14° #411012

Réflexion sur les trois stances de la fin du 4° voyage qui se trouve dans le rituel de passage au 4° degré

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Non communiqué

Obédience:
Non communiqué
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Non communiqué



« Malheur à ceux qui aspirent à ce dont ils sont indignes
Malheur à ceux qui veulent assumer une charge qu’ils ne peuvent pas porter
Malheur à ceux qui acceptent légèrement les devoirs et qui ensuite les négligent. »

Je vais vous faire part maintenant des émotions et des réflexions qui sont apparues suite à la lecture de ces phrases. Tout d’abord, il est vrai que lorsqu’on subit un rituel, on est dans un état où tout n’est pas compréhensible de prime abord, ensuite lorsqu’on assiste en spectateur, actif ou passif selon qu’on tienne un office ou pas, on se concentre non pas sur le rituel, mais sur le comportement du F qui subit ce rituel. Donc, jusqu’à présent, je n’avais pas bien saisi le sens de ces phrases, et ce qui m’a profondément marqué, c’est cette répétition du mot « malheur ».

Ce mot qui appelle une malédiction, me dérange énormément chez nous en M où nous dit-on on doit faire preuve de tolérance et de fraternité. Que peut il donc bien vouloir laisser entendre, qu’à ce degré, tout le monde est soupçonné de quelque méfait, ce pourrait que des FF arrivés à ce degré ait pu tromper la vigilance des Maîtres Parfaits pour arriver à leur fin ? Oui peut-être, car cette stance me rappelle le fait que notre M Hiram fut assassiné par trois compagnons qui espéraient justement à s’approprier les mots et les attouchements des Maîtres alors qu’ils n’avaient fini leur temps, alors qu’ils n’en étaient pas dignes. Et là nous voyons la première malédiction qui fut pour eux, comme nous le voyons dans notre rituel du 9° degré d’être à leur tour assassiné.

La deuxième stance
Malheur à ceux qui veulent assumer une charge qu’ils ne peuvent pas porter. La Maçonnerie comporterait-elle des charges si importantes, si convoitées ? Quelles sont ces charges qui pourraient nous valoir les foudres de nos FF des degrés supérieurs. Là, ce qui m’est venu directement à l’esprit, fut l’éclatement qui survint au sein de notre propre obédience. La bataille au pouvoir et aux degrés, qui serait le détenteur de ces pouvoirs et qu’en ferait-il ? À ce moment là je pensais n’avoir rien compris à la maçonnerie, et j’étais sur le point de démissionner, car pour moi, les FF qui se trouvaient dans les degrés supérieurs, étaient des personnes plein de bon sens et de sagesse, ayant dépassé leur ego et qui pouvaient transmettre non pas de futiles degrés, mais leur expérience de la vrai fraternité et la recherche de la vrai connaissance (la gnose). Mais par la suite, grâce à certains FF, des FF Apprentis qui venaient juste de rentrer et qui me demandaient si je réalisais que ma démission ne serait qu’une fuite, un échec pour moi. Et c’est ainsi que refaisant mon chemin à l’envers, redescendant la spirale je me suis rendu compte que je devais passer outre tous ces problèmes et travailler d’avantage avec les outils qui et les FF dont j’avais la charge. Les questions qui surgirent ensuite me firent comprendre que le chemin à parcourir était à parcourir tout seul.

Lorsque j’entrais en Maçonnerie, il m’a souvent été donné d’entendre de « vieux Maçons » dire « nous ne sommes que d’éternels Apprentis » ou encore cette phrase que l’on retrouve dans notre rituel du 13° degré « on n’est pas initié, on s’initie soi même ». Donc le parcours du M est bien solitaire, s’il n’a que les outils que l’on à bien voulu lui donner, le chemin qu’on à bien voulu lui montrer, c’est à lui et lui seul d’assumer la charge qu’il à décidé de pendre. Et cette charge, n’est pas de gravir les degrés à tous prix, mais bien une charge d’évolution de son être, la taille de sa pierre brute, d’arriver à enlever les voiles qui lui cachent la vérité, c’est de découvrir son moi profond et enfin de reconnaître que toutes les erreurs commises son du à son ego et qu’il faut non pas le détruire, mais arriver à le maîtriser, car une fois reconnu l’ego en tant qu’impermanent, la lumière divine lui fera reconnaître sa nature réelle.

Quant à la troisième stance, malheur à ceux qui acceptent légèrement les devoirs et qui ensuite les négligent. M’a fait réfléchir au chemin que doit parcourir un Profane jusqu’à son initiation, et de l’initiation jusqu’à la Maîtrise. Lorsqu’un profane arrive en Maçonnerie, il doit être présenté par un Parrain, et je pense que cette tache n’est pas sans rapport avec cette stance. Son parcours, son épanouissement va être en grande partie du à ce parrain qui va être pour lui un modèle (comme un enfant pour parvenir à l’âge adulte va prendre comme modèle ses parents) ou un père spirituel.

Ce rôle de Parrain ou de Maître guide n’est donc pas un simple symbole. Le Maître qui accepte ce rôle, qui accepte cette charge, doit mûrement réfléchir  car son devoir va être d’amener ce profane à se dévoiler, à se montrer sous vrai jour, à ôter sa carapace pour pouvoir atteindre la vraie lumière. Mais pour ce faire, il lui faut un Maître qui lui même à atteint un niveau de maîtrise no pas sur le plan de la connaissance vulgaire du savoir livresque, mais sur un plan beaucoup plus élevé, sur un plan où son ego n’a plus d’emprise sur lui, et c’est cet aspect de sa personne, même s’il se sent plus faible, qu’il lui faudra montrer. Car il n’est pas là pour montrer sa supériorité, car pour être un bon guide il faut parfois s’avoir redescendre pour se mettre au niveau de celui qui l’écoute, et là il sera un bon instructeur. C’est à ce moment là que le disciple pourra lui faire confiance et ressentira le besoin de se rapprocher de son Maître pour ne former qu’un avec lui et avec ses enseignements.

Pour que la Chaîne d’union se perpétue dans le temps, le principal devoir, peut-être l’unique devoir des Maçons, est de faire des Maçons. Car il n’est qu’une joie réelle en ce monde, c’est celle que l’on donne autour de soi. Après avoir écrit ces réflexions, je suis revenu sur un mot de ces trois stances :

Malheur à ceux qui aspirent à ce dont ils sont indignes,
Malheur à ceux qui veulent assumer une charge qu’ils ne peuvent pas porter,
Malheur à ceux qui acceptent légèrement les devoirs et qui ensuite les négligent.

Ce mot Malheur qui revient comme une litanie et qui fait référence à une malédiction nous en retrouvons plusieurs versets similaires dans la Bible. Esai 5.21. Malheur à ceux qui sont sages a leurs yeux, Et qui se croient intelligents ! Habacuc 2.6. Malheur a celui qui accumule ce qui n’est pas à     lui ! Mathieu 18.7 Malheur au monde à cause des scandales ! Car il est nécessaire qu’il arrive des scandales ; mais malheur a l’homme par qui le scandale arrive !

Mais ici c’est le Seigneur Jésus Christ qui prononce la sentence. En franc maçonnerie qui va bien pouvoir juger et condamner ? Lorsque nous prenons ces engagements, de charge ou de devoir, nous ne savons pas réellement si nous pourrons l’accomplir de façon correcte ou même si nous en sommes dignes. Car nous sommes là pour chercher et progresser. C’est une quête que l’on mène et qu’on tente de conduire du mieux possible, sans savoir où se situent la frontière du bien et du mal et pour cause, puisque c’est justement ce que l’on recherche !
Dans ces conditions la naïveté fragilise certaines personnes et peut les mettre à la merci du premier initiateur venu, d’autant que certaines vivent cette quête de façon parfois douloureuse et consentent de grands sacrifices, allant même jusqu’à abandonner le cas échéant tout leur avoir, confort ou bien-être. D’ailleurs, ne serait- ce que pour cette seule raison, on ne doit jamais juger, rejeter ni condamner celles qui se sont trompées ou ont été trompées.

Je me suis ensuite amusé à calculer le nombre du mot Malheur, celui-ci en numérologie vaut 6, mais comme je n’ai que des connaissances restreintes en ce domaine, je ne vous citerai que quelques passages recueillis sur ce nombre. Représente l’imperfection ou l’antiperfection, le péché, le Mal, selon la Bible. Mais il est aussi le nombre de l’épreuve, du travail et de la servitude dans la loi hébraïque, qui ordonnait de travailler pendant six jours, d’ensemencer la terre pendant six ans et qu’un esclave serve son maître pendant six ans.

Chiffre de l’homme-animal, l’homme « avec la queue », encore à la prise avec ses passions, étant non conscient de sa divinité. Mais il est aussi considéré comme étant tout simplement le chiffre de l’homme car c’est le sixième jour que Dieu créa le couple humain (Gn 1,26).
Nombre parfait, selon Thibaut De Langres. Notre Seigneur fut conçu au sixième jour, naquit au sixième âge et fut crucifié le sixième jour – le huitième âge correspondant à la béatitude qui suivra la résurrection des corps.

Que 6 est le produit du premier nombre pair par le premier impair et qu’il est considéré que tout nombre pair est féminin et tout impair est masculin. Sa forme est une courbe continue sans angle, sans trait. C’est l’amour total. Il est presque spiral, il s’apprête à aller vers l’infini. 6 est également la forme du fœtus en gestation. Signe de la médiation entre le principe et sa manifestation. Chiffre de l’indécision et du choix qui s’impose.

Dans la Bible :

· Les six jarres dans lesquelles l’eau fut transformée en vin par Jésus aux noces de Cana. (Jn 2,6)
· Les six jours pris par Dieu pour créer la création, selon la Bible et le Coran. (Gn 2,2; Coran 10,9 et 32,3)
· C’est au chapitre 6 de la Genèse que Dieu annonce le Déluge. Et en 6,6 nous lisons : « YHWH se repentit en son cour d’avoir fait l’homme sur la terre et il s’irrita en son cour ».
· Valeur numérique de la lettre hébraïque Waw, reliant l’actif au passif, représentant le rapport du Moi au Non-Moi. Cette lettre a la forme d’un crochet, d’un clou, d’un lien. On peut également voir dans cette forme « le lien ou le crochet d’attache qui lie et enchevêtre en courants d’idées, toutes les opinions ; c’est l’homme qui se rend libre par le travail ou esclave par la paresse ».

Poussons un peu plus : Selon certains Kabbalistes, le principe du mal à surgit au moment où la création s’est séparée du Monde d’Emanation. Mais le mal n’est pas toujours ce qu’il parait être. Il y a diverses sortes de mal. La forme la plus haute est la volonté du Moi, représenté par l’archange Lucifer qui s’est rebellé contre Dieu. Il se manifeste à travers les Mondes comme le principe qui « sait » toujours mieux que les autres, et on le retrouve à tous les niveaux dans la fierté et dans l’arrogance. Ensuite dans le rôle du Tentateur, il exécute l’une des plus méprisables tâches de l’existence. Si l’homme veut éliminer de lui le mal, ses desseins égoïstes, ses désirs, il ne doit rien faire pour s’en écarter, car il existe une loi dans la nature, dans la création, selon laquelle l’homme, en raison de son égoïsme, ne peut pas supporter ce qu’il ressent comme un mal pour lui.
Au moment où il prend conscience que son égoïsme est un mal qui lui cause des dommages irréparables qui peuvent lui faire perdre sa vie spirituelle, éternelle, l’homme s’éloigne automatiquement de cet égoïsme, comme la flèche fuse de l’arc. S’écarter de quelque chose de mal ne représente pas beaucoup de difficultés.

Le véritable travail de l’homme consiste à ressentir les dommages causés par ses désirs égoïstes au point qu’ils rendent impossible sa vie. Pour parvenir à le comprendre, il lui faut ressentir le spirituel comme un « Bien ». En étudiant la Torah et les Commandements pour se perfectionner spirituellement, l’homme commence à ressentir son égoïsme comme un mal pour lui. Quand l’homme prend conscience du mal dans sa pleine mesure, il s’en écarte aussitôt. C’est ce que signifie « fais le bien ».
En conclusion, je dirais que chacun possède le fruit de ses ouvres, et la pauvreté n’est que l’aiguillon du travail, c’est à cause de l’ombre que nous pouvons voir la lumière, c’est à cause de la peine que nous sommes sensibles au plaisir. Le mal est donc pour nous le commencement du bien.

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