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Le progrès et l’invention
Non communiqué
« Tout progrès et toute invention ont exigé, au long des âges, à la fois un effort musculaire et une tension intellectuelle ». Montrez dans cette synergie, la part respective des deux constituantes ; puisqu’elles représentent, l’une et l’autre une activité noble et créatrice.
I. INTRODUCTION
Au-delà de la création du monde décrite de manière mythologique dans la bible par Moïse dans le livre de la Genèse, l’univers existe depuis 15 milliards d’années et la terre, qui nous concerne dans cette planche que nous soumettons à votre enrichissement existe depuis 4,6 milliards d’années, soit plus de 10 milliards d’années après ce qu’il est convenu d’appeler scientifiquement le BIG BANG, qui aurait été à l’origine de la création du monde.
En effet, pour bien appréhender le sujet soumis à notre étude à savoir :
« Tout progrès et toute invention ont exigé, au long des âges, à la fois un effort musculaire et une tension intellectuelle ».
Montrez dans cette synergie, la part respective des deux constituantes ; puisqu’elles représentent, l’une et l’autre une activité noble et créatrice.
Cette affirmation soumise à notre méditation est déclinée par le 1er Surveillant lors de l’initiation au 22ème degré au cours de la partie où l’apologie du travail s’affirme comme indispensable au progrès de l’humanité.
A cette fin, il conviendrait de sonder les profondeurs des âges et de l’histoire de l’univers et de la planète-terre pour réaliser les efforts consentis sur les différents plans physique, psychique, mental et intellectuel pour l’évolution et le développement du monde sur la base des progrès, avancements, découvertes et inventions que le monde a connus.
Ensuite, il s’agira dans l’histoire de l’univers, de la vie et de la nature et de l’homme, de voir comment la synergie entre l’effort musculaire et la tension intellectuelle a favorisé le développement humain dans une complémentarité qui a défié le temps et l’espace.
La 3ème partie de notre ouvrage montrera la part respective de l’effort musculaire et de la tension intellectuelle comme constituantes de la synergie ci-dessus mentionnée et dévoilera enfin dans une 4ème phase, avec les attributs du chevalier Royal Hache, Prince du Liban, comment cet ensemble a favorisé et contribué au progrès et au développement de l’humanité.
II. AU LONG DES AGES, L’EVOLUTION DE L’UNIVERS
D’un point de vue général, l’apparition des ancêtres de l’homme remonte à 4 milliards d’années environ en passant de l’australopithèque jusqu’à l’homo sapiens, l’homme actuel. Il aura donc fallu du temps pour que la nature et l’homme parviennent respectivement sur les plans physique et psychique, et spirituellement au niveau aujourd’hui atteint.
En effet, les hommes ont vécu en groupes nomades et se nourrissaient de la cueillette, de la pêche et de la chasse, sculptant des objets et dessinant des représentations sur les rochers. Ils ont conscience de la mort et utilisent un langage.
Une évolution majeure a suivi ayant pour conséquence la sédentarisation des hommes avec la création des villages, puis des villes ; il s’en est suivi différents progrès et autres inventions comme l’écriture, l’agriculture, le commerce, l’administration, etc.
Dans cette évolution générale du monde, il nous plait de noter l’implantation après la civilisation sumérienne, de la civilisation égyptienne, fascinante, riche et complexe par sa culture, par son architecture, ses connaissances astronomiques, médicales ou techniques, mais aussi et surtout spirituelles dont l’ordre international du Rite Ancien et Primitif de MEMPHIS MISRAÏM est l’illustre héritier et dont le chevalier royal hache en est bénéficiaire.
Sans vouloir recenser toutes les inventions qui ont défrayé la chronique du temps et manifesté le progrès de l’humanité avec une base active du physique et de l’intellect, il serait bon de noter quelques-unes qui ont révolutionné l’évolution de la race humaine. Ainsi, et de manière non exhaustive :
– La maitrise du feu
– L’agriculture, l’invention de la presse
– L’architecture, la médecine
– La science moderne, la révolution industrielle
– L’astronomie, la maitrise de l’énergie nucléaire
– L’invention du microprocesseur
– La conquête de l’espace
– Etc.
Sont autant d’indicateurs caractérisant le développement et le progrès de l’homme dans l’environnement qu’il n’a cessé de dominer en le maitrisant. Bien sûr pour y arriver, l’homme par sa main et son intellect, a subi des variations de toutes sortes et manifester l’évolution et le progrès des choses grâce à cette dualité physique et musculaire – tension intellectuelle.
Il en est de même de la notion d’un Être Suprême, Créateur de toutes choses et dont la volonté semble s’accomplir par ses propres puissances. Cette notion de Grand Architecte de l’Univers a elle-même aussi subi une évolution certaine avec l’identification de plusieurs courants devenus religieux par la suite et parmi lesquels, l’hindouisme, le mouvement égyptien, le judaïsme, le zoroastrisme, le bouddhisme, le christianisme, l’islam, etc.
Il ressort de ce qui précède, que tout au long des âges et du temps, la transformation de la nature, de l’environnement et de l’homme lui-même a nécessité une double cause : physique et musculaire et aussi intellectuelle.
III. LES EFFORTS MUSCULAIRES ET INTELECTUELS, base du TRAVAIL
Ainsi en est-il également du myste F:.M:. à ce grade (à l’image de l’homme), dont l’évolution est à l’image du monde, dont l’inéluctable destin consiste à édifier, grâce à un engagement permanent de la conscience, un monde supérieur de plus en plus changeant. C’est cette nature, qui a permis à l’homme, tout au long de l’histoire, à reconstruire, à améliorer tous les objets nés de sa main.
Cette permanente transmutation de soi et de l’entourage de l’initié explique à suffisance sa compassion avec Noé et ses fils ayant l’immense labeur, l’important défi de reconstruction d’un monde dévasté nécessitant des joutes physiques mais aussi un apport intellectuel et mental surdimensionné.
L’effort physique et musculaire, nécessaire comme une noble et créatrice activité qui se jumelle avec l’effort intellectuel se dévoile dans la gestuelle correspondante à l’outil de la hache. En effet, force musculaire et adresse sont demandées au fendeur (l’initié) pour couper le bois. Ainsi, le signe d’ordre de ce grade, les signes de demande et de réponse montrent à suffire dans l’analogie de l’utilisation de cet outil, la nécessité de l’effort musculaire.
Mais aussi, la hache permet de briser des carapaces, d’ouvrir des boites, de briser le scaphandre social, de sortir de sa protection artificielle et d’exposer en définitive la vraie dimension humaine de l’initié dont le but final est la réussite complète de son alchimie spirituelle.
Comment comprendre cette accumulation de succès et d’échecs, de réussites et d’erreurs dont la sommation en fin de compte, constitue une avancée notable dans les espèces humaines et naturelles sans l’application d’efforts multiples ouvrant le champ à la dure et incontournable loi du travail ?
Comment l’univers et la race humaine auraient-ils pu se soustraire à la salutaire loi du travail et du labeur, implacable loi de la transformation, d’évolution et de mutation afin d’atteindre ce degré d’évolution d’aujourd’hui ?
D’un point de vue maçonnique et particulièrement des grades philosophiques illustrés par celui du 22ème degré du Chevalier Royal Hache, auxquels il a accédé après avoir quitté les grades chevaleresques, le thème du travail et son intensification adoube le chevalier dans son serment d’être un disciple pratique de ce qu’il conviendrait d’appeler la religion du travail. Dans la même initiation ci-dessus rappelée, le 1er surveillant confirme cette idée en ces termes : « Le travail est la condition absolue du progrès. »
Sans cette satisfaction continue des besoins et des aspirations, l’homme serait encore aujourd’hui cet anthropoïde primitif, confiné dans la nonchalance statique de sa vie tropicale, dans un monde où la loi du plus fort serait la meilleure, où la vertu serait foulée aux pieds, où la loi de la jungle règnerait, etc.
En effet, cette dynamique du travail a pour vecteurs essentiels l’effort physique et bien sûr musculaire et l’effort ou tension intellectuelle travaillant en duo et établissant une synergie tellement complémentaire qu’ils sont à la base de toute cette noble activité de création.
Cette activité d’évolution humaine se doit d’être faite également et surtout sur un plan personnel pour lequel le ’’Prince du Liban’’ doit faire montre de multiples qualités parmi lesquelles la discrétion, l’humilité, la foi considérée comme le fondement de sa vie spirituelle, et l’obéissance qui fait passer de l’acceptation de la règle (de l’ordre) à l’accomplissement de son contenu.
IV. GLORIFICATION DU TRAVAIL
Tout en reconnaissant l’utilité sociale comme conséquence agréable du travail productif et pacifique (élément indestructible de toutes les civilisations), l’initié, pour mener à bien sa tâche doit s’adapter physiquement et moralement à celle-ci et convenir d’une répartition harmonieuse de sa journée entre le travail proprement dit, les loisirs et la période de repos.
Dans la reconnaissance de la dignité essentielle du travail qui n’est pas une malédiction mais plutôt un privilège qui permet d’accéder aux échelons les plus élevés de la hiérarchie sociale, le Chevalier de ce grade découvre la FM du bois où il est question de l’abattage des cèdres auxquels ledit chevalier s’identifie. Ainsi d’un point de vue initiatique, le cèdre comme l’initié, par sa nature transformée et éclairée, retrouve après être mort à lui-même une nouvelle forme de pérennité spirituelle à l’image du cèdre qui est abattu pour servir à l’édification du temple.
En d’autres termes, le dégrossissage de la pierre brute se poursuit grâce à l’intensification du travail, thème évoqué au degré de Compagnon et au moyen de nouveaux outils constitués des scies, des rabots et notamment des haches dont le symbolisme est éclairant.
Non seulement le symbolisme de la hache se lie à l’activité noble et créatrice du travail, mais il représente aussi :
– La haute puissance spirituelle agissant dans le monde
– La libération possible du FM de la matière qui est parvenue à s’affranchir de toutes les contingences du monde manifesté
– L’accès à cette sublime lumière que la hache permet de faire pénétrer dans la masse homogène de la matière
– Une arme pour combattre les forces élémentaires qui tentent d’éloigner le myste de l’harmonie avec les puissances célestes
– Un autre moyen de couper l’arbre qui représente la rupture du lien d’attachement au passé, une coupure d’avec le monde de la Tour de Babel qui symbolise l’orgueil et l’inflation du moi qu’il faut maîtriser et élever plutôt les temples à la vertu et au devoir.
Dans la même veine de la glorification du travail, il est promis à l’initié grâce à la rationalité de son labeur, de maîtriser les éléments (Terre, Feu, Air, Eau) dans leurs symbolismes respectifs réels de devenir TUBALCAÏN, véritable régent de l’univers, sur qui les vices et leurs corolaires n’ont aucune prise. Bref, de maîtriser, de vaincre cet animal mythologie qu’est le dragon, symbolisant par ailleurs les 4 éléments.
Les principaux enseignements que nous tirons de ce grade confirment les 2 constituantes que sont le physique et l’intellect des hommes pour donner au travail sa dignité, sa noblesse et son honorabilité et les rendre égaux et libres. A fortiori, ces notions d’égalité et de liberté dans le travail, relève la noblesse du travail, l’humanisation du travail et mettent sur un pied d’égalité les 2 principales composantes du travail que sont le travail manuel et le travail intellectuel.
V. CONCLUSION
En guise de conclusion, la philosophie et la spiritualité du travail dans notre grade montrent que la glorification du travail anoblit l’âme et a permis le progrès de l’humanité à travers les multiples inventions qui ont donné à l’HOMO SAPIENS d’aujourd’hui la dimension moderne.
C’est très certainement grâce à cette activité noble et créatrice que l’évolution sociale du futur est garantie dans son développement à venir.
Par conséquent, il est juste de magnifier la dignité du travail en sacralisant une activité utile à tous qui parallèlement montre la grandeur, l’intelligence et l’habilité de celui qui la réalise.
L’on rappelle qu’ici, la hache est l’outil déterminant de ce travail, pour permettre au Chevalier Royal Hache de mener à bien son œuvre. Elle est utilisée pour abattre les troncs les plus puissants, ceux qui possèdent de profondes et importantes racines et appelées par analogie l’égoïsme, l’orgueil, le fanatisme, l’hypocrisie et l’intolérance.
Pour mettre fin à notre planche, nous emprunterons en faisant nôtre, cette sentence tirée de l’initiation au 22ème grade : « S’il doit y avoir pour nous une divinité tutélaire et bienfaisante, ce ne peut être que le travail qui nous apporte depuis tant de siècles [comme illustrée dans la 1ère partie de cette planche], le bonheur, l’harmonie et la liberté. »
Et nous, en paraphrasant le célèbre philosophe Descartes qui disait : « Je pense, donc je suis », d’ajouter : « Je travaille, donc je suis ». Un travail bonifié par la foi, la charité et l’espérance, vertus maçonniques inoubliées et célébrées par ailleurs par le Chevalier R+C.
Vénérable Chef et vous tous mes frères et mes sœurs en vos grades et qualités, J’ai dit.
Bibliographie : (qui nous a inspiré)
1. Symbolique des grades philosophiques, par Irène MAINGUY, Ed Dervy
2. Comprendre et vivre les hauts-grades maçonniques, par Gilbert GARIBAL
3. Le Rituel du degré du R:.H:., Prince du Liban, Ed des bords de Seine
4. Internet.