La pratique simultanée, au niveau des ateliers de perfectionnement, du Rite français et du rite Ecossais ancien et accepte, présente t’elle une incohérence quelque part ?
Non communiqué
Pour commencer un petit bout de mon histoire personnelle :
Je suis le dernier d’une famille de 7 enfants, dans une famille unie. Mon père était officier de cavalerie et ma mère femme au foyer. J’ai le souvenir d’une enfance paisible…
Cependant depuis ma jeunesse j’ai été un adepte de la nuance dans les propos et de la tolérance dans les pensées. Je me souviens encore de mon grand frère qui disait à mon père : « ne soyons pas absolus ».
Je me rappelle également un grand père maternel très tolérant avec ses collaborateurs, a la limite de la bêtise, tandis que mon grand père paternel me semblait moins amène, il est vrai qu’il avait du s’occuper de sa famille des l’âge de 17 ans.
Cependant l’un et l’autre avaient crées dans les années 1900, avec d’autres gros propriétaires viticulteurs, une mutuelle pour venir en aide aux familles de leurs ouvriers quand ces derniers étaient malades, blesses ou ne pouvaient plus travailler.
Ce qui m’a toujours étonne et intrigue, c’est que ce que deux personnes ayant des caractères aussi différents pouvaient avoir des actions humanistes communes.
Je crois que c’est cette observation à la différence et a la tolérance qui m’a fait entrer en maçonnerie, quoique beaucoup plus tard dans la dernière décade de ma vie professionnelle que je ne désirai pas polluer avec mes recherches existentielles…
J’ai été initie au rite français a la Triple Fraternité et j’ai franchi les épreuves de compagnon et de maitre suivant les habitudes de la maison. Et puis j’ai été approche par des frères du rite Ecossais qui m’ont demande si j’étais intéressé à continuer de travailler dans les ateliers de perfectionnement.
J’ai répondu favorablement, j’ai donc réalise deux planches écrites qui devaient être évaluées et j’ai reçu ultérieurement 3 enquêteurs qui m’ont interroge sur mes motivations, et a qui je me suis ouvert de ma volonté de faire la double démarche, française et écossaise. J’ai ensuite reçu une invitation pour les rejoindre avec une date pour la première tenue.
Entretemps, qui a dure au moins un an et demi, car je n’avais pas été très diligent dans l’écriture de mes planches, j’ai été approche par celui qui allait devenir notre Très Sage, Avelino et a qui j’ai immédiatement répondu favorablement pour rentrer au Chapitre alors en création au Rite Français.
Je voyais dans cette double démarche la possibilité d’une complémentarité d’approche. Je lui précisais également mon intention de fréquenter les deux rites. Et voila donc la suite de l’histoire…
A la réflexion est ce que je suis déçu et est-ce j’y trouve mon compte ?
En fait je n’arrête pas de m’interroger mais surtout d’apprécier le comique de cette situation que certains trouvent par trop contradictoire pour ne pas dire antinomique.
En fait j’ai envie de continuer ma réflexion en posant la question suivante : est-il préférable d’avoir une certitude confortable et rassurante, qui est aussi une tranquillité d’esprit, alors que le doute lui nous oblige à ouvrir notre esprit aux idées des autres et à chercher à les comprendre ?
La compréhension et le décryptage des événements et de la société ne peuvent ils se faire suivant des approches différentes, souvent complémentaires ?
La franc-maçonnerie ne pourrait elle pas être un chemin humaniste à retrouver dans le cadre de l’explosion matérielle et morale de notre monde ?
C’est ce qui m’intéresse dans la dualité française et écossaise, dont les dramaturgies différentes dans l’expression sont peut être des outils complémentaires dans notre quête de la lumière, de notre idéal, en quelque sorte de l’inaccessible étoile et permettant peut être d’arriver a l’essentiel ?
Est-ce le fait de la ou des méthodes maçonniques par l’utilisation du symbolisme et de l’initiation qui facilite l’analyse fine, de regarder les différentes facettes d’une problématique et in fine de formuler des propositions dans l’objet d’amélioration de la société ou bien l’inverse ?
Est-ce le fait de trouver un équilibre en soi-même et par soi-même qui permet d’aller de l’avant et de se préoccuper de ses semblables, de ses voisins, de ce qu’il faudrait faire pour améliorer l’homme et la société ?
Cela fait beaucoup de questions auxquelles il est difficile de répondre avec certitude.
A mon avis cela ressemble a l’œuf de Christophe Colomb et que c’est plus un débat d’intellectuel ou de théologiens voulant se faire plaisir qu’une réalité de ce que j’appelle la vraie vie.
En fin de compte n’est-il pas plus d’important qu’au delà de toute idéologie de pratiques ou de convictions nous soyons chacun à même de contribuer à l’élaboration d’un monde meilleur ou les êtres puissent vivre dans la dignité tant morale que physique, et en pleine harmonie avec eux mêmes.
Que ce rêve puisse se mettre en œuvre par les méthodes des écossais ou celles des français, voire leurs combinaisons peut m’importe, ce qui est important a mes yeux c’est cette finalité dernière a laquelle j’aspire et je travaille. En plus au regard de ma jeunesse dans les hauts grades des deux juridictions, je serai bien fat si je prenais une position tranchée.
Ne peut-on pas considérer la maçonnerie comme un monde imaginaire permettant une libération de l’esprit grâce aux mythes, aux légendes et autres fantasmagories ?
Et ceci avec un langage et des personnages parfois quelque peu désuet qui nous permettent d’imaginer des tas d’autres combinatoires et par voie de conséquence nous aide à formuler des propositions sociétaires !
D’une manière très décalée ne peut-on pas rapprocher cela avec les histoires du père Noel, de peau d’âne, de barbe bleue, que nous écoutions avec ravissement dans un autre temps, en fait des contes pour enfants qui éveillent l’imagination mais également permettait de faire des analogies et des projections dans d’autres domaines ?
Cependant parfois j’ai des moments de doute ou je considère l’amélioration de l’humanité comme un leurre : les mœurs changent, les sociétés changent, pas les hommes ou vraiment a la marge, et ce n’est pas la lecture des anciens, que ce soit Cicéron, Démosthène, ou de plus contemporains comme Balzac, qui peut l’infirmer.
Mais je crois fermement que les frères dont nous vantons l’appartenance a notre ordre, et dont on ne dit jamais s’ils sont écossais ou français, ont d’abord été des hommes engages la ou ils ont œuvre. Mais nous pouvons également se poser la question de savoir s’ils auraient fait mieux ou aussi bien sans rejoindre la maçonnerie.
La seule fierté que nous puissions avoir est que, probablement la maçonnerie les ont aide à devenir ce qu’ils étaient.
Je reste convaincu que la maçonnerie peut, si nous y travaillons sérieusement, nous aider à faire advenir le meilleur en nous. Alors nous pourrons être meilleur la ou nous œuvrons et nous donner envie de nous engager davantage. Cela n’est ni automatique, ni garanti et la simple appartenance a la maçonnerie ne donne aucun brevet.
Les effets de mode ont amène a certaines époques les gens en vue à vouloir faire partie de cette coterie : ceux ne furent pas forcement les meilleurs maçons. D’ailleurs dans un autre genre aujourd’hui, nous avons aussi l’ENA et savons ce que cela donne parfois !
Ne peut-on pas se poser aussi la question de l’intérêt du mélange de la maçonnerie et de la politique politicienne ? N’est ce pas une dérive, un peu comme celle du philosophe roi ?
Les exemples abondent du désastre apporte avec les meilleurs intentions. Pour exemple l’idéal communiste a été peut être séduisant, il me semble cependant que sa mise en œuvre en divers lieux n’a pas été très convaincante…
En pré-conclusion j’aimerai poser les questions suivantes :
– Ne peut-on pas imaginer que l’amélioration de l’humanité pourrait commencer par celle de nous mêmes, puisque c’est la seule sur laquelle nous avons un réel pouvoir et dont nous sommes pleinement responsables ?
– est ce que la voie pour y arriver est plus importante que la finalité ?
C’est l’intérêt que j’y trouve dans cette double appartenance.
Et en touche finale je conclurai par « Gloire au travail ! »
J’ai dit T S.