30°
#927012
Les deux poursuivants
Non communiqué
A la
Gloire du GrandArchitecte
de l’Univers
Deus Meumque Jus
Rite Ecossais Ancien et Accepté
Ordo Ab Chao
Au nom et sous les Auspices du Suprême Conseil de France
LIBERTE – EGALITE – FRATERNITE
Sublime Aréopage
Très Eminent Commandeur et vous tous mes Frères Chevaliers Kadosch
Deus Meumque Jus
Rite Ecossais Ancien et Accepté
Ordo Ab Chao
Au nom et sous les Auspices du Suprême Conseil de France
LIBERTE – EGALITE – FRATERNITE
Sublime Aréopage
Très Eminent Commandeur et vous tous mes Frères Chevaliers Kadosch
L’intervention des deux poursuivants dans le rituel que nous venons de vivre est impressionnante. C’est un moment singulier qui restera gravé dans nos mémoires.
Le rituel des différents degrés du Rite Ecossais Ancien et Accepté nous avaithabitué à quelques dialogues entre officiers au moment des initiations et des instructions. Jamais encore avec un échange aussi direct, jamais encore avec un tête-à-tête aussi violent.
Plutôt que de retenir la simple émotion, posons-nous les questions de savoir qui sont ces deux poursuivants, quels sont leurs rôles, quelle en est la symbolique?
Le plus simple serait certainement de leur demander directement, mais peut être pouvons nous auparavant avancer quelques pistes…
La première apparition des deux poursuivants dans les rituels est apparemment récente. On en trouve une toute première trace au début du vingtième siècle dans le rituel d’une Loge russe en exil à Paris : la Loge Astrée*. Jacques B aura sans doute quelques précisions à nous apporter…
Nos deux poursuivants sont des chevaliers Kadosch, l’un est revêtu d’une robe blanche et se place en tête du camp du septentrion tandis que l’autre, tout de noir vêtu, prend place en tête du camp du midi. Leur place respective a-t’elle une importance ?
Alors que les récipiendaires se trouvent face à face aux pieds de l’échelle mystérieuse, les deux poursuivants entament leur dialogue. Le poursuivant noir loue la violence, le mépris des interdits, le matérialisme, la destruction totale permettant de vaincre le monde… Le poursuivant blanc réfute toutes ces exhortations en prônant l’humilité, la sacralisation de l’être, le symbolisme, la spiritualité, le réemploi des matériaux pour construire selon des conceptions différentes…
Le poursuivant noir s’oppose au poursuivant blanc… Ils nous rappellent le pavé mosaïque dont la dualité nous a procuré bien des interrogations au début de notre cheminement initiatique. Véritable opposition des ténèbres et de la lumière. Le noir symbolisant l’inconnu, le néant, la source de toutes les peurs. Le blanc, représentant la Lumière. La proposition étant de nous permettre de passer de l’inconnu au monde à découvrir, de la terre au ciel, de la matière à l’esprit… Monter et descendre l’échelle avant d’aller seuls par le monde, c’est penser et agir, comprendre et faire, oser et espérer.
Désormais, ne nous faut-il pas passer d’une couleur à l’autre, d’une couleur dans l’autre, car ces deux couleurs peuvent s’annihiler l’une l’autre ?
L’Excellent Orateur nous l’a bien expliqué tout à l’heure : « Tout dans cet Aréopage symbolise la dualité ». Il a même ajouté que : « Nous pouvions concevoir la notion d’un plan supérieur, celui de l’Absolu, où la dualité se résout en unité ».
Le poursuivant noir ne serait-il pas un Chevalier provenant du groupe des mauvais compagnons? Ne doit-il pas évoluer en poursuivant blanc, c’est-à-dire en celui qui saura donner à ceux qui sauront recevoir? Etre le témoin de l’opposition des contraires doit nous permettre de comprendre que toutes ces choses se ressemblent comme elles se complètent.
Comme l’aigle bicéphale blanche et noire qui harmonise les contraires et réconcilie les oppositions pour arriver à une synthèse équilibrée, le Chevalier Kadosch doit aboutir à un jugement serein et à une action dont la portée doit être universelle. Ne serait-ce pas là aussi le message que nos deux poursuivants ont bien voulu nous livrer? Bien appréhender la complémentarité des choses pour en dégager une vision globale. Le Chevalier Kadosch doit tirer les conclusions qui s’imposent à lui avant de déterminer ses choix dans l’action.
Quelle est l’étymologie des mots poursuivant ou poursuivre ? Du latin classique pro signifiant : devant et de sequere qui se traduit par: suivre. Véritable paradoxe, car comment suivre devant? Cela ne pourrait-il pas signifier : précéder? On dit aussi que l’on poursuit une idée, or quelle est l’idée force de notre degré de Chevalier Kadosch? C’est l’action, et que devrait précéder toute action? La réflexion.
Nos poursuivants ne pourraient-ils pas alors représenter notre conscience? Conscience qui nous permet de réfléchir avant de construire et de développer notre action.
Parler de l’action de l’initié revient à parler d’une action que nous ne connaissons pas parce qu’il faudrait déjà être uninitié pour en parler. Le véritable initié n’a pas besoin de parler, il s’exprimera par l’action…
Très Eminent Commandeur, j’ai dit.
Ph N
*Dictionnaire du Rite Ecossais Ancien et Accepté de Michel Saint-Gall aux éditions Télètes.