18° #415012

La source qui desaltère

Auteur:

B∴ B∴

Obédience:
Non communiqué
Loge:
Non communiqué

Voilà donc un homme qui se désaltère à une source après avoir coupé la tête d’un autre homme. Les concepteurs de notre rituel auraient-ils donc perdu la tête ?

« Saisi de frayeur à la vue d’un Maître Maçon, il se fait justice à lui-même en plongeant un poignard dans le cœur. Joaben s’empare du poignard et sort victorieux de la caverne. Il aperçoit une source d’eau pure qui jaillit entre les rochers ».

Je vous propose de travailler ici quelques paradoxes de notre mythe, au final ce sera un voyage au cœur de notre psyché auquel je vous invite.

Si l’on s’arrête un instant, chacun d’entre nous aura repéré le 1er paradoxe: Joaben semble apercevoir cette source à la sortie de la caverne…remarquer ce paradoxe m’apparaît d’autant plus intéressant qu’il y a là une spécificité de notre R F : en effet au REAA, l’instruction au 9ème degré indique qu’il s’agit tantôt d’une source, tantôt d’une fontaine, passons sur ce détail même s’il est intéressant…remarquons surtout que cette source ou cette fontaine est située au REAA à l’intérieur même de la caverne. « Qu’avez-vous aperçu dans cette caverne ? Un traître endormi sur ses mains, un poignard à ses pieds, une source qui coulait et une lampe qui éclairait ce lieu ».

Notre R F parle, je cite, d’« Une source trouvée inopinément… ». Le 1er paradoxe apparaît donc clairement : Joaben n’aurait pas vu la source d’eau en entrant dans la caverne… Aurait-il donc été un instant aveugle…ou aveuglé…et si oui, par quoi et pour/quoi ?

Il y a aussi un 2ème paradoxe qui tient à la réponse même qu’apporte notre instruction : « Que signifie la source trouvée inopinément ? « Que dans les moments les plus difficiles une FORCE jaillit toujours en nous, qui régénère l’esprit ».

Passons sur le fait que notre rituel a remplacé le terme de Providence utilisé au 18ès par celui de force ; la dimension religieuse inhérente à la Providence a pu gêner, cela se comprend. Ce qui nous importe ici, c’est de s’étonner une nouvelle fois : quand on y pense, Joaben n’a plus besoin de force à la sortie de la caverne…c’est avant de rentrer dans la caverne que Joaben aurait dû être nourri de force pour combattre sa PEUR, et ce d’autant plus, que rien ne dit qu’Abibala ne puisse être accompagné de complices à l’intérieur même de la caverne, des complices qui pourraient aussi être des profanes. On aurait d’ailleurs presque l’impression que Joaben n’ait pas d’arme, de poignard mais là il faut peut-être y voir la nature des mythes qui ne reposent pas par définition sur une stricte rationalité mais se servent aussi et surtout de l’imaginaire, un peu comme dans un rêve au sein duquel l’impossible devient possible et surtout révélateur du désir, parfois des utopies, parfois des peurs, des angoisses. De fait, la logique n’est pas ici l’essentiel, ce qui dans notre rite importe je crois, ce n’est pas l’acte de Joaben, mais l’acte d’Abibala, ou les 2 tout autant.

Mettons maintenant en évidence un 3ème paradoxeJoaben rentre seul dans la caverne alors même qu’il aurait pu solliciter 1 ou 2 autres Elus pour l’accompagner. Non il s’est mis, volontairement ou non, consciemment ou non, à l’écart de ses F, telle est l’expression de notre instruction. Nous pourrions penser que Joaben manquait donc de lucidité, disons même d’esprit, et ce, d’autant plus que notre instruction précise que cette « (…) caverne est effroyable »… La même instruction suggère d’ailleurs que l’esprit est régénéré avec la source,« Que signifie la source trouvée inopinément ? « Que dans les moments les plus difficiles une FORCE jaillit toujours en nous, qui régénère l’esprit »osons donc dire que l’esprit de Joaben est comme « dégénéré » avant l’entrée dans la caverne. Si l’on repense à notre thème de la PEUR, nous pourrions proposer cette interprétation : la peur diminue notre capacité de discernement…nous pouvons aussi penser que le désir de vengeance aveugle car c’est bien ce désir et non celui de rendre justice qui a amené Joaben à se proposer pour cette mission. Autre questionnement alors ici soulevé : comment comprendre qu’une mort, dans notre rite le suicide d’Abibala, puisse permettre à l’esprit de se régénérer ? Nous y reviendrons.

En réalité, nous pouvons penser que ni au RF ni au REAA, la justice ne peut être réellement rendue en raison précisément d’un AVEUGLEMENT, un aveuglement présenté de 2 façons différentes. Au rite français, il est dit qu’Abibala « se fait justice à lui-même »… Avec notre mode de pensée contemporain, nous entendons surtout que le meurtrier n’a pas été interrogé sur les motifs de son crime. Nous entendons aussi qu’il se fait justice A lui-même quand, pour nous, la justice est rendue justement POUR les autres et par l’intermédiaire de tiers impartiaux… Au REAA, cette notion d’aveuglement me semble encore plus affirmée : Joaben ne remplit pas sa mission puisqu’il tue le chef des meurtriers Abiram alors qu’il devait le ramener à Salomon pour qu’un Jugement permette que Justice soit rendue par ce jugement. Ici, notre RF apparaît étonnamment ambigüe car il est dit que « Les Maîtres Maçons élus prêtèrent serment d’accomplir la juste punition du crime », ce qui sous-entend qu’ils avaient reçu l’ordre de tuer les 3 mauvais Comp. Pour ma part, je lis alors le suicide d’Abibala comme l’impossibilité de respecter cet ordre et j’y vois une invitation, il est vrai paradoxale, à penser que les ordres d’une autorité ne sont pas tjrs légitimes.

Notons en tout cas au passage que la version du REAA a un avantage non négligeable : elle permet de comprendre le choix du nom de Joaben. JOAB est un personnage biblique qui au temps de David, à savoir le père de Salomon tue…par vengeance ; ce Joab, qui est un général des armées, tue Abner qui a tué son frère Asaél. On pourrait penser que l’ajout du BEN a pour but de suggérer l’idée d’une filiation entre les M M et M Hiram. Cette version semble là encore être une invitation à nous faire réfléchir sur notre usage de l’autorité dans le champ profane, dans nos activités professionnelles et bénévoles, comme au sein de notre famille. Pour ma part, je pense que se croire détenteur de la Justice ou de la vérité risque toujours de nous enfermer et au final va à l’encontre de nos idéaux…nous retrouvons ici le paradoxe soulevé par notre BAF Patrick, le risque de l’Utopie qui lorsqu’elle est mise en acte peut être dévoyée.

3 paradoxes donc sous entendant un AVEUGLEMENT à dépasser… Ne sommes-nous donc pas invité à réfléchir à nos propres aveuglements ?…

Une source a donc désaltéré Joaben à la sortie de la caverne.

« DESALTERER »…voilà à 1ère vue un verbe bien banal, en particulier si l’on considère les 2 autres verbes présents dans la définition de l’Elu : l’un est présent dans les définitions des grades de Comp et de M, l’autre verbe évoque lui la sagesse : « Etes-vous Elu ? Une caverne m’est connue, une lampe m’a éclairé, une source m’a désaltéré ».

« Désaltérer », ce n’est même pas éteindre sa soif… Désaltérer…un verbe banal, et même pour certains choquant si l’on pense que Joaben vient de se servir d’un couteau pour trancher la tête d’Abibala…désaltérer, un verbe anodin… SAUF à l’entendre en 2 mots : dés-altérer. Joaben, le M que nous considérons comme le Chef des Elus, était donc altéré, mais en quoi, par quoi et pourquoi ? Nous sommes là en face d’un nouveau paradoxe…

Mais de quoi s’agit-il lorsque nous parlons pour un individu d’une altération, d’une détérioration, d’une corruption ? Cette altération trouve-t-elle sa source dans le fait que Joaben, comme Abibala, a agi sous le coup d’une émotion non maîtrisée, je veux parler de la colère ? Chacun d’entre nous le sait, ce sentiment de colère peut nous transformer, nous faire réagir comme nous n’aurions jamais pensé que nous pourrions le faire. La question centrale devient alors celle-ci : peut-on réellement construire sur de la colère ? La colère aurait-elle un versant constructif incarné par Joaben et un versant mortifère que symboliserait Abibala et ses 2 complices ? Méditons.

Altérer…ce verbe nous fait penser au mot « autre », comme si Joaben était devenu un autre et était REdevenu lui-même, c’est cela que signifierait la source… Pour prendre une métaphore liée à la construction du Temple, nous pourrions dire qu’il y avait quelque chose qui n’était pas ajusté et qui donc ne coulait pas, en lui…de source. Et pourtant les M M passent pour des M en la matière, reconnus comme tels par le « Maître en chef »…

Oui, osons voir Joaben comme un être altéré alors même qu’il est M et que son travail a précisément consisté à rectifier sa pierre, à passer maître dans la rectitude et la planification des travaux. Cette interprétation soulève un 5ème paradoxe lié à notre conception de la M, et peut-être même plus encore, une contradiction : la maîtrise peut-elle être factice ?…

La Maîtrise permet à un F M de s’impliquer encore davantage dans la vie de la L, il a pu assumer de nouvelles responsabilités, voire représenter la L, mais tout cela représente aussi le danger d’un Ego mal placé, mal ajusté.

Creusons un instant de ce côté… Au sujet de notre tableau au 1er Ordre, le GCG parle, je cite « (…) d’un tableau qui représente un désert d’aspect sauvage. Tout à l’entour sont figurés de grands blocs rustiques et détachés de pierre non taillées pour marquer la carrière de « Ben-Acar ». Bien-sûr, cette carrière pourrait symboliser la non maîtrise des 3 mauvais Comp., c’est une interprétation tout-à-fait justifiée mais ce n’est pas cette métaphore que je vous propose ici. Je vous propose de percevoir cette caverne comme un rappel de l’humilité nécessaire pour les M, une des vertus qui devrait définir chacun d’entre nous, une vertu difficile à atteindre, un idéal, une utopie peut-être…l’humilité, c’est faire en soi le vide, à l’image de la nature qui construit des cavernes, c’est faire le creux en soi, l’humilité, c’est l’épuration de l’Ego qui nous ouvre au monde, pas à notre petit monde à soi.

Notre mythe nous inviterait ainsi à penser que la M n’est pas un donné mais une construction. Ce n’est pas un hasard si les F empreints de symbolique biblique qui ont écrit nos rituels ont choisi comme trame de fond le symbole du DESERT : c’est bien d’une traversée du désert dont il est question ici en filigrane, une libération spirituelle donc, une traversée du désert à l’image de celle d’un peuple Elu qui a reçu une mission, celle consistant à honorer un Dieu unique et en contrepartie une destinée : habiter une Terre promise au bout d’innombrables épreuves.

Bien des détails nous confortent dans cette interprétation, à commencer par l’alter-égo de notre Abibala selon le REAA, je veux parler d’Abiram : ABIRAM est un personnage biblique qui doute de la capacité de Moïse à faire sortir le peuple du désert et qui appelle à retourner en Egypte, vers l’esclavage donc…ici se dessine donc le symbole de la difficulté à assumer sa liberté et aussi à respecter ses engagements, l’image inversée en quelque sorte de Joaben. Cet Abiram nous incite aussi à percevoir la source comme une référence mosaïque, et de fait la Torah puis les Evangiles dont les concepteurs de nos rituels ont été emprunts regorgent de miracles qui sont associés à l’eau car l’eau était rare donc précieuse dans ce pays désertique et parce que les puits étaient un lieu de rencontres privilégiées de transactions entre tribus… Ici il y a un miracle qui fait tout particulièrement penser à « notre source qui sort inopinément », il s’agit du miracle dit de Mériba qui se déroule précisément lors de la traversée du désert par le peuple d’Israël :

« Sous leurs yeux, vous vous adresserez à ce rocher, là-bas, et il donnera de l’eau ; oui, tu feras jaillir de l’eau de ce rocher, pour donner à boire aux Israélites et à leurs troupeaux ! » Moïse alla chercher son bâton dans la demeure du Seigneur, selon l’ordre reçu. Aaron et lui convoquèrent l’ensemble des Israélites devant le rocher désigné, et leur dirent : « Écoutez donc, vous, les rebelles ! Serons-nous capables de faire jaillir pour vous de l’eau de ce rocher ? » Moïse leva le bras et frappa à deux reprises le rocher avec son bâton. Aussitôt de grandes quantités d’eau en jaillirent, et les Israélites purent s’y désaltérer, de même que leurs troupeaux ».

Revenons à notre interprétation de la Maîtrise comme un cheminement avec ses épreuves. Nous plaçons donc Joaben au début du chemin, d’un nouveau cheminement. 1er Ordre oblige. La carrière est de fait le lieu d’avant la construction. Tout doit recommencer, mais cette fois-ci avec une profonde lucidité sur ses penchants, sur ses travers, sur sa capacité à passer de la colère à l’acte meurtrier, quelles que soient ses formes.

Osons aller plus loin, osons relier, rassembler Joaben et Abibala, osons même les identifier. En réalité, c’est ce par quoi j’ai commencé cette Pl en mettant en avant une métaphore de l’aveuglement. Oui Abibala lui aussi était aveuglé, il était aveuglé par le même sentiment que Joaben et les 8 autres M Elus, par la colère, une colère contre M Hiram qui lui impose une frustration insupportable mais peut-être aussi une colère plus profonde : une colère contre soi.

Précisons que le sens étymologique du mot Ben-Acar justifie aussi ce parallèle identitaire entre Joaben et Abibala. J’attire votre attention pendant quelques instants… Chacun conçoit que le meurtrier du père est intimement lié à cette caverne de Ben-Acar, la caverne est son lieu de protection. Nous pouvons donc lié Abibala et Ben Acar. Pour aller plus loin, il nous faut maintenant être éclairé par l’étymologie hébraïque : selon le Tuileur de Vuillaume (qui devient un de nos outils depuis l’éclairante Pl de notre BAF Stéphane), Jah est un des noms du Dieu de la Bible…Jaoben signifierait donc Fils de Dieu. Selon le même Tuileur, Akar serait aussi un des noms de Dieu… nous aurions donc de manière inversée le même nom « fils de Dieu ». Il y a donc pour le moins lieu de penser une parenté entre Joaben et Abibala, en miroir. Comme Abiram et Hiram Abi. De fait, seuls ces 2 F M entrent dans la caverne… Remarquons aussi que Moïse signifie « sauvé des eaux » en référence à sa naissance mais que l’étymologie égyptienne évoque la notion de fils : Moïse, c’est mosis, fils comme dans Thoutmôsis, le fils de Thot, le dieu qui préside à l’audition des morts au tribunal d’Osiris. Ajoutons ici qu’AKAR est un autre personnage biblique qui fut lapidé pour avoir gardé pour lui des biens pendant la conquête de Jéricho, une possession donc injustifiée, un peu comme un mot de passe illégitimement réclamé. Ajoutons aussi que le lieu de l’exécution de ce personnage est appelée dans la Bible la Vallée de l’Akar.

L’angle que je vous propose est celui-là : voyons à travers ces 2 personnages de Joaben et Abibala 2 modalités de notre psyché, voyons à travers ce conflit meurtrier entre différents protagonistes un conflit intérieur qui peut se dérouler au sein de chaque être, je veux parler du mécanisme mortifère de la culpabilité.

Notre instruction selon moi autorise cette interprétation, je cite : « Que signifient les inscriptions qu’on voit sur les poteaux où les trois têtes sont plantées ? Que la conscience, qui juge nos actions, est le vengeur certain qui ne laisse jamais le crime impuni ». Qui ici a été l’auteur de la punition? C’est bien Abibala qui s’est puni lui-même…la conscience dont ici il est fait mention est donc bien la conscience d’Abibala…pour moi, il s’agit ici de ce qu’on appelle « la mauvaise conscience », autant dire la culpabilité. Le mythe suggère donc qu’un homme, quels que soient ses actes, n’est pas une bête sauvage ou plutôt qu’il est capable dès lors qu’il pense ses actes.de sortir de sa caverne, c’est-à-dire d’une pure animalité.

Le mythe éclairerait ainsi ce mécanisme de culpabilité dont nous sommes appelés à prendre conscience, que nous sommes appelés aussi à oser affronter et même à dissoudre. Ce mythe parle de quelque chose d’exceptionnel mais il peut aussi nous parler si nous le considérons comme le miroir de ce mécanisme de la culpabilité que nous connaissons tous.

C’est précisément ce mécanisme de la culpabilité qui nous altère : la culpabilité nous empêche de donner à notre désir des ailes, elle plombe la dynamique de notre désir, celle aussi de nos projets, voire de nos utopies ; cette culpabilité freine l’expression de notre singularité, de notre créativité, de notre potentiel créateur. Il n’est d’ailleurs pas inutile de préciser que cette culpabilité inconsciente peut provenir d’identifications qui entravent notre liberté. Nous pouvons ainsi considérer que les 3 mauvais Comp sont mauvais non pas sur le plan moral mais sur le plan de la construction de leur Temple intérieur, mauvais parce qu’ils s’identifiaient à un autre être en se sentant inconsciemment coupables de ne pas être à sa hauteur. Alors le passage à l’acte était inévitable, meurtre pour ne pas projeter en soi sa propre violence.

Mais ici Abibala a inauguré, selon moi, une autre voie, Joaben aussi. Un geste les rapproche, celui d’être capable de se mettre à l’écart, de s’écarter des autres (on connaît le potentiel meurtrier de la dynamique de groupe). Joaben s’est écarté des autres Elus, comme Abibala s’est écarté de ses 2 Compagnons… Ecart aux autres et aussi écart à soi qui permet de prendre du recul sur ses actes (nous retrouvons ici le symbole du pas de côté de Comp). Grâce à cette mise à l’écart volontaire qui ne correspond pas pour moi à une attitude de fuite, Abibala est revenu à lui-même, dans la caverne : il a osé prendre le temps de regarder en lui, au cœur de sa propre intériorité. Au cœur de cette caverne intérieure, il a rencontré une lampe qui a éclairé son acte…la lampe éclaire le plafond des cavernes.

La vie profane le montre, lorsque nous regardons de près un passage à l’acte, il convient toujours de revenir avant l’acte lui-même. Il m’apparaît donc tout-à-fait justifié de préférer le symbole de la source et non celui d’une fontaine. Nous avons donc 2 interprétations possibles, considérer qu’Abibala symbolise un suicide par culpabilité mais nous pouvons aussi considérer que cette mort symbolise le travail vivifiant de la mise à mort de son mécanisme mortifère de culpabilité, il ne peut donc sous cet angle de vue que mourir de ses propres mains.

Cette interprétation libre du mythe suggère en tout cas que nous ne construisons rien par culpabilité, que c’est en s’écartant de toute culpabilité que l’être peut se trouver et déployer sa Lumière, son Etoile Flamboyante, car alors il est en harmonie, en phase avec lui-même, il se désaltére, il se purifie, il s’habite. La source, c’est cette sortie de la culpabilité. L’être de Joaben-Abibala se réveille alors, il est vrai que souvent nous n’habitons pas véritablement notre vie, avec toute l’intensité qu’il faudrait, par peur du regard des autres, sûrement… La source est donc à l’origine d’une réGénération de l’esprit. Tiens, tiens ! ; la lettre G du Comp se faufile.

Quand notre R F évoque l’après caverne, il parle de sens qui sont remis, nous pourrions ajouter « en ordre », je cite : « (…) Il aperçoit une source d’eau pure qui jaillit entre les rochers, il court s’y rafraichir pour se remettre de ses émotions ».

Que faut-il entendre donc là ? Un rafraichissement au sens d’une renaissance ? Entendons aussi que la colère n’est plus, l’œuvre, la construction peut donc commencer. Pour ma part, l’idéal et peut-être même l’utopie que nous propose ce 1er Ordre est bien celui-là : réussir à être en phase avec soi-même et alors tout coulera…de source…naturellement. Et comme les petits ruisseaux font les grandes rivières, il y a lieu d’espérer…

J’ai dit T S et P M

Vous devez être abonné pour accéder à ce contenu


S'abonner

Retour à l'accueil