Les Bâtiments du Temple
Non communiqué
A la Gloire
du Grand Architecte de L’univers
Rite Ecossais Ancien & Accepté
Ordo ab Chao
Au Nom et sous les Auspices du Suprême Conseil du Gabon
Deus Meumque Jus
Salomon, fils de David, mena à bien la construction d’un Temple monumental en l’honneur du Dieu des Hébreux pour y abriter l’arche d’alliance. La conception, les plans, et la réalisation furent confiés à Hiram Abi.
Le roi Hiram de Tyr, allié historique du père de Salomon, le roi David, mit à la disposition de Salomon les matériaux les plus précieux de son pays, ainsi que ses meilleurs ouvriers.
L’intérieur du bâtiment était divisé en trois pièces successives : le vestibule ou porche d’entrée (Ulam), la grande salle de culte ou lieu saint (Hékâl) et le saint des saints (Debir), ce dernier étant destiné à abriter l’Arche de l’Alliance.
Il est écrit que le Temple de Salomon resta debout pendant plusieurs générations de rois. Plus ou moins bien entretenu selon les époques. L’entretien du Temple est donc mis en évidence, car mal entretenu le Temple devient la proie de prédateurs, comme celle des éléments qui favorisent et accélèrent les outrages du temps.
Selon la légende, la décoration du Saint des Saint avait été entreprise personnellement par Hiram, qui n’avait pu terminer ce travail. Salomon décida de ne pas confier ce travail à un seul Maître, mais aux Chefs des cinq Ordres d’architecture sous la direction d’Adoniram. Les quatre autres membres du groupe étant respectivement les Chefs des artistes : du bronze, des charpentiers, des tailleurs de pierre, et des graveurs et orfèvres.
Le Maître se coupe le ventre. PLATON enseignait que tout est hiérarchie dans l’être humain ; la tête doit dominer le cœur et celui-ci doit dominer le ventre, symbole de tous les appétits terrestres et de toutes les passions inférieures. Etre sans chaîne est le grand secret du Maître, qui peut, par la puissance de sa volonté, triompher de toutes les faiblesses. Un Maître « devrait »…se dominer entièrement et sans effort, car Il est censé avoir triomphé de son égoïsme, et devra, ainsi libéré de ses passions, accomplir son devoir et libérer les autres. Nulle action n’est plus haute que celle qui permet de libérer l’esprit des servitudes matérielles. Ce qui fait que la prétention à la vie spirituelle n’est qu’une vanité si l’organique n’est pas l’objet des soins indispensables, car le supérieur repose sur l’inférieur et lui donne sens, tandis que l’inférieur conditionne le supérieur et lui donne champ.
De fait il y a une analogie, sinon évidente du moins singulière, entre les plans architecturaux du Temple de Salomon et le M P. Le Saint des Saints (Debir) représente la tête, siège de la raison, du spirituel, la grande salle de culte (Hékâl) représente le cœur (où résidence de l’âme) et puis le ventre, et enfin le vestibule, le porche d’entrée – notre parvis – (Ulam) représente les jambes, les fondations.
« Mens sana in corpore sano» : « Un esprit sain dans un corps sain ». L’entretien du physique est indissociable du mental, de l’esprit ; il y a interdépendance étroite entre les deux. Si je vais bien physiquement, si mes fondations sont solides, alors mon esprit est alerte et attentif aux formes supérieures de la nature, mais si je néglige mon corps, si je ne l’entretiens pas régulièrement, quotidiennement, à l’instar de l’intendant des bâtiments qui doit veiller en permanence sur la solidité des bâtiments du Temple en privilégiant leur entretien quotidien, revisiter toujours ses acquits, tout en parachevant l’œuvre, car il est détenteur des plans.
Qui est l’Intendant « des Bâtiments » ?
L’Intendant des Bâtiment, JOHABEN, se voit confié par le Roi Salomon l’organisation des travaux et le maintien de l’ordre pour terminer les travaux de la Chambre Secrète en utilisant « la balance d’exactitude et de justice ». Cette Chambre Secrète, le Saint des Saints, renferme l’Arche d’Alliance (et l’urne contenant le cœur de l’Architecte dans le Saint des Saints, analogie entre le cœur d’Hiram et les plans du Temple dans le coffre, Trésors cachés à sauvegarder et protéger) ; Il retourne sonder profondément son Temple Intérieur : il refait intérieurement son parcours initiatique du 1er au 7ème degré, Il essaie de se maintenir dans la justice et l’équité, tandis que les doutes persistent sur ce parcours.
Le motif principal qui domine la cérémonie de réception du postulant à ce grade est l’inquiétude du Roi Salomon au sujet de la construction et de l’entretien de la Chambre Secrète afin de pouvoir garder intacts ses Trésors.
Pour atteindre ce degré de perfection, l’initié est conscient que l’œuvre à accomplir ne peut se réaliser que dans l’abnégation, l’oubli de soi, la mort de l’ego et dans la souffrance. Le parcours initiatique continue alors avec zèle et persévérance.
Le grade d’Intendant des Bâtiments met l’accent sur la notion d’entretien, de conservation, de pérennisation des bâtiments du Temple. Ne pas laisser se dégrader ce qui a été acquis, ce qui nous a été confié, et exploiter les possibilités qui nous sont offertes. Il ne suffit pas de construire, mais continuer l’œuvre entreprise par l’entretien et l’amélioration de ce qui existe, ce qui exige un effort permanent car le temps et l’homme amènent une dégradation qui use les meilleures volontés. L’Intendant des Bâtiments doit savoir d’abord comment se construit un édifice, mais aussi, c’est sa fonction, comment il se conserve. Il lui faut œuvrer à sa conception harmonieuse, élaborer et ordonner ses plans. Au-delà de ce Temple qui est l’image symbolique, il faut aller à la poursuite de l’Idéal de Perfection qui en est le vrai but, par le développement des vertus les plus hautes de l’esprit et du cœur.
Ce grade est lié au précédent, il le continue logiquement et symboliquement. On y retrouve également le symbole de la balance. L’intendant pratique les 5 points de fidélité et monte les 7 marches d’exactitude du Temple.
Les temples, lieux sacrés de régénérescence, de recueillement, d’harmonie et de paix, ont toujours eu comme mission de nous amener au-delà des apparences pour capter et ressentir ce qui est essentiel. Mais le temple le plus important que nous pouvons élever est le temple intérieur, invisible aux yeux. Ce temple une fois bâti, achevé ou non, doit être entretenu ; nous devons consolider ses fondations et veiller à ce que son éclat, sa magnificence, soient préservés afin de diffuser toujours, de répandre par delà les remparts protecteurs que nous avons érigé, le don de soi, la lumière d’une foi inaltérable.
Ph J