ne pas nous laisser entraîner dans les sentiers de l’erreur ».

Le MS, un petit peu plus éveillé, travaille à unir l’intelligible (qui peut être compris) et l’indicible, (que l’on ne peut pas expliquer avec des mots), mais « La Vérité absolue est inaccessible à l’esprit humain», nous ne l’atteindrons jamais. Toutefois chercher c’est évidement croire à l’existence potentielle de ce que l’on cherche, sinon, pourquoi chercher ? L’important, nous le savons, n’est pas de découvrir la Vérité, mais de toujours tenter de nous en approcher. Plus que jamais ce degré nous enseigne que la réponse se trouve en nous, et que la recherche est permanente, sans fin. Nous avons peu de temps, aussi « hâtons-nous de gravir les pentes de la montagne».

Recherchons la Lumière qui nous fera triompher des Ténèbres et nous fera avancer vers la Connaissance, tout en développant nos potentialités. Ténèbres et lumière peuvent nous suggérer que nous sommes le troisième élément, celui qui lie les deux et forme le ternaire ; car l’ombre est un refuge parfois confortable et il nous faut un peu de courage pour aller vers la Lumière.

Nous savons toutes que les FM sont des « fils de lumière », et de Lumière il sera question tout au long de notre vie maçonnique ! Seul son éclat est différent… et ici… c’est la « Grande Lumière », une autre dimension, qui commence à paraître pour nous aider à élever nos cœurs vers le Divin.

Accès réservé aux abonnés

Cet article fait partie de l’espace privé de L’Édifice.
Abonnez-vous pour accéder immédiatement à la plus grande bibliothèque maçonnique sur internet

  • Plus de 5 000 planches véritables
  • Issues de plus de 100 obédiences
  • Du 1er au 33ème degré
Déjà abonné ? Se connecter