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La caverne et ses symboles

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La Caverne est très présente dans le symbolisme et les légendes du REAA.

Le Cabinet de réflexion en est la première figuration. Le Cabinet de Réflexion, tel qu’il existe aujourd’hui notamment au sein du rite écossais a presque certainement moins de deux cents ans. Mais il correspond à une partie des rites initiatiques pratiqués en tous temps et en tous lieux.

En effet, l’isolement du néophyte dans une cabane ou une caverne est pratiqué depuis la nuit des temps. Il s’agit de séparer le néophyte de sa famille, de figurer par son isolement dans un lieu fermé, la mort, une rupture, pour préparer un changement essentiel.

Cette analogie comme celle du retour au ventre maternel correspond à des réalités psychiques profondes. Le Cabinet de Réflexion, pour l’essentiel, est la forme moderne et adaptée à nos mœurs de l’antique cabane ou caverne initiatique où les futurs initiés aux Mystères étaient conduits afin de se préparer au « passage« , à la transformation qu’est toute initiation. L’initiation, dans les civilisations antiques et traditionnelles comme en Franc-Maçonnerie, est symboliquement et rituéliquement conduite comme une mort suivie d’une renaissance : mort à un état antérieur, pour permettre une renaissance à un état nouveau.

Ainsi, la Caverne, représentant l’Epreuve de la Terre en préambule à l’initiation peut être perçue à la fois comme lieu de sépulcre, d’ensevelissement, et comme lieu de renaissance. Pour le Franc-maçon, la Caverne représente un symbole à la fois de mutation et d’immortalité…

La caverne évoque le texte philosophique de Platon, de portée symbolique et morale. Dans une première phase de l’initiation, nous sortons de terre, encore quelque peu étourdis, et d’abord aveuglés. Nous sommes en cela semblables à l’aspirant à la sagesse qui dans La République de Platon, se dresse à l’entrée de la caverne pour y contempler enfin le vrai principe de la lumière.

L’allégorie de la Caverne que le Maitre utilise pour met en scène des hommes enchaînés et immobilisés dans une caverne, une demeure souterraine, qui tournent le dos à l’entrée et ne voient que leurs ombres et celles projetées d’objets au loin derrière eux. Ce qu’ils voient n’est qu’une image de la réalité et non la réalité elle-même. Accéder à la réalité – ou pour le franc-maçon à la Vérité – est difficile et laborieux. Cela suppose travail, effort, persévérance, en quête d’un véritable affranchissement. Enfin, Platon nous fait comprendre que si l’accès à la réalité est difficile est pénible, la transmettre l’est tout autant.

(extrait de La République, de Platon, dans lequel le Maître invite son disciple Glaucon à comprendre que l’homme est trop souvent conditionné par l’illusion de ses perceptions.

« …Représente-toi de la façon que voici l’état de notre nature relativement à l’instruction et à l’ignorance. Figure-toi des hommes dans une demeure souterraine, en forme de caverne, ayant sur toute sa largeur une entrée ouverte à la lumière; ces hommes sont là depuis leur enfance, les jambes et le cou enchaînés, de sorte qu’ils ne peuvent bouger ni voir ailleurs que devant eux, la chaîne les empêchant de tourner la tête; la lumière leur vient d’un feu allumé sur une hauteur, au loin derrière eux; entre le feu et les prisonniers passe une route élevée : imagine que le long de cette route est construit un petit mur, pareil aux cloisons que les montreurs de marionnettes dressent devant eux, et au-dessus desquelles ils font voir leurs merveilles.

Je vois cela, dit-il.

Figure-toi maintenant le long de ce petit mur des hommes portant des objets de toute sorte, qui dépassent le mur, et des statuettes d’hommes et d’animaux, en pierre, en bois, et en toute espèce de matière; naturellement, parmi ces porteurs, les uns parlent et les autres se taisent.

Voilà, s’écria-t-il, un étrange tableau et d’étranges prisonniers.

Ils nous ressemblent, répondis-je; et d’abord, penses-tu que dans une telle situation ils aient jamais vu autre chose d’eux mêmes et de leurs voisins que les ombres projetées par le feu sur la paroi de la caverne qui leur fait face ?

Et comment ? observa-t-il, s’ils sont forcés de rester la tête immobile durant toute leur vie?

Et pour les objets qui défilent n’en est-il pas de même ?

Sans contredit.

Si donc ils pouvaient s’entretenir ensemble ne penses-tu pas qu’ils prendraient pour des objets réels les ombres qu’ils verraient ?

Il y a nécessité.

Et si la paroi du fond de la prison avait un écho, chaque fois que l’un des porteurs parlerait, croiraient-ils entendre autre chose que l’ombre qui passerait devant eux ?

Non par Zeus, dit-il.

Assurément, repris-je, de tels hommes n’attribueront de réalité qu’aux ombres des objets fabriqués.

C’est de toute nécessité.

Considère maintenant ce qui leur arrivera naturellement si on les délivre de leurs chaînes et qu’on les guérisse de leur ignorance. Qu’on détache l’un de ces prisonniers, qu’on le force à se dresser immédiatement, à tourner le cou, à marcher, à lever les yeux vers la lumière : en faisant tous ces mouvements il souffrira, et l’éblouissement l’empêchera de distinguer ces objets dont tout à l’heure il voyait les ombres. Que crois-tu donc qu’il répondra si quelqu’un lui vient dire qu’il n’a vu jusqu’alors que de vains fantômes, mais qu’à présent, plus près de la réalité et tourné vers des objets plus réels, il voit plus juste ? si, enfin, en lui montrant chacune des choses qui passent, on l’oblige, à force de questions, à dire ce que c’est ? Ne penses-tu pas qu’il sera embarrassé, et que les ombres qu’il voyait tout à l’heure lui paraîtront plus vraies que les objets qu’on lui montre maintenant ?

Beaucoup plus vraies, reconnut-il.

Et si on le force ;a regarder la lumière elle-même, ses yeux n’en seront-ils pas blessés ? N’en fuira-t-il pas la vue pour retourner aux choses qu’il peut regarder, et ne croira-t-il pas que ces dernières sont réellement plus distinctes que celles qu’un lui montre ?

Assurément.

Et si, reprise-je, on l’arrache de sa caverne, par force, qu’on lui fasse gravir la montée rude et escarpée, et qu’on ne lâche pas avant de l’avoir traîné jusqu’à la lumière du soleil, ne souffrira-t-il pas vivement, et ne se plaindra-t-il pas de ces violences ? Et lorsqu’il sera parvenu à la lumière, pourra-t-il, les yeux tout éblouis par son éclat, distinguer une seule des choses que maintenant nous appelons vraies ?

Il ne le pourra pas, répondit-il; du moins dès l’abord. Il aura, je pense, besoin d’habitude pour voir les objets de la région supérieure. D’abord ce seront les ombres qu’il distinguera le plus facilement, puis les images des hommes et des autres objets qui se reflètent dans les eaux, ensuite les objets eux-mêmes. Après cela, il pourra, affrontant la clarté des astres et de la lune, contempler plus facilement pendant la nuit les corps célestes et le ciel lui-même, que pendant le jour le soleil et sa lumière.

Sans doute. A la fin, j’imagine, ce sera le soleil – non ses vaines images réfléchies dans les eaux ou en quelque autre endroit -mais le soleil lui-même à sa vraie place, qu’il pourra voir et contempler tel qu’il est.

Nécessairement, dit-il. Après cela il en viendra à conclure au sujet du soleil, que c’est lui qui fait les saisons et les années, qui gouverne tout dans le monde visible, et qui, d’une certaine manière, est la cause de tout ce qu’il voyait avec ses compagnons dans la caverne.

Évidemment, c’est à cette conclusion qu’il arrivera. Or donc, se souvenant de sa première demeure, de la sagesse que l’on y professe, et de ceux qui y furent ses compagnons de captivité, ne crois-tu pas qu’il se réjouira du changement et plaindra ces derniers ?

Si, certes.

Et s’ils se décernaient alors entre aux honneurs et louanges, s’ils avaient des récompenses pour celui qui saisissait de l’oeil le plus vif le passage des ombres, qui se rappelait le mieux celles qui avaient coutume de venir les premières ou les dernières, ou de marcher ensemble, et qui par là était le plus habile à deviner leur apparition, penses-tu que notre homme fût jaloux de ces distinctions, et qu’il portât envie à ceux qui, parmi les prisonniers, sont honorés et puissants ? Ou bien, comme le héros d’Homère, ne préférera-t-il pas mille fois n’être qu’un valet de charrue, au service d’un pauvre laboureur, et de souffrir tout au monde plutôt que de revenir à ses anciennes illusions et vivre comme il vivait ?

Je suis de ton avis, dit-il; il préférera tout souffrir plutôt que de vivre de cette façon là.

Imagine encore que cet homme redescende dans la caverne et aille s’asseoir à son ancienne place : n’aura-t-il pas les yeux aveuglés par les ténèbres en venant brusquement du plein soleil ?

Assurément si, dit-il.

Et s’il lui faut entrer de nouveau en compétition, pour juger ces ombres, avec les prisonniers qui n’ont point quitté leurs chaînes, dans le moment où sa vue est encore confuse et avant que ses yeux se soient remis (or l’accoutumance à l’obscurité demandera un temps assez long), n’apprêtera-t-il pas à rire à ses dépens, et ne diront-ils pas qu’étant allé là-haut il en est revenu avec la vue ruinée, de sorte que ce n’est même pas la peine d’essayer d’y monter ? Et si quelqu’un tente de les délier et de les conduire en haut, et qu’ils le puissent tenir en leurs mains et tuer, ne le tueront-ils pas ?

Sans aucun doute, répondit-il.

Maintenant, mon cher Glaucon, repris-je, il faut appliquer point par point cette image à ce que nous avons dit plus haut, comparer le monde que nous découvre la vue au séjour de la prison, et la lumière du feu qui l’éclaire à la puissance du soleil. Quant à la montée dans la région supérieure et à la contemplation de ses objets, si tu la considères comme l’ascension de l’âme vers le lieu intelligible, tu ne te tromperas pas sur ma pensée, puisque aussi bien tu désires la connaître. Dieu sait si elle est vraie.

Pour moi, telle est mon opinion : dans le monde intelligible l’idée du bien est perçue la dernière et avec peine, mais on ne la peut percevoir sans conclure qu’elle est la cause de tout ce qu’il y a de croit et de beau en toutes choses; qu’elle a, dans le monde visible, engendré la lumière et le souverain de la lumière; que, dans le monde intelligible, c’est elle-même qui est souveraine et dispense la vérité et l’intelligence; et qu’il faut la voir pour se conduire avec sagesse dans la vie privée et dans la vie publique. »

Au-delà du Cabinet de réflexion, la caverne dont le néophyte devenant Apprenti Franc-maçon doit sortir est celle de ses habitudes mentales, de ses préjugés, de ses conditionnements culturels, de ses peurs fantasmatiques. Caverne qui est celle de l’enfermement dans l’immédiat, et de l’utilitaire, et dont l’enseignement platonicien nous invite à nous extraire et à nous affranchir.

Henri Tort-Nouguès, qui fût GM de la GLDF de 1983 à 1985, a écrit : « Nos sociétés modernes ont certainement changé sous bien des aspects mais ne sont-elles pas encore trop souvent la proie de la violence et de la guerre, de la barbarie ? Et l’homme du 20e siècle, notre contemporain, ne ressemble t-il pas à l’homme de tous les temps, à l’homme de toujours ? N’est-il pas encore ce prisonnier de la Caverne que Platon évoque et décrit dans son mythe célèbre ? ».

Le REAA s’appuie dès le 3ème degré, et en tous cas dans les degrés de perfection, sur le mythe d’Hiram. Ce mythe renvoie au mythe d’Enoch, ce qui fait remonter aux temps antédiluviens.

Le livre d’Enoch est un livre de style apocalyptique. Considéré comme apocryphe par la grande majorité des traditions judéo-chrétiennes, son origine semble remonter à la période de captivité des Juifs à Babylone, reprenant à son compte une tradition locale antérieure (comme beaucoup d’autres écrits bibliques du Pentateuque, à commencer par la Genèse).

Pour la tradition maçonnique Enoch, sage et averti de la prochaine colère de YHWH, le dieu d’Abraham, cacha au plus profond « d’un certain nombre » de cavernes souterraines des écrits sur les mystères du monde. Il grava en outre le nom divin. La Parole perdue que cherche le Maçon, comme le disent explicitement les rituels à partir du 4ème degré du REAA, est le souffle du Créateur de l’Univers, la manière dont le nom de YHWH se prononce, et que seuls connaissaient les Grands Prêtres du Temple de Jérusalem. En gravant le tétragramme YHWH, Enoch dotait l’humain de la capacité de prononcer le nom sacré, ainsi que celle de l’invoquer (beaucoup de dieux étaient ainsi dotés de noms secrets au moyen orient). Un triangle équilatéral en or portait le nom de YHWH (Delta d’Or).

Beaucoup plus tard, sous le règne du roi Salomon,  des ouvriers découvrirent lesdites cavernes. L’emplacement fût choisi par le roi pour bâtir le Temple que son père, le roi David, n’avait pu réaliser. Dans ces cavernes, Salomon et son allié Hiram, roi de Tyr, conversaient. C’est le roi de Tyr qui, à la demande de Salomon, avait fait venir à Jérusalem Maître  Hiram, son meilleur architecte.

Divers auteurs ont repris les récits plus ou moins légendaires selon lesquels lors de la destruction du Temple de Salomon, des objets liés au culte et pour certains considérés comme sacrés furent cachés dans les cavernes d’Enoch qui demeuraient accessibles mais bien cachées sous le Temple. Certains ont assuré – et assurent encore – que nombre de ces objets furent en leur temps retrouvés par les Templiers.

Il faut insister sur le fait qu’aux différents degrés de la franc-maçonnerie, les références aux textes sacrés doivent être comprises comme étant d’ordre traditionnel, sans aucune liaison directe obligée à la pratique d’une quelconque religion. Les rituels maçonniques et leurs récits initiatiques et légendaires renvoient certes largement à des textes sacrés, mais c’est l’interprétation ésotérique et non religieuse, qui prime et leur confère leur valeur symbolique.

Sur les 12 premiers degrés du Rite écossais ancien et accepté, cinq degrés se référent à la construction du temple de Salomon tel que les écrits bibliques l’évoquent : le maître secret (4e), le maître parfait (5e), le secrétaire intime (6e), le prévôt et juge (7e) et l’intendant des bâtiments (8e). La Bible et les légendes développées à partir des personnages ou des événements bibliques servent en quelque sorte de cadre culturel au cheminement initiatique de la maçonnerie.

A ces degrés succèdent dans le REAA les trois grades d’ « Élus » (9e , 10e et 11e degrés) :

– L’Élu des neuf, intitulé aussi l’Élu vengeur

– Le Maître Élu des Quinze désigné parfois sous le titre d’Illustre Élu

– Le Sublime Chevalier Élu qui correspond pour plusieurs auteurs au véritable Élu.

Ces trois grades s’inscrivent dans la suite logique du grade de Maître et résument dans un nouveau cycle le parcours initiatique des trois premiers grades d’apprenti, compagnon et maître.

Le Maître Élu des Neuf est ainsi appelé car ce sont neuf Maîtres qui sont désignés pour partir d’abord à la recherche du corps d’Hiram. Le 9ème degré est également appelé Élu de Pérignan, en référence à un inconnu qui conduit les neuf Maîtres Élus vers la caverne où se cachait Abiram, celui des trois mauvais Compagnons qui a donné le coup frontal mortel au Maître.

Il faut rappeler ici la réponse à la question d’ordre à ce degré : « le sort en a décidé, la caverne m’est connue ». Ainsi, la notion de désignation – fût-elle le fait d’un tirage au sort – est-elle au centre du degré, comme l’image de la caverne.

Seconde caverne explicite donc dans le Rite.

La caverne, au 9ème degré, est le refuge d’Abiram, qui s’y réfugie chargé du poids de son ignoble forfait.

La caverne est une image du tombeau dans lequel se trouve son âme, prisonnière de la noirceur de son crime. Abiram est en quelque sorte revenu dans le cabinet de réflexion. Mais il ne peut se rectifier, tant son méfait est terrible. Il ne peut pas faire le salutaire retour sur lui-même qui lui permetrait de se libérer et de repartir vers la lumière.

Pourtant, une lampe est placée là, près d’une source : la lumière de l’esprit est la seule qui puisse éclairer la conscience.

Il faut tuer en soi le mauvais compagnon, retourner contre une part de soi-même le poignard, (9ème degré) pour qu’ensuite soit rétabli l’ordre dans un esprit de justice et d’équité(10ème degré). Alors peut émerger Emerek, l’homme vrai en toutes circonstances, empreint de vertus et maître de ses passions.

Dictionnaire maçonnique de Roger Richard :

Caverne

Toutes les anciennes Initiations se pratiquaient dans un endroit retiré, à l’abri des indiscrétions. Le plus souvent il s’agissait d’une caverne, d’un souterrain ou d’une clairière en pleine forêt.

La Bible utilise abondamment les cavernes ou les grottes pour y situer des événements importants, tels que l’Annonciation. Dans la légende du Compagnonnage, Marie-Magdeleine et Maître Jacques meurent dans la grotte de la Sainte Baume.

Adonis et Jésus naissent dans une grotte et sont inhumés dans une caverne. Les Mexicains situent le berceau de leur race dans la grotte de Chicomotzoc.

L’antre le plus important pour les Maçons est celui de la légende d’Hiram, qui descend au centre de la terre pour rencontrer Tubal-Cai’n pour recevoir l’énergie et les pouvoirs nécessaires pour terminer sa mission. (Le Maître Installé).

Pythagore enseignait dans des cryptes ou des cavernes souterraines, en souvenir de sa fréquentation des temples égyptiens, où il avait été initié aux Mystères. À Samos, il avait aménagé une grotte souterraine dans sa maison et lorsqu’il enseigna à Crotone, il fit aménager un temple souterrain identique àceux des témples égyptiens.

Au cours des Initiations aux Mystères d’Éleusis, les impétrants prêtaient un serment avant d’entrer dans la caverne symbolisant la demeure souterraine de Perséphone.

Le passage dans la terre est un thème fréquemment utilisé: cabinet de réflexion ou chambre de préparation lors de l’initiation au 1er degré; ensevelissement d’Hiram au 3ème degré; entrée dans la caverne au 9ème degré pour trouver le premier assassin d’Hiram; dans la carrière au 10ème degré pour capturer les deux autres; sous les neuf voûtes au 13ème degré pour cacher le nom de YHVH et enfin dans la crypte sous le Saint des Saints au 14ème pour retrouver le nom.

Il faut distinguer entre :

– Antre: caverne ou grotte servant de repère à un fauve;

– Arche: coffre ou lieu dans lequel est conservée la plaque triangulaire en or avec les signes du Tétragramme YHVH;

– Caverne: cavité naturelle creusée dans la roche;

– Crypte: caveau souterrain, comme la Crypte de Salomon construite sous le Saint des Saints, servant de sépulture dans certaines églises;

– Grotte: cavité de grande taille dans le rocher au flanc d’une montagne;

– Voûte: cavité souterraine selon la légende d’Énoch.

Symbolisme :

Platon explique ainsi le mythe de la caverne:

« Depuis son enfance, l’homme est enchaîné dans une caverne et ne reçoit que des ombres du monde extérieur, projetées sur le mur du fond de sa prison. Il pense que ces images sont réelles et représentent la vie, alors que la réalité se trouve dans la lumière, à l’extérieur. L ‘homme qui se contente de cette vision, sans en rechercher la source, restera un esclave dont les sens sont abusés par un reflet de la vérité. Le prisonnier doit briser ses chaînes puis lutter contre son ignorance pour enfin accéder à cette lumière. Quelques élus seulement parviendront à contempler. La réalité. En parvenant à la lumière, l’homme est souvent aveuglé et ne peut pas découvrir directement les formes réelles. Ce qu’il découvre le plus aisément, ce sont les ombres, ensuite des images des hommes, et enfin les objets eux-mêmes. Lorsqu’il aura ainsi compris le monde extérieur, il devra revenir à l’intérieur de la caverne afin d’aider ses anciens Compagnons à passer dans le monde de la lumière, il devient le guide ».

N’est ce pas là, tout l’enseignement du Maître?

Selon les anciennes cosmogonies la caverne est l’image de l’œuf cosmique; elle est la matrice obscure où se forme le monde. Elle permet de communiquer avec la Terre Mère et de trouver le centre.

Selon la tradition grecque, la caverne est l’image du monde avec tout ce qu’il comporte d’ignorance, de misère, de souffrance et de punition. Selon Porphyre (philosophe néoplatonicien 232-304), elle représente tout ce qui est dans le monde en rapport avec la matière. Dans les traditions d’Extrême-Orient, la caverne représente le cosmos. Le sol plat figure la terre et la voûte figure le ciel.

La caverne, qu’elle soit considérée comme habitat ou comme symbole, comporte habituellement un trou central naturel dans la voûte. Pratiquement, il permet le passage de la fumée du foyer et de la lumière du jour, et symboliquement, il permet aux ancêtres de communiquer avec les vivants. L’axe qui passe par le trou est l’Axe du Monde « Axis Mundi » ou encore la « Voie Royale« . Ce trou est encore appelé « Porte du Soleil » ou « Œil Cosmique« .

Les mythologies et les religions font état d’un lieu souterrain, séjour des ombres. Elles l’appellent Hadès et Tartare pour les grecs, Schéol et Géhenne dans l’ancien testament, Enfer pour les chrétiens. Les héros mythiques qui reviennent de ces lieux ont affronté diverses épreuves: traverser le feu ou des fleuves, vaincre des animaux etc., avant de ressusciter à la lumière. Quel que soit le mythe, ce séjour dans la caverne est un passage obligé sans lequel il est impossible de « recevoir la lumière« .

JJ Z

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