Vengeance ou Justice
Non communiqué
A
LA GLOIRE DU G A D LU
ORDO AB CHAO – DEUS MEUMQUE JUS
Le mythe
Hiramique est le premier fil conducteur de ce passage de la matérialité
à la spiritualité que nous opérons dans le travail aux hauts grades.
Passant des obsèques, au deuil, puis au devoir de mémoire de notre
M H H, nous entrons pleinement dans le domaine
métaphysique de notre pensée. La construction du mausolée dans la
diagonale de la mort à l’extérieur du temple met bien en exergue la
dualité cœur/âme, comme elle apparaît également dans le livre des morts
égyptiens.
Cette approche métaphysique ne nous est pas totalement inconnue,
puisque présente dès le 1er voyage du compagnon avec l’évocation de la
correspondance entre les sens physiques et les sens ou faculté de
l’âme, également dans le signe pénal de ce grade, et renforcée entre
autre par l’Ordalie au 3ème degré.
Cependant Hiram n’a pas pris en considération la part de mal présent
dans chaque homme. Ainsi, afin de mieux comprendre, nous ne reprenons
pas la démarche à la construction du temple, mais bien dans le mythe
hébraïque, dès la sortie d’Egypte, avec l’errance dans le Sinaï, le
buisson ardent, l’Arche d’Alliance etc…
La démarche devient donc sacerdotale au sens initiatique du terme, et
non religieuse, par référence à la loi unique et multiple. Ceci afin de
cultiver, avec des vertus « supérieures », « supérieures
» à celle des 3 premiers degrés, cultiver donc, notre relation avec le
principe, le cosmos. Notre quête se consacre donc au mythe de la parole
perdue avec le corps et l’esprit au service de l’âme. Cette triade est
reconstituée par Hiram de Tir, Salomon et Yahoben. Le 1er symbolisant
la matérialité, le 2nd la spiritualité et Yahoben permettant la mise en
relation des deux rois dans une approche opérative.
Sans revenir sur le mythe de la caverne, revenons sur son aspect
symbolique. Elle est le symbole de l’inconscient, dont nous prenons
conscience, avec le buisson, lien entre la matière et l’esprit, la
bougie, notre lumière intérieure, l’eau, symbole de fécondité &
le poignard, symbole de la lutte comme nous le précise le rituel.
Ce poignard est aussi un nouveau symbole de dualité. Par sa
composition, mais aussi pour se qu’il représente, la justice ou la
vengeance. L’acte de pénétration (NAQAH) de Yahoben s’effectue sur
l’esprit du meurtrier Abiram (sa tête) et sur son âme (son cœur). Cette
vengeance (NEQAM), n’est pas à première vu un acte répréhensible pour
Yahoben, car il connaît des vertus supérieures au trois 1er degré.
Ainsi, par l’application du principe que « Dieu est mon droit
», il aurait le droit d’agir au delà des règles fixées sachant que sa
démarche est elle même supérieure. Cette transgression permet donc son
élévation.
D’un point de vue un peu plus simpliste, la justice, c’est la
récompense de ramener le meurtrier devant Salomon. La justice est
collective. La vengeance est l’acte personnel de Yahoben, qui en
outrepassant sa mission par son zèle, substitue la vengeance à la
justice et devient meurtrier lui-même.
Du point de vue métaphysique, nous avons l’acte de Yahoben qui permet
une élévation. « Vous mes F , vous saurez mettre à
profit la leçon qui vous a été présentée aujourd’hui » nous
dit le rituel. L’acte de Salomon devient le principe moral, permettant
l’acquisition d’une maturité, chemin d’accès à la connaissance. La
vengeance n’est pas permise, et il ne faut pas confondre le poignard,
symbole de la lutte, par le sang versé nous dit le rituel. La justice
de Salomon permet le triomphe de la loi sur l’injustice. La justice
collective est ainsi bien représentée par l’action des autres M élus
et le pardon de Salomon envers Yahoben.
L’être humain possède de manière innée le sens de la justice. Par
l’éveil de sa conscience, l’homme développe sa capacité à raisonner
afin de discerner le juste de l’injuste. L’homme reste raisonnable et
donc juste tant qu’il possède cette capacité de raisonner. Selon
Spinoza, ce sont les passions sans frein, comme pour Yahoben, qui sont
à l’origine de la vengeance. Il y a donc une lutte entre le conscient
et l’inconscient.
Salomon n’ayant pas délégué son pouvoir de justice aux M élus.
D’ailleurs le pourrait-il ? La vengeance de Yahoben n’est pas permise,
mais a-t-elle été jugée par Salomon ? Ce dernier juge un meurtrier
certes, mais la motivation de Yahoben était-elle juste ?
Oui, Yahoben a été jugé, car le pardon de Salomon a été prononcé. Dans
le monde profane nous voyons bien souvent des personnes jugées coupable
mais dispensées de peine ou condamnées symboliquement. Il n’y a donc
pas de place pour la vengeance dans la justice.
Même la loi du Talion, dont les premières traces remontent au royaume
de Babylone, est à appréhender comme une loi en tant que telle.
L’application d’un châtiment au regard d’une justice rendue. Les
personnes ne pouvant se faire justice elle-même, la justice doit être
rendue sans haine, sans passion, etc… L’inconscient de l’être doit
ainsi être maitrisé. La caverne, symbole de cet inconscient, est
devenue palpable du point de vue métaphysique pour le FM par l’éveil
et l’élévation de sa conscience puis le développement de sa raison. Il
y a donc alors triomphe de la loi sur l’injustice comme l’indique notre
rituel.
En conclusion je dirais qu’une conscience élevée, une raison
développée, une harmonie entre corps, âme, esprit, permettent ce
discernement qui permet la justice.
Salomon ne juge pas l’assassin qu’il souhaitait, mais il juge en toute
conscience et faisant abstraction de sa frustration. Mieux, il remet
Yahoben dans le droit chemin de la connaissance par l’amour qu’il lui
porte en lui accordant son pardon.
La mort d’Abiram n’est donc pas vaine. Selon le rituel : « Dorénavant
et pour toujours nous nous consacrons au combat ». Combat du
conscient sur l’inconscient, afin que le FM reste un homme libre,
libre de penser de manière individuelle, et de bonnes mœurs.
J’ai dit, T P M