13° #410012

Ain soph

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Non communiqué

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Non communiqué
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Non communiqué



¥איןAïn :aleph/ yod/ nunsignification : rien


¥סוףSof :samekh /vav /phé:limite, fin


¥איןסוףAïn Sof : le rien limite, l’infini



Que dire donc de Aïn Sof si ce n’est qu’il est précisément Aïn Sof, le sans limite, plus élevé que les stades les plus élevés, plus caché que les niveaux les plus cachés, inaccessible aux pensées, sans nom puisqu’il possède tous les noms, il revêt toutes les formes de la perfection et il ne s’inscrit dans aucun espace. Il est l’absolu, le surintelligible, le surconscient, l’ancien des anciens, le Vieux des jours, le principe de tous les Principes, le principe suprême, …Que dire :… il est l’un sans second, …il est.



¥
Mot de substitution de l’Eternel, il est défini négativement, c’est donc la négation du fini, il est le non-être.


Il est l’avant-être, hors de l’être et contient l’être à l’état virtuel puisqu’il va lui donner naissance par rétraction ce qu’explique la cabbale.


¥Ain soph, celui qui est au-delà de toute capacité expressive, est l’impossibilité absolue d’une connaissance intellectuelle.


¥Alors, comment moi vais-je pouvoir utiliser le langage pour parler de cet absolu ? Le sefer bahir, (livre de la lumière), précise : « la créature n’a pas la force de saisir ce qui fait allusion à la pensée : Aïn Sof». Comment passer du monde de la pluralité à l’unicité d’un éventuel créateur ?

Comment, en partant d’un monde soumis au temps qui passe, parler de la perfection éternelle ?


¥Et puis qui suis-je pour oser me lancer sur ce chemin ? Tant d’esprits plus subtils et plus érudits ont déjà tant écrit…


¥Je serais tentée de dire que ce travail ne doit être que silence, contemplation, humilité devant le plus sublime mystère, celui de l’accomplissement ineffable exprimé dès les origines.


Je serais tentée de dire : « j’ai dit » mes VSS mais je crois que ce tour de passe-passe ne vous satisferait pas.



Alors je vais commencer par reprendre le contexte de la kabbale.


¥Au départ il y a le néant … je dis au départ mais c’est déjà une erreur car il y a-t-il un début ?donc le néant …est



¥Le néant c’est Aïn, première manifestation « divine », totalement inconnaissable, la divinité au repos, et absolument passive. Le mot « divine » est aussi à prendre avec une grande ouverture d’esprit. Rien, vide absolu puisqu’il ne contient aucune chose mais aussi « tout » car saturé de possibilités puisque de ce rien va émerger « quelque chose ».



¥Puis il y a Aïn Soph, le rien-limite, l’infini, une réalité absolue qui remplit tout, l’être de Dieu, « la lumière supérieure infinie » qui occupe tout l’espace existant et qui est au-delà de l’éternité.
Logiquement si tout l’espace est pris, il n’y a pas de place pour autre chose, le monde n’est pas « créable ».



¥C’est alors qu’intervient le tsimtsoum, la contraction, le retrait, Dieu se retira de lui-même en lui-même, un espace vide de Dieu l’olam (terme à prendre une nouvelle fois avec tolérance), un espace a-thée, a-théologique, où l’univers va naître, non pas le monde, mais la possibilité même du monde, des mondes. Il abandonna au vide un espace en son sein pour une création en devenir.



¥Le créateur crée quelque chose à partir de tout (dieu, le tout absolu) et non ex nihilo et maintient l’infini à la périphérie (chaddai). (Ceci est une des explications de la cosmogonie cabalistique, il y a des légères différences d’un penseur à l’autre. Ici je fais référence à Rabbi Isaac Luria, le lion de Safed fin 16ième siècle).



¥Dans un deuxième temps du tsimtsoum, un rayon de lumière, Aïn Sof Or ; l’énergie, l’infini concentré,s’introduit dans le vide et va permettre la création des mondes sous la forme de l’adam qadmon«que la lumière fut ». Elle devient matière en émanant des yeuxde l’«homme primordial »… sous la forme de 10 réceptacles, des vases ou sephirot qui vont contenir cette lumière. Successivement la lumière emplit les vases qui céderont le surplus de l’un à l’autre. Cette lumière, si elle est homogène au départ, devient vite trop puissante pour leurs réceptacles et fait éclater les vases : la chevira kelim ou brisure. C’est le symbole dessiné sur la 11ième porte. Des étincelles restent collées aux fragments de vases et tombent dans l’espace vide. Tout est désarticulé. Tout est imparfait, cassé. Notre mission sera de retrouver les morceaux, détacher les étincelles de lumière qui restent collées aux fragments des pots pour libérer la présence divine mise en exil dès sa création. La mission Tiqoun devra rétablir l’ordre idéal, ramener les choses à leur place, rassembler ce qui est épars…



¥Dans le rituel du 13ième degré, nous remontons, de notre propre volonté, le rayon de lumière pour nous détacher graduellement du terrestre, monde confiné et nous élever spirituellement, retourner à notre source, vers le pays édénique. C’est le chemin de l’initié. Cette élévation se fait graduellement, sans tenter d’accéder à trop de savoir rapidement. Il serait dangereux, effrayant voire dissuadant de sauter les étapes c’est pourquoi nous allons de Malkhuthà Keither, de la première à la 10ièmeporte, des racines de l’arbre au bout de ses branches, ou le contraire, des bouts de branches, les fruits, aux racines profondes. De la terreau feu (en passant par l’eau et l’air), du monde de l’action au monde de l’émanation (en passant par la formation et la création).



¥Je pense que ce rituel est un moyen de nous faire vivre concrètement notre quête, un moyen de nous faire prendre conscience de nos étincelles individuelles. A chaque séphira est attaché un point d’étude qui nous guide vers « le monde d’en haut » tout au moins à l’effleurer, le deviner, à le percevoir à la fois dans sa multiplicité et son unité. Le passage successif de ces différentes étapes, de ces différentes portes, nous aide à grandir, en les dépassant une à une. En franchissant une limite : Soph. Ce sont des petites victoires personnelles qui sont soulignées par le phéfinal de Sof qui indique -une libération, une délivrance. (phé = la bouche : instrument de Création), des étapes qui vont permettre de réparer ce qui a été brisé, dégager le bien des écorces du mal, rassembler ce qui était épars par l’action, par une pensée libre et volontaire, par la liberté intrinsèque de notre comportementmoral. Réception et transmission car les germes de lumière (netsoutsoth) dégagées de leur écorce vont en illuminer d’autres qui a leur tour vont travailler au progrès de l’humain. Olam haba, le monde futur.



¥Mais voilà, j’ai franchi 10 portes et je suis bloquée devant la 11ième, celle qui marque la frontière entre la créature et le créateur, celle qui marque le début d’un nouveau cycle, « l’armoirie du péché » disait St Augustin.


Il est des noms que l’on ne prononce pas, des barrières que l’on ne franchit pas, des conversations que l’on n’écoute pas, des actes que l’on ne pose pas, des portes que l’on n’ouvre pas…


Et revoici le thème de la transgression qui resurgit. Je l’avais nié au 3° grade,soigneusement évité au 9° dans la grotte. Mais évidemment nekam neka, le voilà qui revient.



¥Devant cette 11ième porte que faire ?


Même si la réponse à la question fondamentale se trouve derrière, (et ce n’est pas sur !) je ne sais pas si je suis prête à l’ouvrir. Est-ce de la peur, de la bêtise, de la sagesse ou cet irréductible tempérament optimiste qui me permet de jouir des choses acquises ? J’ai franchi la porte basse entre le monde profane et le monde initiatique, la porte étroite vers la spiritualité puis 10 autres portes,j’ai progressé sur mon chemin et je suis ivre de bonheur face à toutes ces choses qu’il me faut approfondir. Je ressens la plénitude du 10.



¥Mais vraiment cette question me taraude.


Si je veux progresser, je dois savoir ce qu’il y a derrière, aucune porte ne peut entraver la démarche spéculative et je n’aurai peut être plus la chance d’accéder à ce point, nœud de ma lemniscate centre du mouvement incessant et subtil. Dois-je contrevenir à l’ordre du mage? Symboliquement je dois ouvrir ; m’ouvrir à d’autres vérités que celles de mes certitudes, ouvrir à plus grand que moi ; abattre mes autolimitations qui sont le résultat d’une exaltation de mon ego et qui stoppent ma possibilité d’évolution,dépasser la forme manifestée et percer la vérité informelle ; percevoir l’unité transcendante de toutes les voies spirituelles vers mon accomplissement. Tentation ultime. A ce stade je me suis débarrassée, symboliquement, de toutes mes entravesdonc il devrait être facile de franchir le cap, de grandir, de mesurer ma motivation profonde pour avancer.



¥Mais voilà recevoir plus de lumière que ce qu’on ne peut absorber c’est pécher par présomption, comme Lucifer qui était pourtant l’Ange préféré de Dieu. Comment savoir où sont mes limites si je ne les dépasse pas ?


Si je transgresse c’est dans une intention positive qui est celle de poursuivre ma quête de connaissance, ce n’est pas pour découvrir un trésor et m’enrichir ni pour posséder un pouvoir sur les autres et puis je ne suis pas seule, nous sommes plusieurs à tenter d’ouvrir cette porte.



¥Pourquoi tant hésiter?


Peut être pour éviter la précipitation, prendre le temps de me rendre compte que depuis plus de 20 ans, depuis mon entrée en Maçonnerie et depuis plus longtemps encore sans que je ne le sache, je livrais bataille à mon ego pour échapper aux valeurs du monde matériel. J’ai erré d’un rite à l’autre sur un chemin tortueux pour retrouver la parole perdue.


J’ai fait la sourde oreille et laissé mon angoisse spirituelle au repos pendant des années, trop occupée à élever mes enfants, enlisée dans les contraintes du monde profane. J’avais occulté la 6ième face de ma pierre et il a été difficile de saisir le levier.



¥Mais maintenant, je sens la source qui a jailli en moi, cette ardente source d’énergie. Sans doute l’eau était elle présente depuis toujours cherchant à se frayer un chemin. Elle cherchait de fins couloirs pour accéder à la surface. Et plus je me sens pénétrée par ce flux, plus mes forces se ravivent, plus je suis certaine d’être sur la bonne route, mieux je me sens


Mais une telle aventure fait peur, car elle échappe à mon intelligence, elle est inconcevable. Je ne sais pas encore si c’est une recherche purement intellectuelle ou si l’écho en moi est plus profond. J’ai vraiment du mal à lâcher prise.


Je suis devant la porte et je me demande pourquoi, si la lumière est dans chaque substance qui m’entoure, pourquoi aller plus loin ?


Ne suffit-il pas d’ouvrir les yeux pour voir enfin ?



Suis-je capable de supporter cette révélation ou bien n’est-elle réservée qu’à quelques élus ?


Suis-je apte, moi, à voir la nature de l’essence unique avant l’instant fatal de ma mort ?


Suis-je capable de remettre en question toute ma vision du monde, mon éducation, mes certitudes ?


Je suis consciente que je transcende mon ego pour me tourner vers mon Etre mais le travail est long et difficile. Les SSn’aspirent pas au repos… je n’en suis pas si sûre, il serait si bon de se fondre dans le« grand tout » et d’avoir enfin des certitudes.


Mais je crois que mon chemin est autre, il n’est ni la voie mystique ni la voie idolâtre, je ne sais pas encore de quoi il est fait mais je le trace à chaque pas. Devant moi, il se découvre petit à petit à la lumière des symboles, je ne sais pas ce qui me pousse mais je ne peux m’arrêter. Heureusement, sur cette route de liberté, je ne suis pas seule, je suis côte à côte avec celles qui font la route avec moi et c’est un grand réconfort.


La porte sera ouverte. Et ma question est sans objet car la porte a été ouverte par moi ou par une autre … quelle importance puisque l’autre est moi.



J’ai senti le souffle, j’ai perçu l’énergie qui nous a pénétrées et j’ai compris qu’Ordo ab Chao, je suis invitée violemment à imposer l’ordre en moi pour échapper au chaos des désirs matériels et reconstruire l’unité grâce à l’énergie reçue


Grâce à ce rituel qui nous permet d’avoir accès à la cabbale et ainsi à une conception de l’inexplicable, nous pouvons percevoir que si l’expression varie d’une religion à l’autre, à la lumière de la Vérité supra-formelle, et universelle, elle perd son caractère antinomique et se confond essentiellement dans l’unité. Il nous ouvre l’esprit sur les chemins parallèles au nôtre. Nous laissons de côté l’intelligence, nous dépassons le plan formel pour pénétrer dans le royaume des archétypes informels,au centre de l’idée.



A partir du moment où on prend conscience que tous les êtres et les choses, ce produit de la multiplication irréelle de l’Un, n’est en fait qu’un mirage trompeur, on comprend que l’autre est soi et qu’on fait partie del’autre, on ne peut donc que l’aimer. J’ai appris tout cela au départ d’un mot, une clé, un cadeau que la maçonnerie me fait de nouveau.



Et voilà ; je suis revenue dans le monde des apparences mais je sais que je me suisapprochée de la vérité, j’ai entraperçu l’âme du monde, j’ai senti son souffle. J’ai fait le chemin inverse, celui de l’initiant. Les lumières de la raison se sont éteintes mais pas celle qui brille au fond de moi et que je suis toute prête à partager. J’ai traversé les ténèbres mais n’est-ce pas l’étape indispensable à toute régénération ?



J’ai acquis unenouvelle clef pour ouvrir la chambre secrète de mon cœur. Il me faut repartir sur le chemin initiatique et faire de nouvelles découvertes, peut-être ouvrir d’autres portes avec ma nouvelle clé et m’enrichir encore et encore avant de pouvoir ouvrir ultime porte s’il y en a une.



N L



Bibliographie :

Mystère de la kabbale Marc Alain OUAKNIN Assouline
L’homme et l’absolu selon la kabbale Léo SCHAYA Dervy
l’infini dans les sciences, l’art et la philosophie Mohamed Bouazaoui L’Harmattan
La kabbale Samuel Gabirol De vecchipoche
La kabbale pour débutants Haim KORSIA Editions trajectoires
La kabbale vivante DanielBeresniak Guy trédaniel éditeur
La lettre chemin de vie. Annick de Souzenelle Spiritualités vivantes
La symbolique de la loge de perfection Raoul Berteaux Essentiels édition maçonniques de France
Le baiser de Dieu Annick de Souzenelle Albin Michel
Lumières sur la kabbale VIRYA Editions jeanne Laffite
Rencontres avec la splendeur Marie ELIA A.L.T.E.S.S
Symbolique des grades de perfection Irène Mainguy Dervy
Total kabbale Maggy whitehouse Guy trédaniel éditeur
Vade-mecum des hauts grades Claude Darche Dervy




Résumé :



Ain soph


¥איןAïn :signification : rien


¥סוףSof ::la limite, la fin


¥איןסוףAïn Sof : le rien limite, l’infini



Mot de substitution de l’Eternel, il est au-delà de toute capacité expressive. Il est l’un sans second, …il est.


Pour aborder ce sujet, il nous faut un minimum de connaissance sur la cabbale. Celle-ci nous explique qu’au début il y avait Aïn : « Rien », le vide absolu puisqu’il ne contient aucune chose mais aussi « tout » car saturé de possibilités puisque de ce rien va émerger « quelque chose ».


Puis il y a Aïn Soph, l’infini, une réalité absolue qui occupe tout l’espace existant.
Alors comment créer quelque chose si tout l’espace est déjà pris ?



C’est alors qu’intervient le tsimtsoum, la contraction, le retrait, Dieu se retira de lui-même en lui-même. Il abandonna au vide un espace en son sein pour une création en devenir. Et un rayon de lumière, Aïn Sofs’introduit dans le vide et va permettre la création des mondes. La lumière devient matière sous la forme de 10 vases, les sephirot. Successivement la lumière emplit les vases et finit par les faire éclater. Tout est cassé. Notre mission sera de retrouver les étincelles de lumière qui restent collées aux fragments des pots pour libérer la présence divine.



C’est ce que nous propose le rituel du 13ième degré : C’est le chemin de l’initié. Nous remontons, de notre propre volonté, le rayon de lumière pour nous détacher graduellement du terrestre et nous élever spirituellement c’est pourquoi nous allons de MalkhuthàKeither, de la première à la 10ièmeporte.


Et là, je suis bloquée devant la 11ième, celle qui marque la frontière entre la créature et le créateur.Symboliquement je dois ouvrir ; m’ouvrir à d’autres vérités que celles de mes certitudes. Si je veux progresser, je dois savoir ce qu’il y a derrière, aucune porte ne peut entraver la démarche spéculative.


Beaucoup de questions, d’hésitations car une telle aventure me fait peur, car elle échappe à mon intelligence, elle est inconcevable, elle bouleverse ma conception du monde, et toute mon éducation.



Mais la porte s’ouvre, elle a été ouverte par moi ou par une autre, peu importe puisque l’autre c’est moi…. Et j’ai senti le souffle, j’ai perçu l’énergie.


Ensuite, riche de cette expérience, j’ai fait le chemin inverse, celui de l’initiant, et je suis retournée dans le monde des apparences, prête à partager et à continuer mon chemin initiatique et faire de nouvelles découvertes avant de pouvoir ouvrir l’ultime porte s’il y en a une.


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