Le Maître Élu des Neuf, de la corruption à la sainteté
Non communiqué
T. F. P. M. et vous tous mes FF MM SS.
Il y aura beaucoup d’appelés et peu d’élus.
L’élection est-elle due au hasard comme pourrait le laisser penser le déroulement de la cérémonie d’initiation au 9èmedegré ? Le roi Salomon ne pioche-t-il pas neuf noms au hasard ? Dans le même temps j’ai été jugé digne par mes pairs d’accéder à cette élection, donc quoiqu’il en soit je mérite d’être élu.
Mais que ce passe t-il entre ce passage de Maître Intendant des Bâtiments à Maître Élu des Neuf ? La simple initiation fait-elle de moi un être différent ? C’est prétentieux !!! Et pourtant, c’est irrévocablement le chemin que nous, Francs-Maçons, choisissons.
A chaque étape nous nous transformons, nous nous approchons un peu plus de la Lumière, cette fameuse Lumière que nous avons réclamé le premier jour de notre entrée dans le Temple. Chaque initiation, chaque passage nous élèvent un peu plus. Il faut sans arrêt mourir pour renaitre dans une espèce de mouvement perpétuel, s’améliorer sans cesse à chaque initiation.
Et si c’était ca,passer de la corruption à la sainteté ? Trop simple,…
La sainteté…. j’aitoujours pensé à tort que la sanctification était plus facilement conférée à titre posthume. En même temps on reconnait souvent toutes les qualités à un homme après son ultime initiation.
Les miens seront ravis d’apprendre que j’ai accédé à la sainteté, et qu’en plus j’ai abandonné la corruption ! (Il va falloir que je change de métier), je n’avais pas remarqué, ou plutôt j’avais volontairement occulté le fait que cette vie profane était à ce point corrompue. Pire… jusqu’au fameux grade de Maître Élu des Neuf, même ma vie maçonnique était corrompue.
Il y a forcement une autre lecture de ces vocables, la force des mots, le poids des mots, le choc des images (pour paraphraser un fameux hebdo).
Quelles images de la corruption ai-je abandonnées pour accéder à la sainteté ? Suis-je devenu irréprochable ?
Quel est donc ce Temple qui me confère ce titre d’exemplarité ?
Bon sang mais bien surs il s’agit de mon temple intérieur.
Tout était là à porté de vue, à porté du cœur, et pourtant jusqu’à cette initiation je suis passé à coté. Passer de l’animalité à la spiritualité voilà le fameux passage.
Et pourtant, dès mes premiers pas en philosophie, lorsque je n’étais que lycéen, on m’a présenté la fameuse pyramide de Maslow, une progression pyramidale depuis le besoin le plus animal jusqu’au besoin le plus spirituel : la réalisation de soi. Chaque état supérieur ne pouvant être réalisé que si les besoins inférieurs sont satisfaits (le bougre était Franc-maçon, j’en mettrais ma main à couper). Mais à l’époque je devais avoir d’autres besoins beaucoup plus matériels et primaires à satisfaire.
J’en étais là de mes réflexions, et pourtant, si j’arrivais à peu près à admettre et à comprendre la corruption qui m’avait accompagné jusqu’à ce jour, je n’en étais toujours pas débarrassé par le passage dans une caverne, symbolisant mon inconscient, et l’assassinat du mauvais Compagnon symbolisant ma matérialité. Cette épreuve tout au moins me permettait-elle de mettre au jour cette séparation entre le spirituel et le matériel. Je me demandais si tout cela était bien sérieux et si je ne faisais pas fausse route.
Douter c’est au moins s’interroger.
Le chemin est long et on peu parfois oublier d’où l’on est parti et pourquoi. Pourquoi avez-vous demandé à être admis en Franc-maçonnerie ? Parce que j’étais dans les ténèbres et j’ai voulu la Lumière. Le FM travaille à l’amélioration spirituelle et intellectuelle de l’Homme avec un Gd H et cela en commençant par soi même.
Donc je suis sur la bonne route puisque je viens d’accéder à la sainteté.
Si l’on veut accéder à la complétude spirituelle il s’agit de reconnaître, admettre et maitriser son animalité, sa matérialité, et de les utiliser au service de l’amour et de la charité.
On ne voit bien qu’avec le cœur.
Cela reste un vœu bien pieux, sur terre la dualité corps-esprit, animalité-spiritualité, est, et règne.
Laspiritualitédans lavie de
tous les jours, dans le quotidien,
dans la routine et dans le stress qui étouffent
l´art de vivre, s’amenuise et
aurait tendance à rester latente, ou cachée dans
les recoins les plus reculés
de notre être.
Nous vivons dans la plus grande des matérialités,
car incarnés, nous n’avons
pas le choix que de côtoyer la matière,
d’être absorbés par elle…
Pour certains, cet effet est si prenant qu’ils en oublient de vivre.
Ils
travaillent, ont des enfants, réussissent socialement et
professionnellement,
puis ils meurent… ils ont oublié de penser, ou alors ils
ont fermé les yeux
par paresse ou lâcheté, refoulant toute notion de
prise de conscience…
les questions si classiques
du « qui suis-je, d’où je viens, où je vais ? »
n’ont aucune prise sur
eux… ou alors cela les fait sourire, car ces questions-là
sont du ressort de
ceux qui vivent dans la lune et n’ont pas les pieds sur terre.
Pourtant la spiritualité fait partie intégrante de l’Être. Elle doit l’accompagner à sa mesure, à son temps, pour lui permettre d’évoluer dans ce chemin qui mène vers la Connaissance. Elle est présente dans la vie de tous les jours, présente pour nous guider, nous soulager, nous donner l´espoir… car nous sommes « la spiritualité ».
A y réfléchir la cérémonie de passage au degré de Maître Élu des Neuf me remémore l’allégorie de la caverne,
Nous sommes enchaînés dans cette caverne, esclaves de nous-mêmes et de notre éducation. La lumière est au dehors, mais il faut du courage pour la rejoindre, supporter la souffrance et la peur pour affronter la vérité. Nous devrons encore parcourir un long sentier, pour espérer entrevoir la lumière.
L’image troublée au fonds de la caverne est une image déformée de la vérité, une image corrompue. La corruption a ceci de bon, qu’en nous déformant la vérité, elle nous la rend souvent plus supportable.
Que fait Jahoben, en apparence plus alerte que les huit autres Maître Élu, plus aiguisé au monde matériel, il est le plus véloce et dépasse même son guide pour trouver la caverne où se trouve Abiram un des assassins d’Hiram. Abiram est au fond de la caverne, il a voulu affronter trop vite la Lumière et avec ses 2 Compagnons, dans son impatience à vouloir découvrir la vérité, il a commis l’irréparable, l’assassinat de celui qui plus tard, le temps venu, lui aurait laissé entrevoir plus de Lumière, lui aurait donné la Parole.
Seul dans cette caverne ne tente t-il pas de retrouver un état originel ? Un simple retour en arrière après avoir connu l’infamie, ne cherche t-il pas en vain à retomber dans cet état primaire, celui d’une vision volontairement troublé pour ne pas percevoir trop de Lumière ? Lorsque Abiram prononce le mot Naqah,cela n’exprime t-il pas le remord d’un homme rongé et trahi par son ambition, son impatience ? Ne reçoit-il pas alors la mort comme un soulagement, une renaissance ?
Jahobem par son acte soudain et spontané, irréfléchi, en infraction avec les instructions du plus sage « le Roi Salomon », ne cède t-il pas aux mêmes démons de la vie matériel ? Vouloir tuer l’être corrompu qui est en nous est un acte lui-même corrompu et orgueilleux.
Seul des Êtres exceptionnels qui mènent une vie d’ascète, qui font de la spiritualité, de la sagesse un mode de vie, ou simplement leur vie, peuvent se détacher de la matérialité et accéder à la sainteté.
De la corruption à la sainteté, la frontière est ténue, à trop vouloir transcender l’Être on fini par flatter son égo.
Comprendre notre matérialité, notre animalité, l’accepter comme un besoin physiologique, nous permet de l’oublier de la faire passer à un acquis innée. Maîtriser cette corruption nous autorise à vivre en société tout en menant un chemin spirituel, car nous ne lutons pas contre nos acquis, nous sommes perfectibles et cette quête de la perfection est un chemin sans fin, ou plutôt le chemin de notre vie.
J’ai dit T.F.P.M.