14° #411012

La Voûte Sacrée

Auteur:

G∴ D∴

Obédience:
Non communiqué
Loge:
Non communiqué
A la Gloire du Grand Architecte de l’Univers


Deus Meumque Jus


RITE ECOSSAIS ANCIEN ET ACCEPTE


Ordo ab Chao


Au Nom et sous le Auspices du Suprême Conseil de France


Liberté-Egalité-Fraternité


TFPGMet vous tous mes F GEP Et SM



Simple anecdote en introduction ;


Je reçois le sujet de cette planche et je me réjouis….trop vite !


Pourquoi ? Tout simplement parce que mon cerveau enregistre Voûte Etoilée à la place de Voûte Sacrée.


Ma joie fugace parce que j’imagine l’étrange coïncidence qui m’attribue ce sujet alors que j’ai matériellement décoré les voûtes étoilées de nos deux temples et que me reviennent en mémoire les acrobaties nécessaires sur l’échafaudage très élevé du grand temple où, dirigé du sol par Jean et Daniel je collais au plafond chacune des étoiles !!


Mais en fait loin d’escalader des échelles, il me fallait descendre vers le gouffre !


Si je suis familier des parois de glace ou de roches par passion de la montagne, j’ai toujours eu en horreur la spéléologie, bien que les techniques et le matériel soient très proches.


Je me fais donc violence pour introduire mon corps dans la trappe qui doit me mener au ventre du monde.


Pourquoi violence ? Peut-être des résurgences des peurs enfantines quand je devais chercher du charbon dans notre cave toujours trop noire.


Peut être aussi par la présence d’êtresterrifiants et imaginaires qui me guettaient dans l’ombre ? A moins que ce soit le mouvement furtif d’une souris, un instant dérangée ?


Chaque marche de l’escalier du sous sol devenant une descente aux enfers en même temps que viatique vers la lumière quand j’entreprenais ma remontée, le seau de charbon à la main.



Quand je pense qu’à cette époque de l’enfance, nous nous passionnions pour le jeu de marelle, tracé à la craie dans la cour de récréation et où, le Ciel et l’Enfer voisinaient, sans que y portions attention, tout entier pris par le but à atteindre !!!


Un demi siècle plus tard et avec nostalgie, je jette à nouveau ma pierre sur le tracé et tente à nouveau ma chance comme Guibulum dans sa désescalade des voûtes successives.


Ayant, pendant des années suivi et conduit des séminaires de connaissance de soi, je me souviens d’une méthode enseignée par PRH (personnalité et relations humaines) qui consistait à désencombrer son regard et son cœur pour plonger en soi et tenter de dégager de sa gangue, ce qui était nommé « le roc d’être ».


Ce roc étant le fondement incorruptible de chaque homme que ni l’éducation, ni les fausses idées, ni idéologies, ni dogmatisme ne pouvaient altérer.


Nous tentions, avec parfois force larmes et émotions surgissantes, d’atteindre cette petite parcelle de pur métal ou de gemme précieuse dont la simple vision nous assurerait sérénité et joie ineffable.



C’est à travers ce parcours parfois douloureux et assurément très long que je relis aujourd’hui la symbolique du 14° degré.


Le courage et les hésitations des trois « spéléologues » traversant les voûtes successives me sont un peu familiers.


Quand à savoir appréhender ce qui trône au fond du gouffre, je reste encore pendu à ma corde dans l’angoisse de l’inconnu qui m’attend et peut-être aussi plus certainement dans une relecture de ma vie que je serai amené à faire , une fois mes yeux dessillés.


Que d’errements et de temps perdu pour ne pas avoir eu plus tôt le pressentiment du chemin à emprunter !


Pourtant, un plus savant que moi, m’avait décrit, il y a longtemps, la théorie cybernétique de l’oignon.



Ce modeste légume a en effet beaucoup à nous apprendre par son architecture, une fois les larmes de l’épluchage asséchées.


En effet, l’oignon avec ses couches successives peut s’envisager comme un parcours initiatique à deux entrées :


Une voie descendante de la périphérie vers le centre où il faut progressivement traverser chaque étape pour enfin atteindre le centre vital


Une autre voie ascendante qui du centre permet d’atteindre la surface et la lumière.


Loin de grandes théories, la nature met au creux de notre main un objet d’étude qui symbolise modestement les trajets de notre quête.



Cet « EURAKA ! » potager s’apparente étrangement au grand mot de passe du « Tuileur » de Vuillaume orthographié BEAMACHEH-BEMEARAH (prononcer BEAMAREH BEMEARAH) : Dieu soit loué !nous avons trouvé.


Mais l’hébreu maçonnique est étrange !


Il joue, au travers des traductions à proposer des substitutions qui occultent parfois une vraie signification.


Daniel Beresniak dans son livre « les sens de l’initiation sacerdotale »conseille au franc maçon d’enrichir sa boite à outils d’un dictionnaire bilingue : hébreu -langue maternelle.


Je vous ferai grâce de mes tribulations incertaines dans ce genre d’ouvrage, même si ces allers-retours d’une langue à l’autre devaient éclairer mon chemin, pour l’instant je chemine dans la pénombre du béotien.


Je ne retiens de cette difficile plongée que quelques thèmes de traduction empruntés à l’auteur précédemment cité :


« MECHEKH-prononcer mérek- traduit l’action de tirer, d’extraire »


« La racine MEHARAH exprime l’idée de rapidité, voire de précipitation »


Ces deux mots conduisant au cœur de l’idée générale d’un mouvement déterminé par une loi générale (cosmique) que nous ne maîtrisons pas.


Mais il y a là un jeu intéressant qui permet de jeter des passerelles entre le rationnel et l’irrationnel, entre la raison et l‘imagination ; une sorte de « yoga »mental qui permet de faire travailler simultanément nos deux hémisphères cérébraux.


L’initié serait conduit ainsi à dépasser la dualité en ne privilégiant aucune de ses facultés mentales au détriment des autres ; il penserait donc avec tout son cerveau faisant ainsi participer à l’œuvre autant la part rationnelle que la part intuitive.


Vaste programme quand on sait que nous n’utilisons en général qu’un faible pourcentage de nos capacités neuronales !


Quand surgit le mot « sacré » surgit bien souvent l’ambiguïté qui l’oppose au « profane ».


Or, nous parlons souvent de profane dans un sens qui n’est pas forcément opposé au sacré.


Le profane désignant, dans une acception première, ce qui est dépourvu de caractère religieux, sacré mais par extension ce qui a trait au domaine de L’humain, du temporel, du terrestre.


Rappelons nous que notre utilisation du mot profane correspond à l’étymologie de sa racine latine : pro-fanum qui signifie devant ou au-dehors du Temple tout autant que non initié.




Pour Mircea Eliade, le sacré est avant tout une expérience qui se traduit par un sentiment religieux au sens initial du terme, de ce qui relie les êtres et les chose et induit dans les tréfonds de l’être humain le respect absolu des altérités.


Béatrice Spanghers écrivait :


« Celui à qui le sacré est totalement étranger est comme un anorexique de l’âme, quelqu’un dont la personnalité, l’être profond manque du substrat indispensable à son déploiement ».


La racine latine du mot sacré , SACER ouvre une double porte puisque les romains lui donnaient le sens de « consacré des dieux » mais aussi « chargé de souillures » ; le tout désignant donc ce que l’on ne doit pas toucher.


Cette ambivalence persistant encore de nos jours, puisque nous différencions parfaitement un consacré d’un sacré-con, au sens de « maudit ».


Au détour de mes lectures, j’ai rencontré Gérard Leleu, qui déclare que le sacré passe par la sexualité, ce qu’il décrit fort bien dans son traité des caresses et du désir, démontrant que sexualité et spiritualité ont des liens fusionnels.


Cette voie sacrée qui chante les vertus de la flexibilité et de la réceptivité, tant des neurones que des corps, mérite quelques détours et contours….voire quelques grimpettes au 7° ciel ou nirvana selon la culture de chacun.


Comme on peut le déduire ou l’induire facilement, cette voie sacrée n’est pas impénétrable au contraire de certaines autres….


Travaillant actuellement sur le thème de l’androgynie, je confirme les liens étonnants entre nos comportements masculins, notre sexualité et notre recherche spirituelle qui surgissent au cœur de notre intimité la plus secrète.


Dans ce parcours , la quête sacrée est infinie ; elle prend l’apparence d’une errance dans la recherche de la cohérence , d’un rêve éveillé et stimulant d’une humanité meilleure et mieux éclairée et l’espoir , avant le bout du chemin si possible , d’une sérénité consciente , responsable et raisonnée :


Osons un néologisme, comme en sont familiers nos politiques : 


« Une sérénitude » en lieu et place d’une béatitude !!!


Nicolescu, physicien au CNRS s’exprimant sur le sacré écrit :


« Le sacréen tant qu’expérience est source d’une attitude transreligieuse ;


Elle nous permet d’apprendre à connaître et apprécier les spécificités des traditions religieuse et areligieuses qui nous sont étrangères, pour mieux percevoir les structures communes qui les fondent.


Cette attitude transreligieuse n’est en contradiction avec aucune tradition religieuse ou courant agnostique ou athée, dans la mesure où ces courants reconnaissent la présence du sacré qui est en fait notre trans-présence dans le monde ».



Comme l’enseignement du grade nous le montre à travers l’exemple des 3 explorateurs des voûtes sacrées, la progression se nourrit de régressions et de transgressions, de même que la recherche de la vérité implique la nécessité de passer d’une erreur à une autre.



C‘est dans l’humilité de reconnaître et de faire siennes ces erreurs et dans le courage de s’exposer ainsi émotionnellement aux nécessaires réformes de notre pensée et de notre cœur que le chemin initiatique restera ouvert au  « cherchant », nous protégeant ainsi de la tentation dogmatique du « sachant » qui imagine avoir trouvé et fige ainsi une progression encore infinie.


Mais, comme l’apprenti, je ne sais qu’épeler, incapable d’une prononciation fluide, je suis comme un bègue qui butte sur les syllabes du Grand Nom.


Il me reste à m’approprier réellement les symboles de ce grade qui récapitulent les degrés symboliques des degrés antérieurs, éprouvé par la Mer d’Airain qui m’invite à surmonter mes propres résistances intérieures.


Que me soit accordée la force de prendre à bras le corps la corde qui doit me guider vers la Lumière.


J’ai l’avantage de ne pas avoir les yeux bandés, comme au sortir du cabinet de réflexion, de pouvoir, comme lors de l’initiation, compter sur la force collective de mes Frères, comme les Trois Mages qui se prirent par la mainpour sortir du gouffre et d’avoir progressivement acquis la certitude qu’il ne peut rien advenir de dangereux dans cette enceinte, même si les mystères y planent encore.



Pour conclure et rendre hommage à notre fraternité, j’ai choisi le passage du Petit Prince où l’enfant rencontre le renard :



« Tu n’es encore pour moi qu’un petit garçon tout semblable à cent mille petits garçons. Et je n’ai pas besoin de toi. Et tu n‘as pas besoin de moi non plus. Je ne suis pour toi qu’un renard semblable à cent mille renards.


Mais si tu m’apprivoises, nous aurons besoin l’un de l’autre. Tu seras pour moi unique au monde. Je serai pour toi unique au monde… »



Ce texte commenté de la façon suivante :


« Il est plus digne de la nature humaine et plus instructif d’admettre le merveilleux en cherchant à en extraire le vrai, que de le traiter de mensonge, pour échapper à son explication »….



J’ai dit



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