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Le lieu de la constante volonté
Non communiqué
Sublime Grand
Maître et vous tous Grands Maîtres
Architectes.
Le lieu de la constante volonté
Le lieu de la constante volonté
Ce thème de réflexion a tout de suite retenu mon attention. Depuis de très nombreuses années j’ai adopté ces 2 devises « Quand on veut on peut » et « Si d’autres y arrivent, je dois aussi pouvoir y arriver ». Cette détermination m’a toujours permis d’arriver là où je voulais arriver, de tout mettre œuvre pour réussir, que se soit sur un plan professionnel, syndical, familial, maçonnique ou autres… Savoir se donner les moyens de réussir, ne pas se contenter du minimum, toujours tout essayer sans jamais se démoraliser, ou perdre confiance. Aller au bout de son engagement. Ne pas s’engager sans réfléchir sur la suite, ne pas s’engager dans l’irréalisable, toujours garder la mesure de ses capacités et de ses compétences. D’ailleurs mon arrivée au 4ème degré m’a confortée dans mon implication quand j’ai entendu les sentences qui quelque part faisait déjà partie de la conception de monengagement : Honte à ceux qui aspirent à ce dont ils ne sont pas dignes, honte à ceux qui briguent une charge qu’ils ne peuvent porter, honte à ceux qui, à la légère, acceptent des devoirs et qui, ensuite, les négligent et le devoir est pour nous, exigeant et impératif.
Pour élaborer cette planche j’ai pris en référence quelques ouvrages maçonniques, principalement celui de Irène Mainguy «symbolique des grades de perfection ou ordres de sagesse » et celui de Daniel Béresniak : « le sens de l’initiation sacerdotale ».
Je commencerai donc mon propos par quelques citations :
Pierre-Royer Collard :« Il n’y a point de génération de l’activité : loin de là, l’activité, ou ce qui est la même chose, la volonté est le seul principe générateur qui se rencontre dans la nature humaine. »
Romain Rolland : « La fatalité, c’est l’excuse des âmes sans volonté, des âmes faibles. »
Deux de Jean-Jacques Rousseau : « Le seul qui fait sa volonté est celui qui n’a pas besoin, pour la faire, de mettre les bras d’un autre au bout des siens : d’où il suit que le premier de tous les biens n’est pas l’autorité, mais la liberté. L’homme vraiment libre ne veut que ce qu’il peut et fait ce qui lui plaît. » et : « Le principe de toute action est dans la volonté d’être libre. »
Au 12ème degré, le Grand Maître Architecte travaille dans une archi-loge aussi nommée « Lieu de la constante volonté ».
L’archi-loge ou boulomie c’est le lieu où l’on veut.
Boulomie a pour origine la racine grecque d’un verbe signifiant « vouloir » ou substantif signifiant « volonté, détermination, conseil », c’est une assemblée où l’on tient conseil.
Ce lieu où l’on veut, c’est le temple intérieur de chacun. La volonté est le pouvoir coordinateur des forces physiques, morales et spirituelles. La réflexion sur le vouloir mène en droite ligne au devoir librement recherché avecjoie, discernement, clairvoyance et détermination.
Qu’est-ce que la volonté (d’après le Robert) : c’est la disposition mentale l’acte de la personne qui veut. C’est ce que veut quelqu’un et qui tend à se traduire par une décision effective conforme à une intention. C’est une disposition bonne ou mauvaise à vouloir agir dans un cas déterminé ou à l’égard de quelqu’un. C’est la faculté de vouloir, de se déterminer librement à agir ou à s’abstenir, en pleine connaissance de cause après réflexion.
Ce lieu est donc celui de la constante volonté, mais que doit-on comprendre par constante.
D’après le Robert :Unpersonne constante fait preuve de fermeté d’âme. Personne courageuse, inébranlable. C’est quelqu’un qui est persévérant, assidu, obstiné. C’est quelqu’un qui persiste dans l’état où il se trouve. Qui ne s’interrompt pas. Qui est continu, durable, persistant. Une quantité constante est une quantité invariable.
Donc d’après ces différentes définitions, « constante volonté » seraiten quelque sorte la faculté de vouloir agir librement en pleine connaissance de cause et ce, d’une manière continue, invariable, obstinée.
Le 12ème degré entend perfectionner la connaissance et développer la volonté d’agir. Apprendre c’est agir puisque c’est une conduite qui s’insère elle-même dans la réalité à travers ses effets sur l’individu. Apprendre, c’est aussi évidemment créer. Créer c’est étendre les limites (voire les transgresser) de la créativité.
A l’ouverture des Travaux au 12ème degré, quand le Sublime Grand Maître demande :
« Et maintenant que faîtes-vous ? »
L’empirique répond : « Je veux et je construis ».
La volonté créatrice est reconnue comme légitime et du même coup est reconnu comme légitime le « Moi, je » comme producteur de sens. Chacun produit un éclairage unique et participe à la lumière, sans qu’aucun éclairage ne soit toute la lumière. L’enseignement de la géométrie qui sous-tend l’architecture est la modalité essentielle du processus d’individualisation et de réalisation de soi.
La science ne peut atteindre cet autre aspect de l’esprit humain, d’où émanent la paix, l’amour et la compréhension, que si les connaissances objectives s’enrichissent et se développent autour de pensées créatrices capables de révéler ce qui est beau, dans chacun de nous. Tout le symbolisme du Grand Maître Architecte s’éclaire par cette mission dévolue à la Connaissance. Le Grand Maître Architecte est un spécialiste du tracé, il utilisel’étui mathématique et conçoit des plans. Il estsuggéré que le temple de Salomon, temple de pierre, est à l’image du temple intérieur que chacun doit réaliser dans son cœur.
Le thème du grade est la construction du temple symbolique. Après que justice ait été rendue, les travaux interrompus peuvent reprendre.
Au grade du Grand Maître Architecte, la volonté du Maître est affirmée par le « je ». Pour la 1ère fois, le récipiendaire parle à la première personne lorsqu’il répond : « Je veux et je construis », ce qui signifie « je suis responsable de mon architecture puisque l’on me nomme Grand Maître Architecte. Cependant vouloir construire est insuffisant, car si on ne s’en donne pas les moyens, on reste impuissant à passer du désir à la réalisation. Dans ce domaine comme dans bien d’autres, « vouloir » sans passer à l’action concrète ou à sa mise en œuvre, cantonne le Maître à être velléitaire . La volonté est le moteur essentiel qui permet de persévérer et de continuer dans la Voie de la perfection. Il faut cependant rectifier toute volonté impulsive au profit d’une volonté mûrement pensée. Il ne s’agit donc pas d’agir par excès de zèle. Sans réflexion, sous l’impulsion première, en voulant trop bien faire, il y a de grands risques de chute. Que construit le Grand Maître Architecte ? En maçonnerie, il est nécessaire de se construire soi-même et comme tout est lié dans l’univers, par cette construction intérieure on participe activement à la construction du temple. Celle-ci est le symbole de l’univers à l’image du maître Maçon. Ce temple de l’intelligence et de l’Esprit est le temple idéal de l’Humanité. Ce grade correspond à la maîtrise de la volonté, orientée exclusivement à la réalisation du Beau, du Bien et du Vrai. La construction du temple spirituel permet au Grand Maître Architecte de s’associer à la sagesse de l’ordre universel. Après la destruction nécessaire de tout ce qui était inutile et nuisible, on passe à une phase de reconstruction.
L’article 1er de la Constitution Internationale proclame : « L’Ordre veut que l’homme et la femme parviennent sur toute la terre à bénéficier, d’une façon égale, de la justice sociale ». Ce terme « L’Ordre veut » rejoint le « Je veux et je construis » du grand Maître Architecte, il nes’agit pas d’un vœu pieu, mais de la Constante Volonté.
Comme le disait Paul dans l’épître aux Romains : « J’ai la volonté mais non le pouvoir naturel de faire le bien et de rejeter le mal. »
Et pour clore mon propos je ne peux m’empêcher de vous livrer cette citation de Gaston Bachelard, Baralbin comme moi, c’est à dire né à Bar sur Aube : « Il faut que l’imagination prenne trop pour que la pensée ait assez. Il faut que la volonté imagine trop pour réaliser assez. »
J’ai dit.