L’hermetisme du REAA
Non communiqué
L’adepte vainqueur des attractions
élémentaires
Le 24 juin 1717 à l’enseigne de l’Oie et du Gril à Londres quelques « vieux frères » aux mains blanches et lisses, maçons par alliance, par héritage, accueillis par les artisans de métier, autrement dit « Maçons acceptés » vont, en ce jour de la St jean d’été, se donner un maître : Anthony Sayer. Dès lors, ils vont progressivement occuper l’espace et faire évoluer une maçonnerie opérative vers une maçonnerie spéculative dont les plans sont abstraits et les outils symboliques. Ils vont utiliser le mortier de la pensée, l’équerre de l’âme et le compas de l’esprit. Leur intention : faire un homme nouveau.
Lourde responsabilité
qui va en trois siècles instituer un ordre, et imposer des
principes, une régularité à ses
membres qui jusqu’alors « libres dans une
loge libre » interprétaient librement
les quelques manuscrits et grimoires appelés « Old
charges ». Mais ce vaste mouvement, qui va passer
de la poussière des chantiers aux perruques
poudrées du siècle des lumières, ne
peut se satisfaire d’origines issues des seuls chantiers des
cathédrales.
Un panégyrisme nécessaire s’impose pour
trouver des fondations plus nobles. Puisés dans le tumulte
des siècles, on va découvrir à cette
Maçonnerie moderne des initiateurs
célèbres, et à grand renfort de
Perses, Grecs, Druides et Templiers, ses origines vont
désormais prendre leur source dans le taillis du mythe, la
forêt des légendes et les racines
entrelacées de la tradition.
Les chercheurs vont remonter le chemin proposé par les Ecritures et découvrir qu’Adam lui-même, premier initié, fut reçu par Dieu, créateur de la lumière. Bien d’autres allégations vont suivre qui pourraient passer pour des extravagances, s’il n’était admis par ses historiens, que la Franc maçonnerie domaine de recherche, apporte à l’adepte une forêt ordonnée de symboles dont la perspective voilée par nécessité n’est perceptible qu’à son regard d’initié.
Nécessité ou manière de dire que la Franc maçonnerie a toujours existé, sinon en acte du moins en puissance de devenir, car comme le dit Oswald Wirth « elle répond à un besoin primordial de l’esprit humain ».
Espace de liberté, les ateliers maçonniques sont alors de véritables refuges pour tous ceux qui souhaitent apprendre, comprendre et réfléchir, et dans cette période de transition marqué par une véritable inflation de grades et de Rites, les enfants d’Hermés trouvent non seulement leur place mais vont largement contribuer à l’enrichissement d’un cheminement dont la finalité est de révéler l’Homme véritable.
Fondé sur les Hermetica (textes hermétiques) et synthétisé dans la Table d’émeraude (dont je présente en annexe une tentative d’interprétation) l’Hermétisme a rassemblé au cours des siècles de l’histoire occidentale, une famille d’esprits avant tout désireux de travailler au dépassement de toutes les formes de dualisme. Autonome vis à vis des différents dogmatismes religieux, sa pérennité tient à sa capacité d’accueillir toutes voies de réalisation spirituelle et va ainsi tout naturellement trouver sa place au sein des références philosophiques et mythiques qu’il convient d’explorer afin de pénétrer le sens profond de notre Rite.
Deux de ses principes vont ainsi inspirer de nombreux rites maçonniques :
ce qui est en haut et comme ce qui est en bas…soit l’homme faisant partie du Tout est à l’image du monde, de l’univers. Nul ne peut être sauvé sans renaître. Thème de régénération individuelle, essentielle et présente en maçonnerie comme dans tous les enseignements initiatiques. « Il faut que vous naissiez de nouveau » dit l’évangile selon St Jean.
Et nous verrons qu’un
troisième principe, s’il n’est
évoqué explicitement, est cependant
présent tout au long des degrés de notre REAA.
Conjointement, sous l’impulsion du Chevalier Ramsay, les
grands principes de vertu, de science et de religion, vont prendre le
pas, pour faire vite et simple, sur les « loges de
table » des trois premiers degrés (ne
révélant que les « petits
mystères ») ce retour à
l’ésotérisme, à la vocation
initiatique, la création des Hauts Grades, va permettre
à une « élite
maçonnique » de gravir
l’échelle permettant
d’accéder aux « grands
mystères », à la
connaissance suprême.
Passons sur le débat politique et la compétence des gestionnaires des divers grades, il ressort de ces errements inhérents à toutes périodes de transition un renouveau duquel va se dégager un authentique courant hermétiste, qui singularise encore de nos jours le rite écossais avec, dès le cabinet de réflexion, l’introduction symbolique pour le candidat maçon d’une purification par les quatre éléments de la vieille alchimie.
Rappel de la dépendance de l’Homme aux lois de l’univers et première étape de l’initié mis sur la voie d’une prise de conscience essentielle, que toute action portée en un point du système retentit dans le système tout entier. Principe hermétique mettant en évidence la correspondance analogique entre l’Homme et le Cosmos, comme d’ailleurs entre lui et les autres, et la responsabilité qui incombe à chacun des conséquences de ses actes.
Ici, il nous faut noter qu’à partir du 17ème siècle, l’Alchimie prolongement exotérique de l’Hermétisme, amalgame de techniques, de magie, de mystique et de philosophie connut sont déclin, balayée par les avancées scientifiques de l’époque (Black, Priestley, Lavoisier etc…). C’est la mort du roi, figure symbolique de l’art hermétique, mais comme le monarque meurt pour renaître transfiguré, plusieurs courants de pensée vont prolonger à leur manière la recherche séculaire des enfants d’Hermès.
De la purification de la matière à la spiritualisation des corps par la coagulation de l’esprit universel, les processus alchimiques précédant la renaissance vont être transposés et s’appliquer aux mécanismes psychiques. La transmutation du plomb qui encombre la tête, opprime le cœur, opacifie la vue et bouche les oreilles va apparaître bien plus utile à l’homme. D’ailleurs, Jung lui-même cru trouver dans les ouvrages d’alchimie la projection du conflit intérieur entre le moi et le monde, entre l’individu et la collectivité. En fait, le mystère de l’âme, de ses mouvements, de ses métamorphoses, pourrait bien être le secret des secrets.
Un alchimiste contemporain a résumé ainsi l’alchimie :
« L’alchimie est une des philosophies chimiques, et se résume par un axiome : Solve et coagula, dissous et coagule. Dissoudre par la spéculation et coaguler par la pratique, et inversement. C’est le maniement par la loi du binaire de la même force, de la même énergie, la vie. Une, invisible mais perceptible dans ses manifestations. Ici, soit philosophiques, soit chimiques. Mais cette philosophie est une spéculation dense et cette pratique une chimie éthérée. La spéculation précède, éclaire le chemin, la pratique crée le corps mobile dans ce plan d’existence, la prière et la méditation créent une âme. La discrétion me paraît tout à fait indispensable car elle préserve des méchants et permet à l’alchimie d’atteindre le but ».
Peut-on raisonnablement prétendre que nos illustres prédécesseurs, qui ayant tressé d’une façon aussi étonnante les fils d’une tradition qui ne cesse de nous surprendre, ne se sont point inspiré de ce courant quatre fois millénaires ; ils en sont curieusement très proches, tant dans la méthode, que je vais tenter maintenant d’aborder, que dans l’esprit.
Car pour ma part ce chef d’œuvre qu’est notre REAA n’est pas uniquement une suite allégorique d’évènements destinée à alimenter notre réflexion et nous donner le sentiment de contribuer à l’amélioration de la société. Il exerce, par sa mise en œuvre (si celle-ci est effective) et une recherche du sens qu’il évoque, un réel effet opérant, donc initiant, que les phases opératives du grand œuvre mettent en évidence. Méthode qui, proposant une succession de ruptures et de mises en situation, va permettre d’observer attitudes et comportements conduisant à une meilleure compréhension de nos mécanismes de fonctionnement et par rectifications successives aboutir à l’extraction de ce qu’il y a de meilleur en soi, l’Homme véritable ayant atteint son unité intérieure comme sa place dans le monde.
La formule VITRIOL Septenaire mystérieux dont le sens dévoilé révèle une parfaite connaissance des processus qui mènent à l’éveil, est attribuée à Basile Valentin, moine bénédictin, figure mythique de l’alchimie du moyen âge. Valentin utilise cet acrostiche pour illustrer les 3 étapes du grand œuvre et faire passer son message : « visita interiora terrae rectificando invenies occultum lapidem » soit :
« Visite l’intérieur de la terre et en rectifiant tu trouveras la pierre cachée ».
Je renvoie ici à ma précédente planche sur l’Hermétisme du 18ème degré mais rappelons cependant que c’est dès le cabinet de réflexion, que le candidat F M va être mis en présence d’éléments divers l’incitant à ressentir et réfléchir sur les conséquences d’un cheminement qui, s’il le souhaitait paisible serait inopérant, en tout cas en totale contradiction avec l’esprit même du REAA.
Donc première
épreuve dans ce cabinet de réflexion au cours de
laquelle il faut, comme le dit Oswald Wirth : « procéder
à une sorte de décrassement intellectuel et moral
ayant pour but de débarrasser l’esprit de tout ce
qui empêche la lumière de parvenir
jusqu’à lui ». Ce lieu
souterrain, sorte de caverne où selon Platon se projette
l’image trompeuse d’une
réalité illusoire, crée une situation
inhabituelle, perturbante.
Qui est réellement celui qui se reflète dans ce
miroir ? Cette image est-elle satisfaisante à mes yeux,
où est-t-elle en fait destinée à
satisfaire l’autre, afin de me rendre acceptable à
ses yeux ? Ai-je ainsi entretenu un masque trompeur que
j’aurai fini par admettre comme vrai ?
C’est donc l’heure du bilan. Homme ordinaire, insensible à un regard critique sur lui-même, il lui faut sortir de l’illusion du paraître et partir à la recherche du premier agent nécessaire à sa transformation, la terre. Descendre en ce lieu receleur des mystères qu’est l’inconscient et qu’il faut affronter, accepter, afin d’entreprendre cette rectification qui fera découvrir l’Homme véritable, la pierre cachée emprisonnée dans ce carcan illusoire.
Cette situation inhabituelle, pour le moins déconcertante, mets en évidence un principe de réflexion, une méthode, car pour qu’elle ai nature de « Vérité » l’idée doit passer par le vécu expérientiel, puis pour la valider et en tirer un enseignement constructif, confronter ce ressenti à la raison afin d’en dégager l’essence, ou la quintessence, utile à notre évolution. Ce que les « Psy » appelle la conscientisation.
Aussi, tout en ce lieu fait pressentir au candidat qu’il lui faut se préparer non seulement à une transformation, mais à une véritable mutation, processus passant nécessairement par une succession d’opérations « séparation, purification, coagulation », telles que pratiquées par nos anciens alchimistes.
Alchimie ! Voilà le mot qui dérange est à nouveau lâché, et comme la Franc-maçonnerie a pu et peut toujours déranger, l’alchimie n’a pas moins connu, et connaît toujours, des attaques alimentées par ce que nous sommes sensées combattre : l’ignorance, le fanatisme et l’intolérance.
Ainsi avertit, va alors pouvoir s’entreprendre la longue et périlleuse quête de tout initié résumé par ce principe hermétique :
« Tu sépareras la terre du feu, le subtil de l’épais doucement avec grande industrie ».
Rappelons ici que le symbolisme maçonnique, assemblage de traditions empruntées aux anciennes sciences initiatiques, tient compte également en diverses étapes des apports de la magie (rituels) de l’astrologie (lune, soleil, étoile, ciel…) comme nous le constaterons en avançant.
Observons maintenant le processus de l’œuvre philosophique :
La matière propice discernée (le candidat, enquêté et reconnu apte) doit être nettoyée autrement dit réduite à elle-même. C’est le dépouillement des métaux qui précède la conduite dans le cabinet de réflexion, œuf philosophique où le candidat doit mourir une première fois à son existence passée. Mort symbolique du futur initié qui va naître de la putréfaction figurée par la couleur noire des Alchimistes.
Parmi les objets présents dans ce cabinet de réflexion se trouvent, entre autres, deux récipients contenant l’un du Sel, l’autre du Soufre rappel des trois principes alchimiques.
Sommairement, retenons que le Soufre correspond à l’énergie expansive qui part du centre de tout Etre (colonne J rouge) dont l’initiative personnelle. Son action s’oppose au Mercure qui pénètre toutes choses, soit une influence venant de l’extérieur (colonne B blanche) correspondant à la réceptivité, la sensibilité. Ces deux forces ou principes antagonistes devront s’équilibrer dans le Sel, principe de cristallisation, partie stable de l’Etre. Ce n’est donc pas par hasard que le Mercure est, pour l’instant, absent car le récipiendaire ne doit subir aucune influence extérieure s’il veut atteindre le noyau de son individualité. Se languissant dans cet environnement inquiétant, le sujet va progressivement se fragiliser, se décomposer : le subtil commence à se dégager de l’épais.
Première phase de l’épreuve de l’air, l’esprit remonte allégé du caput mortuum qui noircit au fond du vase hermétique. Dédoublement du sujet dont la portée volatile va se dégager en s’élevant, atteindre le froid des hauteurs qui va la condenser en pluie pour retomber et laver le résidu putréfié. Purification par l’eau que le sujet va vivre en sortant du « caveau ». Image de la circulation qui s’établit dans le vase clos de l’Alchimie, l’Athanor symbolisant la Loge.
Alternativement vaporisée par l’action du feu, puis condensée par le froid, l’eau traverse la partie terreuse du sujet, que des lavages répétés font insensiblement passer du noir au gris et finalement au blanc. Mais reste l’épreuve du feu qui doit brûler mais de telle sorte que la destruction ne porte que sur ce qui doit être détruit, soit tous les germes des passions mesquines.
Le Sel ainsi purifié, aucune matière étrangère se mêlant à ses cristaux, le récipiendaire est rendu perméable au rayonnement de la lumière.
Les épreuves du 1er degré visent donc à cette perméabilisation des enveloppes qui isolent le foyer interne, masque la lumière intérieure et tendent à l’étouffer. Programme de l’œuvre simple ou purification intégrale dusel pour le Maçon au cours de son apprentissage.
Ceci étant accomplit, le travail de Compagnon va pouvoir commencer. Ici va se manifester la couleur rouge, celle de la chambre des Compagnons. L’adepte va devoir en effet extérioriser son feu interne, son ardeur sulfureuse, constructive ou réalisatrice matérialisée par la colonne J (rouge, active, masculine).
C’est donc, lorsque stimulée par l’épreuve du feu, cette ardeur intérieure va s’extérioriser qu’elle va provoquer au centre un vide relatif qui va exercer une véritable force attractive sur le feu céleste. Celui-ci va dans ce milieu restreint (sphère d’action de son individualité) se concentrer sur le noyau spirituel du sujet et provoquer cette illumination, cette perception de l’étoile flamboyante qui va désormais éclairer sa route.
L’initiation est stimulatrice de ce feu intérieur, principe de toute individualité, elle va l’entretenir, le nourrir puis l’aviver lorsque l’adepte devra franchir les obstacles qui se présenteront a lui. Le fils va alors pouvoir être mis en présence du Père, l’intérieur avec l’extérieur afin que l’individu entre en communion avec la collectivité dont il relève.
Devenu réceptacle des vertus supérieures et inférieures il s’établit alors, dans cette atmosphère éthérée, une circulation réduisant les deux agents en un seul, soit le Feu philosophique exprimé ainsi dans la table d’émeraude :
« Il (l’agent hermétique) monte de la Terre au Ciel et derechef il descend du Ciel en Terre, et il reçoit la force des choses d’en haut et d’en bas. Ainsi tu auras la gloire de l’Univers entier ; par là toute obscurité s’enfuira de toi. Là réside la force forte de toute force qui vaincra toute chose subtile et pénétrera toute chose solide ».
Principe de montée et de descente implicitement puis clairement exprimé suivant les degrés de notre Rite (en particulier aux 13ème, 18ème et 30ème degrés).
Ce Feu philosophique est quant à lui entretenu par la Soufre rouge des Sages, dont le symbole est le Phénix renaissant constamment de ses cendres. Principe de fixité individuelle (Soleil), il symbolise l’immuabilité acquise par l’adepte, le compagnon, dont l’initiative doit s’exercer en parfait accord avec les plans du GADLU. Conscient de la nécessite de combiner activité et passivité pour rendre toute action féconde, il lui faut posséder à fond la théorie des deux Colonnes. Par la conjonction de la force virile et de la sensibilité féminine, (l’union de l’Homme rouge à la dame blanche) représentée en Alchimie par le Rébis (chose double) cette substance nouvelle est transformée en Azoth, cinquième essence ou quintessence des Eléments dont l’Etoile flamboyante est désormais le symbole (par nature hermaphrodite). La matière est ainsi préparée pour l’œuvre définitive, autrement dit le Compagnon qui, s’est rendu digne d’être élevé à la Maîtrise.
Ceci est évidemment simplificateur, car si le processus suit un cheminement précis, en fait l’ensemble peut se répéter à l’infini ou s’attarder sur certaines phases.
La finalité, pourrait-on dire, est de parvenir à un parfait équilibre entre la spiritualisation de la matière et la matérialisation de l’esprit. Cette Œuvre dite au rouge, simplicité absolue où les contraires coïncident, doit permettre une réelle et nouvelle naissance. Nouvelle naissance qu’Hiram ne peut connaître du fait de son sacrifice, l’œuvre reste inachevée et c’est donc à l’initié, par son accès à la maîtrise de la poursuivre.
« Le Maître reparaît aussi radieux que jamais ».
Affranchi de cette mort symbolique, cette renaissance amène donc le nouveau maître à s’identifier à Hiram afin de poursuivre l’œuvre, et se terminerait ainsi le cycle ternaire pratiqué en Loge bleu. Or nous avons vu que le Sage, tel le phénix, aspire à une fixité spirituelle d’un ordre plus élevé et fait coïncider sa volonté particulière avec celle qui régit toutes choses. Epris du plus pur idéal, le Maître, par cette seconde mort a renoncé à tous désir personnel, il a su sacrifier son Moi cupide et s’inspirer d’intentions plus élevées en fait attribuables à Dieu. Fils du Père, il épouse ainsi la cause paternelle en se vouant au grand œuvre de la création (reformulée aux 7ème 8ème et 12ème degrés). C’est le travail rédempteur, le rachat du péché originel, dont résulte l’évolution, la coordination du Chaos et la construction d’une Humanité meilleure.
Se référant au sources judéo chrétienne du Rite, le Maître serait au GADLU, ce que le Verbe incarné ou le Christ est au Père éternel, l’architecte du Temple va donc devoir se relier aux ouvriers qu’il lui incombe de former et de diriger. Toute la symbolique du 18ème degré repose sur l’exemple du Christ/Homme qui s’est sacrifié par amour de ses semblables. Cet amour que le Maître doit dispenser autour de lui jusqu’au dévouement absolu, jusqu’au sacrifice de lui-même qui est symbolisé par le Pélican, emblème de la charité sans laquelle toute initiation serait vaine.
Ici nous pourrions considérer que les trois premiers degrés, renferment l’ensemble du contenu ésotérique du REAA, et nous ne pouvons que l’admettre. Mais il faut bien admettre également qu’en pénétrer le sens nécessite une progression longue et difficile et qu’il convient en cela de respecter le rythme et la disponibilité de chacun. Rien ne presse en matière d’initiation, la vie terrestre est consacrée à ce cheminement qui doit permettre à chacun de se rapprocher d’un potentiel qui une fois révélé doit être mis en œuvre au profit de tous. Aussi à l’aide de nouveaux supports, mythes, légendes, allégories variées le Rite, en s’éloignant de l’art de bâtir, propose d’explorer les apports chevaleresques, templiers, alchimiques, kabbalistique etc… En somme toutes les sources susceptibles d’interpeller un esprit qui aurait tendance à se contenter de recevoir et non de posséder un contenu dont la richesse est sans limite. (et, concernant l’Alchimie, si nous tentions de l’éluder le 28ème degré viendrait nous le rappeler).
Les Hauts grades vont donc permettre de saisir et d’approfondir progressivement l’ésotérisme des trois degrés fondamentaux de la Franc Maçonnerie, en comprendre l’idéal proposé et tenté d’en réaliser les objectifs. Poursuite nécessaire car comme l’exprime Wilhem Höhler, qui s’est efforcé au début du siècle de démontrer le rattachement de la Franc maçonnerie à la philosophie hermétique : « Notre Temple ne sera jamais achevé, et nul ne peut s’attendre à voir pleinement ressusciter en lui l’authentique et éternel Hiram ».
C’est dire les embûches entravant le cheminement, et les rappels constants de notre Rite (Ex de VITRIOL à la Voûte Sacrée) et la nécessité de « faire plus que dire » comme le suggère l’alchimie, concept même d’expérimentations constantes sans toutefois de réussites avérées. Même si le but semble inaccessible, ce n’est qu’en cheminant que nos progrès personnels nous ferons passer du Laboratoire à l’Oratoire, du Temple matériel au Temple spirituel et ce faisant continuer à défendre et faire valoir nos Valeurs. Aussi souvenons nous de la devise du Taciturne ; Car n’est-ce pas le devoir, qui incombe à tous, de nourrir et d’entretenir ce feu intérieur, cette énergie (la Foi au sens Maçonnique) indispensable à la poursuite de la tâche que le 30ème degré assigne au Chevalier Kadosch ?
J’ai dit, T E C