12° #409012

Boulomie ou archiloge

Auteur:

A∴ P∴

Obédience:
Non communiqué
Loge:
Non communiqué
Très Illustres Frères,


Sublime Grand Maître,


Et vous tous mes Frères GMA




Le lieu où les G M A peuventse livrer à leurs travaux est situé entre la naissance à l’Orient (mérogénie) et la mort à l’Occident (mérithanathie). A noter que la porte de la loge, donc côté mort, n’est pas gardée et reste ouverte à tous ceux qui pourraient bien vouloir nous apporter de l’aide.



La Boulomie ou Archiloge, « endroit où l’on veut ».


Ce soir le plan de travail va être très simple :


Quel est cet endroit ?


Qui s’y trouve ?


Qu’y fait- on, et particulièrement moi ?



1- Qu’est –ce qu’une boulomie ou « archiloge » ?



Le lieu où l’on veut n’est pas un lieu commun, c’est le lieu de l’excellence, comme le rappelle le préfixe « archi ». De mathématicien à philosophe, le pas est franchi, et le lieu où l’on veut devient le cœur même de l’homme, cœur –centre, véritable centre qui doit devenir rayonnant. Notre Temple intérieur est le seulqui ne soit pas de pierre, et donc existant de toute éternité car en principe indestructible. La boulomie nous offre cette chance inouïe de pouvoir bénéficier d’un lieu sans frontières, sans bornes, et infini. Du centre du cœur à l’espace infini du tracé que nous voulons effectuer. Ce que nous demandons tous c’est que notre volonté nous mène directement à nos devoirs, de notre propre gré, avec joie, clairvoyance et détermination.



2 – Qui suis- je pour être ici ?



Après que justice a été rendue, les travaux interrompus peuvent reprendre. Les douze délégués des douze tribus d’Israël sont mis en concurrence pour produire le meilleur plan d’architecte. Ils travaillent à l’heure où le Génie parle en eux, c’est-à-dire lorsqu’ils sont inspirés par le Grand Géomètre de l’Univers. Les Architectes de l’école du maître Hiram utilisent le compas et leur esprit pour coordonner leurs connaissances et construire leurs systèmes. A 45 ans, nous avons l’âge de la plénitude. 45 = 3 x 3 (l’âge de l’Apprenti au carré ; soit 9, chiffre de la Perfection) x 5 (âge du Compagnon). Je suis donc en pleine possession de mes moyens pour maîtriser l’univers et mon futur. Au zénith de mes facultés je n’oublie pas que c’est le Nadir qui me guette avec son Orient Eternel. Avec les mathématiques symbolisant la philosophie, je jette la « lumière de l’esprit sur les choses de la nature ». Avec l’art de compas j’acquiers l’art du raisonnement philosophique, c’est-à-dire la logique. En pratique, je sais utiliser le compas pour tracer un cercle, union du point central et de sa périphérie ou circonférence. « Le cercle est un ensemble de points situés à égale distance d’un point appelé centre ». Symboliquement, le centre est l’esprit humain, foyer de la connaissance qui à la fois projette la lumière sur les choses et réfléchit l’image ou l’Idée. La circonférence serait le champ des connaissances humaines, infini, de la nature entière. Le GMA est donc à la fois au centre et à la circonférence, dualité positive et cohésion entre l’intérieur et l’extérieur, véritable émetteur de lumière.



3 – Que fais-je dans la boulomie ?



J’ai balayé la chambre des dessins, délayé l’encre de chine et collé les papiers sur les planches, i.e. appris que les connaissances élémentaires sont les bases de la science. Maintenant je veux et je construis, mais seulement quand le Génie parle en moi.Posons l’hypothèse que ce soit un bon Génie qui parle, et que comme tout bon Génie il garde la Boulomie comme un sanctuaire sacré. Le Génie nous donne un talent particulier et une aptitude à la création, de façon extraordinaire ; et relie ainsi l’homme et l’univers en une seule Unité.



Ecoutons Pythagore et ses Vers d’Or :



« Vénère aussi les génies terrestres en accomplissant tout ce qui est conforme aux lois.


O Zeus, notre père, tu délivrerais tous les hommes des maux nombreux qui les accablent,


Si tu montrais à tous de quel génie ils se servent !


Mais toi, prends courage, puisque tu sais que la race des hommes est divine,


Et que la nature sacrée leur révèle ouvertement toutes choses ;


Si elle te les découvre, tu viendras à bout de tout ce que j’ai prescrit,


Ayant guéri ton âme, tu la délivreras de ces maux. »



Connaître son bon génie serait donc découvrir la nature de son âme ?


Le but avoué ici est bien de guérir les âmes. Mais de quelle nature est cette âme ? Posons l’hypothèse que cette âme est l’âme éternelle dont le siège est le cœur de l’homme, seul emplacement immortel et indestructible pour des tailleurs de pierre.



Pour simplifier les discours, disons avec Plotin (ennéades, V, I) qu’il y a trois principes de toute réalité, procédant l’un de l’autre, ce sont les trois hypostases :


L’Un (hén)


L’Esprit (noûs)


L’Ame (psuchê)


Cette dernière hypostase nous intéressant ici pour son irruption que nous espérons géniale dans la Boulomie. Et nous verrons que l’Utopie n’est pas loin…en cas d’échec !


C’est le principe de nature soit vitale, soit spirituelle, soit plus habituellement des deux à la fois, qui anime le corps. En général on trouve chez les auteurs une âme à deux parties : une matérielle et mortelle, source de la connaissance sensible; l’autre spirituelle et immortelle, source de la connaissance intellectuelle.


Plus intéressant, chez Platon, elle est composée de deux principes raisonnable (logos) et déraisonnable (alogon), le dernier étant à son tour en deux parties : une avec son siège dans la poitrine (thumos) préside à la vie de relation ; et l’autre siégeant dans le ventre (épithumia) préside à la vie végétative.


Plotin nous ramène à l’âme hypostase, procédant du Noûs, se situant donc métaphysiquement entre cet Esprit absolu et la matière, entre le Monde intelligible et le monde sensible.


De même Aristote, dans l’Ethique nicomachéenne (VI, II) distingue cinq espèces d’activités qui ont leur source dans l’âme : l’art (technê), disposition rationnelle à la fabrication ; la science (épistêmê), disposition rationnelle à la démonstration ; la phronèse, appelée habituellement prudence (phronésis) ou faculté réfléchie de l’action ; l’intelligence (noûs) ou faculté de connaître les principes ; la sagesse (sophia), ou perfection dans les divers genres de connaissances.



En conclusion, le Génie peut donc parler par la voie qui lui convient le mieux, à condition que l’âme soit tournée vers le Beau et les Idées du même genre.


C’est là que je pense à l’Utopie telle que l’a définie Thomas More en 1516 : U-Topia, ou encore Nowhere. Avec U privatif plutôt que positif. Faux lieu ou vrai lieu ? A la recherche de la meilleure forme de gouvernement, les utopistes se sont succédés, y compris notre ami Platon avec sa caverne « républicaine » !


Parce que dans la Boulomie il se passe quoi, en fait ?


Eden Métaphysique où tout est possible, à condition qu’on le veuille bien ! Lieu du possible, lieu de construction, centre, base suprême des Idées.


« Je veux et je construis ! » dit le G M A et bien que le Génie parle, et que la volonté de Dieu soit faite selon la nature de chacun, en son âme et conscience.


Mais avons – nous vraiment conscience du Génie qui est en nous quand il s’exprime ?



J’ai dit, Sublime Grand Maître.



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