12° #409012

Ezéchiel

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Trois fois Puissant Maître et à vous tous mes Frères en vos degrés respectifs

Un peu d’histoire

On ne peut parler d’Ezéchiel sans faire référence à l’exil, période de soixante années au cours desquelles le peuple juif a été déporté hors de la terre promise.

Dès 598 avant J.-C, Nabuchodonosor déporte à Babylone une partie des habitants de Jérusalem.

Il renouvelle cette opération en 587 : le 9 juillet, il s’empare de la ville, brûle le Temple et l’Arche d’Alliance, massacre les enfants et les vieillards et déporte la population valide à Babylone, avec son dernier roi, Sédécias.

Après un temps d’abattement, les exilés approfondissent leur foi et découvrent que Dieu est fidèle même en terre étrangère. Sa présence au milieu de son peuple n’est pas liée au Temple. Son peuple va « ressusciter » et cette résurrection, il la devra à deux prophètes : Jérémie et surtout Ezéchiel.

Qui est Ezéchiel ?

Ezéchiel est l’un des quatre grands prophètes juifs, chronologiquement le 3ème des prophètes majeurs.

Ezéchiel a grandi dans une famille sacerdotale pieuse qui lui a donné son nom : « L’Eternel fortifiera ».

Fils de Buzi le sacrificateur, Ezéchiel fut déporté à Babylone en 597 avant J.-C.

C’est en 593, à 30 ans qu’il a ses premières visions. Contemporain de Jérémie, il prophétise comme ce dernier l’avait fait à Jérusalem. Il exerça ce ministère pendant au moins vingt-deux ans.

Le prophète, dont le nom grec « pro-phètès » signifie « porte-parole » de Dieu, transmet en public des messages de Dieu, des oracles qui prédisent l’avenir. Mais, avant tout, le prophète dénonce les injustices et les violences. Il est particulièrement allergique à la paganisation du culte.

Sa parole, très libre, dérange souvent et fait scandale, car il s’en prend aux rois et aux chefs religieux dont il critique les abus de pouvoir et les infidélités à l’Alliance.

Le prophète est favorisé de visions. Pour Ezéchiel, ce sont des visions divines (le char de feu).

Le prophète est auréolé de prestiges de l’extase, mais aussi « le fils de l’homme » confessant humblement sa condition humaine.

A la différence de Jérémie, Ezéchiel était marié ; mais les « délices de ses yeux » lui fut enlevée par une mort subite le jour où Dieu lui révéla que le Temple de Jérusalem serait détruit. Pour faire comprendre à ses co-exilés ce qui se passait dans le cœur de Dieu, il ne devait pas porter le deuil de celle qu’il aimait.

Comme Jérémie, Ezéchiel utilise des paraboles et des allégories audacieuses.

Il accomplit des actions symboliques pour le moins étranges et très complexes qui frappent et obligent à réfléchir : il mime le siège de Jérusalem, le départ des émigrants, le roi de Babylone à la croisée des chemins, l’union de Juda et d’Israël.

La personnalité d’Ezéchiel est tellement confondue avec son message qu’en dehors de son nom, nous ne connaissons presque rien de lui. Le livre biblique qui porte son nom est un recueil d’oracles rassemblés par ses disciples.

Le livre d’Ezéchiel

Le livre d’Ezéchiel a inauguré « l’apocalyptique ». Ce genre littéraire qui est différent de « l’apocalypse » de Saint Jean, car il prône la résurrection du peuple alors que l’apocalypse, la fin du monde.

Les visions d’Ezéchiel comptent parmi les plus impressionnantes de l’Ecriture : le char de feu (Ez.1), le Temple transformé en panthéon idolâtre (Ez.8-11), la vallée des ossements desséchés (Ez.37), la nouvelle Jérusalem (Ez.40-46), le fleuve de vie issu du Temple (Ez.47).

Les messages d’Ezéchiel s’adressent :

– 1. aux exilés qui l’entourent, qui se demandent pourquoi ils sont là et qui accusent Dieu d’injustice. Ezéchiel leur répond que leur destin est la conséquence de leurs péchés, mais Dieu ne prend pas plaisir à châtier le pécheur, il lui offre la possibilité d’être délivré, il lui offre une nouvelle Alliance.

– 2. aux Juifs restés en Judée : s’ils ne se repentent pas, ils verront la destruction de Jérusalem et de son Temple. L’idolâtrie jusque dans le sanctuaire de Dieu appelle inéluctablement ce jugement.

– 3. à tous les exilés pour les consoler, après la chute de Jérusalem, les réconforter et leur dévoiler l’avenir glorieux que Dieu tient en réserve pour eux.

Apports d’Ezéchiel au REAA

Le riche apport d’Ezéchiel à la pensée israélite et biblique réside dans son enseignement spirituel. Relevons entre autres :

Sa conception de Dieu

Tandis que d’autres écrivains sacrés représentent Dieu comme le berger du peuple rassemblant le troupeau dispersé d’Israël, Ezéchiel montre particulièrement Dieu cherchant ses brebis égarées, les délivrant de leurs ennemis et les rétablissant dans leur pays.

Pour Ezéchiel Dieu n’habite pas un Temple, mais un peuple, où qu’il soit. Le Dieu d’Ezéchiel est un Dieu libre, qui parle à son peuple pour lui ouvrir les yeux, l’arracher au mal et le faire vivre dans son Alliance. Dieu va venir lui-même s’occuper de son peuple et le délivrer.

Par la vision du chaos, Ezéchiel tend à transmettre un enseignement, celui de la transcendance de Dieu.

Au REAA, au 4ème degré, le Trois fois Puissant Maître est le médiateur entre le Ciel et la Terre et contribue à cette théophanie.

En Changeant de plan le Maître Secret va vivre son propre exode et mettra ainsi l’accent sur sa quête intérieure, la méditation spirituelle qui « ouvrira le chemin de la lumière. L’initié veille sur les arcanes qui le relient à Dieu et contracte avec luiune Alliance ».

Ezéchiel combat les idoles et leurs adorateurs : « partout où vous habitez, … Vos idoles seront brisées et disparaîtront. Vos statues du soleil seront abattues,…» (Ez. 6)

Les idoles sont des images ou représentations de divinités qui font l’objet de culte d’adoration. Elles peuvent aussi être un amour excessif, une passion pour quelqu’un ou quelque chose : « les idoles … ont des yeux et ne voient pas ; elles ont des mains et ne tiennent rien ; elles ont des pieds et ne marchent pas. C’est aussi ce qui arrive à ceux qui croient en elles et les adorent. »

Comme Ezéchiel, le Trois fois Puissant Maître m’a recommandé, lors de mon initiation de ne point forger « d’idoles humaines pour agir aveuglément sous leur impulsion… »

Sa vision de la nouvelle Jérusalem :  » la haute montagne », le Temple

Ezéchiel est un prêtre. Le Temple est sa préoccupation majeure, qu’il s’agisse du Temple présent qui est souillé par des rites impurs, ou du Temple futur dont il décrit minutieusement le plan.

En qualité de prêtre, il règle des cas de droit ou de morale, mais ce prêtre est aussi un prophète d’action :il désigne les Lévites comme gardiens du Temple (Ez. 44).

Prêtre si attaché à son Temple, qu’il rompt, comme l’avait déjà fait Jérémie avant lui, avec l’idée que Dieu est lié à son sanctuaire. En lui se marient l’esprit prophétique et l’esprit sacerdotal qui étaient restés souvent opposés.

Pour Ezéchiel, il n’y a rien à espérer du passé, il ne faut pas s’y cramponner ; il faut faire du nouveau. Toute la doctrine d’Ezéchiel est centrée sur le renouvellement intérieur : il faut se faire un cœur nouveau et un esprit nouveau, ou plutôt, Dieu lui-même donnera un « autre » cœur, un cœur « nouveau » et mettra dans l’homme un esprit « nouveau ».

Il reçoit sa dure mission, il la « digère » : faire comprendre à ses frères d’exil qu’il ne doivent pas nourrir de faux espoirs de retour, qu’il leur faut reconnaître leur péché et se refaire un cœur nouveau.

Au 4ème degré, Adoniram, garde la clef qui ouvre le Temple et empêche les lévites d’y entrer. L’on peut se permettre l’hypothèse qu’en fait Adoniram fonctionne comme le surmoi ( le censeur à l’égard du Moi ) qui agit en tant que conscience morale et interdit l’accès aux demandes profondes qui émanent de l’inconscient.

Adoniram représente à la fois l’interdit ( l’interdiction de passer ) et l’idéal car il est le chef des lévites, remarqué par salomon. Il est le censeur et le modèle. Les lévites seraient l’incarnation de la conscience. Le saint des Saints serait l’Inconscient avec ses multiples désirs, dont l’accès est filtré par Adoniram. Pour y accéder un jour, il faudra franchir la balustrade.

En attendant, en tant que Grand Maître Architecte, j’œuvre en liberté. Ma mission ne peut s’accomplir que si je jouis d’une liberté totale. La liberté est la plus grande des contraintes.

Il me faut , avant de décider, vérifier et mesurer. La connaissance est mon unique protection et mon seul guide. Je suis mon seul maître puisque c’est à l’intérieur de moi-même que je découvrirai ce qu’il doit faire. Seul, je suis qualifié pour définir le dessein du monde. Car le Grand Maître Architecte est celui qui est responsable.

La notion de responsabilité

Dans l’Israël ancien, au temps des rois et des prophètes, on croyait généralement que les malheurs qui frappaient une génération pouvaient être la conséquence des fautes des générations précédentes. Il y avait un dicton qui exprimait cette croyance : « Les pères ont mangé des raisins verts, et les dents des fils ont été agacées ».

Dieu a le droit de punir les enfants pour le péché de leurs pères… Dieu n’est pas juste…!

Patiemment, en vrai pasteur, Ezéchiel explique : le peuple en bloc est pécheur, mais chacun a sa propre vie entre ses mains, chacun est responsable de soi-même devant Dieu : « Celui qui a péché, c’est lui qui mourra! Un fils ne portera pas la faute de son père ni un père la faute de son fils : au juste sera imputée sa justice, et au méchant sa méchanceté. »

Israël avait péché, et la punition de Dieu est venue. La destruction de Jérusalem et l’exil était utilisé par Dieu pour corriger les rebelles et les ramener de leur manière impie de vivre. Ézéchiel les a avertis que non seulement le peuple était responsable pour le péché mais chaque individu était aussi responsable devant Dieu. Cette attitude rompait en partie avec la tradition en redonnant à chacun la responsabilité totale de ses actes.

En Loge de Perfection, le Trois Fois Puissant Maître dit la même chose au Maître Secret :

« … tu répondras toi-même de tes actes… »

Un acte a toujours une cause. Il existe deux types de causalité : l’une est d’ordre purement biologique, comme la respiration, et se produit sans que l’on en ait conscience ; mais l’autre fait partie des fonctions supérieures de l’individu.

Pour tous nos actes conscients, nous sommes la libre cause de ce que nous faisons, et il ne saurait être question de nous défiler. Nous sommes les libres auteurs de nos actes, et nous devons en assumer la paternité et les conséquences.

La vraie vertu morale c’est d’abord la responsabilité de soi. Qui ne voit à quel point la société marcherait mieux si les gens se sentaient responsables d’eux-mêmes !

La responsabilité individuelle commence par la responsabilité de soi, qu’il faut d’abord entendre à la « première personne »: c’est moi-même, personnellement.

Je ne peux me dérober ou me décharger sur quelqu’un d’autre que moi –même : « C’est de moi qu’il s’agit. C’est à moi de le faire…Je ne peux plus me cacher derrière les autres. »

Si l’on en revient au sens originel du terme « responsabilité », il s’agit d’abord et étymologiquement de « se porter garant ». C’est l’engagement volontaire de celui qui, assuré de sa force, affirme sa capacité et sa certitude de réussir dans ce qui est attendu de lui ou qu’il a délibérément décidé de faire.

La véritable morale consiste à supporter soi-même les conséquences de ses actes, et à ne pas imposer aux autres de porter le fardeau de ses inconséquences. Au fond, seul celui qui est responsable de soi est vraiment solidaire des autres.Etre responsable de mes actes, c’est accomplir le Devoir parce qu’il est le Devoir, sans songer à la récompense.

Ezéchiel insiste sur la régénération du peuple

Un ange a donné à Ézéchiel une vision du Temple dans de grands détails : la construction d’un Temple futur qui décrit le retour de la gloire et la présence de Dieu. Dieu purifiera son peuple et restaurera la vraie adoration. Ezéchiel va travailler ainsi, à former, âme par âme, l’Israël nouveau : Dieu va faire revivre l’Alliance, mais « une alliance inscrite dans le cœur, et non sur des pierres ».

Pour l’heure, le peuple n’est qu’une immense plaine couverte d’ossements. Mais ces os, reprendront vie pour devenir le peuple de Dieu. « Je serai leur Dieu et eux seront mon peuple » (Ez. 37).

Revenu à la vie, l’Israël nouveau sera purifié et son cœur de pierre sera changé en cœur de chair (Ez. 36).

Les grandes visions futuristes d’Ezéchiel vont aider les exilés à reprendre courage, à espérer, à regarder vers l’avenir. Ezéchiel va lui-même mourir en exil, comme tant d’autres, mais sa tâche inachevée de porteur d’espérance et de formateur du « peuple nouveau » sera reprise par le « prophète inconnu », appelé le Deuxième Isaïe.

Comme Ezéchiel le décrit dans son livre, le Temple de Jérusalem est détruit, il faut le reconstruire sous la bienveillance et la surveillance de Dieu.

Au 12ème degré, les Travaux sont suspendus suite au meurtre d’Hiram, mon travail va consister à reprendre et continuer la construction du Temple consacré à Dieu : « le Grand Maître Architecte hérite d’un chantier dont l’état est différent de ce qu’il était autrefois. Il doit étudier avec humilité les plans de ses anciens mais il sait qu’il ne pourra pas les suivre servilement… » Je suis un bâtisseur. Il me faut inventer. Il me faut recréer… Le chantier dont je suis responsable est le passage entre hier et demain. La connaissance d’hier ne devient créatrice que si elle est éclaircie par la perception de demain.

La notion de Devoir du 4ème degré est ici complétée par ma volonté « je veux et je construis ». Avec cette prise de conscience et mes outils de Compagnon, je vais continuer la construction du Temple spirituel dans la « Boulomie » (l’endroit où l’on veut).

Grand Maître Architecte, je dois assumer aussi la fonction de pédagogue et transmettre à l’initié un double message : « Apprends de ceux qui sont plus avancés dans l’Art royal ! Apprends à ceux qui le sont moins que toi ! »

Conclusion

Comme Ezéchiel, le Grand Maître Architecte est là pour rectifier et permettre au Temple intérieur de son disciple de s’ériger. Il y contribue en posant sans relâche des questions, en faisant remonter la chaîne des « pourquoi ? « .

Comme Ezéchiel, le Grand Maître Architecte n’argumente jamais ou n’impose tel ou tel type de Temple intérieur qui lui semblerait meilleur pour le disciple. C’est à ce dernier de le décider seul.

Comme Ezéchiel, le Grand Maître Architecte est aussi intercesseur entre la Connaissance qui libère et le cherchant qui la désire ; car la Connaissance fait partie, aussi, du sacré.

Comme médiateur grâce à la parole, le Grand Maître Architecte est semblable au prêtre, semblable à Ezéchiel : « il modèle l’espace, et construit les ponts entre le visible et l’invisible ». L’architecte est la plus haute expression de la fonction sacerdotale, c’est pourquoi il travaille les arcanes de l’esprit sous la « voûte secrète ».


Quelque soit notre religion et notre cheminement intérieur, tous les Temples sont consacrés à Dieu. Le Dieu d’Ezéchiel est-il le Grand Architecte de l’Univers ? Le 12ème degré m’a permis de comprendre que ma progression spirituelle est ainsi faite d’un Temple détruit et sans cesse reconstruit ; en cela Ezéchiel m’est apparu un personnage biblique complexe et particulièrement intéressant pour celui qui veut poursuivre sa quête spirituelle et s’améliorer car il est bien évident que notre petitesse n’est rien devant l’infini du Divin

J’ai dit Trois Fois Puissant Maître

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