#401012

Découvrir l’idée sous le symbole

Auteur:

Non communiqué

Obédience:
Non communiqué
Loge:
:  NC

«Vous ne prendrez pas les mots pour des idées et vous vous efforcerez toujours de découvrir l’idée sous le symbole »


Le livret d’instruction au 1° degré nous explique que: « la Franc Maçonnerie est un


Système particulier de morale voilé par des allégories et illustré par des symboles ».


Le symbole n’est donc pas là pour voiler, mais pour illustrer…..

Avec les apprentis, on a toujours un peu de mal à leur faire toucher du doigt l’utilité du symbolisme, car le symbole n’est pas là pour lui-même : il sert à nous exprimer quelque chose, à illustrer, et c’est évidemment plus facile de commencer par le symbolisme de l’équerre-rectitude que par celui du delta lumineux-GADLU. Mais pas à pas, depuis le premier degré, nous avançons vers l’utilisation régulière du symbolisme.

Et puis au 4°, le rituel nous relance : « Vous ne prendrez pas les mots pour des idées et vous vous efforcerez toujours de découvrir l’idée sous le symbole » Normalement, puisque nous sommes en perfectionnement, cela devrait nous aider à comprendre mieux la fonction du symbole.

Alors, commençons par le symbole


Un symbole, dans la plupart des cas, est un objet bien réel : on peut le prendre en main et le toucher.



Nous avons tous appris qu’à l’origine c’est un signe de reconnaissance par le rapprochement des 2 moitiés d’un objet brisé. Mais s’arrêter là serait trop simple, car la méthode symbolique nous a fait découvrir les joies de l’analogie :



Le symbole est pour nous un signe concret évoquant justement par analogie quelque chose d’absent ou d’impossible à percevoir.


Si l’on reprend l’étymologie grecque du mot, Sun -Ballein, c’est lancer avec : c’est lancer du visible vers l’invisible pour relier les deux.


Le symbole est alors un lanceur d’idées entre le visible et l’invisible.


Le visible, c’est la représentation d’une réalité objective et normalement on ne voit que ce qui est extérieur, c’est-à-dire la matière.



L’invisible, à l’inverse, c’est ce qui est intérieur à l’homme, c’est-à-dire son esprit, l’idée. Pour passer du visible à l’invisible, il faut passer du matériel au spirituel etcela est facilité par l’utilisation du symbole qui fait appel à notre intuition et s’adresse à l’imaginaire.


Tout symbole comporte bien deux parties, ou deux aspects : d’abord, l’aspect concret, manifesté, visible, par exemple cette équerre, ce compas, qu’on peut aussi appeler « le signifiant » ensuite l’aspect invisible, non manifesté, celui qui serait « le signifié »


Ce qui complique légèrement le sujet, c’est que le signifiant peut prendre plusieurs significations. Ainsi le soleil peut symboliser le feu, la vie, la lumière, la parole, l’esprit. Mais réciproquement le signifié peut s’incarner dans des « signifiants » différents. Ainsi le sacré peut être symbolisé par une pierre levée, par un Temple, par un animal, par un livre.



Pour compliquer un peu les choses, le symbole peut être ambivalent : le ciseau en soi est un symbole actif, coupant, pénétrant la matière, mais associé au maillet, il devient passif, et change de sens pour signifier le discernement.



Le symbole fonctionne alors comme une sorte d’énigme, mais une énigme qui, au lieu d’endormir l’intelligence, la provoque et la réveille. La pensée symbolique apparaît donc comme une pensée qui n’est jamais fermée, n’est jamais figée, mais est toujours ouverte, mouvante et dynamique.


Car, je vous l’ai déjà dit, il ne s’agit pas d’expliquer, mais d’éveiller.



Ainsi petit à petit le symbole commence à parler aux frères les plus réfractaires : Il faut accepter le « lâcher prise », il faut abandonner le rationnel et laisser parler l’intuition. Il faut quitter la matière et laisser faire l’esprit…



C’est l’instruction progressive donnée par le 2° surveillant aux jeunes, qui fait entrer dans leur inconscient les différentes facettes du symbole: ces éléments sont stockés et disponibles dans la pensée des deux frères, en fonction du vocabulaire qu’ils ont reçu ou acquis dans leur vie maçonnique. Exactement comme se fait l’apprentissage du langage : Depuis notre naissance, nous avons d’abord appris à entendre les mots, les noms des choses, puis à les répéter.



Vers deux ans, nous avons commencé à parler : les premiers vocables se sont métamorphosé alors phrases en idées, en concepts, produisant à la fois du son etdu sens.



Tout est d’abord « mot » en nous. Tant que le mot désigne un objet, même le singe peut suivre le processus d’apprentissage. Mais très vite on passe du mot au concept, au sentiment, à l’idée et le mot devient symbole, cet outil virtuel qui permet de penser le monde. Cela nous semble naturel, et pourtant quand vous regardez deux petits chinois faire le même processus dans leur langue maternelle, nous restons ébahis par le miracle de l’intelligence déployée.



La raison donne une explication à une chose ou un événement réel, parce que notre intelligence peut le comprendre.



Mais nous savons tous que derrière la seule raison se profile le pilier beauté, et que le sentiment, l’émotion, le beau ne sont pas du domaine du rationnel. Ainsi, le symbole est créatif. Il permet de voir l’impossible.


C’est par le symbole que l’on peut comprendre ce que la raison pure ne perçoit pas.


Le symbole est dans ce cas complémentaire de la raison, et fait alliance avec elle.


Cette alliance fonctionne non sur des objets, mais sur des images, sur notre imagination. La pensée symbolique est l’aptitude de l’homme à gérer l’invisible, et comme le disait Saint Exupéry, « On ne voit bien qu’avec le cœur, l’essentiel est invisible pour les yeux »



Venons-en maintenant à l’idée.



Qu’est-ce qu’une idée ? Ma grande encyclopédie universelle du 19° siècle nous dit :


C’est la représentation d’un être ou d’une chose dans l’esprit.



C’est une notion que l’esprit reçoit ou que l’esprit se forme de quelque chose.



Une Idée, c’est un élément de l’univers intérieur qui s’appuie et se construit à travers des images intuitives, diffuses et oniriques.



L’idée se forme dans l’esprit de celui qui la conçoit.


D’ailleurs, toute la difficulté c’est de voir comment cette idée, complète et formée dans mon esprit, peut être transmise à un autre.



Voyez comment la bande dessinée a inventé la petite lampe allumée pour faire passer le concept de l’idée qui germe dans l’esprit d’un personnage…



Les idées, nous pouvons les exprimer par des images, par des symboles, par des légendes ou par des allégories, mais c’est avant tout par des mots que nous savons nous exprimer.



L’idée devra donc utiliser les mots pour se transmettre. Une multitude de mots qui feront comme la toile des impressionnistes ou des pointillistes : c’est l’ensemble de ces mots ou de ces points qui va transmettre l’impression de l’idée.



Mais de même qu’un seul point ne pourra rendre l’impression du tableau, de même un seul mot ne pourra traduire l’idée : ne prenons pas le mot pour l’idée ; l’idée est beaucoup plus complexe et ne peut se résumer à un seul mot.



Si le mot n’est pas la chose, le symbole non plus. Le mot « chien » ou un pictogramme figurant un chien stylisé ne sont pas un chien et ne mordent pas! Une mappemonde n’est pas le monde. Le delta lumineux n’est pas le Grand Architecte de l’Univers.


Mais la méthode maçonnique, par le jeu des questions et réponses avec les surveillants et les inspecteurs, nous fait tendre vers une relative vérité.



A nous de provoquer cet accouchement, utilisant le symbole comme une donnée de base qui nous met en route.



L’idée ou les idées sous le symbole.



Le symbole n’a pas un sens, mais du sens… Et il peut exister plusieurs idées sous un même symbole et bien entendu, le symbole n’évoquera pas la même chose pour tous ceux qui le regardent : Pour certains le train sera symbole de voyages, et leur esprit sera capable de vagabonder à l’infini à la vue d’un express qui passe. D’autres ne seront pas plus inspirés que la vache dans le pré qui regarde passer le train sans même s’arrêter de brouter.


Oswald With écrivait : «Le dogme pousse à l’intolérance et à l’esprit de secte, mais le symbole a pour propre de se prêter à la libre interprétation de chacun »



Les Initiés savent qu’une pensée véritablement philosophique ne peut se rattacher qu’à des symboles, car les symboles laissent à l’esprit toute sa liberté, alors que les dogmes sont destinés à suppléer la pensée.



Le Dogme, en d’autres termes, prétend exprimer la vérité, la traduire en mots et s’imposer aux intelligences. Le Symbole, au contraire, n’impose rien; il propose tout au plus, il suggère des idées, et il invite l’esprit à creuser ces idées.



Il stimule donc la pensée que le dogme étouffe ».



La richesse de l’idée sous le symbole est donc infinie, diverse et personnelle, mais étrangement, nous nous comprenons en évoquant les symboles. Cela signifie que les idées sous-jacentes font partie de notre inconscient maçonnique.



Mais nous ne pouvons oublier que notre démarche maçonnique consiste à bâtir notre propre temple intérieur, sous l’invocation du GADLU, et que nous, Maitres Secrets, sommes placés devant le Saint des Saints.



L’aspect fragmentaire et complémentaire du symbole ne peut que nous rappeler à notre recherche du spirituel au-delà du matériel. Les êtres finis que nous sommes renvoient à un principe supérieur que l’on peut nommer le Grand Architecte de l ‘Univers, l’Universel, Dieu ou peut être l’idée



De là à dire que chercher l’idée sous le symbole c’est chercher à nous approcher du principe supérieur, il n’y a qu’un pas que chacun est libre de franchir ou pas.



En guise de Conclusion, je dirais que notre démarche initiatique, basée sur lesymbole, s’accompagne en loge du rituel nécessaire à la renaissance du mythe. Le rite, le mythe et le symbole sont intimement liés.



Le rationalisme ne peut que nous éloigner du symbole.


Si par contre, nous tournons le dos au rationnel, si nous faisons un pas vers le divin, vers le Cosmos, vers une nouvelle énergie, alors c’est du plus profond de nous-mêmes, dans notre silence intérieur que nous pouvons découvrir la partie cachée du symbole. C’est par le silence intérieur que va s’éveiller notre conscience et notre aspiration à nous élever vers le spirituel. Tout homme qui ressent cette élévation vers le Grand Architecte de l’Univers, se retrouvera tôt ou tard au centre de l’idée. C’est ainsi que nous nous sentirons en harmonie et en alliance avec tous ceux qui ont le même but. Car c’est le même souffle qui nous anime.


«Demandez et vous recevrez, Chercher et vous trouverez, frappez et on vous ouvrira »



J’ai dit TFPM



M B d’

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