14° #411012

La 11ème Porte

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Non communiqué

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Non communiqué
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Non communiqué

« Camina lento…no te apresures que al único lugar que tienes que llegar es a ti mismo » Ortega y Gasset

Bien longtemps après la destruction du Temple de Salomon, trois Mages voyageurs, Initiés de Babylone viennent en pèlerinage et explorèrent dans les ruines du Temple de Salomon, détruit par les armées de Nabuchodonosor. Les 2 colonnes B et J (Boaz et Jakin, mais aussi Babylone et Jérusalem), marquant l’entrée du Temple sont détruites par terre… Ils découvrirent une trappe qui fermait un puits très profond… Ils remontèrent à la surface, remirent la trappe en place en la recouvrant de décombres. Puis silencieux, plongés dans leur méditation, ils s’éloignèrent en direction de Babylone, au pas lent de leurs chameaux.

Ces trois mages ont donc effectué une descente sous la terre. Ils reviennent à la surface transmuer. Que s’est il passé ? Qu’ont-ils découvert ?

Jusqu’au 13ème Degré, la Maçonnerie nous a fait franchir des portes, dépasser des barrières, surpasser nos limites, allant jusqu’à promouvoir la transgression, étape nécessaire pour qu’il y ait une transcendance. Franchir une porte signifie donc s’élever à un nouveau niveau de conscience.

Le Grand Maître Architecte, candidat au Degré supérieur, croît posséder une vision globale, à l’image de l’Apprentie : elle veut et elle construit, le Génie parle en elle, elle a atteint l’âge de la plénitude, elle pense détenir la Connaissance, elle a les yeux fixés vers le Ciel, c’est-à-dire vers l’infini de l’Esprit.

Aussi, au 13ème degré elle voyage vers l’Orient, vers les ruines du Temple ; pourtant elle vient de Babylone pour arriver à Jérusalem. elle vient de Malkuth (le Royaume), point de chute adamique de l’homme et espère remonter le Pilier Central et entrer dans le Royaume des Cieux, atteignant ainsi Kether, la Couronne, soit le sommet le plus élevé de l’arbre de Vie mais elle va descendre dans le puits, voyager au centre de la Terre pour accéder à Kether et découvrir la Voûte sacrée. Voute sacrée.

La notion de voute elle se confond souvent avec le symbolisme de la caverne, du lieu de refuge privilégie, elle symbolise l’axe, voire le centre du monde, comme en loge bleue on a un fil à plomb qui symbolise ce même axe du monde.

Le passage de porte en porte marque la progression jusqu’à l’essentiel de l’être. Ici la notion d’Etre est à rapprocher du Moi profond, c’est la vérité intérieure en réponse à notre introspection. Nous touchons la, à l’Ego et aux conséquences que cela engendre dans les interactions entre l’homme en tant qu’individualité et les hommes en tant que collectivité.

Un Mage dépasse, deux Mages suivent. Ces deux mêmes Mages, par leur curiosité vont explorer soigneusement l’espace de la Voûte sacrée et découvrir une Onzième Porte, l’enjeu est simple : ouvrir puis franchir la Porte et accéder à un nouveau Degré de connaissance. Ils effleurent, sans s’interroger, le symbole du vase brisé figurant sur cette porte aurait du les alerter du péril.

J’ai trouvait cette signification de la brisure des vases selon la kabbale : « A cette création parfaite initiale fut ajouté un rayon en ligne droite appelé homme primordial que ne purent contenir les réceptacles de la lumière divine. De par leur position, l’une sous l’autre (concentriques) les sephiroth ne purent être capables de supporter la Lumière qui les inonda. Seules les trois premières sephiroth furent capables de la supporter ; les autres se brisèrent l’une après l’autre, libérant la lumière divine sous forme d’étincelles, de copeaux qui se répartirent dans le monde. La brisure des vases est la création d’une distance nécessaire entre le créateur et sa création pour que l’homme, éloigné de Dieu, puisse y exercer son libre arbitre et choisir le bien pleinement ».

La 11ème Porte symbolise la frontière de deux espaces appelés à entrer en communication, d’un côté le monde ordonné, connu, éclairé, lumineux, de l’autre le chaos, le désordre, le noir absolu.

Dans la progression de la Maçonne, chaque ouverture et franchissement de degré sont associés à une porte qui donne accès au monde sacré, marquant notamment le passage des Ténèbres à la Lumière lors de l’initiation. Or, l’ouverture de la 11ème Porte renvoie une situation inversée, entraînant un noir absolu, les ténèbres les plus profondes. Sommes-nous à la fin d’un cycle, la connaissance humaine se heurtant à la connaissance infinie (Ein Soph) ou absolue ?

Comment franchir la onzième porte qui va relier le fini à l’infini l’Ein Sof ?C’est ici qu’intervient la notion de transgression. Le Maître qui souhaite progresser au-delà de ses connaissances doit à un moment prendre l’initiative de franchir les limites établies. Mais il ne peut effectuer cette transgression qu’à partir de l’instant où il maîtrise son propre Etre. Quand on parle de transgression, nous nous référons à ces actes qui traversent la frontière dans les règles.

Le concept de l’infini n’a pas sa place dans une pensée finie humaine. Qu’en est-il simplement formulé des idées sur quelque chose qui est au-delà des limites de l’espace et du temps Selon la théorie de la relativité d’Albert Einstein, la lumière ne se déplace pas, parce que dans une situation de se déplacer à la vitesse de la lumière, des horloges physiques et biologiques arrêter de travailler. Par conséquent, un homme à voyager à la vitesse de la lumière cesserait de vieillir, de plus, sa masse deviendrait énergie pure. Ainsi, le sentiment de mouvement et le temps est donné dans un monde où la vitesse est inférieure à celle de la lumière, de sorte que le manque de lumière est ce qui nous amène dans le monde physique.

Par conséquent, il se pose la constante universelle « la lumière », comme une mère créatrice, d’où vient le concept de « Ein Sof Or » (lumière infinie) où il y a des événements dans le même temps, le passé, le présent et l’avenir. C’est à dire, dans la dimension spirituelle tout a était, mais dans la dimension physique tout tourne par rapport à l’absolu « La Lumière ». Par conséquent, la lumière infinie bien de la puissance infinie. Donc la seule façon que l’homme est révélateur de lumière, c’est par la connaissance et cette connaissance doit venir de l’intérieur de son humanité, car elle fait partie de son essence.

Le 13ème Degré marque une rupture. Le Divin comprime la Lumière, un vent furieux souffle sous la Voûte Sacrée, les lampes magiques s’éteignent. Cette phase finale ou ultime,chaotique, ouvre la voie à une réorganisation chez l’initié.

Le Monde ancien a disparu, Ein Sof marque la rencontre du souffle divin et de l’homme. Désormais, celui-ci est à même de repousser les limites du Divin. L’homme a perdu la Grande Lumière et comprend que le souffle est plus puissant que la Lumière. L’homme est au seuil de la Vie Eternelle, mais cette Porte n’est pas franchissable. Confrontation terrible, telle est l’enseignement de la 11ème Porte : le Chevalier affirme « je suis ce que suis », le kabbaliste explique « ce que tu fais te fait », mais l’Eternité est une barrière immuable : « je suis ce quiest ».

Le rituel de ces deux degrés nous invite à découvrir, toute seules, cette connaissance qui donnera un sens à notre vie. Vaste et profond le puits révèle son secret dans l’obscurité et c’est par son approfondissement qu’il se dévoile progressivement.

Il est la transposition de l’être parti en voyage à la découverte de son intériorité.

Dans le dictionnaire des symboles il est précisé que le voyage exprime un désir profond de changement intérieur un besoin d’expérience nouvelles.

Pour y accéder et surtout pour en sortie il faut emprunter le chemin de la verticalité, représentation symbolique d’ascension et de progrès. Cette verticalité met en évidence la liaison qui peut exister entre ce qui est en haut et ce qui en bas. Au travers de cet Axis- Mundi la liaison entre le plan matériel et le plan spirituel s’opère. Peut-on y voir un passage de l’état de conscience à l’état d’inconscience qui permet à l’esprit une approche du Divin. Cette verticalité se retrouve également dans l’arbre séfirotique donc le tronc est triple. Deux axes verticaux extérieurs colonne de rigueur et de miséricorde, relié par un axe central qui représente l’homme.

La crypte d’Enoch a été construite verticalement, celle de Salomon horizontalement. Ensemble, elles forment une croix, symbole de la conjonction des contraires. Et ensemble, par leur effort commun, les Trois Mages vont réussir à fermer la 11me Porte. Comme à l’image de l’élévation au Grade de Maître, ou la Très Vénérable Maîtresse, aidé par ses deux surveillantes, lèvent Hiram. La candidate au 13ème repart au centre de l’idée, devra re-cheminer dans l’ombre pour sortir vers le Cosmos et réintégrer ainsi l’Ordre Universel. Le maître est transformé lorsqu’il sort du puits. Il a beaucoup appris sur la connaissance de soi, sur la nécessité de la perte de l’ego qui à peine formé peut poser des problèmes s’il n’est pas maîtrisé.

Le chaos s’est estompé, nous sommes désormais en mesure de bâtir un nouveau Temple. Mais nous avons compris que les constructions humaines, aussi solides soient-elles, ne résistent pas au temps et à ses outrages. Or, si le Temple matériel est condamné à terme, il nous faut donc construire un Temple symbolique: et c’est d’ailleurs ce que nous apprenons dès notre entrée en Loge.

Que pouvons-nous en déduire ? Dans notre démarche collective il nous faut surpasser nos limites, allant jusqu’à promouvoir la transgression, étape nécessaire pour qu’il y ait une transcendance. Il est important de faire acte de Tempérance qu’est la vertu de la juste mesure, de la Forteresse, qui est la force intérieure pour faire face à l’adversité, l’Humilité de reconnaître nos propres limites, la Persévérance a nos engagements, le Courage ou la capacité à surmonter les difficultés mais surtout la Fraternité, car c’est par leur effort commun que les Trois Mages vont réussir.

C’est à la fois un travail individuel et collectif. Individuel parce que l’engagement dans la voie initiatique résulte d’une démarche personnelle qui nécessite de la volonté pour faire face à toutes les épreuves, mais elle est réalisable que s’il y transmission de la loge. C’est-à-dire du collectif qui relie chaque maillon à la chaîne de l’initiation.

Cette réflexion inachevée, incomplète, modeste et probablement brouillonne, reflète très imparfaitement mes réflexions sur ce grade que je considère très importent. Je retiens néanmoins que ce grade permet d’aborder de façon incontournable les questions liées à l’existence et à l’essence de l’être.

Notons le caractère cyclique de cette légende : venus de l’horizontale dans le silence, ils retournent dans le silence à l’horizontale, saine et sauve, plus riche mais aussi plus humble et ils repartent méditant « au pas lent de leurs chameaux ».

J’ai dit.

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