14° #411012

Le grand élu de la voûte sacrée

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A la gloire du Grand Architecte de l’Univers
Ordo ab Chao – Deus Meumque Jus
Au nom et sous la Juridiction du Suprême Conseil des Souverains
Grands Inspecteurs Généraux du 33ème et dernier degré
du Rite Ecossais Ancien et Accepté pour la France

Il y a très longtemps, lors de mon premier cours de Géométrie, le professeur a tracé, sur le tableau, une ligne verticale et a dit : « pour vous aider à comprendre ce qu’est l’infini, cherchez à imaginer ce que devient cette droite si nous pouvions la continuer sans lui donner de fin ». Mon regard a quitté la ligne tracée, puis le tableau, a glissé sur le mur, le plafond. Je me suis retourné et mon regard s’est porté sur ce qui était auparavant derrière moi, puis ce fut le sol. Soudain je fis le chemin inverse et quand je revins sur le tableau le prof me regardait. « Vous, là, votre nom ? » « Demey » « Demey allez donc vous expliquer avec Monsieur le proviseur ». J’ai donc expliqué à cet homme que je m’étais pris pour le centre et que j’avais imaginé le monde et le ciel derrière murs, plafond et sol. Ma punition fut de mettre cela sur papier…

Je ne savais pas que cette aventure m’avait permis de rencontrer deux notions qui ont influencées ma vie : exotérisme et ésotérisme. Plus tard lorsque j’ai su que sur le temple de Delphes était écrit « Que nul n’entre ici s’il n’est géomètre, mais que nul n’entre ici s’il n’est que géomètre », j’ai repensé à ce professeur.

Quelques années après j’étais persuadé que l’Univers n’était qu’énergie et que Dieu était l’Infini… Enfin, après un demi-siècle, en devenant Grand Maître Architecte, j’appris que le centre du cercle était l’esprit humain qui réfléchit sur les choses, les idées, les images, les sons et l’univers, tous ces éléments connus ou inconnus qui se trouvent sur la circonférence… Que de sentiers parcourus depuis ce tableau noir…

Aujourd’hui au quatorzième degré, on me demande « Etes-vous Grand Elu de la Voûte Sacrée ? » …A nouveau ce terme d’Elu. Auparavant, j’ai été Maître Elu des neuf, Illustre Elu des Quinze, Sublime Chevalier Elu, sans compter qu’au hasard de mes rencontres, de mes lectures ou de certains événements j’ai pu me considérer comme privilégié par une puissance supérieure : je me sentais comme le gagnant d’une élection. Depuis fort longtemps le mot « élire » veut dire choisir; en patois gallo-romain cela voulait dire trier… Salomon tirait au sort ses Elus… Dieu guidait-il ce sort ? Peut-être ! Dans nos degrés de perfection y a-t-il le désir de créer une élite, ce mot qui dérive de « élire » ? Sûrement ! Il est dit : « le Maître Secret a aussi pour devoir de rechercher les…V M qui sont dignes d’être élevés au degrés supérieurs » et dans la réception du douzième on apprend que les récipiendaires « ont été examinés, proposés puis nommés par le Suprême Conseil ». Aux égalitaires qui s’offusqueraient de ces procédés je réponds ceci « Ils vivaient dans la vertu…ne reconnaissant nul supérieur parmi eux, si ce n’est en vertu ». Je pourrais évoquer la parabole des ouvriers de la onzième heure et j’en profite pour insister sur le fait que la vertu ne doit pas s’entendre uniquement à travers le prisme déformant qu’à imposé le Christianisme et autres religions : à savoir le sens moral. Dés le haut moyen âge la vertu est une force virile qui nécessite valeur et courage.

Apprenti j’ai appris que mon devoir était de fuir le vice et de pratiquer la vertu. Et que j’étais également ami du riche et du pauvre s’ils sont vertueux. Maître Parfait j’ai renoncé aux vices et espéré acquérir la vertu et par elle, mériter d’arriver aux derniers grades de l’ordre.

Comme Secrétaire Intime je fus mis en présence des trois vertus théologales, foi, espérance et charité. J’ai compris que la justice biblique est une vertu qui consiste à rendre à chacun ce qui lui est du, mais elle est surtout la qualité qui fait qu’un pouvoir, un titre, un acte, un évènement, un objet sont conformes à ce que le droit, la coutume ou l’essence des êtres exigent. Comme maçon j’ai appris que l’union, la prudence, la modestie, la discrétion, l’équité, l’impartialité et donc aussi la justice exigeaient de la Vertu. En fait tous les actes de la vie exigent de la vertu pour devenir « Excellent Emeth » qui signifie « homme vrai, véritable », en toutes circonstances. La valeur au combat est une Vertu et la devise du Sublime Chevalier Elu « vaincre ou mourir » est une exigence. Il s’agit ici de vaincre tout ce qui, en nous, empêche l’homme vertueux d’exister. Echouer dans cette démarche c’est faire mourir le divin qu’il y a en nous. Dans ce combat notre conscience doit nous guider vers « l’initiation véritable » car nul n’est initié mais s’initie soi-même.

Conscience, méditation, et toutes les vertus nécessaires, peut-être aussi la providence, permettrons à ceux qui, secrètement, ont le cœur pur de devenir des initiés véritables, les rendant aptes à affronter de nouvelles épreuves.

La Vertu est donc une qualité qui rend propre à produire certains effets. Les GEVS sont appelés à découvrir ces effets car ce qui les a conduit sous la Voûte Sacrée c’est justement « l’amour de la Vertu ». Comme le désir d’amour rend amoureux, le désir de Vertu rendra vertueux.

La question est « Qui êtes-vous ? » Me revoilà devant le tableau noir de ma jeunesse redevenu le centre du cercle de l’Univers, du Grand Tout. J’ai fais des progrès. Je sais qu’avec l’équerre et le compas, là où l’on trouve le Maître, on peut, à partir de l’inscription de trois carrés dans un cercle, inscrire de même trois triangles équilatéraux de telle sorte que les neufs sommets permettent la construction de l’ennéagone. Cela stupéfie le géomètre profane que je suis mais réjouit le kabbaliste que j’essaie de comprendre. Des progrès encore : il n’y a plus d’esprit de vengeance en moi, j’ai fait mes études d’architecte… Enfin j’ai porté le bijou sur lequel était gravé le nom du GADLU c’est-à-dire que je suis pleinement conscient qu’une partie du GADLU est en moi. Mais cette prise de conscience je ne sais comment la décrire, Je voudrais la vivre en « communion ». Les mots ne me sont d’aucune utilité pour expliquer l’Etre que je suis devenu. Ma seule réponse « Je suis ce que je suis ».

« Etes-vous Grand Elu de la Voûte sacrée ? » Je réponds « j’ai à me perfectionner ». Je pourrais, avec humour, ajouter que j’essaye de faire cela depuis très très longtemps. Mais je dois avouer qu’avant mon entrée au REAA je n’avais pas de guide… Me perfectionner, d’accord… Jusqu’au douzième degré je m’y suis efforcé pour correspondre le plus possible au récipiendaire qui ayant « régulièrement travaillé en loge de perfection, a été nommé au grade de Grand Maître Architecte par le Suprême Conseil ». J’ai bien compris que je devais construire en moi-même un temple qui serait « le système de nos connaissances, de nos idées et de nos règles de conduite, que nous tentons de rassembler en un tout harmonieux, autant que le permet l’imperfection humaine ».

Au 14ème je découvre que cette imperfection que je combats a pour tête de chapitre « amour de la vertu ». J’ai d’ailleurs « contacté une alliance avec la vertu et les hommes vertueux » …je crois qu’il s’agit du même type d’alliance que Dieu avec son peuple…

J’ai aussi apporté « mon zèle à servir la F M et mon désir de parvenir à la perfection ». A ce stade de ma réflexion le puzzle s’organise : il doit donc s’agir, ici, d’une autre sorte de perfectionnement. Après tout Hiram est mort et somptueusement enterré. Ses assassins ont été punis. Hiram restera un modèle pour toujours et pour tous les F M. Mais la F M continue à vivre et les GEVS voyageant par toute la terre ont le but de faire connaître la Vérité et d’enseigner la pure morale de la F M. Morale dont on a une idée car dés après avoir quitté la V S le F M est animé « d’un ardent désir de pratiquer la Vertu » et « ne laisse dans son cœur aucun accès à l’iniquité, la vengeance ou l’injustice… » Morale peut-être inspirée de la Kabbale, Rabi Yehouda dit : « l’homme qui vit en Terre Sainte attire l’Esprit Saint, et celui qui habite en terre étrangère attire l’esprit étranger ». Kabbale, par l’EnSoph, la lumière principielle de l’infini qui, descendant dans le monde de la manifestation, fait surgir dix sephirot positionnés le long des trois piliers de l’arbre de vie. Ces trois piliers sont Grâce, Miséricorde et Rigueur. Dans cet arbre sephirotique l’une des émanations-médiations est Tiphereth c’est-à-dire la beauté. Or « Salomon et Hiram roi de Tyr » …mirent le précieux trésor des F M, le triangle d’or trouvé dans la neuvième voûte, en sûreté dans la crypte secrète creusée par Salomon sous le Saint des Saint du Temple. Le centre de cette voûte était supporté par une colonne appelée « Tiphereth ».

Chacun se souvient que tout ce qui est souterrain, grotte, caverne, crypte, est symbole d’une éventuelle initiation, à tout le moins d’une énigme à résoudre. Ici nous savons que sous cette voûte secrète se trouvait « le plus précieux trésor des maçons », une pierre d’agate sur laquelle « était enchâssé un triangle d’or sur lequel on lisait le mot ADONAI », nom utilisé pour désigner la Conception Suprême. Mais au dos de la pierre se trouvait la vraie Conception Suprême ; en effet, y étaient gravés les lettres Iod, Hé, Vav, Hé qui forment le mot ineffable que Dieu, lui-même a interdit de prononcer. Ce précieux trésor était placé, prés de la colonne beauté, laquelle supportait le Saint des Saints en son centre, L’axe de la colonne beauté passait donc par le centre de l’Arche d’Alliance et du Saint des Saints. Dans ce dernier lieu se manifestait la Shekina, c’est-à-dire la présence divine, c’était là aussi que le grand prêtre pouvait prononcer le nom de Dieu… Telle était l’énigme à résoudre… Etait, car, Salomon se détournant de Dieu, vint Nabuchodonosor qui, devenant le bras justicier de Dieu, détruisit tout ce qu’avait construit Salomon. Heureusement des GEVS retrouvèrent dans les ruines du temple le précieux trésor et décidèrent d’effacer, de la lame d’or, le nom ineffable en le martelant. Ils déposèrent ce trésor dans l’Arche d’Alliance et enterrèrent cette dernière dans un puits de 3 fois 9 soit 27pieds. Depuis ces temps le nom de Dieu se transmet oralement en épelant. « Je ne sais qu’épeler » dit l’apprenti… Ce sont ces mêmes GEVS qui se dispersèrent parmi les nations pour enseigner la vérité de l’Art Royal. En fait ce sont eux qui créèrent la F M.

La Kabbale dit « il n’y avait alors aucune chose, hormis le Nom de l’Ancien des jours et sa Sagesse. Or la terre était tohou, et le Feu sacré couvrait tehom. Le Trône de feu planait à la surface des eaux par la force du souffle divin. Le Dieu Vivant façonna le monde par dix paroles. Il dit : que la lumière surgisse du Feu sacré ». Chacun des 10 façonnages est précédé des deux mots « Il dit ». Je ne pense pas qu’il soit nécessaire de rappeler le prologue de Jean…

Dire si ce n’est pas créer c’est façonner. Et l’homme est incapable de façonner la Conception Suprême. Alors il façonne le fils de Dieu ou fait des images de Dieu. C’est bien pratique pour parler à Dieu. Ainsi j’ai connu un moine qui était cuisinier. Il avouait devant la caméra, qu’il faisait tout en parlant à Jésus : mon travail est-il bien fait ? Et ma prière ? Jésus était-il satisfait ? Thérèse de Lisieux souhaitait une mort rapide car elle voulait être, très vite, prés de son époux. L’Islam interdit toute représentation de son Dieu car celui-ci ne demande que obéissance et prière… Toutes ces pratiques sont parfaites pour éviter de visiter les psychiatres mais restent stériles pour parvenir à la connaissance du GADLU. Dans la Kabbale, à aucun moment on parle de création à partir du néant. Le Dieu Vivant façonne le tohou et le tehom. Cela correspond à notre « Ordo ad chao ». « L’ordre à partir du Chaos ». C’est un concept qui est relativement facile à comprendre. Si l’on a saisi que tout ce qui était en haut était comme ce qui était en bas, on admet facilement que pour construire le Temple en nous, il nous faut faire comme le GADLU c’est-à-dire façonner notre matière. Mais pour nous il ne suffit pas de dire pour nous transformer. Il faut travailler dur, persévérer, espérer et entreprendre… « J’ai à me perfectionner ».

Mais pour ce qui est de l’inaccessible derrière la onzième porte, l’Ein Sof, l’infini, malgré mon désir de trouver je pense qu’il me faut humblement revenir à la trinité des trois grands coups de l’apprenti : « demander, chercher, frapper ». Car pour me perfectionner il me faut savoir dans quelles directions me diriger… D’autant que j’ai eu l’effronterie d’annoncer que je cherchais « l’Ultime Perfection » c’est-à-dire la « Sublime et Dernière Perfection ». On m’a averti que pour l’atteindre cela dépendait du GADLU. C’est vrai je peux mourir mais surtout, en suis-je capable ?

Je cherche parmi ce qui s’offre à moi dans l’Atelier de la « Voûte Sacrée » et je suis frappé par le Triangle archi-lumineux avec le Tétagrammme Sacré. Cela suggère que ce que recherche le F M : Lumière, Vérité et Parole Perdue sont la même chose : l’Un en Trinité. Les ruines rappellent que le Temple est détruit mais les présences d’Hiram, roi de Tyr et de Galaad, l’égal d’Hiram Abi, de chaque coté du TFPGM affirment que la trinité continue comme à l’époque où Salomon respectait Dieu. C’est d’ailleurs en s’inspirant de ce qui se passait au temple de Salomon que la cérémonie de réception au 14ème se déroule. On y retrouve l’Autel des Sacrifices, la Mer d’Airain et la Table des Propitiations, terme qui correspond à une promesse avec le pain, aliment vital, le vin, symbole de l’ivresse spirituelle, et cet anneau d’or représentation d’une nouvelle alliance avec la Vertu et les hommes vertueux et si les mots ont un sens, cette alliance semble bien « le terme et la plénitude de la Perfection ».

Il me faut dire un mot sur les nombres qui participent à l’ouverture et la fermeture des travaux ainsi qu’aux batteries. D’évidence chiffres et nombres nous offrent des surprises. Prenons par exemple les 6 nombres représentés sur la face cubique de la Royale Arche. Ces 6 nombres sont les résultats de 3,5,7,9,11 et 13 à la puissance 3. Quand on additionne ces 6 nombres on obtient 4752 qui en numérologie donne 9 : cube de 3, la Trinité. Je me suis amusé à élever au cube les chiffres et nombres de 1 à 22. A chaque fois j’ai ajouté au cube la somme de l’addition de l’exercice précédent. En appliquant la règle basique de la numérologie le résultat est une répétition continue de 1-9-9-1-9-9, etc… C’est-à-dire que l’unité est systématiquement suivie de deux fois 3 élevé au cube. Cela donne constamment 1 + 9 + 9 = 10 = 1. Voici, sur le plan mathématique, partiellement démontré que « La Trinité ; ou que les Trois réunis ne font qu’un ».

Si on se penche sur les nombres mystérieux des GEVS 3,5,7,9 nous avons un total de 24 dont on devine l’importance dans la vie des hommes. Mais 24 c’est 6 soit, d’après le sens ontologique de la Kabbale, une « conjonction ». La conjonction des quatre nombres mystérieux est, toujours d’après la Kabbale, conjonction de : – Mouvement – Souffle dans le sens de Vie – Semence – et Perfection de quelque chose de féminin. Je ne sais si cette chose est Vertu, Vie, Création…

Au 14ème à l’ouverture des travaux : « nous sommes entre le point du jour et le lever du soleil » donc vraisemblablement quand la planète Vénus apparaît ; à moins qu’il ne s’agisse de Lucifer « le porteur de lumière », semblable à Prométhée celui qui a donné le feu aux hommes. Mais dans la mesure où le temple de Salomon est détruit certains pensent qu’il peut s’agir du roi de Babylone car Isaïe dit « Comment es-tu tombé du ciel, étoile du matin, fils de l’aurore ? » J’imagine mal cette dernière hypothèse. A la fermeture des travaux « les trois étoiles ont paru ». Il s’agit des étoiles de la constellation d’Orion et particulièrement de son baudrier. C’est évident les anciens ne s’abêtissaient pas, le soir, devant la télévision. Ils contemplaient la voûte céleste… Contrairement à ce qu’on peut parfois encore lire de nos jours, les trois étoiles du Baudrier d’Orion ne sont pas alignées. L’étoile du milieu est légèrement décalée, à droite, de l’axe de la première à la troisième. Mais le plus surprenant, sur le plan mathématique ou géométrique est que la disposition des trois étoiles Mintaka, Alnilam et Alnitak se retrouve dans le positionnement, presque identique, des pyramides Khéops, Khépfren et Mykérinos. Il y aurait même, en Angleterre, une semblable disposition des trois étoiles dans un « henge », c’est-à-dire, trois talus circulaires à Thornborough. Si tel était le cas il faudrait en conclure que, il y a fort longtemps, des inités, mages et savants ont parcourus la terre en enseignant leurs connaissances comme il est dit « les Grands Elus…se dispersèrent parmi les nations…afin de leur enseigner la vérité de l’Art Royal ».

J’ai dit T F P G M, Illustre Frère et vous tous GEVS.

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