14° #411012

La mort ne séparera pas ce que la vertu a uni

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Trois fois Puissant et vous tous Grands Elus de la Voûte Sacrée

La mort ne séparera pas ce que la vertu a uni


Lorsque l’on m’a donné le sujet de ma planche : « La mort ne séparera pas ce que la vertu a uni ». j’ai été très surprise car bien que la notion de vertu soit très présente au 14ème degré : puisque c’est un cœur rempli de l’Amour de la Vertu quoi nous conduit ici, et que nous déclarons avoir contracté une alliance avec la vertu et les hommes vertueux, jamais dans mes souvenirs je n’avais entendu cette phrase ni pendant la cérémonie d’augmentation ni au cours des Tenues à ce grade.
Alors, d’où pouvait venir cette phrase ?


En cherchant dans un rituel, j’ai trouvé qu’au cours de la cérémonie de réception au 14ème degré, il y avait un passage facultatif ou cours duquel on aurait pu me remettre un anneau gravé portant la devise : « La mort ne séparera pas ce que la vertu a uni. » Cet anneau aurait pu être un souvenir ainsi qu’un point d’appui pour ma réflexion. Réflexion que j’ai donc menée sans cet appui !


Donc, pour ce travail dans un premier temps, j’ai cherché les définitions des différents mots de cette devise : mort – vertu – séparer – unir. Dans un deuxième temps j’ai essayé une approche maçonnique de la mort et de la vertu. En conclusion, j’ai essayé d’expliquer la façon dont je m’étais appropriée cette devise. Pour l’ensemble de ce travail, je me suis appuyée sur différents ouvrages : Le Petit Robert, Le dictionnaire de la Franc-Maçonnerie de Bernard Baudoin, le dictionnaire des symboles de Jean Chevalier et Alain Gheerbrant, la Symbolique des grades de Perfection et des ordres de Sagesse d’Irène Mainguy et la Symbolique maçonnique du troisième millénaire d’Irène Mainguy.
Pour commencer quelques définitions :

La mort : cessation définitive de la vie de tout organisme biologique. Cessation de la vie, considérée comme un phénomène inhérent à la condition humaine ou animale. La mort désigne la fin absolue de quelque chose de positif : un être humain, un animal, une plante, une amitié, une alliance, la paix, une époque. On ne parle jamais de la mort d’une tempête, mais de la mort d’un beau jour.

La vertu : Energie morale, force d’âme. Force avec laquelle l’homme tend au bien, force morale appliquée à suivre la règle,la loi morale définie par la religion et la société. D’après André Gide : « La vertu, c’est ce que l’individu peut obtenir de soi de meilleur. » La vertupeut aussi être une conduite, une vie vertueuse. Chasteté ou fidélité sentimentale, conjugale. La règle morale, le principe qui pousse à la vertu. Disposition constante à accomplir une sorte d’actes moraux par un effort de volonté ; qualité portée à un haut degré. En religion les quatre vertus cardinales : courage, justice, prudence, tempérance. Les trois vertus théologales : charité, espérance, foi. Principe qui, dans une chose est considéré comme la cause des effets qu’elle produit (efficacité, énergie, facilité, force).

Séparer : Faire cesser d’être une chose avec une autre. Faire cesser plusieurs choses d’être ensemble. Détacher, disjoindre, écarter, isoler. Considérer comme étant à part, comme ne devant pas être confondues (2 qualités, 2 notions). Constituer une séparation entre 2 choses, 2 personnes. Cesser d’être, de vivre avec.

Unir : mettre avec ou mettre ensemble de manière à former un tout. Mettre ensemble. Faire exister, faire vivre ensemble. Constituer un élément de liaison avec. Relier par un moyen de communication.


Alors que dans la vie profane, la mort est considérée comme l’étape ultime de la vie, dans l’univers maçonnique, elle revêt symboliquement une autre signification. Dans le cadre d’une approche initiatique, la mort n’est qu’une étape qu’il faut dépasser. Lors des rituels d’initiation, au fil des épreuves qu’il doit traverser, le nouvel initié meurt peu à peu à la vie profane pour bientôt connaître la Lumière et renaître à la vie sacrée. Cette approche intellectuelle et spirituelle, visant à concevoir la vie comme une suite d’étapes dont aucune ne marquerait la fin, est de même nature que celles pratiquées par certaines religions, ou encore par des personnes croyant à la réincarnation.


En tant que symbole, la mort est l’aspect périssable et destructible de l’existence. Elle indique ce qui disparaît dans l’inéluctable évolution des choses. Elle se rattache à la symbolique de la Terre. Mais elle est aussi l’introductrice dans les mondes inconnus des enfers ou des paradis, ce qui montre son ambivalence, comme celle de la terre et la rapproche en quelques sortes des rites de passage. Elle est révélation et introduction. Toutes les initiations traversent une phase de mort, avant d’ouvrir l’accès à une vie nouvelle. En ce sens, elle a une valeur psychologique : elle délivre des forces négatives et régressives, elle dématérialise et libère les forces ascensionnelles de l’esprit. Si elle est pour elle-même fille de la nuit et sœur du sommeil, elle possède comme sa mère et son frère le pouvoir de régénérer. Si l’être qu’elle frappe ne vit qu’un niveau matériel ou bestial, il sombre dans les enfers, s’il vit au contraire au niveau spirituel, elle lui dévoile des champs de lumière.


La mort a plusieurs significations. Libératrice des peines et des soucis, elle n’est pas une fin en soi, elle ouvre l’accès au règne de l’esprit, à la vie véritable d’ou l’expression latine : (mors janua vitae : la mort porte la vie).


Au sens ésotérique, elle symbolise le changement profond que subit l’homme par l’effet de l’initiation. S’il ne meurt pas à son état d’imperfection, il s’interdit tout progrès initiatique.
On ne peut aborder le thème de la mort sans faire référence au grade de Maître et au tombeau d’Hiram. Les dimensions de ce tombeau sont de 3 –5 – 7. Soit 3 coudées de profondeur ou de hauteur, 5 coudées de largeur et 7 coudées de longueur, récapitulant le nombre des âges des trois grades : Apprenti, Compagnon et Maître. Ces trois nombres récapitulent les 3 étapes du Maître. Ces dimensions du tombeau symbolisent le dynamisme, une progression vers la Lumière, qui commence par l’approfondissement du ternaire exprimant un ordre moral, intellectuel et spirituel. 3 est la profondeur du tombeau d’Hiram, il correspond à la descente de la perpendiculaire, auquel on fait l’adjonction d’un premier binaire pour accéder au 5 placé sur l’horizontale du niveau, puis d’un second qui conduit au 7, totalité en mouvement. Le nombre 7 est le nombre de l’achèvement d’un cycle d’évolution et du franchissement des étapes ; cycle complet, d’une forme de perfection comme les 7 jours de la création, il est le symbole d’une totalité en mouvement, passage du connu à l’inconnu, du fait qu’un premier cycle est accompli dans l’ignorance du suivant. En associant 4 symbole de la terre à 3 symbole du ciel, le 7 représente la totalité de l’univers.


Quand au mot vertu qui provient du latin virtutem accusatif de virtus, proprement force virile (de vir homme), d’où valeur, courage ; le sens propre est fréquent au Moyen-Âge et expliquele sens moderne de « qualité qui rend propre à produire certains effets. » Le sens moral de vertu existe déjà en latin classique, où il s’est surtout développé sous l’influence du grec aretè ; il se renforce sous l’influence des idées chrétiennes pendant le Moyen-Âge, le sens de chasteté en parlant d’une femme apparaît au 17ème siècle. Parmi les dérivés, on trouve le mot vertueux, vers 1080, au sens de vigoureux, puissant. Un développement de sens parallèle à celui de vertu est « s’évertuer » (qui signifie : faire tous ses efforts, se donner beaucoup de peine, s’appliquer, s’efforcer.


Antoine Furetière écrivain français du 17ème siècle, ecclésiastique et grammairien, définit la vertu comme puissance d’agir dans tous les corps. Elle signifie force, vigueur, tant du corps que de l’âme. En arithmétique, vertu signifie valeurs des nombres, dans l’ancienne philosophie, elle signifiait aussi faculté, puissance de l’âme. Furetière définit la foi, l’espérance, la charité comme vertu théologales, chrétiennes et surnaturelles, alors que la prudence, la justice et la tempérance sont des vertus cardinales ou païennes.


Dans le guide des Maçons Ecossais on relève :
Qu’entendez-vous par le mot vertu ?
C’est une disposition de l’âme qui porte à faire le bien.
Qu’entendez-vous par le mot vice ?
C’est l’opposé de la vertu.
Et un peu plus loin :
Pourquoi vous fit-on voyager ?
Pour me faire connaître que ce n’est jamais du premier pas que l’on parvient à la vertu.
Et dans un ancien catéchisme des Compagnons la notion de vertu est précisée :
Quelles sont les lois de la maçonnerie ?
Punir le crime et honorer la vertu.
D’après Socrate, la vertu suprême consiste dans le détachement du monde sensible et des biens matériels, pour aller vers la contemplation des idées et spécialement, de l’idée du Bien. La vertu demande une participation active de l’être, de faire un effort constant sur son ego pour réaliser cet idéal de perfection qui représente le Bien. La vertu consisterait dans l’harmonie intérieure de l’âme, en une bonne gestion des extrêmes vers un juste milieu. Ces notions concordent en tout point avec l’idéal maçonnique.


Le code maçonnique de bonne conduite apparut au milieu du 19ème siècle. C’est un code moral qui est basé sur les vertus théologales de la foi, de l’espérance et de la charité (foi dans le Grand Architecte, espérance dans la justice, charité envers les faibles et les pauvres), mais aussi sur les vertus cardinales force, tempérance, prudence et justice (force dans la sauvegarde d’une âme pure, tempérance et prudence dans la parole et l’action, justice dans la lutte contre l’iniquité).
Comment me suis-je appropriée cette devise : «  La mort ne séparera pas ce que la vertu a uni ».



Lors de mon initiation je suis « morte à la vie profane », je suis entrée dans un processus d’acquisition de valeurs maçonniques que je me suis toujours efforcée de mettre en application quotidiennement dans ma vie profane. Ces valeurs sont le fruit de l’expérience accumulée toute au long de la vie de tous mes FF.°. et SS.°. passés à l’Orient éternel. J’ai fait mienne ses valeurs que j’essaie de mettre en application en référence au temps présent et à la force de mon engagement et je me fais fort de transmette dans mon environnement professionnel, associatif et familial. Lors de mon entrée en Maçonnerie certaines des vertus maçonniques ne m’étaient pas étrangères mais faisaient déjà partie de mon quotidien.


L’initiation qui m’a fait mourir à la vie profane n’a pas fait reculer ces valeurs au contraire elle les renforcée et en à fait apparaître d’autres. Comme celle du respect de la parole de l’autre, de l’importance de la parole donnée, de l’engagement en référence aux sentences du 4ème degré notamment : « Honte à ceux qui aspirent à ce dont ils ne sont pas dignes, honte à ceux qui briguent une charge qu’ils ne peuvent porter, honte à ceux qui, à la légère, acceptent des devoirs et qui, ensuite, les négligent,et le devoir est, pour nous, exigent et impératif.
Pour conclure je citeraiRonsard issu dans le2ème livre des amours : « La vertu précieuse de l’homme quand il vit, est toujours odieuse. Mais après le trépas chacun le pense un dieu. »


J’ai dit

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