L’Amour de la vertu justifie mon zèle à servir la FM et mon désir de parvenir à la perfection
J∴ C∴ P∴
Grâce à la Tradition initiatique et plus particulièrement au Rite Ecossais Ancien et Accepté, la voie de notre évolution s’impose.
Refuser ce chemin, c’est refuser l’existence, c’est tenter d’aller à contresens d’un irrésistible courant qui régit l’univers tout entier.
Cette évolution participe d’une incessante augmentation de conscience avec comme horizon : l’ultime perfection.
Elle réclame de notre part, zèle, ferveur et constance car les erreurs d’orientation sont possibles et ne sont que le résultat d’un manque de conscience des choses, d’un manque de réflexion, d’une passion, d’un excès de zèle.
Tout en continuant de remporter de nombreuses victoires sur nous-même, chaque nouvelle prise de conscience éveillera chez nous une nouvelle sensibilité et toute nouvelle sensibilité apportera de nouvelles richesses.
Une bonne dose d’énergie sera constamment nécessaire. Cette énergie nous la puiserons dans l’Amour. Refuser l’Amour c’est refuser l’énergie.
L’Amour est le principe de vie de tous les règnes sans exception.
Le niveau d’évolution de chaque être, c’est la quantité d’Amour qu’il peut contenir.
A chaque fois que nous augmenterons notre conscience, nous augmenterons donc notre capacité d’Amour.
C’est ainsi que Rainer Maria Rilke (Ecrivain autrichien, 1875-1926) a pu dire que :
« L’Amour c’est l’occasion unique de mûrir, de prendre forme, de devenir soi-même au monde ».
Ainsi prendra naissance et se développera l’ETRE de chaque homme.
Oh, bien sûr notre rationalisme maçonnique (et sa rigueur) nous amènera sans doute encore bien des fois à demeurer dans la lumière de l’objectivité et dans d’autres circonstances qui s’en plaindrait ?
Mais ce qu’il nous est demandé d’entreprendre lors de notre démarche initiatique, et notamment au 13ème degré de Chevalier de Royal-Arche, c’est, à la manière de GUIBULUM, de descendre dans le monde supralumineux, les entrailles de la Terre, pour y chercher un trésor, c’est-à-dire s’élever dans le monde de l’esprit pour (essayer de) rejoindre l’extraordinaire vérité :
LA PAROLE PERDUE
Le nom ineffable
La joie ineffable
La Perfection
Et c’est à ce moment là mes Frères encore plus à ce moment là qu’à d’autres instants, que « prend sens » notre état d’Initié.
Voltaire a pu dire que :
« Tout les, mortels sont
égaux.
Ce n’est pas la naissance, c’est la
seule vertu qui fait leur différence ».
L’application à la Vertu devient plus essentielle que la maîtrise des subtilités logiques, le plaisir de la rhétorique, qui nourrissent l’orgueil.
Il nous est nécessaire, là encore, de travailler notre volonté (à l’instar de Arthur Schopenhauer), car une âme vigoureuse a plus de ressource que les tièdes, pour s’arracher au vice.
C’est ainsi qu’il est préférable et d’ailleurs plus facile d’empêcher les passions de naître, que de gouverner ensuite leur impétuosité.
Selon Sénèque :
« Elles produisent les vices invétérés, et il faudra une opération beaucoup plus profonde pour les extirper radicalement ».
Il nous est donc demandé de garder la maîtrise de soi.
Et cette acquisition de la maîtrise de soi, à travers la diversité des domaines et des circonstances, exerce déjà le « commençant à coïncider » avec le principe hégémonique qui tient l’univers et assure sa cohérence, en tant que RAISON et TENSION (le tonos des grecs).
Les différents traits de la Vertu resteront subordonnés à cette polarité.
On le devine, la Tension mesurée par la Raison marque un progrès, une transmutation qui caractérise l’accès à la Sagesse ; ce qui amenait certains stoïciens à penser que la Vertu, étant en relation avec une progression, les vertus augmentent et prennent de l’extension.
Mais on peut penser qu’aucune vertu ne surpasse une autre vertu, aucune conduite droite une autre conduite droite.
Comme le bien et la moralité, la vertu elle aussi est droite, elle ne supporte pas d’infléchissement…elle ne peut être plus tendue. Elle juge de tout, rien ne la juge.
Si elle ne peut devenir plus droite, ainsi les actions
accomplies par vertu ne sont pas plus droites les unes que les
autres…elles sont égales…
Ce n’est pas la matière qui fait les actions
bonnes ou mauvaises mais la vertu ; partout
où elle apparaît, elles ont même mesure.
Elles ne semblent inégales que si on les considère de l’extérieur.
Sénèque nous dit que : « la Vertu n’a besoin que d’elle-même ».
L’Unité de la Vertu
s’exprime aussi dans l’adage souvent
répété :
« Qui a une Vertu, les a toutes ».
Pour devenir Grand Elu et Sublime Maçon et justifier notre progression il est clair que la vertu est le seul objet à rechercher.
Le sage accède à
l’apathia (absence de trouble passionnel) il comprend que la
vertu, ou l’excellence, est le seul bien à
rechercher pour lui-même ;
Que là est le souverain bien pour assumer son destin et
celui de l’humanité.
A ce stade de Grand Elu, l’Initié s’unit
par l’Amour en général, par
l’Amour de la Vertu en particulier, à un
autre monde.
Ce monde est à la fois ses entrailles, le microcosme,
l’authenticité ; il y rentre par la
trappe du sommet du dôme à l’aide de
deux compagnons (utopie de la quête solitaire).
Ce monde est aussi le macrocosme, c’est la Voûte
Etoilée : il est l’Elu placé
au centre.
En retrouvant la Parole Perdue, c’est-à-dire la Connaissance, grâce aux Frères Johaben et Stolkin sans qui GUIBULUM n’aurait pu s’approcher (sous la voûte sacrée) de l’ineffable, l’initié retrouve l’humilité, la foi, l’obéissance et l’Amour qui lui permettent de s’intégrer et de s’identifier au cosmos.
L’homme conçoit être un microcosme au sein du macrocosme dans son dualisme philosophique, mais le microcosme et le macrocosme ne sont qu’UN ; ils n’existent que l’un par rapport à l’autre en UN, comme l’infiniment petit est indissociable de l’infiniment grand.
Ainsi :
L’Essentiel repose sur cette mutation intime
qu’opère l’accès à
la sagesse ; comme la clef de voûte rend inutiles
les échafaudages, ainsi lorsqu’on est parvenu au
but, rien n’a plus d’importance.
Une autre métaphore de bâtisseurs marque cette « consistance », qui n’est qu’un autre nom de la « constance » : « la sagesse est comme un ciment qui prend ».
Or, la Perfection Absolue ne comporte plus de
degrés.
Et la prolongation n’y fait rien : le bonheur est
présence actuelle.
Sa splendeur annule tout le reste : la lampe
s’obscurcit à l’éclat du
soleil.
Aussi le sage ne regarde-t-il jamais en arrière, vers les premiers mobiles de l’action humaine ; tel celui qui, recommandé au roi par quelqu’un qui lui semblait initialement très précieux, s’attache exclusivement au souverain quand il a part à son intimité.
Possédant le Bien en totalité, le sage, par conséquent, ne manque de rien.Il a toute la Raison.
Et si en plus il étaie sa pratique sur un savoir, alors ce sage est en possession d’une vérité fortement constituée.
En parfaite communion avec le principe hégémonique de l’univers, le sage seul est digne de diriger la fin des travaux de la demeure.
Ce Temple qui accueillera l’Arche d’Alliance et les tables de la LOI.
Mais je ne suis que ce que je suis !
TFPGM, J’ai dit.
BIBLIOGRAPHIE :
« De la perfection à
l’amour », Alain Pozarnic
« Rites et symboles de la F
M », Daniel
Beresniak
« Le temps des philosophes »
de chez Hatier
« La morale stoïcienne »,
G. Radis-Lewis
Les rituels du 5ème au 14ème.