Symbolisme de la légende du 10ème degré
A∴ B∴ A∴
A
la Gloire du Grand Architecte de L’univers
Rite Ecossais Ancien et Accepté
Ordo Ab Chao
Au Nom et Sous les Auspices du Supreme Conseil de L’afrique
de L’ouest
Liberté Egalité Fraternité
Introduction
Le symbolisme se définit comme étant une image sensible évoquant une idée ou une réalité demeurée invisible ; les symboles maçonniques peuvent être exprimés par des objets, des images, des mots ou des gestes.
La légende se définit comme étant un texte ou une série de signes conventionnels expliquant une photographie, un dessin, un plan, une carte.
Le sujet soumis à notre étude est le symbolisme du 10ème degré.
Notre étude va s’articuler autour de deux axes :
– la légende du
10ème degré ;
– le symbolisme de la légende du 10ème
degré.
I – La légende du 10ème degré (Illustre Elu des quinze)
La légende continue celle du Maître Elu des neuf intitulé aussi Elu vengeur(9ème degré).
Six mois après l’exécution d’Abiram (premier assassin d’Hiram), Salomon, ayant appris que les deux autres assassins d’Hiram, nommés Jubelos et Jubelum, se cachaient au pays de Gath, choisit quinze Maîtres zélés, dont les neuf qui avaient retrouvé Abiram. Il leur confie une lettre à remettre au roi de Gath, MA’AKAH. Après cinq jours de voyage, la lettre est remise et MA’AKAH ordonne des recherches. Au bout de cinq autres jours, Zerbal et ELKHANAN découvrent les scélérats dans la carrière de Ben Deker. Ils sont chargés de chaînes en forme de règles et d’équerres et ramenés quinze jours plus tard à Salomon qui les fait enfermer dans la tour d’Achizar en attendant leur exécution.
Le jour venu, à dix heures, ils sont attachés pieds et poings liés à deux poteaux leurs corps sont ouverts du pubis à la poitrine. Après huit heures de cris et de gémissements, ils sont décapités, leurs têtes exposées aux portes de la ville, leurs corps jetés aux bêtes par-dessus les murailles.
II – Le symbolisme de la légende du 10ème degré
1 – Le nombre 15
Le nombre 15 est lié aux 7 marches montées par le
Maître Maçon, soit 3 – 3+2=5 – 5+2=7 qui
récapitulent le chemin déjà accompli.
Le nombre 15 = 3X5 signifie que l’initié doit travailler davantage pour s’élever et approfondir sa connaissance.
Le trois correspond au travail de base.
Le cinq représente les 5 voyages ou les 5 sens qui sont des outils pour prendre contact avec le monde extérieur.
Les sept marches signifient les 7 dons du Saint Esprit (sagesse, force, discernement ou intelligence, conseil, science ou connaissance, adoration ou crainte de Dieu, piété ou affection filiale) qui nous fortifient contre tous les obstacles de la vie et perfectionnent toutes nos œuvres.
Le nombre 15 correspond aussi aux 9 Maîtres Elus ou choisis pour la vengeance plus 6 Maîtres.
Enfin, le nombre 15 signifie que l’union fait la force.
2 – Le poignard
Le poignard, instrument de vengeance et de justice employé pour trancher la tête des mauvais compagnons, assassins du Maître. Cet acte en apparence barbare enseigne qu’il faut supprimer en soi tout ce qui fait obstacle aux élans verticaux vers la lumière, en éradiquant, entre autres choses, le fanatisme et l’ambition démesurée qui sont les mauvais sentiments. Car enchaînés par ses passions, l’homme n’a qu’une vue partielle du monde, qui, reste limitée au domaine du pouvoir et de l’avoir (mobiles de son crime).
3 – Les crânes
Le symbole des crânes suspendus au bout des piques au 10ème grade rappelle l’invitation à mourir à soi-même dès le cabinet de réflexion.
Les meurtriers sont exécutés ; ils sont des corps (matière) sans têtes (esprit) et des têtes sans corps. Ils ont perdu l’essentiel vital. C’est une invitation de l’initié à réintégrer l’état primordial dans un corps et un esprit de lumière.
L’exposition des crânes montre que cela doit servir d’exemples.
4 – Les chaînes
Les chaînes signifient l’esclavage, la prison.
5 – La règle
La règle représente la loi morale inscrite dans la conscience et trace la direction de notre conduite dont nous n’avons jamais à dévier.
6 – L’équerre
L’équerre, outil qui harmonise les contraires, est le symbole de la rectitude, de l’équité et de l’équilibre.
7 – La tour
Le symbole de la Tour peut être considéré sur deux plans différents : négatif et positif.
Négatif si l’on évoque la tour de Babel qui est une œuvre humaine néfaste qui symbolise un monde clos et orgueilleux dans la volonté de rivaliser avec plus grand que soi.
Positif si l’on désigne ce lieu clos, circulaire où l’on tourne en rond et qui est propice à la méditation.
Les assassins pris à leur propre piège sont enfermés dans une tour, avant leur exécution. Les artisans de la tour de Babel, tout comme les mauvais compagnons, sont châtiés pour avoir voulu s’emparer d’une Connaissance à la quelle ils ne pouvaient pas accéder, sans règle ou processus d’initiation. C’est dans ce sens que l’on peut comprendre l’enfermement dans ce lieu hautement symbolique qu’est la tour, des deux meurtriers d’Hiram. L’emprisonnement des deux meurtriers dans cette tour-forteresse est à considérer comme une sorte de retour au cabinet de réflexion, peu avant leur exécution qui est la mise en pratique de la loi du talion, appliquée à l’époque.
8 – La carrièrre
La carrière représente un lieu creux, une sorte de prison dans laquelle les meurtriers ont été pris à leur propre piège. C’est là où ils ont été retrouvés ; aucun crime n’est parfait et ne doit rester impuni.
9 – La justice
Ici, contrairement au degré précédent, il ne s’agit plus de vengeance, mais de justice, d’un rééquilibrage qui veut instaurer à nouveau l’Ordre perdu, illustrant la nécessité de mettre en pratique la devise ordo ab chao ou l’ordre à partir du chaos.
La justice est une des quatre vertus cardinales aux côtés de la prudence, de la force et de la tempérance. La justice est une expression humaine de l’équilibre ou de l’harmonie.
Cette forme de justice est conforme à l’application de la loi du talion (dent pour dent, œil pour œil) avec la volonté de dissuader d’autres criminels potentiels par l’exemplarité de la sanction. Elle est aussi un aspect manifesté du principe action/réaction.
Le chemin du devoir pour le Maître Maçon Elu ou choisi est de partir à la recherche des mauvais compagnons qui ont tué le Maître.
Ces mauvais compagnons s’appellent :
« ignorance – fanatisme – ambition démesurée ».
Il est du devoir de chacun de supprimer ses mauvais compagnons qui sommeillent en lui, de les transmuer en bons compagnons, en changeant :
– l’ignorance en
Connaissance ;
– le fanatisme en Tolérance (ce qui ne veut pas dire
laxisme) ;
– l’ambition en Détachement.
L’ignorance, le fanatisme et l’ambition doivent être combattus sans relâche. C’est en payant ce prix obligatoire que l’initié peut espérer être choisi pour devenir un des Elus, apte à reconstruire son temple intérieur.
La conscience des imperfections, la volonté de les combattre sans complaisance par le travail et le zèle, permettront de rectifier, pour retrouver la pierre cachée (pierre polie).
Le sacrifice de soi est accompli, celui qui accède à ce grade d’Elu est censé à ce stade, avoir vaincu l’illusion de son ego.
Ainsi, le maître sera sans cesse mis à mort par les aspects sombres d’une dualité non maîtrisée, sauf s’il fait partie du nombre des Elus qui veillent jour et nuit à la réalisation du plan du Grand Architecte, dans la sérénité du juste milieu de la maîtrise.
Conclusion
La légende de l’initiation c’est la vengeance de la mort d’Hiram, l’appréhension, le jugement et l’exécution des deux autres assassins.
L’initié tue, seul, au fond de lui-même, le premier assassin qui est l’ignorance ; c’est une action individuelle, intérieure (9ème degré).
Les deux autres assassins (fanatisme et ambition démesurée) doivent être punis par le biais de la communauté ; ces défauts s’expriment au dehors et leur expression est externe. En effet, c’est la pratique de la vie en société fraternelle qui permet de tuer en soi le fanatisme et l’ambition démesurée (10ème degré).
L’enseignement du grade est le suivant : il faut exercer la justice sans faiblesse, d’un cœur purifié de toute haine. Dans l’absolu, seul l’éternel est juste. Sa justice récompense les hommes justes et châtie les impies.
J’ai dit.