18°
#415012
L’Initiation Chevaleresque du 4ème au 18ème Degré
J∴ P∴ V∴
A LA GLOIRE DU GRAND
ARCHITECTE DE L’UNIVERS
«Ordo Ab Chao»«Deus Meumque Jus”
Au nom et sous la juridiction du
Suprême Conseil
Des Souverains Grands Inspecteurs Généraux
Du 33ème et dernier degré du Rite Ecossais Ancien et Accepté pour la France
Très Sage Athirsata et vous tous, mes Frères Chevaliers
«Ordo Ab Chao»«Deus Meumque Jus”
Au nom et sous la juridiction du
Suprême Conseil
Des Souverains Grands Inspecteurs Généraux
Du 33ème et dernier degré du Rite Ecossais Ancien et Accepté pour la France
Très Sage Athirsata et vous tous, mes Frères Chevaliers
Après avoir défini les termes et donné quelques généralités en introduction, je vais vous parler des grades dits Chevaleresques, puis je vais essayer de déterminer si l’Initiation est Chevaleresque, et s’il y a de la Chevalerie dans l’Initiation. En conclusion, je vous donnerai quelques réflexions personnelles.
La Chevalerie, Traditionnelle et séculaire est une institution militaire de caractère religieux dont les membres devaient faire preuve de qualités telles que la bravoure, la fidélité, la piété, la protection des faibles et la courtoisie envers les dames. Pour être admis, il fallait être adoubé par un parrain. L’adjectif chevaleresque a évincé le mot chevalereux, réservé au seul combat.
L’Initiation est le fait d’admettre un profane, qui possède l’âge et les qualités requises aux mystères d’une société avec un rituel et une cérémonie en lui révélant des secrets, des connaissances et des pratiques particulières. Ce n’est pas un fin, comme dans les sociétés primitives, mais un commencement.
La création des grades dits «Chevaleresques» et le titre de «Chevalier» donné aux porteurs de ces grades est un des aspects les plus curieux de l’évolution de la Maçonnerie enFrance au XVIIIème siècle. Les grades de Chevalier se sont multipliés. Le discours de Ramsay (1738) qui faisait descendre les Maçons des Croisades et des Chevaliers de Saint Jean de Jérusalem lui a donné «Force et Vigueur». Le développement des Grades Chevaleresques est aussi lié à l’anoblissement fictif attribué au Maçon, même roturier, qui entrait en Loge.
Le 11ème ou Sublime Chevalier Elu des quinze
C’est la première fois qu’on voit apparaître le mot Chevalier; au moyen-âge, il était adoubé par son suzerain , après avoir démontré ses qualités de courage et de vertu. Or c’est exactement ce que fit Salomon à l’égard des 12 Maîtres élus, qui furent récompensés pour leur maîtrise de soi et leur lutte du bien contre le mal: c’est un bel exemple pour les Maçons que nous sommes.
Je suis symboliquement un Chevalier élu, car mes maîtres ont jugé que j’avais lutté contre mon ego, contre mes imperfections et que j’étais digne de ce titre qui prouveque j’ai surmonté les épreuves, et vaincu mes passions. Sortant de ces dernières, je suis un homme nouveau, un excellent Emeth, un homme de vérité, un homme vrai, un homme d’Etre plus que de paraître…
En me remettant l’épée de justice, mes maîtres ont jugé que j’étais apte à faire régner la justice autour de moi. Cela me permet de continuer mon chemin dans la construction de mon Temple intérieur, et faire tout mon possible pour me montrer digne de mon statut de Chevalier.
Le 13ème ou Chevalier de Royal Arche
C’est celui qui sert le «roi» sage, comme les chevaliers de la Table Ronde servent le roi Arthur et comme Parsifal sert le roi Amfortas. Les Chevaliers doivent se comporter avec un profond respect de tout homme de quelque race ou religion qu’il soit. Lorsqu’ils sont initiés, ils descendent par l’orifice d’un puits dans un sanctuaire important: la Chambre du Milieu ou le centre: cette chambre est décrite pour la première fois dans le rituel!
Le 15ème ou Chevalier d’Orient et d’Epée
L’épée que manie le Maçon de la main droite fait oublier la truelle qu’il tient de la main gauche: la truelle pour construire, pour entreprendre, pour bâtir et l’épée reliée au divin, et symbole de combat et d’ordre,pour se défendre. Il est à remarquer que les trois mages du facteur Cheval, dans son Palais Idéal d’Hauterives ont les mains jointes paumes vers l’extérieur, vers celui qui regarde, la droite étant levée, la gauche vers le sol. C’est une action chevaleresque, action de combat au service d’un idéal qui dépasse l’ego et prend une signification universelle. L’action, comme ici en d’autres circonstances est un palier sur le chemin de la réalisation, mais elle est encore marquée par la virtualité d’identification à Zorobadel. La notion d’0rdre implique l’action, le combat, donc la Chevalerie.
Le 17ème ou Chevalier d’Orient et d’Occident
Essentiellement gnostique. Il évoque l’époque de la naissance d’une institution qui inspire l’Ordre Ecossais: la Chevalerie, née au milieu de l’anarchie et de la tyrannie du régime féodal, elle a affermi le monde moral.
Le 18ème ou Chevalier Rose Croix
Un des grades les plus importants, apparu en 1761. on en revient à cette notion d’originechrétienne –en Maçonnerie, comme dans l’Eglise- d’humilité, qui contraste avec celle à priori contradictoire de puissance. Comment un Rose-Croix, peut-il être à la fois «Souverain Prince» et «Très Humble Chevalier»?
C’est ainsi que le Chevalier doit s’agenouiller pour recevoir l’adoubement, mais devant qui? L’humilité, ici, est une vertu plus sentimentale que rationnelle, qui se confond avec l’obéissance. Mais ce n’est plus l’obéissance à une discipline professionnelle, à des techniques, à une rigueur toute géométrique, c’est l’obéissance à des hommes pour des fins qui demeurent mystérieuses.
S’il parvient vraiment à l’humilité parfaite, le Chevalier comprendra que le sacrifice vaut en soi et par soi, et que les causes pour lesquelles il a combattu, n’ont de sens que parce qu’elles l’auront révélé à lui-même. Il mesurera à la fois sa grandeur et son néant, et sera sur la voie de l’illumination.
L’écoute de l’autre, la conduite réglée par une disposition sans faille, dispensateur de charité, il est sans cesse en perfectionnement de sa personne chevaleresque. Moment rare de prise de densité, de maîtrise, réalisation d’un être qui a vraiment acquis la «liberté de passer».
Nous allons voir que l’initiation du 4ème au 18ème devient chevaleresque, même si ce terme n’est pas prononcé explicitement dans les rituels.
Les historiens de la Franc Maçonnerie rencontrent souvent dans les rituels écossais des références à la Chevalerie, visibles notamment par des mots, des gestes et des symboles communs aux deux grandes fraternités.
Les Francs-Maçons qui portaient tous une épée en Loge ne pouvaient que se trouver un lointain lignage avec les Templiers entrés dans la légende autant par leurs Connaissances et leur bravoure, que par le sort cruel qui leurs a été réservé. Ces moines soldats anéantis par Philippe le Bel suscitèrent l’engouement ésotérique.
D’ailleurs, si l’Initiation est chevaleresque, il y a un troisième terme sous-jacent: l’Ordre, car l’initiation chevaleresque ordonne l’initié, et le Chevalier appartient à un ordre, qui est le REAA.
En effet, à partir de la source symbolique de la Franc-Maçonnerie opérative de traditionjudéo-chrétienne, il a intégré différents courants ésotériques, notamment la tradition hermétique et alchimique, dans un climat d’inspiration chevaleresque, dont le maître mot est travail…Il a une préoccupation purement maçonnique, qui doit nous guider dans nos interprétations, nos recherches et notre réflexion, en évitant les réflexes confessionnels.A chaque nouveau degré, l’impétrant est recréé, c’est à dire qu’il a une nouvelle naissance ou renaissance à un niveau supérieur de la hiérarchie de l’Ordre et il est consacré, c’est à dire voué à…
La notion d’Ordre l’Ecossais, et son corollaire, celle de chevaleresque, s’acquiert progressivementlors du franchissement des étapes progressives de notre parcours Initiatique. Au 4ème degré, on fait allégeance au Suprême Conseil, Ordre et Devoir se conjuguent ensemble, Devoir de rechercher la Connaissance (gnose, alchimie, hermétisme théosophie …et philosophie).
Il y a ensuite les degrés dit de vengeance avec apparition de l’Emerek, puis les degrés de chevalerie inférieurs, inférieurs, car à ce niveau le Chevalier n’appartient pas encore au Saint Empire, car, il ne possède pasles vertus théologales. Mais l’initié va commencer son combat chevaleresque (pont de Gandara, exil…) au 15ème, il participe à la construction du Temple, et l’apothéose, c’est après l’apocalypse du 17ème , l’adoubement en Chevalerie spirituelle du 18ème qui fait de lui un Chevalier admis à part entière dans le Saint Empire.
Depuis le 11ème, le Chevalier par ses démarches aperçoit la lumière, plus précisément, il a l’intuition que la Lumière se trouve dans son être spirituel, il l’a en lui. En poursuivant sa quête, il découvre le Nom, il médite et doit poursuivre son enseignement, car il est responsable de sa recherche et de sa propre réalisation spirituelle.
Le Chevalier Rose-Croix a reçu la parole I.N.R.I., la Foi l’anime, la Charité l’unit à tout et l’Espérance le guide, et il a toujours les mêmes adversaires: l’ignorance, le fanatisme et l’ambition.
L’Initié est invité par là même à s’identifier à un Temple vivant et créateur ainsi qu’à apprendre à travailler la truelle d’une main et l’épée de l’autre, comme il est dit au 15ème Degré.
Il ne doit surtout pas oublier que notre pire ennemi, le plus dangereux, est bien souvent en nous-même. Et c’est cette première victoire, celle-là même du chevalier de jadis, que nous nous devons de remporter. Et le combat durera tout au long de notre cheminement initiatique. En effet dans les divers degré de la Maçonnerie écossaise, les vertus, les usages et les rites de l’ancienne Chevalerie sont encore vivants. Le futur Chevalier devait être, aussi un homme libre: on entrait librement en Chevalerie, comme on entre librement en Franc-Maçonnerie, et on est libre de vous accepter ou de vous refuser. Le premier geste du Chevalier Rose-Croix sera de donner à manger à ceux qui ont faim et de donner à boire à ceux qui ont soif. Geste élémentaire de charité Il agit comme le chevalier, pour le bien de ses Frères de l’humanité.
Pour terminer, rappelons le Chevalier avait d’autres attributs, que l’épée, éminemment symboliques, dont la lance au service de la vérité, le heaumequi rappelle que la tête est la citadelle de l’âme, «dans l’attente d’une glorieuse couronne, récompense de notre vertu» …le Franc-Maçon, lui aussi sera couronné de laurier et d’olivier!parce qu’il a persévéré dans les sentiers de la Vertu. D’ailleurs ce heaume a été remplacé pour tous les Maîtres par un chapeau qui a exactement la même signification, il est le protecteur de son âme, il lui permet de remplacer toute son énergie à l’éveil des forces psychiques que réalise la mise en œuvre du rituel. Il y avait aussi le haubert qui protégeait le corps «comme une forteresse inaccessibles aux vices», symbolisé en Maçonnerie par le tablier protecteur par excellence, frontière infranchissable qui sépare le champ profane du domaine sacré, il en est le témoin et le garant. Il n’est pas jusqu’aux gants qui ne soient assimilables aux gantelets du chevalier, ils étaient alors symbole de science et de discernement. Il n’est pas interdit d’en transposer le symbolisme aux gants du Franc-Maçon, traditionnellement représentatifs de la pureté de ses mains comme de sa conscience ;.
On peut ajouter le symbolisme commun des animaux mythiques: pélican ou aigle, l’on voit à quel point tout un pan initiatique de la Chevalerie est passée dans la Franc-Maçonnerie et l’a inspirée. Ce n’est donc pas par un hasard, si on les retrouve dans les hauts grades, où ils jouent un rôle de transmetteur.
La filiation chevaleresque en Franc-Maçonnerie est là pour démontrer qu’il ne saurait y avoir, chez elle d’intrusion des méthodes et des conceptions qui régissent le monde profane.
Ainsi les Francs-Maçons sont vraiment, authentiquement des Chevaliers, mais des Chevaliers de l’Esprit.
Reposant sur des Chevaliers vivants en ce monde, et de ce monde, la Franc-Maçonnerie du Rite Ecossais Ancien et Accepté est ainsi une Chevalerie céleste. Alors peut refleurir le bâton, alors reverdit le bâton de pèlerin que tient en sa main pour l’aider dans ses pérégrinations à travers le monde celui qui a su devenir un vrai Chevalier, à l’ombre de la Rose et de la Croix.
Il y a tellement de similitudes entre la Maçonnerie et la Chevalerie… voilà pourquoi, je pense que l’initiation, n’est pas seulement chevaleresque du 4ème au 18ème degré, mais elle l’est déjà pour l’Apprenti, qui est un chevalier en puissance. Il a du passer par le cabinet de réflexion, qui peut être comparé à une veillée il a été adoubé avec une épée, la colée a été remplacé par l’embrassade. et tout permet de penser qu’il en est de même dans les degrés après le XVIIIème , car on est chevalier toute sa vie.
J’ai dit Très Sage.