Après avoir été initié, on est Responsable de sa Recherche et de sa propre Réalisation Spirituelle
Non communiqué
ORDO AB CAHOS, DEUS MEUMQUE JUS
Sous la juridiction du Suprême Conseil des Souverains Grands Inspecteurs Généraux
du 33ème et dernier degré du Rite Ecossais Ancien et Accepté pour la France
Trois Fois Puissant Grand Maître, Très Illustre Frère et vous tous mes Frères
Grands Elus De La Voûte Sacrée,
Dans notre progression présente, on ne se réfère plus seulement à Salomon mais aussi à Hénoch, le premier de tous les initiés, un initié initiant qui survit dans ses fils spirituels pour une transmission de la Tradition or nous sommes ses fils ; on remarque également desréférences kabbalistiques (Les sephirot).
Dans l’ancien rituel il est dit « on n’est (n.e.s.t.) pas initié, on s’initie soi-même » alors que dans le rituel du grade de Chevalier de Royal Arche, il est dit : « Après avoir été initié, on est responsable de sa recherche et de sa propre réalisation spirituelle ».
Cette reformulation semble plus logique et nous allons conforter nos propos en développant d’une part l’initiation et le cheminement initiatique et d’autre part l’application ou la réalisation des espérances.
L’Initiation
Rien n’est du au hasard, le franc-maçon est prédisposé et prédestiné. Son choix est dicté
par des intentions pures voire des influences divines. L’ésotérisme caractérise l’initiation sur le vécu pour une impulsion spirituelle ce qui en fait de l’hermétisme. On ne reçoit la lumière que dans une loge dite « juste et parfaite », il n’est guère possible donc de s’auto-initier voire même de se dés initier.
La schématique maçonnique implique à apprendre à désapprendre dans une phase de purification et d’épuration, puis apprendre à apprendre pour une reconstruction et enfin apprendre à comprendre pour une consolidation. Les passions siègent dans le corps et rident l’âme, elles posent le problème de la responsabilité, elles seront néanmoins maîtrisées par l’esprit qui prône sur la chair, un esprit étroitement lié à la persévérance,la volonté, la raison, la sagesse et les connaissances. Le cheminement spirituel s’inscrit dans la recherche, mais,
·apprend-on réellement en état de recherche ? Ou·S’agit-il simplement d’une découverte ?
L’initiation n’est pas une fin en soi mais le début en tout, elle nous mène sur le chemin de l’inconnu et ne prétend pas répondre à toutes les questions existentielles, c’est pourquoi nous restons dans le domaine de la recherche et de la découverte ; nos pensées demeurent dans un champ d’investigation infini, le conscientiel du Soi.
Nous sommes des chercheurs et le fait que nous soyons dans le doute est le signe de notre liberté. Cette liberté n’est pas dans le refus mais dans une acceptation de la compréhension de l’invisible car on apprend mieux ce que l’on comprend. Hommes affranchis de tous préjugés, dogmes ou idéologies, nous conservons notre individualisme, nos opinions et nos jugements mais dans le respect des lois morales, de notre éthique et de notre Tradition avec la Foi pour recevoir la grâce, c’est-à-dire croiser avec quelque chose qui peut vous transcender comme l’espoir et l’amour. Nous sommes donc responsables de nos choix et engagements.
Il ne suffit pas de voir pour croire mais de croire pour voir. Les rituels et le langage symbolique se décodent selon ses propres perceptions et sensibilités pour découvrir l’immatériel, modifier sa pensée pour modifier sa manière d’être et modifier la réalité.
L’initié est solitaire dans sa propre recherche. Il a sa propre conception spirituelle, une construction volontaire et désirée « je veux et je construis ». Cet état lui confère une certaine assurance dans l’action ; toutefois :
·Possède t-il une expérience ou fait-il plutôt une expérience ?
Certes, les frères reconnaissent pour et comme telles les aptitudes, les connaissances acquises et spécifiques à chaque grade du zèle et de la persévérance, il est dit « il est temps pour vous de recevoir etc. ».
L’initié est également solidaire dans la quête universelle; souvenons-nous l’élévation au grade de la maitrise, de l’acte de clémence dans les grades de vengeance, de l’aide mutuelle pour descendre et remonter du puits de Lumière. Il s’inscrit dans le même élan communautaire, une communauté composée d’hommes avec leurs énergies créatrices et leurs faiblesses. Son investissement et sa réalisation spirituelle se font avec et dans le Devoir de Fraternité. Il n’est que le dépositaire de la Tradition, il ale Devoir de transmettre car ce qu’il garde pour lui il le perdra pour tous. Toute œuvre dépasse sa propre existence et ne s’inscrira dans la Tradition universelle que si la transmission perdure. Enfin, grâce à l’assiduité, la volonté, la persévérance vers la perfection, des portes s’ouvrent à lui comme dans le puits, des portes de tous les possibles pour une alchimie effective. Les différentes progressions accentuent chaque fois le Devoir de Fraternité.
Analysons maintenant le processus de la construction de son temple vers l’œuvre universel.
La Construction du Temple
Les Fondations du Temple émanent de la métamorphose interne et externe sur les plans moraux, intellectuels et spirituels ; c’est l’application du principe de l’abandon de soi pour être en phase réceptive à la compréhension du sentiment intense de l’éveil des sens pour aimer son prochain. Puis la progression verticale et harmonieuse de l’édifice représente la pratique du principe initiatique avec un sens dévolu à la vertu, la justice, le respect, la tolérance, la fraternité, l’humilité donc l’Amour avec un grand A. De nobles sentiments facilités par une hygiène d’esprit et de corps, l’action est alors régie par l’intelligence du cœur.
Chaque construction est érigée dans sa propre compréhension du message de l’esprit, avec son rythme et ses aspirations pour se positionner dans l’ordre des choses pour une approche d’élévation, de contemplation ou de sublimation spirituelle. Elle est unique dans sa recherche, chacun en est l’architecte donc seul responsable ; toutefois, ceci reste nuancé car là encore si chaque Frère travaille parfois seul ou en compagnie il aura toujours des collaborateurs.
Le franc-maçon apprend à comprendre le silence,mais
·Entend t-il réellement son propre instinct qui deviendra son intuition ?
Il se situe dans l’évolution de sa propre construction mais chaque avancée fait ressortir des messages, des impuretés, des oripeaux, des faiblesses. Il est alors impératif de consolider chaque stade d’avancement de l’œuvre. Il serait incohérent de bâtir avec des risques de fissures, des vices cachés,il faut donc rester lucide et vigilant et vérifier sans cesse le travail avec l’apport d’autres éléments, d’autres pierres et d’autres savoirs ; l’ordre contenu dans le chaos reviendra naturellement.
La fragilité de la construction est influencée par un flux d’un mouvement perpétuel d’être et de non être, donc d’un dualisme, d’une confrontation avec la révélation, cette dualité devient dans les faits une complémentarité pour une solidification.
·Peut-on alors prétendre être dans la transcendance et l’immanence ?·Etre spiritualisé pour enfin toucher la vérité ?
·Que deviennent nos espérances ?
Nos espérances
Nous avons conscience de la dominante de l’esprit sur la matière et nous nous situons au centre de toute chose, de tous les possibles.Le centre nous emplit d’une force vivifiante, c’est là que se trouve l’unité pour puiser l‘ énergie créatrice qui propulse dans la quête de l’inconnu ;par exemple,la signification ternaire des trois Grands Maîtres Architectes qui transgressent et se retrouvent dans les ténèbres après avoir bravé les interdits démontre qu’il est utopique de croire toucher enfin la vérité et ceci malgré tout zèle reconnu ; nous ne sommes pas comme les aigles qui peuvent voler et regarder la pleine lumière en face, celle-ci nous éblouit toujours, d’ailleurs cette Lumière n’est-elle pas plutôt en nous, dans notre caverne, notre puits ?
Ces maçons acceptent leur condition charnelle mais persévèrent pour un dépassement au-delà de leurs possibilités.Il serait donc inutile de lutter contre le concret, le réel, il faut l’accepter dans la lucidité et la maitrise des viles passions et de l’émotionnel. Toute transgression peut-être aussi bien bénéfique que fatale sans une mure réflexion et une juste mesure des portées de la pensée, des actes ou des paroles.
Notre transsubstantiation par le verbe du plomb en or est fragile, il ne faut jamais regarder son nombril et faire entière confiance aux connaissances perçues, ce ne serait alors qu’un narcissisme stérile. Nous possédons une richesse aurifère, celle de la paix intérieure et de la quiétude d’esprit, d’une perception de la sagesse, nous sommes sensés avoir la maitrise de soi et de son esprit,nous croyons en la force du bien et à la vertu de toute chose. Alors nous devrions être heureux !
·Mais en sommes-nous conscients ?·En avons-nous seulement la force ?
Si cela nous interpelle, nous avons pourtant les outils pour nous perfectionner.
Notre devoir est alors de persévérer et de reprendre le bâton de pèlerin sur le chemin éclairé de la Vérité. Nous méditons parfois dans le désert avecles épreuves, un regard constant en nous, vers nos sources pour une purification. Cette errance en soi, celle du miroir, reste dans l’espérance de la découverte de la terre édénique. « Je suis ce que je suis », ces quelques mots nous placent dans la plus simple humilité devant le Grand Architecte tout en assumant une intime conviction enfouie mais omniprésente de la présence des ténèbres. Par analogie, la lumière crée les ombres et n’est perceptible qu’avec elles ce qui nous interpelle sur la complémentarité de la dualité soit le pavé mosaïque. C’est une humilité pour son perfectionnement et sa propre amélioration dans l’œuvre collective. N’oublions pas que ce sont nos différences qui nous enrichissent, permettez cet humour de notre Frère Pierre DAC : « Ceux qui ne savent rien en savent toujours autant que ceux qui n’en savent pas plus qu’eux », plus sérieusement Socrate disait :
« Je sais que je ne sais pas ».
Conclusion
Notre énergie associée à une volonté créatrice réunit ce qui est épars pour notre relation avec le sacré. Toutefois, des puristes en la matière disent que seul le Divin créé, l’homme invente ou redécouvre ou recrée. En fait, dans un sens, nous n’avons effectivement rien inventé, à priori nous mettons seulement en application nos acquis et leurs projections vivifiantes. Le travail est unique, chaque Frère est responsable de son architecture. Il demeure fragilisé dans sa conception spirituelle ; les menaces viennent de toutes parts, elles sont intérieures ou extérieures sous diverses formes d’aliénations. A ce stade d’avancement, le Frère est sensé être un initié complet, il n’en demeure pas moins humble car toutes nouvelles connaissances font ressortir ses faiblesses. Mais son temple intérieur fragilisé renferme dans ses tréfondsle triangle d’or, celui du puits de lumière dont émane toute énergie créatrice.
·Sommes-nous constamment en manque d’équilibre, dans l’instabilité ?
Dans ce cas, il nous fautreprendre le chemin de la consolidation, celui d’une nouvelle méditation vers la réflexion, le retour dans le désert. Nous doutons constamment, Descartes disait : « douter c’est vaquer à la recherche de la Vérité ».
·Aurons-nous enfin les réponses ou peut-être les possédons-nous inconsciemment ?
En tout état de cause, nous faisons le choix d’être plutôt que de paraître, être plutôt qu’avoir, c’est notre motivation maçonnique qui nous tient en éveil et ouvre la conscience de notre condition humaine.
J’ai dit
A L
Synthèse
Homme libre, le Franc-maçon fera de sa compréhension spirituelle sa propre conception architecturale,il est donc responsable. Sa progression est fonction de ses propres ressentis et sensibilités. Grand Elu de la Voûte Sacré, il se situe au centre de l’idée, pour une dominante cosmique dans une dynamique de l’appréhension de l’invisible. Son chemin continue dans l’inconnu semé d’embûches. Les degrés de sa perfection font ressortir ses acquis donc ses forces mais aussi ses faiblesses. Toute transgression individuelle et non réfléchie peut lui être fatale. Si son œuvre est solitaire, elle s’inscritnéanmoins dans un élan communautaire pour une approche vers le Principe. Sensibilisé au strict respect des idéaux spirituels donc de la Tradition c’est un maillon de la chaîne d’union par la transmission des secrets. C’est donc un responsable pour lui-même comme pour la communauté.