14°
#411012
Le Dévoilement par le Rite
B∴ J∴
A LA GLOIRE DU GRAND ARCHITECTE DE
L’UNIVERS
ORDO AB CHAO, DEUS MEUMQUE JUS
Au nom et sous la juridiction du Suprême Conseil
des Souverains Grands Inspecteurs Généraux du 33ème et dernier Degré
du Rite Ecossais Ancien et accepté pour la France.
Trois fois Puissant Maître et vous tous mes frères en vos grades et qualités.
ORDO AB CHAO, DEUS MEUMQUE JUS
Au nom et sous la juridiction du Suprême Conseil
des Souverains Grands Inspecteurs Généraux du 33ème et dernier Degré
du Rite Ecossais Ancien et accepté pour la France.
Trois fois Puissant Maître et vous tous mes frères en vos grades et qualités.
Le titre de ce travail que je vais essayer de développer n’est-il pas la définition même de l’art royal qu’est la franc-maçonnerie, tout au moins de son but.
Il me semble nécessaire de définir les deux termes « rite » et « dévoilement ».
Le mot rite nous viens du mot latin « ritus », il désigne un usage, une coutume, une organisation traditionnelle. Il désigne l’ensemble des cérémonies du culte en usage dans une communauté religieuse. Il désigne les gestes particuliers prescrit par la liturgie d’une religion.
Bergson a dit : « il n’y a pas de religion sans rites et cérémonies ».
La vie en société génère des habitudes, des coutumes, des pratiques réglées invariables qui, par analogies à la religion, sont qualifiés de rituelles.
Il existe donc des rites religieux exotériques publics, des rites ésotériques de sociétés secrètes ou discrètes réservés aux initiés qui ont suivi des rites initiatiques.
Le rite a un caractère sacré à l’origine, et sociologique par transposition dans le monde profane.
Voilà pour la définition petit robert du terme. Le sens qui va nous intéresser est le rite sacré.
Pourquoi le rite est présent dans toutes les traditions et religions ? En est –il la fondation, le point de départ ou au contraire est-il crée par elle. Je pense qu’il en est à la fois la base, l’organisation de départ et le cœur de son développement. Plus le rite est vécu plus il sacralise et participe au succès de l’idée de départ qu’il incarne. Il devient aussi une histoire commune du groupe qu’il fédère. Il a aussi malheureusement été utilisé par les sectes pour asservir les adeptes dans leur dogme.
Le rite permet la méditation, la concentration sur le spirituel, le rite symbolise une entrée dans le monde sacré.
Je suis toujours impressionné par la possibilité que nous avons, avec une formation spirituelle, d’accéder relativement facilement à un autre rite que celui que l’on pratique et de s’y retrouver dans l’approche du sacré et de la méditation. Les temples sont les lieus sacrés et les rites la musique qui accompagne le chemin. L’important est le chemin, la quête, mais le but est le même pour tous les chemins.
Toutes les populations humaines ont voulu s’élever, chercher le tenant et les aboutissants de leur vie et ont utilisé des voies différentes pour un but similaire, atteindre le divin, vaincre le mystère de l’au de là de la mort.
Le Tao dit que l’important c’est la voie.
Le dévoilement, action de dévoiler, de se dévoiler. Il implique une révélation, la mise à jour d’intentions secrètes.
Dévoiler est rapproché de découvrir, révéler, dire et expliquer, apparaître, paraître.
Le mystère se dévoile peu à peu.
Le dévoilement par le Rite laisse entendre que le rite permet d’accéder a une connaissance caché. Le rite servirai de révélateur indispensable. D’où la phrase de Bergson déjà cité plus haut : « Il n’y a pas de religion sans rites et cérémonies ».
Maintenant la question que je me pose est que révèle le rite ?
Puisse que chaque tradition, religion possèdent et transmettent des rites différents ; et que ma sagesse m’indique qu’ils cherchent et poursuivent le même Graal, les différents rites ne révèlent-ils pas la même connaissance.
Mon expérience personnel d’abord chrétienne puis maçonnique m’indique clairement que le rite dans sa pratique assidu force la connaissance de soi.
Le premier mystère est qui suis-je, avant d’où je viens et où je vais.
Le rite maçonnique utilise l’imprégnation du symbole pour révéler, dévoiler, petit à petit chacun à son rythme des connaissances nouvelles sur soi. Le rite initiatique surprend le nouvel initié, il m’a invité à reprendre un nouveau départ, à vivre une nouvelle naissance. La connaissance se fait lentement au rythme des tenues qui se succèdent et des nouvelles cérémonies revécues.
Le « je ne sais ni lire ni écrire , je ne puis qu’épeler » fait référence à la méthode syllabique, au « b a : ba » mais la méthode globale est aussi présente par la découverte du symbole. Il ne s’agit pas ici d’apprendre la lecture mais de se connaître soi-même.
Quand on parle de dévoilement on imagine bien le voile tombé et libéré la statue ou la plaque inaugurée. Le symbole est clairement utilisé par le retrait du bandeau lors de la cérémonie d’initiation donnant l’accès à la lumière au nouvel initié.
Le rituel maçonnique utilisé dans le rite est une succession de dévoilement de nouveau code permettant un regard neuf sur de nouveaux symboles à chaque passage de grade.
Les voiles tombent et les portes s’ouvrent à chaque étage sur de nouveaux horizons.
Le rite maçonnique s’appui sur la mise en scène de symboles.
Ces symboles ne se réduisent pas à la moitié visible d’un tout dont l’autre moitié demeurerait invisible. Ils impliquent le devenir visible d’un tout, ils fondent une réalité nouvelle pour l’initié qui sait ouvrir son cœur.
Le processus de dévoilement est, en particulier dans le rite écossais ancien et accepté, un processus alchimique dont les centres d’action sont plus proche du cœur que de l’intellecte.
Le dévoilement de soi est fortement aidé par le dévoilement de l’autre sous nos yeux, le principe du miroir est toujours présent en maçonnerie.
Le rite m’a incité à me dévoiler aux autres, à m’ouvrir en observant et écoutant mes frères dans le même exercice, donc à apprendre sur eux, et par effet miroir sur moi. Le travail sera d’autant plus efficace que la sincérité est présente. C’est cette sincérité qui fait la qualité de l’egrégor d’une loge.
La connaissance de soi, ses côtés blanc et noir, me paraît jamais terminé.
Pour l’atteindre il ne suffit pas de s’ouvrir et d’observer l’autre, j’ai le sentiment qu’il faut sentir quelque chose qui est présent et ne s’explique pas, développer sont inspiration intuitive, s’abandonner, oublier le rationnel tel un derviche Tourneur qui tourne sans cesse.
J’ai envie de dire transgresser la raison pour atteindre des sphères supérieurs que notre raisonnement rationnel ne voit plus.
Le rite doit favoriser le lâcher prise et ensuite la révélation, le dévoilement de richesses insoupçonnés chez celui qui le pratique.
La recherche de la vérité, de la parole perdu, rassembler ce qui est épar, ne se fera qu’en s’imprégnant du rite.
Le Maître Secretdans son rôle de Lévites gardien du temple, s’approche du saint des saints.
Il essaie de s’élever de s’approcher du divin dans la pratique du rite et la visualisation de symbole. Je pense qu’il s’agit d’un travail de recherche dans la mémoire collective de la moindre parcelle de savoir qui aurait pu se perdre.
Arriverons nous au but, à la connaissance des grands mystères ?
Chacun doit trouver la sérénité devant son destin, ceux qui prennent un chemin spirituel parviennent à ce but, et c’est déjà une belle réussite, d’être sur une voie de sagesse.
La vie est belle, pour celui qui a atteint la sagesse dans l’usage des biens de ce Monde, mais comme il serai bon de connaître les secrets de celui-ci, car finalement nous ne connaissons rien, c’est la raison pour laquelle le sage parle de « notion de vérité », la vérité elle-même étant détenu par le seul Grand Architecte de l’Univers.
Jai dit trois fois Puissant Maître.