30°
#427012
D’un Camp à l’autre
Non communiqué
Pourquoi le CKH travaille-t-il dans un camp ? Je n’ai pu lire nulle part une référence à cela et c’est donc une réflexion toute personnelle que je vous soumets, bien persuadée que vous pourrez l’enrichir par vos propres contributions.
Je m’autorise ce préambule parce que le 30ème degré, dernier degré de la hiérarchie initiatique nous oblige à une réflexion difficile parce que soumise à des ambiguïtés, des contradictions apparentes, et qu’il semble que nous soyons revenus au binaire de nos premiers pas d’initiés.
D’où venons-nous ? D’une vallée où l’on s’est reposé, où le soleil s’est obscurci, et où l’on essaye en se reconstituant intérieurement, de retrouver la Paix Profonde. Nous devons détecter la présence de notre pierre cachée, que nous cherchons depuis le début de notre démarche. Les outils ayant étant dispersés, nous devons retrouver la parole perdue qui nous permettra de gravir la montagne pour accomplir une mission de justice qui aura été préparée par l’Amour emmagasiné dans les vallées capitulaires. Là haut peut-être verrons-nous la Vérité en action.
Des vallées capitulaires nous sommes partis à l’assaut de la montagne où après avoir traversé une caverne, comme à chaque cycle évolutif, nous sommes prêts à surveiller le monde environnant car nous avons reçu la lance de St-Michel, le caducée d’Hermès, plutôt que le poignard du sicaire et cette arme nouvelle est bienfaisante. L’adversaire qui en sera frappé en sera ennobli afin de se ranger à nos côtés.
Le camp est un vaste terrain où l’armée dresse ses tentes. Je vous ferai grâce de toutes les expressions construites sur camp pour m’attarder toutefois à celles de « décamper » ou bien son contraire, que je lui préfère, « camper sur ses positions ».
La recherche d’un lieu propice pour établir son camp me rappelle la construction du temple. Le choix des chevaliers appelés à y travailler suppose une adhésion totale à l’idéal qui s’y trouve prôné et défendu (ici nous dirions fidélité), des qualifications spécifiques, et un potentiel reconnu par tous. Cela nous renvoie à tout le processus initiatique.
Le camp est dressé à un endroit propice pour que les chevaliers puissent combattre l’injustice et l’oppression d’où qu’elle vienne.
Le lieu essentiel du combat n’est pas celui d’où l’on vient ni où l’on va, c’est celui où l’on est. Par lieu, on pourrait entendre aussi état. Son nom fut autre et le même pourtant nous rappelle que le chevalier est kadoch mais qu’il fut autre dans tout le processus initiatique. Il fut apprenti, Rose-Croix avant d’être Kadosh.
Dans la devise « Fais ce que dois, advienne que pourra » on retrouve la reconnaissance, en même temps que la nécessité de l’action dans l’instant, dans le présent.
Cette notion de lieu et d’action simultanés me fait penser au dépouillement des métaux. En effet pour agir, il faut être disponible de tous liens, quelle que soit leur nature, afin qu’ils ne soient pas des entraves à l’action. L’honneur doit présider aux sentiments.
Le chevalier Kadosh doit être lui-même,sans états d’âme. Il n’y a pas de place pour le doute. Seule la certitude peut être le moteur de l’acte.
Le combat du chevalier est intérieur. Nous savons bien qu’il est plus aisé de combattre à plusieurs (pour la bonne cause) mais la quantité, le nombre n’est pas toujours gage de qualité lorsqu’il s’agit d’un combat intérieur que seul, responsable devant notre conscience, sommes capables de livrer. Le V.I.T.R.I.OL. ne nous a jamais quittés.
Camper me fait penser aux nomades qui élisent domicile où bon leur semble, au gré du vent, et que l’on chasse en ce moment. Ne sommes-nous pas citoyens du Monde ? Une anecdote, en 1988 j’enfreignis la loi de la civilisation classique, j’ai voulu planter ma tente à St Guillem le désert. Mais un hélicoptère nous en dissuada. Nous n’étions pas dans un camping labellisé par la société et les patrouilles descendaient très bas à la recherche de Pauline Laffont. Nous dûmes décamper.
C’est ainsi que se dessine la mission du chevalier de l’aigle blanc et noir. Mais un adversaire qui se range à nos côtés est-il un traître lorsqu’il est touché par la cause d’Equité et de Justice à laquelle nous nous livrons dans ce monde, seul univers complet, où aucun mot d’ordre ne nous a été donné sinon de connaître notre devoir. Il nous faut faire la différence entre l’ennemi et l’adversaire qui est juste pour un moment sur l’autre versant.
Ainsi donc la notion de camp est toute relative, chacun peut, de part sa propre quête, se retrouver dans ce qu’on pourrait appeler un autre camp. L’initiation est tout sauf un long fleuve tranquille.
Michel Piquet dit du chevalier Kadosch « qu’il est la face apparente quoique non avouée de l’Ordre. Mais il n’agit pas collégialement. Le chevalier Kadosch en tant que tel demeure une personne individualisée, c’est là son sacrifice… »
Mais qui mieux que soi-même se connaît. On peut toujours rêver de Sagesse, on sait que l’on ne l’atteindra jamais. Doit-on parler de traîtrise ? Souvenons-nous la question à l’étude d’y il a quelques temps. « Nec proditor, nec proditur, innoncens feret ». « Ni traite, ni trahi… l’innocence le protège»
Le camp est donc l’endroit où le CKH se trouve, campera pour accomplir sa mission qui est d’aimer l’humanité et de rendre la justice. Pour cela, on ne lui donne pas de consignes, il est censé, armé du poignard, après tout le chemin parcouru, connaître son devoir, sa mission.
Mais comme le rappelle le rituel ce poignard n’est pas celui du sicaire. Mais peut être l’arme qui sacrifie l’orgueil pour pouvoir faire naître en lui une plus grande tolérance.
Reprenant l’idéal de la chevalerie, qui implique le respect à la règle, jusqu’au sacrifice ultime, ce qui sur le plan de l’intériorisation tend à le confondre avec la notion de saint mais aussi de séparé. Le chevalier est seul dans sa quête, dans son combat et le plus difficile est de l’accepter.
Le chevalier est un servant, un vassal qui se réalise dans l’action pour la cause de justice à laquelle il est formé. Après plusieurs références au rituel, il apparaît que le travail du chevalier KDH est de nature à la fois extérieure et intérieure. Le chevalier est un guerrier, le glaive, le poignard, le serment, la devise et l’acclamation à chaque tenue lui rappellent ce combat. Cette notion de combat implique l’abandon des métaux et le refus de la puissance, des biens matériels, de l’irréalisme.
Je nous rappelle les mots du Chev d’Eloquence au Chev Gd Ecossais de St André…. « L’ultime mutation vous a placé sur le plan de la dualité, symbolisée partout dans cet aréopage. »
Ainsi arrivé, dans toute hiérarchie tout au moins, au grade ultime de l’initiation, le chevalier de l’aigle blanc et noir ne reçoit pas de mot d’ordre car il est considéré comme l’initié qui saura se comporter sans avoir à en référer à un autre que lui-même, il est sa propre conscience qui est riche de connaissance et d’amour.
Le CKH arrivé au sommet de l’échelle, dans ce camp retranché que représente sa propre intériorité n’a plus qu’une chose à faire redescendre de l’autre côté de la volée pour écouter la voix de sa conscience. C’est ce travail qui le plus important. Et ce combat qu’il livrera contre son mauvais côté sera d’autant plus difficile à mener que dans ce camp retranché de sa consciente il est seul, seul avec lui-même. Là se trouve la vraie solitude. Mais sans doute aussi la Paix que nous recherchons depuis le début.
En conclusion je citerai un quatrain pris dans l’ouvrage de Claude Guérillot sur le 30ème :
« Si tu veux
être
l’étoile dans le ciel
Sois d’abord le feu sur la montagne
Si tu veux être le feu sur la montagne
Sois d’abord la lampe dans ta maison »
Sois d’abord le feu sur la montagne
Si tu veux être le feu sur la montagne
Sois d’abord la lampe dans ta maison »
J’ai dit TPGM
C B
Bibliographie :
Son nom fut autre de Claude Guérillot (édition Véga)
Du chevalier d’Orient au Chevalier Kadosh de Jean-Claude Mondet (éditions du Rocher)
Résumé de : D’un camp à l’autre
Notre sœur pense qu’il peut ne peut pas exister une réponse exhaustive mais nous apporte « sa réponse ». Sa réflexion personnelle. S’appuyant sur les paroles du Chev d’Eloquence au Chev Gd Ecossais de St André…. L’ultime mutation vous a placé sur le plan de la dualité, symboliser partout dans cet aréopage. Elle nous propose un travail basé sur la dualité tant au niveau du Kadosh que du lieu où se situe les travaux.Car pour elle le camp est plus un état qu’un lieu.
Elle reprend l’idéal de la chevalerie, qui implique le respect à la règle, jusqu’au sacrifice ultime, ce qui sur le plan de l’intériorisation tend à le confondre avec la notion de saint, de séparé et donc de solitude. Le K DH est arrivé au terme de sa démarche initiatique, en haut de l’échelle d’où il peut lire « nec plus ultra » il ne peut que redescendre dans le monde, seul univers complet, armé de l’épée de Justice.