14° #411012

Le Devoir est la Grande Loi de la Franc Maçonnerie

Auteur:

F∴ P∴ M∴ B∴ G∴

Obédience:
Non communiqué
Loge:
Non communiqué
A L G D G A D L U


ORDO AB CHAO
DEUS MEUMQUE JUS
Sous la Juridiction du Suprême Conseil
des Souverains Grands Inspecteurs Généraux


du 33ème et dernier degré du R E A A pour la France





Si l’on commence par se référer au compagnonnage, puisque nous avons la prétention de nous en dire descendants, nous nous apercevons que le mot « Devoir » a justement précédé celui de « Compagnonnage ».


Il désignait les ouvriers affiliés à des sociétés clandestines de défense d’intérêts communs et, enfin, la société citée elle-même.



Depuis le Moyen Age, il désigne les Compagnons du Rite de Maître Jacques auxquels sont associés les Compagnons du Père Soubise, le 3ème étant les Compagnons du Rite de Salomon (issus de la même légende que la notre) et unissant ainsi ce triangle légendaire de pères fondateurs, mais il désigne aussi certaines cérémonies, reconnaissance et rites « faire le Devoir » disent les Compagnons.



D’après Agricole PERDIGUIER, ce mot désignait leur « code » (on parle aussi chez nous de Code Maçonnique) toujours entouré d’un intense respect. De leurs obligations communes le terme serait passé à leur société elle-même. De là les Compagnons du

« Devoir » ou « non du Devoir » (ceux qui, indépendants, aveint refusé de s’affilier aux sociétés du Devoir)



Ces deux sociétés étaient « sœurs ennemies » , ainsi en 1804 sera créé « le Devoir de Liberté » regroupant différents corps de métier (tailleurs de pierre, dit « Etrangers » menuisiers dit « Gavots » etc.) . on trouve des expressions associées , Villes du Devoir, Règle du Saint Devoir… je vous renvoie au Dictionnaire du Compagnonnage écrit en partie par notre F Jean François auquel j’ai emprunté quelques lignes de cette introduction.



Pour en venir à notre propos du jour : La loi du Devoir en FM est une loi

MORALE que l’on pourrait aller chercher dans « la critique de la raison pratique » de Kant : Pourquoi pas ?


« Deux choses remplacent le cœur d’une administration et d’une vénération toujours nouvelle et toujours croissante à mesure que la réflexion s’y attache et s’y applique : le ciel étoilé au dessus de moi et la loi morale en moi » indique-t-il en ouverture de la conclusion de son ouvrage.



Ainsi sensibilisé au Devoir dès le 1 er degré et après avoir étudié le Nature et le Science comme l’Architecture au 2ème degré, le maçon est régénéré au 3ème degré étant relevé

« plus radieux que jamais » en lieu et place de l’Architecte (Hiram Abif) qui désormais vit en lui, il ne remplace pas l’Architecte , il EST l’Architecte, il passa ainsi de la Matière à l’Esprit, de l’Equerre au Compas…



A sa réception au 4ème degré, Maître Secret , il apprend que le Devoir doit s’accomplir sans songer à la récompense :


– Que le Devoir est pour nous aussi inflexible que la Fatalité !


– Que le Devoir est pour nous aussi exigeant que la Nécessité ! – Que le Devoir est là, toujours impératif comme le Destin !


C’est à ce moment que le T F P M lui demandera s’il reconnaît que « Le Devoir est la Grande Loi de la Franc-maçonnerie »


Que ses obligations prêtées jusqu’alors, ses recherches, sa quête, passeront obligatoirement par le Devoir pour une conduite irréprochable sur le chemin.



Dès lors, il s’engage vraiment et pleinement sur cette voie du Devoir, passant cette fois DEFINITIVEMENT de l’Equerre au Compasil cherchera l’Idée derrière le

Symbolecette phrase de notre rituel est à développer et à méditer…Je vous

laisse y réfléchir mes FF.


Fier de ce nouvel enseignement on lui assure lors « qu’il est plus facile de faire son devoir que de le connaître » le voici de nouveau perplexe.


A ce stade, il doit assimiler dans sa réflexion le sens des précédentes injonctions au Devoir.


Il comprendra que c’est PAR LUI-MEME qu’il devra s’acquitter de sa PROPRE amélioration en se servant de son PROPRE entendement.



Tout comme Kant, précédemment cité, il devra soumettre son jugement à la critique, la bonne critique, celle qui lui fera séparer le bon grain de l’ivraie.


Il deviendra un homme de raison pour illuminer cette parcelle de divin qui demeure en lui, afin d’approcher ce que nous nommons Vérité, et ainsi rayonner parmi les siens. Sans se mentir, en se cherchant lui-même pour son avancement personnel sur le chemin de la connaissance, mais aussi et surtout pour le bien de l’humanité toute entière.


Cette loi amène la démarche du maçon près de celle des stoïciens, faire son devoir parfait PAR et AVEC Vertu, ce qu’ils nommaient KATORTHOMA c’est-à-dire des actions droites, vertueuses, qui n’ont pour finalité que le bien.



Cette loi de Devoir est présente en chacun de nous depuis l’origine « Elle n’est pas une invention de l’esprit humain ni un décret des peuples mais quelque chose d’éternel qui gouverne le monde entier montrant ce qu’il est sage de prescrire ou d’interdire « nous dit Cicéron.



En ce sens, le maçon fera de ce devoir une morale ACTIVE, un devoir PAR et AVEC Vertu, valeur primordiale de sa démarche déontologique (étymologiquement parlant, « deon » qui signifie DEVOIR en grec)



Il lui est signifié SANS RECOMPENSE ! ce qui est conforme à la démarche maçonnique, et comme le soutient Kant (encore lui) « Un acte n’est moralement bon que s’il est accompli exclusivement par devoir sans aucune autre considération d’intérêt, de bien être ou de bonheur. »



Il faut effectivement lire ou relire Kant (entre autre) et sa « Critique de la raison pratique » pour se faire une idée, je dirai « maçonnique » du Devoir ; il y élève le Devoir en Ethique, nous emmenant ainsi à revisiter Aristote et son « Ethique à Nicomaque »


Notre monde contemporain tente de s’affranchir de cette grande loi du Devoir au profit d’un individualisme qui dépasse cette valeur.



Nous voici face à un beau défi, alors que la perversion secoue toutes les nobles institutions, y compris la noter, on ne parle plus de Devoir, le « il faut » et « tu dois » de Kant sont malmenés et personne ne peut ou ne veut comprendre que la notion de

Liberté est attachée à ces préceptes personne, sauf peut être le Philosophe et le

Maçon.



Dès le 1er degré, il sait que son devoir c’est « fuir le vice et pratiquer la Vertu » alors ? Les émancipations nécessaires à l’évolution de notre société ont bafoué cette belle maxime et l’on quasiment « gommée » des esprits dommage non ?



Nous ne sommes pas des êtres assujettis à une société imbécile qui oubli ses devoirs au profit des ses droits et, dans ce monde du paraître, nous, maçons, devons nous lever pour, par notre exemple, apporter cette déontologie qui manque cruellement à l’homme du XXIème siècle.



Ce n’est que par la « pratique » , j’insiste sur ce terme , je devrais même dire

« praxis », par la pratique donc des rituels et surtout par leur intériorisation que nous arriverons à une affirmation singulière du Soi qui nous fera reconnaître comme véritables enfants de la Lumière.



Ainsi, par son rayonnement bousculerons nous peut être les consciences pour faire de cette humanité des hommes vrais en toutes circonstances.


C’est a espérer car nous savons « qu’il n’est point besoin d’espérer pour entreprendre ni de réussir pour persévérer »



Si l’individualisme nie les autres, notre conduite humaniste les fera s’unir en une belle chaîne d’union fraternelle, soyons utopistes !



Pour le maçon ce Devoir c’est « cette loi morale en moi » qui fera de lui un homme libre au contraire de ce qu’implique la notion de Devoir dans le monde profane ébloui par le monde de l’ego. Et, je le réaffirme ; assujetti à une société qui ne pense plus. J’en appelle à Diogène LAERCE pour conclure :


« On appelle Devoir l’action dont l’accomplissement possède une justification raisonnable »



Méditez mes Frères



J’ai dit T


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