Représentation des trois points

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Plusieurs questions nous ont été posées sur la représentation des trois points :
Triangle pointe en haut, ou pointe en bas, alignés horizontalement, entre deux lignes paralléles, etc …
Nous avons trouvé les explications ci-dessous dans un blog.   



Les trois points en triangle ou entre deux lignes parallèles sont en effet souvent la marque d’une affiliation à la franc-maçonnerie ou au compagnonnage. Mais ce n’est aucunement une règle, de nombreux compagnons du Devoir et francs-maçons, d’hier comme d’aujourd’hui, n’utilisant pas ce signe.


Il semble qu’en-deçà des délires pseudo ésotériques, l’origine de ce symbole « maçonnique » soit tout simplement… chrétienne !
Les trois points en triangle sont avant tout le symbole de la sainte Trinité ou encore du ternaire que forment les membres de la sainte Famille : Jésus-Marie-Joseph. Ce second ternaire était justement le « mot sacré » des Compagnons charpentiers bondrilles d’autrefois et il est probable qu’il était aussi employé par d’autres corps de métiers compagnonniques.


Une recherche précise reste toutefois à faire pour déterminer de quand date l’emploi des trois points, en triangle ou en ligne, dans les milieux maçonnique et compagnonnique. Et lequel l’a emprunté à l’autre, si tant est que l’on puisse simplifier aussi sommairement ce problème. Car il est davantage probable que ce symbole a été emprunté par chacun de ces milieux au fond culturel chrétien général, indépendamment l’un de l’autre, puis que des emprunts croisés ont eu lieu ultérieurement. On sait notamment que l’usage actuel des trois points en triangle (équilatéral ou rectangle) dans certaines sociétés compagnonniques (il en est d’autres qui le prohibent), résulte d’une influence maçonnique indirecte au XIXe siècle. Mais il est également établi que des tailleurs de pierre, probablement compagnons, du XVIIe siècle employaient déjà ces trois points en triangle par référence à la sainte Trinité. Mais entre ces deux attestations séparées par plus d’un siècle, on ne connait pas d’attestation de l’emploi des trois points en triangle dans le contexte compagnonnique.

Autre explication à ne pas négliger : c’est qu’il puisse tout simplement s’agir d’un ornement « à la mode ». Voyant que certaines personnes signaient avec ces trois points, d’autres ont pu vouloir les imiter parce qu’ils trouvaient le graphisme joli ou bien qu’ils pensaient que ce signe avait des vertus peu ou prou prophylactiques… Je connais ainsi, aujourd’hui, des personnes qui signent avec les trois points pour se faire passer pour des francs-maçons !

Jean-Michel Mathonière
Centre d’étude des compagnonnages




Objection d’un lecteur à ce qui est écrit plus haut :


Personnellement j’ai toujours associé (peut-être à tort) les 3 points en triangle à la symbolique du compas (la tête et les 2 pointes) que l’on retrouve dans les sigles symboliques à la fois des compagnons et des francs-maçons.



Réponse de JMM 


Il est en effet probable que certains compagnons ou francs-maçons ont associé le triangle ainsi formé par les trois points, soit aux trois extrémités du compas (notamment lorsque les trois points forment un triangle équilatéral… qui s’obtient justement très aisément par trois coups de compas en conservant la même ouverture), soit aux trois extrémités de l’équerre (notamment lorsque les trois points forment un angle droit, ce qui a justement été de règle dans certains corps compagnonniques).

Toutefois, en matière de symbolique compagnonnique, il faut bien se garder de faire des lectures a posteriori et, qui plus est, influencées par la richesse (pour ne pas dire l’exubérance) des interprétations maçonniques. Sur mon blog, il y a ainsi plusieurs articles consacrés à l’emblème du compas et de l’équerre entrecroisés — commun à la franc-maçonnerie et au compagnonnage — où il y a des mises en garde en ce qui concerne les interprétations quant à la position du compas vis-à-vis de l’équerre (dessus, dessous, entrelacé), interprétations « graduelles » qui sont en fait très modernes.

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