Du Grand Pontife au Chevalier du Soleil
J∴ M∴ C∴
Ordo ab Chao
Deus Meumque Jus
A La Gloire Du Sublime Architecte De Tous Les Mondes
Michel
Introduction
Le chevalier d’Orient et de l’Epée s’est libéré des chaînes de ses passions et il a reconstruit le Temple pour appeler l’Esprit en lui. Le Prince de Jérusalem a mobilisé toute son énergie, matérielle et spirituelle, devant les obstacles internes qui ralentissent sa réalisation, le chevalier d’Orient et d’Occident mène de rudes combats contre ses passions, dont les braises couvent encore sous la cendre.
Le chevalier Rose-croix gagne ses combats. Nouveau Jésus, il sacrifie l’agneau en lui, sa partie animale, la source involontaire de ses pulsions, et il entre dans une nouvelle œuvre au noir qui lui permettra de renaître en esprit. Une loi nouvelle, humaniste et forte, lui ouvre les perspectives d’un monde nouveau, en abandonnant pour un temps la force pour magnifier l’altérité, l’altruisme, l’agapè.
Il faut pourtant se demander si ces valeurs seront suffisantes pour la construction d’un monde meilleur et plus éclairé. C’est donc dans cet état d’esprit que le Chevalier va poursuivre sa quête philosophique et spirituelle.
Michel
19ème degré : Le chevalier devient Grand Pontife.
Ainsi ayant sacrifié la bête qui est en lui, il erre dans une nouvelle œuvre au noir, et, au sommet de la montagne, il est abandonné dans une retraite nécessaire, pour y refaire encore une fois usage de son fil à plomb afin d’examiner scrupuleusement les recoins de son temple intérieur, cette cité céleste, l’ultime, la belle, la véridique, celle que l’on veut reconstruire. Pontife, souverain pontife…ce grade est encore lié à la chrétienté. Dans la continuité du 18ème, où il est l’agneau, le Grand pontife laisse ses métaux à la porte du temple pour rétablir l’ancien temple dans toute sa majesté, la Jérusalem Céleste, celui qui est en nous, notre quintessence de dimension cosmique, universelle, cet absolu que nous cherchons. Cette cité sainte comporte trois portes sur chaque côté, 12 portes donc, comme les 12 étoiles du cordon du grade.
Dans le tuileur de Vuillaume, il est dit : « alléluia, louez Dieu comme le clame la foule de l’apocalypse, après la chute de Babylone, la cité du matériel, alléluia, j’entre dans la cité spirituelle par l’une des douze portes ! Et j’y suis reçu dans la lumière spirituelle ».
Ce grade est le premier des grades philosophiques, et Pontife, le chevalier construit des ponts, entre lui et le divin, entre les deux rives de sa dualité. Ce grade est merveilleux d’espérance.
Jean-Marc :
20ème degré : Chevalier du Temple
Parlons du 20ème degré de Chevalier du Temple… Le titre fait immanquablement penser à l’Ordre des chevaliers Templiers qui naquit en gestation avec celui des Pauvres Chevaliers du Christ et du Temple de Salomon fondé au Concile de Naplouse par le premier Grand Maître Templier Hugues de Payns et 8 autres fondateurs (1), le 23 janvier 1120. Il fut créé officiellement le 13 janvier1129. 1129 est une date dont la réduction théosophique donne 9 : le chiffre de la renaissance, la fin d’un cycle et un recommencement. Et 9 c’est un nombre qui suivra les Templiers du début à la fin puisque la gestation de l’ordre a donc pris 9 ans à 9 chevaliers. Le dernier Grand Maître de l’Ordre, Jacques de Molay, fut mis à mort le 18 mars 1314 (2)… 1314 : 1+3+1+4=9. Quant à la réduction théosophique du 23/1/1120 par contre elle donne l’Unité. On n’en attendait pas moins de ces preux Chevaliers !
Pourtant voilà bien une filiation pour le moins discutable du moins sur le plan moral… La chevalerie Templière fut certes un Ordre où le combat et surtout la guerre sainte menaient à une voie d’ascèse et de libération mais que peut-il y avoir de commun entre des moines-guerriers intégristes de la foi chrétienne pourfendant sans pitié les infidèles et dont la puissance financière et l’arrogance étaient légendaires et un ordre initiatique humaniste comme la Franc-Maçonnerie ?
Le rituel du 20éme degré du R A P M M est néanmoins très clair à ce sujet… Templier le candidat sera : il se devra de porter le manteau blanc de l’Ordre frappé de la croix pattée alésée de gueules rouges et l’épée à garde cruciale et portera aussi l’anneau de Chevalerie. Le fauteuil du Commandeur sera décoré de la croix Templière rouge et on s’approchera presque du blasphème à la laïcité lorsque ce dernier exorcisera l’huile d’Onction et l’Encens en invoquant l’Archange Michel.
Le futur Chevalier du Soleil s’entendra dire que le saint Ordre de Chevalerie dans lequel il souhaite entrer est fondé tout entier sur l’exercice de la « divine religion » et que son épée sera bénie par le « Seigneur Saint, Père tout puissant et Père Eternel », par « l’avènement de son fils Jésus-Christ » et le don de « l’Esprit Saint Consolateur » et qu’il s’en servira pour « défendre la Sainte Eglise de Dieu »… Quant à la chaine d’Union, elle intégrera un « Notre Père » en bonne et due forme… Nous sommes bien loin d’une vision séculière de la Franc-Maçonnerie…
Michel
21ème degré : Le Patriarche Noachite
Ainsi que les Chevaliers du Temple qui avaient bâti une puissante organisation défiant les Papes et les Rois, les enfants de Noé, par orgueil, avaient voulu bâtir la tour de Babel, pour défier Dieu. Ils ont oublié l’alliance avec l’Eternel et ont voulu construire une tour si haute qu’ils seraient à l’abri de la vengeance divine.
L’Eternel descend alors sur Terre pour créer la confusion entre les langues, donc entre les hommes.
Chevalier Rose Croix, il sacrifie son animalité, Pontife, il construit un pont entre ses deux rives, entre la Terre et le Ciel, entre l’Epais et le Subtil qui sont en lui. Descendant de Noé, le chevalier patriarche se souvient qu’au début de l’humanité, ses ancêtres ont manqué d’humilité et ont pêché par orgueil. Et il promet de se dépouiller de toute vanité dans sa vie future, il promet de ne pas tolérer l’orgueil et l’ambition, la vanité de défier Dieu, les lois supérieures du Cosmos, de ne pas poursuivre son chemin sans avoir fait l’introspection et donc l’amélioration de soi. Se dépouiller de toute vanité, c’est ce qu’a fait Phaleg, l’architecte de la tour de Babel, avant de se réfugier en Prusse…selon la légende. Ayant reçu le pardon de Dieu, ayant admis nos vanités et notre orgueilleuse attitude dans la vie profane, comme dans les autres vies d’ailleurs, nous pouvons continuer notre chemin, avec humilité.
Nous sommes bien dans la continuité philosophique du rite. Après le summum du 19ème, c’est une indispensable remise en place des choses. La liberté a ses limites, dans les profondeurs comme dans l’élévation! Mais il faut oser les explorer pour prendre la mesure de ce qui est possible. Goûter à l’arbre de Vie pourrait nous amener à nous croire au-dessus des lois mais la communication vers le haut est alors coupée et il faut retrouver un peu d’humilité en creusant le sel, pour y retrouver notre nature première.
Jean-Marc :
22ème degré : Chevalier de Royal Hache
Au R A P M M et nos 96 degrés, le 22ème degré est celui du Chevalier de Royal Hache (à ne pas confondre avec le Chevalier de Royale Arche du 13ème degré). Il est aussi appelé Prince du Liban. Le Cèdre du Liban en est l’emblème et il figure sur le tablier du maçon. Liban en est le mot de passe. Mais le grade se réfère aussi à une hache d’où son nom. L’arbre avec le laurier et l’olivier qui est au quatrième grade, le symbole de la victoire que l’on doit remporter sur soi-même préfigurent quelque part ce 22ème degré.
Par ailleurs, dans ce degré, c’est la dignité du labeur qui est démontrée. C’est un privilège, pour un homme d’être autorisé de gagner sa pitance par le travail. L’oisiveté, le non-labeur, est quant à lui déshonorant.
Le thème de la construction du Temple de Salomon est repris dans son ensemble à ce grade mais vu par le biais d’un prisme forestier, bien que christianisé. En effet, dans certains rituels forestiers antiques (3), le tapis de Loge, par exemple, est ainsi décrit : « Il doit y avoir des haches, des scies, des maillets et des coins répandus sur le parquet » et « chaque frère est armé d’une hache ». Ce degré nécessite deux chambres, la deuxième étant plus maçonnique, en tentant de restituer le Conseil des chevaliers de la Table ronde, reprenant ainsi le mythe de la chevalerie celtique du roi Arthur. Le signe de demande est ainsi décrit : « Porter les deux mains vers l’épaule droite et les laisser tomber vers la cuisse gauche comme si l’on abattait un arbre à coup de hache ». Le bijou du sautoir est bien entendu une hache, mais elle est ici couronnée. Il est clair que la transposition symbolique du travail compagnonnique ne porte ici que sur les travaux du bois issus de la forêt, et non à la maçonnerie de la pierre.
La hache pourrait aussi suggérer un caractère sacré allié à la notion de sacrifice possiblement issue de l’imprégnation que la maçonnerie dite écossaise aurait subie de la part des rites forestiers où la hache serait l’alter ego de l’épée.
Michel
23ème degré : Le chef du tabernacle
Le Chef du Tabernacle voit les limites de sa raison et perd une partie de sa liberté dans la mesure où il lui préfère les sacrifices et des offrandes qui relèvent de l’idolâtrie…
Ce retour dans le désert évoque l’empreinte animiste dans nos esprits. Ceci dit, c’est bien à ce degré la consécration de l’Union parfaite du Cœur et de la Volonté.
Fils d’Hiram, le chef du tabernacle est bien un chevalier qui sait braver le danger sans abandonner la vertu. Il retrouve l’arche d’alliance et il est là pour accomplir ce qu’Hiram avait commencé. C’est celui en qui Hiram continue à vivre, relevé au 3ème degré. Tous les M M sont des fils d’Hiram, maître du temple de Salomon, donc chef du Tabernacle. A l’époque d’Aaron et de Moïse, pendant la traversée du désert, le tabernacle était la tente sous laquelle était l’arche d’alliance, qui contenait les tables et les plans du Temple qui serait construit en Terre promise. C’était bien la demeure de Dieu donc. Les tables de la loi constituaient l’alliance avec l’éternel. Le Tabernacle avait les mêmes dimensions que le temple à construire, par Hiram. Moïse y avait rendez-vous avec Dieu chaque jour.
Si nous sommes les fils d’Hiram, nous sommes les fils du peuple hébreu, et nous sommes Moïse, parlant à Dieu en notre temple intérieur, notre tabernacle. Et nous en sommes bien le chef, dans la mesure où nous avons soumis nos passions en sacrifiant l’agneau. Comme dans les degrés précédents, nous devons toujours faire le sacrifice de nous-mêmes, corps, âme et esprit en notre sanctuaire, celui dont nous avons les clefs. Il faut à nouveau tuer le vieil homme en nous pour renaître à nouveau.
La quête du maçon est vraiment l’éternel recommencement de sa prime initiation.
Jean-Marc :
24ème Degré : Prince du Tabernacle
Dans la continuation du 23ème degré, le 24ème nous apprend qu’une croyance mutuelle envers une entité superpuissante lie tous les hommes entre eux en une confrérie internationale, les fils d’Hiram. Il poursuit la formation de son détenteur en qualité de guide initiatique en lui conférant le deuxième échelon de la hiérarchie sacrée. Le Prince du Tabernacle devient alors un intermédiaire privilégié entre le Grand Architecte de l’Univers et les Humains qui rayonne, non seulement parmi les Maçons mais auprès des Humains, ses Frères et Sœurs. Car il est écrit qu’on n’allume point une chandelle pour la mettre sous le boisseau, mais bien sur un chandelier, « afin qu’elle puisse éclairer tout ce qui l’environne (4) ».
Ainsi qu’il est dit dans la Genèse (1-2), « de même, voyons-nous, dans l’Œuvre, la nécessité de rendre manifeste ce feu interne, cette lumière ou cette âme, invisible sous la dure écorce de la matière grave. L’opération qui servit aux vieux philosophes à réaliser ce dessein, fut nommée par eux sublimation… L’esprit gagne alors la surface externe de la substance brassée et continue de « se mouvoir sur les eaux », jusqu’à ce que la lumière paresse. Et Fulcanelli ajoutera : « c’est alors qu’il prend, en se coagulant, une couleur blanche éclatante, et que sa séparation de la masse en est rendue très facile, puisque la lumière s’est, d’elle-même, placée sur le boisseau, laissant à l’artiste le soin de la recueillir (5) ».
Un chandelier à sept branches « se place » ainsi au milieu de la Hiérarchie, la Loge des Princes du Tabernacle, et rayonne tel un soleil en « multipliant » par sept ses lumières et en « projetant » quarante-neuf étoiles autour de la Loge lors de la cérémonie de réception du degré. L’aube bleue des Princes du Tabernacle « semée d’étoiles d’or et ornée d’un collet de rayons d’or imitant une couronne » illustre cet état de luminaire rayonnant sur une voûte céleste constellée d’étoiles, leurs décors blancs et rouges soulignant encore cette spiritualité rayonnante : « un tablier blanc doublé de ponceau, sur le milieu duquel est brodé un triangle lumineux d’or ; des gants blancs ; un large cordon ponceau moiré auquel est suspendu le bijou : un globe d’or surmonté de deux triangles entrelacés dans un cercle entouré d’une gloire rayonnante avec, au centre, le mot Jéhovah ».
La « multiplication » des sept lumières du chandelier par sept, et la « projection » de ces quarante-neuf étoiles autour de la Loge, rappellent les dernières phases du 3ème Œuvre alchimique, la Multiplication et la Projection, et les transformations du Mercure et du Soulphre symbolisées par les « carrés » des Nombres symboliques Sept et Trois. « On entend par la Multiplication Philosophique, une augmentation en quantité et en qualité, et l’une et l’autre au-delà de tout ce qu’on peut s’imaginer. Le second Soulphre « se multiplie » avec la même matière dont il a été fait (le Mercure Philosophique), en y ajoutant une petite quantité du premier, selon les poids et mesures requises (6) » ajoutait Dom Pernety. Rappelons que le mercure philosophique n’a rien à voir avec le mercure métallique et désigne l’ingrédient initial de la pierre philosophale que l’hermétisme reconnait comme le principe féminin générateur du monde. Cette opération symbolisée en alchimie par le « carré » des nombres sept et trois, l’est au 24ème degré « par les accords de sept et de trois fois trois ».
Elle transforme les Maçons Princes du Tabernacle et Chefs du Tabernacle en « Elus » comme le Soufre se sublime et se multiplie dans le Mercure Philosophique à ce stade de l’Œuvre. Voici que l’on retrouve à ce grade une forte connotation alchimique.
Michel
25ème degré : Le Chevalier du Serpent d’Airain.
Nous avons l’obligation à ce degré de libérer les captifs, de porter la croix du très Haut aux quatre coins de l’Univers, de courir au secours des frères que la tyrannie des infidèles retient sous leur empire. La devise est vertu et courage.
Ce grade nous replonge au temps des croisades mais, dans un anachronisme permettant au temps d’être universel, il nous ramène aussi à l’exode.
Nous sommes dans le désert du Sinaï. Le peuple est las des épreuves, il souffre de la faim et de la soif et ne manque pas de s’en prendre à l’Eternel et à Moïse. Dieu punit alors de la peste les Hébreux de leur peu de foi et beaucoup périssent. Moïse retourne sur le mont Sinaï et implore le pardon de Dieu pour qu’il cesse les épreuves.
Un serpent apparait. Il le suit jusqu’à un serpent blessé, qui perd son sang, et qui est près d’expirer. Le premier serpent guérit le second avec des herbes et les deux s’en vont dans la joie. Moïse ramasse l’herbe miraculeuse, qu’il essaie sur plusieurs sujets malades, puis sur l’ensemble du peuple. En mémoire de cet événement; il fait couler un serpent d’airain qu’il fait promener sur une croix.
Cette tradition est transmise de génération en génération jusqu’aux croisés, au 12ème siècle, qui forment l’Ordre du Serpent d’airain. A la chute de Jérusalem en 1287, des croisés, se réfugièrent sur le mont Sinaï, délivrant au passage les chrétiens aux mains des infidèles. Au nombre de 300, ils construisent un monastère en se dévouant à l’étude des sciences, au culte du vrai Dieu et à la délivrance des captifs.
Le message maçonnique parait clair. Moïse sur la montagne, c’est le maçon dans un lieu intérieur qu’il sublime. Il implore, il réfléchit et a la révélation de la cause du mal: la matérialité symbolisée par le serpent rampant sur terre. Il voit le serpent blessé, et il se voit lui-même, dont l’esprit est pestiféré et risque de mourir à cause de trop de matérialité. L’autre serpent, c’est l’autre lui-même, qui va guérir le premier. C’est l’âme et le corps réunifiés, apaisés, joyeux. L’herbe qui guérit est l’arbre de vie, issu de la terre qui s’élève vers le ciel. Et quand Moïse vérifie sur un sujet l’efficacité de l’herbe, c’est sur un vieillard, symbole de sagesse, symbole de la sagesse initiale qui est en chacun de nous. Ce serpent d’airain n’est-il pas aussi le symbole de notre dualité, de par sa double nature de cuivre et d’étain ?
Coulé à terre, il est relevé sur une croix et montré à tous. Il passe de l’horizontalité à la verticalité, comme le M M lors de l’exaltation, autrement dit la verticalité est la guérison spirituelle. Les deux serpents ne se retrouvent-ils pas enroulés autour du caducée d’hermès…et des médecins. La leçon maçonnique est que l’homme ne peut progresser que dans sa dualité totale.
Les 300 chevaliers qui forment l’ordre, c’est bien sûr 100 fois trois, cent fois notre tri-unité, autrement notre transcendance. Ce groupe de chevaliers, dont nous sommes, travaille sa tri-unité, le matériel, en se libérant de l’esclavage du corps, l’intellectuel, par l’étude des sciences, rappel du second degré, et le spirituel, en se consacrant à Dieu. En chevalier, il aide ses semblables à se libérer de leurs chaines après s’être libéré des siennes. Nous sommes toujours dans la tradition des chevaliers du Temple.
Jean-Marc :
26ème Degré : Prince de Merci ou Prince de la Clémence
Ce degré nous apprend la pitié; cet état de compassion et de tendresse du cœur qui nous permet de passer par-dessus les blessures, et de traiter un délinquant mieux qu’il ne le mérite.
Le titre de Prince de Merci demande de fait comment comprendre le mot Merci, et quelle est son origine. Associé à la clémence c’est certainement le sens moyenâgeux de la « merci », de la pitié qui en est encore le sens du mot anglo-saxon.
Le 26ème grade conjugue à la fois le caractère trinitaire des notations, et le caractère traditionnel d’une triple inspiration: religieuse, alchimique et Templière. On y retrouve 3 trois couleurs (vert, rouge et blanc), trois épreuves, la vérité voilée, I’indication du Troisième Ciel, le signe d’appel ou de Secours « A moi les enfants de la Vérité ! » La voûte impénétrable, la science infuse, le mot signifiant « Fais ce que tu voudrais qui te fut fait », enfin, le Palladium – l’objet tutélaire, protecteur.
Le Palladium, et la Vérité Voilée ne font probablement qu’un, un rappel à la Sagesse, et à la prudence, mais aussi à une référence à la loi, avec ses trois formulations successives, celle d’Abraham, celle de Moïse et celle de Jésus.
On y parlera « d’eaux qui ne mouillent pas », où les alchimistes – encore eux – verront volontiers une allusion au Mercure, et où les mystiques verront une image de l’esprit Saint qui flotte au-dessus des eaux, ou de Jésus qui marche sur les eaux.
Michel
27ème degré : Grand Commandeur du Temple
On nous a rappelle à ce degré que nous avons appris par trois voyages le mystère de la Triple Unité, que nous avons été libérés du joug. Et que nous gardons la clef du temple.
Les trois voyages effectués dans le plus grand des silences sont un rappel des trois voyages de l’apprenti, sauf que ceux-ci sont célestes. Aux grades précédents il est libéré du joug de la servitude, de son égo, de sa matérialité et il devient maître de lui-même, un roi aux trois pouvoirs, chevaleresque, sacerdotal et prophétique.
Obligé de rentrer en lui-même et d’accepter sa triple unité, il devient le gardien du temple, du tabernacle et en possède la clef. Nous avons en effet en nous le pouvoir d’ouvrir ou de fermer notre propre temple. De l’ouvrir à l’Amour et de le fermer à la haine, l’intolérance et les ambitions.
Premier matériau vivant de la construction de son temple, il est aussi le serviteur de ce temple, où réside le divin qui est en nous et qui est nous, édifice sacré au service du GADLU. La triple unité est aussi la triple alliance avec l’éternel, avec Abraham, Moïse et Jésus : Avec Abraham il sacrifie son animalité, avec Moïse il découvre le tétragramme et la Loi, avec Jésus, il se rend compte que tout cela est en lui, fils de Dieu et qu’il est lui-même le temple de Dieu.
Il est le commandeur du temple et en détient les clefs, celle donc de la connaissance, il est prêtre de la divinité qui est en lui. Porteur de la croix de l’ordre, il est le chevalier qui combat pour apporter la Lumière, car il a lui-même vu la triple lumière. Et c’est pour cela qu’il peut maintenant être Chevalier du Soleil…
Jean-Marc :
28ème Degré : Chevalier du Soleil
Ce degré de Chevalier du Soleil nous rappelle les références forestières du 24ème degré de Chevalier de Royale Hache puisque la décoration de la Loge représente une forêt. Le V P M qui se nomme Adam porte un sceptre garni d’un globe car il a été constitué Souverain Maitre du Monde créé.
La référence biblique est ici portée par les « Chérubins » qui sont les 7 anges, chacun la figure d’une planète (avec un petit hic astronomique puisque Raphaël est sensé figurer la Lune). Les douze « Sylphes », c’est-à-dire les douze derniers Chevaliers reçus porteront un tablier de peau brune – encore une référence forestière – mais aussi un bijou avec chacun l’un des signe du zodiaque.
Ce grade est définitivement alchimique : les 4 triangles du tableau de Loge représentent la terre, l’eau, l’air et le feu et les 7 chérubins représentent les 7 métaux (or, argent, cuivre, fer, plomb, étain et le mercure) et surtout le mot de passe « Stibium ». C’est le mot des alchimistes par lequel ils désignent l’antimoine « principal élément de toute chose », la « materia prima avec lequel le travail commence et dont la volatilisation progressive sous l’effet du feu sera la source d’où l’on tirera l’Alkaes, le dissolvant universel dont le fait qu’il ne pourrait être contenu dans aucun récipient n’est pas la moindre de ses curieuses propriétés… »
Conclusion :
C’est l’un des fondateurs de notre Obédience, Richard Ambelain lui-même qui écrit à propos de la multiplicité de l’échelle de nos grades (7) « les 95 degrés du rite de Memphis-Misraïm doivent être considérés comme un déambulatoire où reposent de vieux degrés maçonniques qui ne sont plus pratiqués ou guère et non comme une échelle de valeurs ». Beaucoup de ces grades sont conférés par communication bien que mon frère Michel et moi-même ayons eu la grande joie d’être initiés au 28ème degré. Mais nous avons été conviés à approfondir notre réflexion sur tous les grades intermédiaires et c’est ce que nous avons tenté de faire dans cette planche.
Alors quel fil rouge dans tout ceci ? Très certainement deux : l’un tourné vers le monde extérieur : la chevalerie et ses devoirs de probité, de justice, de dévouement, de compassion et l’autre vers son monde intérieur : l’alchimie et ses conséquences sur le développement du surconscient…
Nous avons gravi les sept marches et les principaux degrés de la maçonnerie, nous sommes arrivés du centre des ténèbres, et nous avons pu en sortir par la réflexion et l’étude de la Nature, dont les lois nous aident à vivre dans l’harmonie. Nous avons acquis une plus grande connaissance de l’âme humaine, et nous sommes devenus plus indulgents envers nos semblables.
Ensemble : Nous avons dit, T I F et S
Notes :(1) Outre les deux noms précités, ses fondateurs incluaient Godefroy de Saint Omer, André de Montbard, Bernard de Clairvaux, Payen de Montdidier, Archambaud de Saint Amand, le Comte du Hainaut Geoffroy Bisol de Frameries, Rolland de Provence et un autre personnage plus mystérieux et connu sous son seul prénom de Gondemare.
(2) Bien que l’Ordre fut officiellement dissout par le pape Clément V le 13 mars 1312 à la suite d’unprocès en hérésie.
(3) Manuel général de maçonnerie, page 186, Teissier, 1883.
(4) Matthieu, 5-15 ; Marc, 4-21, Luc, 8-16.
(5) Fulcanelli, Les Demeures Philosophales.
(6) Dom Pernety, Fables égyptiennes et grecques.
(7) Franc-Maçonnerie d’autrefois.