30°
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Nec plus Ultra, rien au-delà, approche spirituelle par la Raison
A∴
Tout au long de sa quête initiatique, l’initié reçoit un certain nombre de recommandations, voir de commandements, qui lui permettront de réfléchir sur ses comportements immédiats et/ou futurs, en Loge, dans le Temple, dans le monde profane.
Le commandement proféré au 30e degré, adressé aux nouveaux Grands Inspecteurs Et Grands Élus, Chevaliers Kadoschs « Réfléchissez avant d’agir, de parler ou d’écrire. Ayez toujours présents à l’esprit les sublimes enseignements de notre Ordre… » par le Très Éminent Commandeur reste un rappel du processus initiatique vécu par l’initié dans les degrés précédents et du nouveau degré qu’il vient d’intégrer.
L’utilisation par les concepteurs du Rite, du nom masculin « sublime » indique ce qu’il y a de plus élevé, dans l’ordre moral de cet enseignement, dans la mesure où l’adepte du R.E.A.A suit une démarche dans la durée, en sanctionnant le respect de certaines étapes, par une appréciation de l’aptitude de l’adepte à être admis à un degré supérieur, en fonction de son évolution spirituelle et morale.
Le titre de ce balustre « Ayons constamment à l’esprit les sublimes enseignements de notre Ordre » s’adresse à chaque Chevalier Kadosch, dont le rôle rappelle le statut des « Princes de Jérusalem » selon les Constitutions de Bordeaux de 1762 : proclamés « Chefs des Loges régulières », ils constituaient à cette époque l’ultime grade du Rite et avaient pris en charge « la surveillance et l’administration des Loges de degrés inférieurs »[1 :Instruction du 15e au 18e degré,1992,SCDF] (au sens initiatique) . Á cette époque, « l’Inspecteur est toujours seul, représentant du corps central et ayant tous pouvoirs pour intervenir dans les Loges »[2 : Michel PIQUET. Ordo Ab Chao n°39, Supplément au 30e degré].
La séparation administrative entre les 3 premiers degrés (en loge symbolique) et les degrés du 4e au 33e degré de la Juridiction nous pousse à rester vigilants dans nos actions.
Nos « interventions » en loge symbolique s’alignent du point de vue initiatique dans la droite ligne du respect strict du R.E.A.A, en cas de déviance et les bons conseils permettront à chacun de vivre le R.E.A.A.
L’intériorisation des « sublimes enseignements » parait primordiale.
-Parmi les principes et critères de régularité adopté par les Suprêmes Conseils réunis à Paris en 1996, modifiés et complétés à Gand en 1998, Athènes en 2001, Belgrade en 2004… il est dit « la démarche initiatique est un lent processus de construction personnelle et collective de l’adepte par l’assimilation progressive de l’enseignement de chaque degré du Rite ».
Le travail en Loge, dans le Temple comme méthode d’assimilation des enseignements ?
Je suppose que cette méthode passe par la verticalité et l’horizontalité : le 1er dans la phase descendante du profane, puis ascendante du récipiendaire et de l’initié en parallèle de l’horizontalité, puisqu’un (des) Frère(s) accompagne(nt) toujours le nouveau venu, puis le Frère tout au long des différentes étapes de son initiation aux différents degrés.
Dès le 1er degré, le profane, puis récipiendaire est incité à se perfectionner moralement dans la Vertu, pour mieux se connaitre d’abord en abandonnant ses métaux, pour plus tard vivre dans le calme et paisiblement, en agissant dans l’amour de soi et du prochain.
Ce long processus commence dans le cabinet de réflexion, le profane y mourant symboliquement renait de nouveau comme le phénix renait de ses cendres. Il y observe le pain, sans le manger, tout en se nourrissant spirituellement, de par ses réflexions, dans la rédaction de son testament philosophique.
17 degré plus tard, C’est au 18e degré, qu’il « partage le pain » en se connaissant mieux par la loi d’amour, en veillant à nourrir ceux qui ont faim, à donner à boire à ceux qui ont soif .Ce continuum (ensemble d’éléments homogènes) se perpétue en gravissant l’échelle mystérieuse , en passant des profondeurs de la terre au summum de l’échelle -Nec plus Ultra -rien au-delà .
Ce long chemin vers la Lumière dans les rituels passe par des degrés intermédiaires :
si nous utilisons l’allégorie de lacaverne (9edegré -Maître Élu des Neuf-) situé non sous terre mais au-dessus, nous pourrons l’interpréter par une purification incomplète : la caverne pourrait-être comparé à un gîte où s’est réfugié l’homme imparfait (Abiram un des assassins du R :.M :. Hiram) pouvant représenter aussi le côté sombre de la force en nous, qui faille domptée. De même, le 10e degré-Illustre Élu des Quinze- qui dans la légende rappelle le lieu de refuge des deux (2) autres assassins Jubelos et Jubelum : la carrière de Ben Deker où on extrait la pierre, rappelant à l’initié de travailler sa pierre brute, puisque nous restons d’éternel apprenti
La descente en soi, tout comme celle de l’échelle mystérieuse nous permet de mieux nous connaitre, dans l’intégration des sagesses antiques.
D’un côté, le TRIVIUM, permet par la maitrise de la grammaire, de la dialectique et de la rhétorique de maitriser le verbe et non d’endormir son interlocuteur par des mots creux… Le Quadrivium (Musique, Arithmétique, Géométrie, Astronomie) permet à l’initié de maitriser l’harmonie, à travers l’étude des nombres et du rythme.
Tout ce travail permettra à l’initié d’agir en homme vrai en toutes circonstances, à qui on peut faire confiance (Emerek) et de se faire récompenser par le titre de Sublime Chevalier Élu (11e degré), parce qu’il a sans doute vaincu d’autres mauvais compagnons en lui, afin qu’il se réalise pleinement.
Pour œuvrer au service du prochain, le Chevalier Kadosch doit s’imprégner de hautes valeurs morales en montant l’échelle mystérieuse : OHEB ELOAH (Amour de Dieu) et OHEB KEROBO (l’Amour du prochain), SCHOR LABAN (force et innocence), MOTHEK (douleur), EMOUNAH (la foi), HAMAH SCHEAL (le soleil au- dessus de nous), SEBEL (la patience), HOCMAH-BINAH-TEBOUNAH (Sagesse, Intelligence, Compréhension).
-Á travers ses quelques exemples tirés du symbolisme et des légendes du R.E.A.A, nous constatons une interaction entre l’initié et l’initiant et inversement entre l’initiant et l’initié, en se servant de la verticalité descendante, puis de la verticalité ascendante au début de son parcours et inversement de la verticalité ascendante à celle descendante au 30e degré.
Entre le début de sa quête initiatique et là où on lui dit « nous n’avons plus d’autres enseignements à vous donner » l’initié comme nous le constatons à travers ses légendes revient à chaque fois sur lui-même, pour se connaitre profondément.
Dans cette échelle des valeurs, le Grand Inspecteur Et Grand Élu, peut agir seul dans le monde profane et auprès de ses jeunes Frères en cours d’ascension, tout en s’inspectant lui-même en pensant à ce principe de morale sublime « Ne fais pas à autrui ce que tu ne voudrais pas qui te fût fait à toi-même. » tout en s’appliquant le principe positif qui en découle, énoncé par la Franc-Maçonnerie « Fais aux autres tout le bien que tu voudrais qu’ils te fissent à toi-même ».
En conclusion :
Avoir à l’esprit les sublimes enseignements de notre Ordre ne suffira pas.
C’est dans l’action que le Grand Inspecteur & Grand Élu, Chevalier Kadosch se reconnait. Avec son glaive, il se sent prêt pour le combat contre les mauvais compagnons en soi, afin qu’il puisse prendre conscience de son rôle, « par l’approche spirituelle par la raison (thème annuel 2019-2020 du Très éminent Commandeur, le T.I.F Zatovo ANDRIANJAFY) : s’instruire, se préparer au travail, s’auto-discipliner, pour pouvoir aider son Frère d’arme.
Chevalier des temps moderne, ayant le sens de la justice, il s’agit aussi de tempérer ses ardeurs dans l’application de la loi.
La confiance que l’on peut avoir dans la justesse des actions du Chevalier se reflète sans doute, dans cette prise de responsabilité de chacun, dans un élan de fraternité, où l’esprit et le cœur fusionnent,pour pérenniser le Rite et notre Ordre« Ad vitam aeternam »
J’ai dit très Éminent Commandeur
H.R