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#415012
Comment un Franc Maçon distingue-t-il l’espérance de la volonté ?
P∴ A∴
TSA
Ma démarche maçonnique a débuté le 31 octobre 1995 et à compter de ce jour, j’ai mis mes pas sur un nouveau chemin, celui de l’espérance.
Quel espoir avais-je mis dans cette aventure ?
Quelle volonté m’animait alors pour oser emprunter un chemin que mon éducation judéo-chrétienne m’incitait à éviter ?
En relisant mes impressions d’initiation, je m’aperçois aujourd’hui que la route est toujours aussi longue, mais que mon désir de progresser est toujours aussi intense.
J’avais avoué, ce soir là, « avoir vécu mon initiation comme une prise de conscience d’un autre moi-même que je cherchaisdécouvrir depuis quelques temps…que j’avais vécu ces instants comme ceux vécu lors de la naissance de mon fils, instant d’intense émotion, partagé par le bonheur de donner la vie, plein d’espoir dans cette vie, mais aussi plein de doutes sur ma capacité à être à la hauteur de cet espoir »
2 années ont passé et mon initiation continue encore et encore. Et je voudrais profiter de cette planche pour revivre, pour mieux comprendre mais aussi pour continuer à espérer en cette voie qui m’a tant apporté.
Avant toutefois, je voudrais replacer l’Espérance et la Volonté dans le contexte rituélique.
Quels sens le REAA donne-t-il à ces deux mots ?
Dans la doctrine de l’Église catholique, l’espérance est la vertu théologale ou le sentiment qui fait entrevoir comme probable, plausible voire certaine la réalisation de ce que l’on souhaite ou désire. Elle se distingue de l’espoir, qui porte sur des objets concrets.
Au REAAl’espérance n’est pas dogmatique. L’enseignement que nous y trouvons ne formule jamais aucun dogme, il se limite à éveiller les pensées profondes de chaque maçon, quelque soit leur conception innée, pour leur perfectionnement personnel.
Pour Jean Mourguesla Volonté : « C’est la capacité pour nous d ‘agir et de penser sans autre nécessité que celle qui naît de nous. Certes elle peut résulter d’une influence et suivre l’apparition d’un désir ou d’une obligation, mais nous faisons nôtre le passage à l’acte »
Être acteur, voilà ce que nous propose le REAA dans la symbolique de la loge de perfection. Une connaissance aussi belle ou aussi pauvre qu’elle soit, si elle reste figée au fond d’un mental, meurt devant les portes de la vie.La connaissance a besoin d’être partagé.
Pour cela je vous propose de « revivre » ma progression maçonnique avec mes yeux de « Grand élu, parfait et Sublime Maçon, car tel est mon grade aujourd’hui.
Le thème du premier degré est « l’Initiation » à une vie nouvelle.
Il s’agit en fait de créer un être nouveau, par sa seule volonté et son esprit. Pour cela il est plongé dans le cabinet de réflexion, puis débarrassé de ces métaux, il y apprend qu’il faut mourir à la vie profane pour renaître à cette vie nouvelle et ramené son être à sa seule valeur intrinsèque.
On luiapprend alors son premier devoir « Travailler sur soi même et se taire, Ecouter, observer et méditer »
Et la commence le doute et l’espérance. Le rituel frappe l’apprenti par ses exigences, lui impose le devoir de travailler, lui ordonne le silence et le contraint à l’observation et la méditation. Lavolonté du profane est ainsi testé, l’obligeant à accepter de compromettre sa liberté dans le seul souci de sa progression. Mais il ne lesait pas encore. Il n’est qu’une pierre brute qui a du mal à trouver sa place dans l’architecture du temple. Et son espoir vacille car faite d’incertitude et d’incompréhension.
Le deuxième degré a pour thème la vie. C’est celui de la connaissance de soi même, d’un début de sagesse
« C’est l’appel à l’étude des arts libérauxsur les plans matériels et intellectuels »
Ilapprend au Compagnon à persévérer dans le travail, à dominer ses passions. Le travail sur la pierre cubique à pointe est déjà plus précis, et demande plus de connaissance sur l’art et la manière d’utiliser les outils symboliques qui sont mis à sa disposition.
Il entrevoit la connaissance, guidée en cela par l’Etoile flamboyante, symbole de l’esprit et de la volonté . Il est sur le chemin de son deuxième devoir : Savoir
Mais il ne peut que contempler l’œuvre de perfection des Maîtres, le temple de Salomon, dont la construction se rattache à la Tradition d’une antique Sagesse.
Son espérance grandit car il entrevoit une lumière sur son chemin, et sa volonté s’en trouve renforcée.
Le troisième degré nous retrace la légende de Maître Hiram. Sur le thème de la mort, la maîtrise nous enseigne comment surmonter notre personnalité, repousser les limites que la mort nous assigne pour en faire l’antichambre de la vie.
Au travers de la légende, le maçon découvre que le principe du bien, d’abord combattu par notre orgueil, survit pour se développer à travers les ages.
Au-delà du deuil d’Hiram, le Maître maçon retrouve l’espérance originale par une maîtrise de soi. Se rendre maître de soi correspond au programme de toute une vie. Mais cette maîtrise se travaille, se perfectionne. Même si l’initiation nous a ouvert une porte, la maîtrise nous contraint à la progression de nous-mêmes mais aussi des autres. Car le maître maçon a la charge d’éclairer les apprentis et les compagnons dans leur progression.
La maîtrise n’est pas un aboutissement mais bien une nouvelle démarche qui requiert beaucoup de volonté pour être et apprendre à être.
Les trois degrés de la loge bleue nous donnent une première approche de la Volontéet de l’espérance.
L’espérance est dans le coeur du profane lorsqu’il franchit la porte basse du temple. Il vient de vivre un moment fort, seul dans le cabinet de réflexion face à lui-même. Mais il ne sait rien de ce qu’il attend.
Sa volonté n’est pas encore exacerbé, car il va être porté par le rituel, plongé qu’il sera dans le doute et la peur, mais aussi par l’espoir de la chaleur des frères qui le soutiennent tout au long du rituel d’initiation. Elle se développera tout au long de sa progression en loge bleue, car portés par ces frères, il devra travailler dur pour atteindre cette espérance que représente pour lui la maîtrise. Il devra faire preuve d’une ferme volonté , sans toutefois bien comprendre ou cela va le mener.
La maîtrise lui donnant ce que le catéchisme explique comme étant le but de ce garde
«combattre les erreurs et les préjugés qui s’opposent au développement de l’esprit humain et de briser le joug de l’ignorance en faisant régner la Vérité »
En loge de perfection commence une nouvelle aventure maçonnique : « la recherche de la Connaissance »
La loge de Perfection étant festinée à la formation du maître maçon, elle confère 11 degré succéssifs numérotés de 4 à 14 et groupés en trois classes.
A chaque classe, je ferais une synthése
2eme Classe –4 eme degré « Le Maître secret »
Le maître secret doit s’efforcer de mettre en action tous les moyens dont il dispose pour acquérir la Connaissance, et par le premier d’entre eux qui est la connaissance de soi, déjà aborder au deuxième degré symbolique de notre rite.
Il ne s’agit plus d’écouter mais de décider par soi même de ces opinions et de ces actions.
Le saint des saints est en nous : c’est la lumière que nous portons.
Ce 4eme degré réactualise la recherche passée mais développe surtout la conscience du changement de plan dans lequel nous plonge notre progression au sein de la loge de perfection. Maintenant le vertical s’offrenous, si tant est que nous en comprenions bien l’orientation qui nous est proposée.
Le devoir de maître secret est donc grand. La recherche de la Parole Perdue revêt une portée philosophiqueet métaphysique et demandeun grand courage et une volonté inébranlable pour assimiler le capital culturel que représente le rituel et les symboles qui permettent d’avancer sur le chemin de la connaissance.
Le franc-maçon qui progresse vers son Etre découvre en son compagnon quelqu’un avec qui partager l’Amour de la vie. Alors une autre vie peut commencer…..
5 eme degré « Le Maître parfait » :
En revivant les funérailles solennelles rendus à Hiram, le Maître Parfait va apprendre au cours de ces cinq voyages, la nécessité de vivre selon la loi divine.
Après le 4eme degré qui développe le changement de plan, le 5 eme degré entreprend de façon sérieuse la pratique la pratique de l’axe central. Et cela commence par une remise en cause de son propre état, force est de constater le désordre dans lequel il se trouve habituellement.
Prendre conscience que l’axe intérieur amène une grande paix mais qu’il ne s’agit pas d’une illusion face à la réalité, bien au contraire il s’agit d’une prise de conscience élargie sur un monde réel, régit par les lois cosmiques.
Cette réalisation ne peut se faire dans sa dimension initiatique que si l’amour préside à ce travail.
Toutchemininitiatique est un chemin d’amour, l’oublier c’est travailler son seul ego, et non pas servir l’Etre éternel.
Ce 5eme degré se trouve être la charnière entre la vie matérielle et la vie spirituelle, entre la pierre cubique et les trois cercles du ciel.
Il est temps de mettre toute l’énergie que réclame la volonté d’aboutir à une meilleure connaissance de soi.
6eme degré « Le secrétaire Intime
A ce sixième degré, le Franc-maçon a beaucoup travaillé sur lui-même. Il a taillé sa pierre avec la joie ardente de revenir chez lui, découvrir l’essencede sa vie.
Il a aussi changé, cela lui a pris du temps, ses dispositions d’esprit. Il a compris qu’il pouvait aider sans condamner et sans juger. Il a ordonné sa pensée, ses émotions et son corps.
Mais ce n’est pas s ans mal qu’il tente d’harmoniser l’affirmation de soi et l’affection pour son prochain.
Il est plein d’espérance dans cette fraternité….
Mais combien est grande sa déception de voir que son travail ne porte pas ces fruits. L’éveil de son être ne s’accomplit pas vraiment et il se sent toujours réduit à l’état de pion prisonnier d’un monde inintelligible
Qu’en est-il de l’espérance naît lors de son initiation ?
Aura-t-il la volonté de surmonter cette nouvelle épreuve ?
C’est l’affrontement entre son Etre intérieur, fait de sagesse et son Etre extérieur, fait de pragmatisme. Et le serviteur zélé que nous sommes se voit plonger dans un profond désarroi de ne pouvoir intervenir et être réduit à observer l’affrontement.
Le désert que traverse le franc maçon nous rappelle combien le devoir est difficile, l’éspérance éphémère et la volonté fragile.
La je mesure le sens du sacrifice à faire pour trouver la lumière. La découverte de l’énergie de l’Etre intérieur est une réalité, mais l’effort que l’on est prêt à faireest-il à la hauteur, sinola vision que l’on aura de l’Etre intérieure restera matérialiste, fragmentée …..
La vie initiatique spirituelle commence avec ce sixième degré qui mériterait d’être longuement vécu pour accomplir la métamorphose de la traversée du désert et le la réconciliation de l’idéal avec l’expérience.
7 eme degré « Prévôt et Juge » :
La franc-maçonnerie, nous montre, avec ce grade, un secret tout simple sur le chemin de l’initiation. Observer, mais pas n’importe comment, pas n’importe quoi. Il existe à l’intérieur de chacun de notre corps une vigilance, capable de franchir la barrière de l’égo capable de rejoindre un espace de liberté, capable de rompre avec le monde « subjectif » dans lequel nous vivons.
En découvrant ce grade, je découvre un nouvel espoir, celui de me surpasser. Mais il me rappelle aussi qu’il me faudra du courage, de la détermination, du travail. Il me faudra être capable d’écouter les sources de malentendus pour me permettre le passage du monde extérieur au monde intérieur et vice versa.
Celui qui observe et sait voir devient responsable de ce qu’il observe
Un Prévôt est un homme qui observe des réalités qui s’imposent à lui, réalités extérieures au monde du visible.
Sa sensibilité fait de lui un homme d’une très grande profondeur, capable d’appréhender toutes les peurs.
Sa volonté doit être grande, pour passer de l’Ego à l’Etre et que son Etre prenne la tête du domaine de sa vie.
8eme degré « Intendant des bâtiments » :
Comment savoir ou est la vérité ?
Comment savoir si nous sommes justes et vrais ?
A l’évidence, la vérité et la justice servent l’absolu et c’est probablement dans cet esprit que l’univers a été crée : tout ce qui naît répond à une loi, à une finalité, à un ordre.
Pour cela, l’Intendant des bâtiments va s’occuper à découvrir sa construction secrète pour pouvoir l’administrer en toute responsabilité.
Nous habitons un corps, une maison, un temple et nous devons l’entretenir au mieux des intérêts de son propriétaire.
Le rituel de ce grade nous indique qu’il y a 5 intendants, un par ordre d’architecture. Cela veut dire donc que nous n’avons pas qu’un temple en nous mais plusieurs, cinq en fait.
Ces cinq là représentent notre diversité et la connaissance de la Vérité ne peut être obtenue sans un effort « volontaire » d’unir ce qui est épars, sans une « persévérance » personnelle et un esprit très aiguisé.
La Vérité est une compréhension qui part de soi même et se développe de proche en proche, à des niveaux différents, d’un plan à un autre, suivants des lois identiques. Développer cet Être intérieur qui est à la fois conscience de la terre et du ciel, voilà le programme initiatique sur lequel nous sommes engagés.
Pour le réaliser, il n’est besoins que de volonté .
Les degrés de cette classe sont consacrés à la construction du temple. L’enseignement initiatique amène le maître maçon a se substituer à Hiram Abi et à recevoir les instructions et la formations pour assurer la reprise des travaux.
Cette progression est très importante car il intègre l’acceptation d’une vérité. L’obligation qui nous est faite d’être notre propre « maître » c’est-à-direse prendre en main pour améliorer sa Connaissance et son Être. Un rêve s’écroule, le confort de la loge bleu qui accompagne chaque frère dans sa progression, le rôle pédagogique du maître maçon vis-à-vis des jeunes frères apprentis et compagnons. Tout cela bascule et le maître maçon se retrouve seul face à lui-même.
Le rituel nous amène progressivement vers une prise en compte de notre Être comme pilier de notre construction. Une nouvelle «espérance naît de cette progressivité, celle d’une vérité quinous est propre et qu’il va falloir découvrir et gérer au mieux de nos intérêts.
Cette découverte décuple notre volonté de s’engager au plus profond de notre être pourydécouvrir sa vérité.
3eme Classe – 9 eue degré « Maître Elu des neufs » :
Au neuvième degré, la perspective du maçon est de devenir un Elu., Dans le langage théologique, l’Elu est un homme appelé par Dieu à jouir d’une béatitude éternelle.
A ce stade l’intendant des bâtiments ne peut prétendre atteindre ce degré, par simple initiation.
L’Elu est predestinée à réaliser quelque chose d’important, mais qui est conscient que la réussite sera difficile et incertaine, comme le prédit Mathieu dans sa parabole évangélique « Il y aura beaucoup d’appelé et peu d’Elu »
L’Elu des neuf est par son choix intérieur exigeant, selectionné pour assumer la charge de découvrir puis de détruire tout ce qui fait de lui un homme ordinaire.
Il ne s’agit plus de voir ce qui tue l’Être en nous, mais bien de détruire ce mental incapable d’accomplir l’ultime transcendance en abolissant l’homme ordinaire.
Que de volonté exige ce travail sur soi, mais que d’espérance il propose.
10 eme degré « Illustre Elu des Quinze » :
Mais le travail de l’Elu des neufs ne se fait pas en une seule fois.
Aller à la découverte des assassins de notre maître intérieur est une entreprise très ardue et demande plus de volonté que de courage.
Ce degré est la suite logique du précédent, il s’adresse à la purification du chemin de l’être et non plus à la connaissance du chemin menant à la liberté
L’élu a découvert la vérité nette et immédiate, en séparant l’illusion de l’imagination.
L’illustre Elu sent maintenant que rien ne mérite d’être perfectionné parce que rien ne pourra changer sur ce plan. Il découvre la nécessité de changer de plan, de monde, de conscience
Il ne s’agit pas de l’espoir d’un changement, mais de l’espérance d’un éveil vertical.
Ainsi sur le chemin qui nous empruntons, les étapes de la connaissance de l’ego, de la reconnaissance de l’être, laisse place à l’action concrète et à le maçon vit sa victoire sur lui-même. Cette victoire est Force, Sagesse et Beauté, elle est aussi Amour, Esprit et Paix.
11 eme degré « Sublime Chevalier Elu » :
L’illustre élu des 15 pénètre dans un autre royaume, dans une autre vie, faite de grande intelligence, de grande sagesse et de plus grande clarté.
Mais est-il arrivé pour autant ?
Il ne suffit pas en fait d’atteindre les « couches obscures qui désorganisent notre pensée », mais de rejoindre le centre d’une énergie nouvelle, de toucher l’esprit au delà du corps pour éveiller notre être et le remplir d’un sentiment d’amour tout a fait nouveau.
La Paix et la Joie ne sont pas suffisante, ce qu’il veut, c’est devenir capable d’accomplir sa mission, son destin, sa vie et il fouille dans son âme pour trouver le chemin qui le conduira au plus prés de ma vérité.
Le Chevalier est le symbole de l’être qui par sa force, son énergie, sa droiture et son idéal va prendre possession de sa monture (son corps) et de sa terre (son Être) pour réaliser concrètement les vertus qui sont les siennes et servir le seigneur du royaume.
Il est capable de voir et de juger ce qui est vrai parce qu’il sera sans désir et qu’il pourra agir pour accomplir et réaliser la justice. L’ordre qu’il perçoit, il le donne.
Il faut exécuter maintenant ce qui doit être fait pour l’ordre, la Connaissance et l’Amour.
Le chevalier est l’image de la vraie manière de vivre, faite de volonté et d’ordre.
Son Être tremble dans la lumière de l’espérance
Les 3 degrés d’Elus de la 3eme classe froment un tout homogène. Il est le résultat du combat spirituel que mène le franc maçon. En prenant le rôle de « sacrificateurs » comme le précise Raoul Berteaux, le maître maçon.
L’enseignement initiatique de cette classe vise à établir ou rétablir les facultés d’intuition.
Il ne suffit pas d’avoir pénétrer son Être intérieur pour avoir atteint la lumière. Encore faut-il vaincre ses pulsions et gagnés son combat contre les forces primitives en les amenant à la lumière de sa conscience pour les dominées vraiment.
Ainsi il deviendra un « homme véridique » reconnu comme tel au 11eme degré.
Là, le maître maçon doit puiser dans sa volonté et son courage pour vaincre seul ses passions destructrices.
Construire son temple est un bonne chose, mais on doit aussi regarder à coté de soi pour y découvrir d’autres vérités et se surmonter pour apprendre à être un « Elu véritable » c’est-à-dire un homme que l’on écoute et que l’on respecte c’est un devoir essentiel que d’être reconnu comme un maçon juste et droit.
4 eme classe– 12 eme degré « Grand Maître Architecte » :
Pour le chevalier qui a purifié sa conscience et ses mécanismes, l’existence des divers niveaux de réalité ne fait plus aucun doute.
Cette conscience d’Être ressemble à un élargissement, une sensation enivrante de beauté, de chaleur, de liberté. Elle est en dehors du temps et de l’espace, mais elle existe, vivante à l’intérieur et à l’extérieur, partout et nulle part.
C’est avec ce regard nouveau que l’élève architecte va partir à la découverte du monde, non pas pour imaginer de nouvelles constructions qui ne serviront qu’à flatter son ego, mais bien pour découvrircomment les « grands maîtres architectes » avaient mesuré le monde et bâti des édifices.
Nous avons besoin d’étudier avec la méthode et la circonspection acquises, toutes les données qui mettent en relation notre conscience terrestre avec notre conscience intérieure à travers les connaissances scientifiques, religieuses, philosophiques, économiques, sociales…..
Grand maître Architecte nous connaissons la vérité spirituelle sur l’architecture de l’univers et nous voulons intégrer notre connaissance à notre propre vie pour la rendre « plus vivante »
Nous ressentons l’impérieux besoin de pénétrer quelque part au tréfonds de notre Être pour nous retrouver face à face avec la Lumière.
13eme degré « Chevalier du Royal Arche »
Nous qui avons purifié notre esprit, qui connaissons l’architecture secrète, qui sommes descendus aux confins des terres et des vérités spirituelles, nous voudrions posséder la lumière qui nous permettrait d’éclairer celle du Grand Architecte de l’Univers.
Le pas est difficile. Passer du monde de l’esprit et de la matière à celui de l’esprit pur est une démarche osée. Pénétrer dans la manifestation du sentiment unique demande une très grande volonté .
Pourquoi percer le mystère de la parole perdue ?
Pourquoi vouloir encore descendre au plus profond de soi ?
Aller plus loin c’est remettre en question ses croyances, ses certitudes et prendre le risque de s’unifier au-delà de ‘individualité.
Cette décision à prendre demande énergie, courage et volonté mais aussi espérance dans les bienfaits de la Lumière.
La déscente en soi est une technique de respiration en communion avec celle de l’univers. Plus nous descendons et plus nous découvrons d’espace pour descendre encore plus profondément, de voûte en voûte, jusqu’au cœur de l’énergie créatrice.
Parvenu au plus profond de nous même, sous la neuvième arche, au coeur de la voûte sacrée, nous sommes plongé dans une nuit sans étoile, Loin des lumières du monde, dans le silence de notre communion, nous percevons une autre lumière qui illumine notre Être.
Cette lumière est espoir et volonté à la fois. C’est un trésor que nous découvrons au fond de nous même : Dieu nous échappe dans son intégralité mais est présent dans chacune des énergies qui nous enveloppe de bonheur et d’amour.
Le Grand Maître Architecte est devenu Chevalier de Royal Arche : homme de justice, de connaissance et maintenant de régénération par la lumière, le Chevalier Royal Arche peut conduire ces compagnons sur le chemin tranquille de la nouvelle sagesse.
Le passage du monde de l’obscurité à celui de la pleine lumière prouve que nous connaissons deux mondes différents dans l’univers, mais ne prouve ni l’existence ni la rencontre avec Dieu.
14eme degré « Grand Elu, Parfait et Sublime Maçon »
A ce moment de la vie spirituelle, l’Être intérieur se sent partagé entre deux grandes réalités : Le monde de la matière et le monde de la lumière. L’un a besoin de raison, de discours méthodique et d’actions efficaces, l’autre a besoin d’intuition, de conscience et de vigilance non moins efficaces.
Nous sommes double, les deux mondes ont la même réalité et les mêmes exigences. La seule différence est que l’un est perceptible par l’homme »ordinaire », l’autre le devient par l’éveil de la conscience : l’initiation.
Aucun bonheur ne sera possible si notre vie ne manifeste pas les deux mondes en même temps : il n’est pas question d’égalité entre les deux mais d’unité entre le Ciel et la Terre.
Pour bien vivre en équilibre, il nous faut d’abord améliorer nos relations avec autrui, car elles créent le monde dans lequel nous vivons. L’équilibre s’opère lorsque le matérialisme est absorbé par le spirituel, car c’est elle qui engendre dans un juste équilibre les lois de la matière.
Pour progresser vraiment sur le chemin du perfectionnement, nous devons manifester notre lumière simplement parce que c’est dans l’ordre, et offrir la Paix du Grand Architecte de l’Univers au monde matérialisé. Le Grand Elu, Parfait et Sublime Maçon, doit manifester au dehors par sa présence et la perfection des ces actes, son abondance intérieure.
A la fin de cette 4eme classe, nous constatons que nous n’avons pas parcouru le chemin initiatique pour nous, mais pour notre Être, pour remonter à notre source. Le sens de notre vie est cette initiation à comprendre et maintenant il devient vie : C’est maintenant que notre vie d’homme peut commencer.
Reste à savoir, à découvrir, à mesurer comment exprimer avec spontanéité, souplesse et humilité, cet amour caché. Comment servir efficacement les hommes et le Grand Architecte de l’Univers ? Comment faire pour que notre existence devienne le reflet de la grande lumière.
Alors « Comment un Franc Maçon distingue-t-il l’espérance de la volonté ? »
La réponse se trouve au fond de chaque maçon .
Qu’ai-je besoin aujourd’hui pour agir :de l’Espérance ou de la Volonté ?
L’Être, développé au cours de mon chemin initiatique, est une substance d ‘intelligence des réalités de ce monde et aussi une réalité intérieure découverte.
Par cette double capacité, l’Être connais parfaitement l’ordre du monde matériel et l’existence d’un plan supérieur spirituel.
L’Etre c’est l’espérance que chacun met en soi, dans la foi de ses convictions, de ses certitudes mais aussi dans l’amour qu’il porte à lui-même et aux autres.
Quelle plus belle espérance que celle de croire en la liberté par les actions que nous menons, à l’égalité comme règle de justice et à la fraternité par la reconnaissance de l’autre comme nous même.
L’Être est le lien entre l’état matériel que nous sommes et l’état supérieur que nous voulons créer en nous.
La volonté c’est l’action.
La vie terrestre permet à l’homme de s’achever dans la réalité matérielle qui exige des actions concrètes et mesure leurs qualités réelles.
Hegel disait : « L’homme n’est rien d’autre que la série de ses actes »
Les actes concrétisent la valeur de l’homme
Sur le chemin spirituel, pour ne pas être une simple théorie ésotérique, le REAA incite à agir, à se connaître, à descendre en soi même.
L’action fait partie de la méthode initiatique, mais de quelle action s’agit-il ?
L’homme est créé à partir de la poussière et du souffle divin.
L’initié, par son action, réunit les deux vies en une seule existence
La matérialité n’est pas la seule vérité, la spiritualité non plus d’ailleurs. Mais réunis, elles permettent la continuité du monde et c’est ce que préconise le REAA dans sa méthode : Le rôle de l’initié franc-maçon est de « corporaliser l’Esprit et de spiritualiser la matière ».
Aujourd’hui la différence entre la matière et l’Esprit exprime le drame de notre monde.
Dans ce monde le franc maçon cherche sa place et avec l’amour comme clé de la possession des mondes matériels et spirituels, il doit témoigner de la force de la Lumière universelle et de la Tradition de l’initiation
Conclure un tel travail qui me parait tout a fait inachevé est une gageure.
Aussi je préfère vous parler du lien qui existe entre ces deux mots : Volonté et Espérance.
A mes yeux, le lien qui permet de les interactiver est l’Amour.
« Le monde est comme une caverne, disait Platon, ou l’on ne poursuit que des ombres » Et Pascal de poursuivre quelques siècles plus tard « Car la vie est un songe, un peu moins inconstant » C’est la logique de l’absolu dans lequel notre monde est plongé.
Que pèse une vie d’homme sur la balance de l’absolu ?
Voila pourquoi je suis persuadé que l’Amour est la seule arme possible pour lutter contre l’archaïsme des religions dogmatiques et l’athéisme doctrinaire des civilisations.
L’essentiel est dans l’Amour qui reste à la fois la voix de l’Espérance et la bras de la volonté.
Que la vérité soit sans amour, ne condamne pas l’amour à être sans vérité, puisqu’il est vrai que nous aimons.
Ni ne nous empêche d’aimer la vérité.
La joie de connaître est l’unique accès au salut, à la sagesse et pourquoi pas à la béatitude.
C’est l’amour vrai du vrai.
« C’est l’amour, non l’espérance qui fait vivre ; c’est la vérité, non la volonté qui libère. »
(André Comte-Sponsville)
J’ai dit