Du 4ème au 12ème degré
E∴ B∴
A L G D
G A D L’U
Rite Ecossais Ancien et Accepté
Ordo Ab Chao
Au Nom et sous les Auspices
du Suprême Conseil
Des Souverains Grands Inspecteurs Généraux du
33°et Dernier Degré du R E A A
Deus Meumque Jus

Comment avez vous vécu
ces initiations successives ?
Que vous ont-elles apporté ?
Dire ce que j’ai vécu, est incommunicable, dire ce que j’ai ressenti me paraît plus aisé. J’essaierais, donc, de vous faire part de ce ressenti et de ce que les degrés, du 4ème au 12ème, m’ont apporté, en privilégiant un aspect particulier et commun à toutes ces instructions et initiations, Initiations réelles (9ème et 12ème) et par transmission (4, 5, 6, 7,8, 10,11) : celui des noms de la Divinité.
Prolégomènes : Les degrés dits de « perfection » ou plus exactement de perfectionnement (inachevé) ont une réelle importance, pour moi, par les 3 mondes qu’ils veulent nous faire approcher : l’Univers, la Spiritualité, un Principe Divin. Ce qui est supra humain.
Ces degrés développent les thèmes des conséquences de la mort d’Hiram. Après l’avoir pleuré, il lui faut de dignes funérailles, la sépulture retrouvée, puis songer à lui donner un successeur qui poursuivra les travaux interrompus. Tant que l’on n’a pas retrouvé les trois assassins, l’œuvre reste inachevée. Au degré de Grand Maître Architecte, le maçon devient concepteur et peut achever son temple spirituel, personnel. Comme vous, je suis Hiram, avec ma finitude, dans un univers infini. Mais mon Temple est ouvert au Divin, donc jamais achevé.
Les rituels du 4 au 12ème degré, nous invitent dans la voie de la Connaissance, donc de la sagesse, de la philo sophia :
– la connaissance
analytique met l’accent sur
l’observation et la description.
– la connaissance métaphysique cherche à
découvrir la nature des archétypes
(modèle général
représentatif d’un sujet).
– la connaissance symbolique, transcendantale, tente de
répondre à la question : Pourquoi ? Il
s’agit du monde de la Connaissance (avec un C majuscule),
monde gnostique et non dogmatique de la signification, là
où les grands mythes de l’humanité
tirent leur origine. Elle décrypte le sens
exprimé par la multiplicité des formes.
– enfin, la connaissance systémique décode les
interactions des objets.
Même, si je me prétends initié, je ne m’initie par moi-même, par un travail incessant, cultivant une transcendance.
Elle est une caractéristique essentielle du sacré. Ce qui est consacré est mis à part :
– ce qui est sacré est
séparé, mis à
l’écart du profane, parfois interdit, souvent
inviolable
– ce qui est sacré est saint, du domaine de
l’incompréhensible, du Tout-Autre.
Ce serait pour moi, une hérésie de considérer que ces degrés sont séparés des autres, ou qu’il existe une discontinuité dans le travail de recherche. Recevoir ces initiations, les transcender, sans les travailler, ne sert qu’à se perdre dans les dédales d’une pseudo progression spirituelle, métaphysique, voire ontologique. Pour moi, la continuité, dans l’étude et dans la réflexion, est indissociable de ma progression, en recherche de Sagesse.
Ressenti et apports :
Je suis amené à penser que ces degrés me conduisent, non vers un achèvement de la maitrise, mais vers le début d’une autre réflexion, une espèce de « chevalerie » spirituelle, un état de conscience autre, plus élevé. Je ressens et je vis ces degrés, comme un défi permanent, à compléter mes connaissances du Rite et des rituels pour perfectionner mon être, pour essayer d’approcher le Plan.
1- GRADES DE M
Mon initiation au 4ème degré (Maitre Secret) me faisait atteindre un des mes objectifs : découvrir l’aspect spirituel, à peine évoqué au 3ème degré (ah Seigneur mon D…Planche que j’avais présentée au 3ème degré).
J’entre, enfin, dans un sacerdoce, dans une religion au sens de lien ou relier (religare / religere), ou je dois appréhender le grand tout. De l’ouvrier au maitre, oeuvrant, non pas pour l’intermédiaire, Salomon, mais bien pour l’ordonnateur : le GADLU, celui qui a été, qui est et qui sera : EYEH ASHER EYEH. (Exode, 3,14) : « Je suis celui qui est ».
Moïse rencontre le Divin (Divin vient du latin deus, lié aux mots dies (jour), et divum – ciel ouvert) et lui demande qui il est, pour le qualifier auprès de son peuple. La Divinité lui répond « Je suis ce que je suis ».
D’autres traductions peuvent être proposées :
– « Je suis
qui je suis », ce qui est une tautologie
(« moi c’est moi »).
– « Je suis celui qui est »,
beaucoup plus profond, « je suis
l’incréé, l’existant absolu
» ou celui qui est par lui-même.
– « Je suis celui que je deviendrai
» ce qui est plus ambigu, puisqu’on peut
l’interpréter par « je suis une forme
parfaite de toute éternité »
ou, au contraire, « ma vraie nature est celle vers
laquelle j’évoluerai », ce qui voudrait
dire que le Divin n’est pas parfait…mais, qui s’appliquerait, par
contre, bien à n’importe quel être humain. Cette
proposition s’adresse plus précisément
à l’ontologique, à l’humain.
L’Adam Kadmon déchu par le Divin.
Nietzsche a d’ailleurs ajouté : « Deviens qui tu es » : découvrir qui nous sommes vraiment, pour pouvoir être nous-mêmes.
Des promesses, une allégeance à l’Ordre, genou à terre, et surtout des devoirs et valeurs morales et comportementales, envers le GADL’U, autrui, moi-même, ponctuent les rituels.
La couronne de laurier et d’olivier n’est pas, pour moi, celle du vainqueur, mais celle du rédempteur, pour donner un sens à vie, à la vie des autres, car le temps nous est compté.
Je dois comprendre, m’instruire, me re-lier, rechercher l’absolu, le suprême, l’extrême et inaccessible Etoile. Extraire ma Lumière de mes ténèbres : Lux ex Tenebris. Il s’agit d’une phase de transmutation, quasi alchimique, d’attente d’autre chose. D’un autre Plan. Ce 4me degré, anciennement 5ème, est un degré de sidération et de méditation, de maturation. Comprendre le cercle et le triangle sacré en son sein.
Le terme Divin, « Ah, seigneur mon D… » est progressivement, mais distinctement, dévoilé dans les instructions du 5ème degré (Maitre Parfait) :
« Que signifient ces cercles ? Ils sont le symbole de la divinité Jéhovah, qui n’a ni commencement, ni fin », l’un des noms du Divin, dans l’ancien testament, plus tard largement repris les dogmes.
Le Maître secret a été choisi pour ses qualités de fidélité, d’obéissance, d’accomplissement du devoir, des devoirs jusqu’à la mort. C’est aussi et surtout, dans le cœur, que se développent ses qualités. Je connais le cercle et sa quadrature, me poussant à accéder aux connaissances, jamais atteintes, émanation de la Cause première. La quadrature du cercle étant impossible à réaliser, est-ce à dire que l’homme de désir ne pourra jamais atteindre le Divin ? Le Cœur déposé dans une urne – ou sont gravées les lettres I M B, initiales de l’ancien mot de M et du mot substitué – urne, transpercée d’une épée, préparant le récit des degrés suivants. Je dois parallèlement accéder aux sciences et aux arts.
Quel est le mot sacré
du 6 me degré (Secrétaire Intime) ?
Ivah (contraction de Jéhovah et autre nom divin). Nous
devons manifester une saine curiosité pour la recherche de
la Vérité. La curiosité la plus noble
est celle de l’initié qui cherche sans cesse la
voie de la Vérité.
Le mot sacré du 7ème (Prévôt et Juge ou Maitre Irlandais), est Jakinai (établi par D…). De la racine Jakin « en force Il établira ».
Salomon conféra le grade de chef des Prévôts et Juges à JOHABEN, afin de maintenir la paix et l’harmonie parmi les ouvriers, et faire avancer l’œuvre. Il doit ainsi rendre la justice, l’équité, sans préjugé, avec impartialité, symbolisé par le delta, GADL’U. Le bijou est une clé d’or permettant d’ouvrir le coffret d‘ébène qui contenait les plans du Temple. La balance symbolise l’administration de la justice en maintenant les deux plateaux équilibrés.
« Dieu me garde en vérité, en équité, en justice. Amen, amen, amen ».
Le 8ème degré (Intendant des Bâtiments ou Maitre en Israël) m’indique les 5 points de fidélité : Agir, intercéder, prier, aimer ses FF et les secourir. Oui les secourir. Une fois de plus, allusion, au Divin : le cercle dans le triangle marque son immensité qui n’a ni commencement, ni fin. Les 4 lettres Yod, Hė, Vav, Hė, signifiant : O Toi Éternel, possesseur de tous les attributs : beauté, sagesse, miséricorde infinie, science, éternité, justice, amour de la création. Attachons-nous à peaufiner notre temple intérieur, par la voie du cœur. Voie cardiaque que l’on retrouve chez les Martinistes et Martinésistes. Mot de passe Juda : Dieu guidera dans la construction de mon temple intérieur « Saint des Saints ».
2- Grades d’Elus
Le neuvième degré (Maitre Élu des Neuf), le nom Divin n’apparaît pas, car il est nommé grade de vengeance, ou Johaben, par excès de zèle, tua Abhiram, dans la caverne (Ab Hiram signifiant le père d’Hiram ?). Mot de passe : Begohal Kol, réponse Nékam – Nékah-, avoir en horreur. Le Divin a horreur de la vengeance de l’homme, par passion ou excès de zèle. Nous passons d’une justice individuelle « œil pour œil dent pour dent » à une justice collective et organisée, plus sereine.
Prestation de serment, ou j’ai réitéré mes engagements précédents. En cas de manquement, je me soumets à périr de l’arme des 9ème, 10ème, 11ème degré : le poignard, récompense de mon zèle, ma ferveur et ma fidélité. L’intelligence du cœur doit nous guider. Seul je ne peux faire justice.
Le degré Illustre Élu des Quinze me qualifie d’Emeth, Vérité, l’un des nom du Divin (Meth, signifiant sang en hébreu ou Mort en arabe), puis le mot de passe étant Eliah (mon D… est Yaveh : EL Yah). A ce stade, l’instruction ne peut être plus claire. Elle m’indique bien une direction de recherche. Enfin, le mot sacré Zerbal, dont la réponse est Ben Yah (fils de D…). Serions-nous, à ce stade, les enfants de l’Incréé ?
La finalité de ce degré est qu’il faut exercer la justice sans faiblesse, d’un cœur purifié de toute haine. Je dois poursuivre ma purification tant sur le plan de la pensée mais surtout de l’action.
Le 11ème (Sublime Chevalier Élu) Mon nom est Emerek, armé d’une épée : homme vrai en toute circonstance. Mot sacré Adonaï (bon juge ou Dieu est mon juge) : peut-on être plus précis ? Mot réédité au 12 me degré, comme mot sacré. Yahvé ou Adonaï sont le substitut de YOD, HE, VAV, HE, tétragramme divin imprononçable. Seul le grand prêtre, dénommé le Cohen Gadol, pouvait une fois l’an,sa voix couverte par des chants, le prononcer dans le Kodesh ha kodashim ou Saint des Saints et devant l’Arche d’Alliance, raison de la construction du Temple de Salomon. « Et ils me construiront un temple afin que j’yréside ». La Shekinah, ou la présence de l’esprit du Divin est désormais représentée sur terre. Le judaïsme interdisant de prononcer ce Nom en dehors du temple, la véritable prononciation fut perdue, car l’hébreu n’utilise pas de voyelles. Aussi, lui substitua t-on Hashem (Le Nom), pour éviter de mal le prononcer, même dans le temple.Les 12 tribus d’Israël ont un chef, tandis que l’arche d’alliance m’est connue avec les tables de la Loi et la boite d’or…
Enfin, le 12ème degré (Grand Maitre Architecte) m’incite à la rectitude, sincérité, travail et l’émulation. Le mot sacré est Adonaï dont la la réponse est Rab Banain (GMA). L’étui de mathématiques m’est connu et je m’attache à essayer de bien posséder les qualités intrinsèques de chaque outil.
Prestation de serment. Je dois savoir construire, me construire sur un plan gnostique. On peut s’interroger sur tous les noms du Divin, qui pour moi, représentent symboliquement les qualités humaines à travailler. Car « Faisons l’homme à notre image ». L’homme conçoit-il le Divin à son image ? Je me demande si l’homme a besoin d’intermédiaires humains, pour se relier, pour vivre sa foi. Ne suffit-il pas de prier, de prier en soi, de chercher voire de croire en un Principe.
Les différents noms ou métonymies, permettent d’établir une relation personnelle avec le Divin, avec ses attributs, qualités, métaphores, épithètes : en effet, le D.. d’Abraham est généreux, car Abraham est généreux, le D…d’Isaac, rigoureux, car Isaac est rigoureux, le D…de Jacob, miséricorde. Élokim, pluriel, car le Divin crée une relation spécifique avec chacun de nous, mon Divin est celui qui me correspond, à un instant de ma vie. Un miroir. Regardons, non pas dans le miroir, mais à travers lui. Il s’agit de théologie négative (je cherche le divin à partir de ce qu’il n’est pas), dans la pensée hébraïque.
Je peux constater que les clés et valeurs, suggérées à partir du grade de Maître secret sont des moyens, des « bases de réflexion » supplémentaires fournies, pour approfondir davantage les éléments initialement reçus. Peut être pour atteindre, appréhender notre inconscient individuel et collectif ?
Notre rituel suggère, propose, un cheminement philosophique, qui m’interpelle sur la nécessité de rendre justice sans passion ou excès de zèle, d’exercer ma curiosité à bon escient, de dépasser mes limites, allant parfois jusqu’à transgresser les règles, de lutter avec moi-même pour m’affranchir de toute forme d’esclavage qui entrave ma liberté. Je suis tout à la fois Saint Georges et le dragon.
Les légendes proposées, permettent de réfléchir sur des questions philosophiques, ontologiques, métaphysiques, et éthiques, essentielles auxquelles, chacun de nous est confronté, durant sa vie. Quel vaste programme. Chaque grade développe un aspect particulier de la recherche de la Vérité. Emeth pour devenir Emerek.
Chaque F a le droit d’hésiter entre l’apophase (réfutation) et la cataphase (affirmation), sans être jugé, afin de trouver une réponse à ses préoccupations spirituelles, ni raisonnées, ni doctrinales mais intuitives. Car, nous sommes en droit d’approcher le Grand Tout, par des voies non logiques. C’est aussi cela, l’exploration de soi, le perfectionnement de l’être, raison essentielle de notre présence ici. Il est demandé de faire œuvre de bâtisseur en se construisant soi-même, en rassemblant ce qui est, apparemment épars, dans sa construction individuelle.
Pour conclure, sur mon vécu et sur l’apport de ces degrés, je dirais qu’ils m’aident à mieux appréhender ma personnalité, mon être mais surtout mon non être, par le rite et ses caractéristiques, privilégiant la voie symbolique, au travers des rituels. Ordre Initiatique, Symbolique, Traditionnel et Spirituel.
La connaissance, structurante, qu’il veut me suggérer, doit m’inviter à déchiffrer le Plan et à essayer d’approcher le Grand et véritable Initiateur. Le nom même d’Hiram, à chaque fois, prononcé, fait référence à Shaddai (Dieu ou « de la montagne ») ; or, Hi ram signifie la montagne élevée.
Non, l’idée du Divin, n’est pas révolue, même les non croyants utilisent ce terme. Elle est bien présente, mais il faut savoir l’utiliser sans exagération partisane ou dogmatique, sans vouloir au nom de Lui, stigmatiser, exclure, détruire, venger. Même si certains affirment que ce Nom est pure invention de l’homme, il n’en demeure pas moins, qu’au delà du « big bang » il est une énergie créatrice, à l’origine du tout. Pour moi et pour l’instant, cette énergie est le Yod. Souffle divin, qui a ordonné la matière, à moins que l’on me donne une explication sur l’infinité de l’univers, son expansion, son organisation, sa datation.
Non, le Divin, n’est pas une idée du passé seulement, mais, bien du passé, du présent et du futur, à moins que l’espèce humaine, par sa folie et sa meurtrière connaissance, en voulant L’imiter, ne disparaisse à tout jamais, laissant place à l’univers presque originel. L’homme ne pourra plus jamais gravir les barreaux de l’échelle spirituelle de Jacob, lui permettant, éventuellement, de palabrer avec l’universel. Uni Vers EL (Nom de D.ieu).
Et dans ce cas…comme disait Claude Lelouch : « Tout ça pour ça ».
GG MM AA
J’ai dit.
Annexes
Étienne Morin et son rite en 25 degrés (source WIKI). Un négociant français nommé Étienne Morin, qui avait été reçu dans la franc-maçonnerie des hauts-grades depuis 1744 fonda une « loge écossaise » au Cap Français, au nord de la colonie de Saint-Domingue. Le 27 août 1761, à Paris, Morin reçut une patente signée des officiers de la Grande Loge le nommant « Grand Inspecteur pour toutes les parties du Monde ». Des copies plus tardives de cette patente, qui ne visait probablement à l’origine que les loges symboliques, semblent avoir été embellies, peut-être par Morin lui-même, afin de mieux assurer sa prééminence sur les loges de hauts gradés des Antilles9.
Morin pratiquait un rite nommé « Rite du royal Secret » en 25 degrés dont le plus haut se nommait « Sublime Prince du Royal Secret » et qui découlait peut-être lui-même du rite pratiqué à Paris par le « Conseil des Empereurs d’Orient et d’Occident »10.
Morin retourna à Saint Domingue en 1762 ou 1763 et, grâce à sa patente, constitua progressivement des loges de tous grades à travers les Antilles et l’Amérique du Nord. Il créa en particulier en 1770 un « Grand Chapitre » de son rite à Kingston, Jamaïque, où il mourut en 177111.
Henry Andrew Francken et ses manuscrits.
L’homme qui aida le plus Morin à diffuser son rite dans le Nouveau Monde fut un hollandais naturalisé anglais nommé Henry Andrew Francken. Morin le nomma Député Grand Inspecteur Général dès son retour aux Antilles. Francken travailla en étroite collaboration avec lui et, en 1771, rédigea un manuscrit contenant les rituels du 15e au 25e degré. Il rédigea au moins deux autres manuscrits, le premier en 1783 et le second vers 1786, qui contenaient tous les degrés du 4e au 25e3.
Une loge de « Parfaits d’Écosse » fut formée le 12 avril 1764 à la Nouvelle Orléans. Ce fut le premier atelier de hauts grades sur le continent nord-américain. Son existence fut brève car le Traité de Paris avait cédé en 1763 la Nouvelle Orléans à l’Espagne catholique et hostile à la franc-maçonnerie: Toute activité maçonnique sembla cesser à la Nouvelle Orléans jusque dans les années 179012.
Francken s’installa à New York en 1767 où il reçut une patente, datée du 26 décembre 1767, pour la formation d’une loge de Perfection à Albany qui lui permit de conférer les degrés de perfection (du 4e au 14e) pour la première fois dans les treize colonies britanniques. Cette patente ainsi que les minutes des premiers travaux de cette loge sont actuellement dans les archives du Suprême Conseil de la Juridiction Nord des États-Unis12.
Pendant son séjour à New York, Francken communiqua aussi ces degrés à un homme d’affaires juif, Moses Michael Hays, qu’il nomma Inspecteur Général Adjoint (DIG: Deputy Inspector General). En 1781, Hays nomma à son tour 8 autres Inspecteurs Généraux Adjoints, dont quatre jouèrent plus tard un rôle notable dans la fondation du Rite écossais ancien et accepté en Caroline du Sud :
Isaac Da Costa Sr., D.I.G. for
South Carolina
Abraham Forst, D.I.G. for Virginia
Joseph M. Myers, D.I.G. for Maryland
Barend M. Spitzer, D.I.G. for Georgia
Da Costa retourna à Charleston, Caroline du Sud et y établit une « Sublime Grande Loge de Perfection » en février 1783. À sa mort, en novembre 1783, Hays nomma Myers son successeur. Rejoint par Forst et Spitzer, Myers créa huit degrés supplémentaires à Charleston13.
Naissance du Rite écossais ancien et accepté.
Bien que les trente-trois degrés aient ainsi déjà été créés, le Rite écossais ancien et accepté ne fut constitué qu’avec la fondation du premier Suprême Conseil, le Suprême Conseil de la Juridiction Sud à Charleston, en mai 1801, sous l’impulsion de John Mitchell et Frederic Dalcho.
C’est avec des patentes de ce premier Suprême Conseil que furent progressivement constitués tous les autres Suprêmes Conseils du monde, comme :
le Suprême Conseil du
33e degré en France (nom exact de l’organisme à
l’époque), en 1804
le Suprême Conseil de la Juridiction Nord des
États-Unis, en 1813.
le Suprême Conseil d’Angleterre et du Pays de Galles, en 1845
14.
Albert Pike et le REAA aux États-Unis
Né à Boston, dans le Massachusetts, le 29 décembre 1809, Albert Pike est souvent considéré aux États-Unis comme étant l’homme qui fit le plus pour le succès du REAA, le faisant passer du stade de rite maçonnique assez obscur au milieu du XIXe siècle à la fraternité internationale qu’il est devenu15. Pike reçut tous les grades du 4e au 32e de l’historien maçonnique américain Albert Mackey en mars 1853 à Charleston, Caroline du Sud et la même année fut nommé Inspecteur adjoint (Deputy Inspector) pour l’Arkansas.
À cette époque, les degrés étaient encore dans une forme rudimentaire et le plus souvent ne contenaient qu’une brève légende accompagnée de quelques détails, mais le plus souvent sans véritable rituel d’initiation. En 1855, le Suprême Conseil de la Juridiction Sud nomma un comité chargé de préparer des rituels complets du 4e au 32e degré. Ce comité fut composé de Albert G. Mackey, John H. Honour, W. S. Rockwell, C. Samory et Albert Pike, mais c’est Albert Pike qui fit l’essentiel du travail.
En mars 1858, Pike fut élu membre du Suprême Conseil de la Juridiction Sud des États-Unis et devint son Grand Commandeur en janvier 1859. La Guerre de Sécession interrompit son travail sur les rituels du Rite écossais. Après la guerre, il partit pour Washington et en 1868 il termina son travail de révision des rituels.
Pike écrivit aussi de conférences pour tous les degrés qu’il publia en 1871 sous le titre Morales et Dogme du Rite écossais ancien et accepté16.
Histoire du REAA en France
Le Rite Écossais Ancien et Accepté est apparu en France grâce au Frère Grasse-Tilly en 1804, alors qu’il revenait des « isles d’Amérique ». Il fonda le premier Suprême Conseil en France17 cette même année.
Un traité d’Union en décembre 1804 est signé entre le Grand Orient de France et le Suprême Conseil du 33e degré en France. Il est dit que Le Grand Orient unit à lui le Suprême Conseil de France. L’accord fut dans les faits appliqué jusqu’en 1814. Grâce à ce traité, le Grand Orient de France s’appropria le Rite Écossais Ancien et Accepté.
De 1805 à 1814 le Grand Orient de France administra les 18 premiers degrés du Rite, laissant au Suprême Conseil de France le soin d’administrer les 15 autres, du 19e au 33e. En 1815 cinq des dirigeants du Suprême Conseil fondèrent au Grand Orient de France le Suprême Conseil des Rites. Le premier Suprême Conseil en France tomba en sommeil de 1815 à 182118.
Le Suprême Conseil des Isles d’Amérique (fondé en 1802 par Grasse-Tilly, réveillé par Delahogue vers 1810) réveilla en 1821 le Suprême Conseil pour le 33e degré en France et ils fusionnèrent en une seule organisation : Le Suprême Conseil de France. Il s’érigea en puissance maçonnique indépendante et souveraine. Il créa des loges symboliques (celles qui sont composées des trois premiers degrés et qui se fédèrent normalement au sein d’une Grande Loge ou d’un Grand Orient).
En 1894, le Suprême Conseil de France créa la Grande Loge de France dont l’autonomie devint une complète indépendance en 1904 lorsque le Suprême Conseil de France renonça à délivrer les patentes constitutives des nouvelles loges19. Le Suprême Conseil de France se considère cependant toujours comme gardien de la cohérence de l’ensemble des 33 degrés du Rite et les relations entre les deux structures restent étroites comme en témoignent les deux tenues communes qu’elles organisent chaque année.
En 1964, le Souverain Grand Commandeur Charles Riandey ainsi que 400 à 500 membres20 de la Juridiction du Suprême Conseil quitta le Suprême Conseil de France et rejoignit la Grande Loge nationale française en estimant que, du fait de sa démission et bien que le Suprême Conseil de France ait continué à travailler sans lui, il n’existait plus de Suprême Conseil en France. Il se fit ensuite ré-initier à Amsterdam aux 33 degrés du rite21 puis fonda avec l’appui du Suprême Conseil de la Juridiction Sud des États-Unis un nouveau Suprême Conseil, dénommé « Suprême Conseil Pour la France », seul à être reconnu par les Suprêmes Conseils des États-Unis après avoir été désigné au Convent de Barranquilla (1970) comme seule autorité du Rite Écossais pour la France par le plus vieux Suprême Conseil du Monde : le Suprême Conseil de la Juridiction Sud des États-Unis.
La France se trouve ainsi l’un des rares pays où coexistent 3 Suprêmes Conseils légitimes : Le Suprême Conseil de France (issu du Suprême Conseil de 1804 puis réveillé en 1821 par le Suprême Conseil dit des « Isles d’Amérique » fondé en 1802 à Saint-Domingue), souché sur la Grande Loge de France.
Le Suprême Conseil Grand Collège du Rite écossais ancien accepté (issu du Suprême Conseil de 1804, constitué en 1815), souché sur le Grand Orient de France.
Le Suprême Conseil pour la France (issu du Suprême Conseil des Pays-Bas, constitué en 1965), souché sur la Grande Loge nationale française.
Organisation
Le Rite écossais ancien et accepté est dirigé dans chaque pays par un Suprême Conseil (en théorie, il ne devrait y en avoir qu’un seul par pays ce qui dans les faits n’est pas le cas. Ainsi, aux États-Unis il existe plusieurs Suprêmes Conseils reconnus dans la sphère anglo-saxonne). Il n’existe théoriquement pas de gouvernement mondial du REAA, chaque Suprême Conseil étant souverain dans sa juridiction. Cependant, certains Suprêmes Conseils ont une influence politique plus lourde que d’autres.
En Europe, onze obédiences pratiquant les trois premiers degrés du Rite écossais ancien et accepté se sont associées au sein de la Confédération des grandes loges unies d’Europe.
Il n’existe pas en franc-maçonnerie de rang supérieur au troisième degré, celui de maître maçon. C’est un des principes fondamentaux de la « régularité maçonnique » que tous les maîtres maçons soient placés sur un pied d’égalité, sans considération de position sociale ou d’appartenance à d’autres degrés maçonniques. C’est pourquoi les degrés d’un numéro supérieur au troisième doivent être considérés comme des degrés d’instruction, ou de perfectionnement, et non pas comme des grades impliquant un pouvoir particulier et dont pourrait se prévaloir un maître maçon pour se prétendre supérieur aux autres.
Dans de nombreux pays, les trois premiers degrés peuvent être pratiqués à un autre rite que le REAA avant l’accès aux autres grades de celui-ci.
Parcours du 5ème au 12ème
Maître Parfait
(5ème degré)
Ce grade de Maître Parfait raconte et commémore
l’enterrement de Maître Hiram. Il propose de
méditer sur le thème pythagoricien de la
quadrature du cercle et prépare au degré de
Maître Architecte. Il tire la conséquence
immédiate que tous nous sommes libres, tous nous sommes
frères, tous nous sommes égaux. Les concepts de
liberté, égalité,
fraternité prennent une valeur ontologique nous dit le
rituel. (Qui appartient à
l’être)
Secrétaire Intime (6ème degré)
Johaben est élu en remplacement d’Hiram et reforme le ternaire : Salomon, le roi de Tyr, et lui-même la parole ne pouvant se donner qu’en présence de 3 Maîtres. Le titre de Secrétaire Intime nous incite à aller au-delà des apparences car il existe 2 sortes de curiosités, l’une est vaine l’autre utile si elle a pour mobile de faire jaillir la Vérité.
Prévôt et juge (7ème degré)
Le Prévôt détient la clé du coffre avec les plans du Temple (Connaissance des lois de la Nature complétant la connaissance de nous même) et l’urne contenant le cœur d’Hiram, le Juge remplit sa fonction en utilisant la balance pour rendre ses jugements. Ce rituel évoque un tribunal qui fournit au Roi Salomon le moyen de restaurer l’ordre nécessaire parmi les ouvriers pour reprendre la construction du Temple interrompue après la disparition du Maître.
Intendant des bâtiments
(8ème degré)
Maitre Élu des neuf (9ème degré)
Illustre Élu des Quinze (10ème degré)
Sublime Chevalier Élu (11ème degré)
Ce grade est une récapitulation des précédents degrés. L’accent est mis sur l’acquisition et la pratique de la Vertu. Viennent ensuite les trois grades d’Elus (9ème, 10ème et 11ème degrés) ce sont :
– L’Élu des
neufs
– Le Maître Élu des Quinze
– Le Sublime Chevalier Élu.
Le Maître Élu, dit des Neuf : neuf Maîtres partent à la recherche du corps d’Hiram. Un inconnu conduit les neuf Maîtres Élus vers la caverne où se cachait Abiram, celui qui a donné le coup frontal mortel au Maître.
Le Maître Élu des Quinze est celui qui retrouve les deux autres meurtriers, lesquels sont ensuite condamnés et suppliciés aux yeux de tous. Les trois grades d’Élus résument le parcours initiatique des trois premiers grades d’apprenti, compagnon et maître, vécus dans un nouveau cycle. Le 1er, ou Élu des Neuf, évoque la question de la transgression de la loi et met en lumière les dangers et les méfaits des pulsions vengeresses. Le 2ème, ou Élu des Quinze, fait passer de la vengeance exercée individuellement à la justice collective, afin que toutes les passions soient épuisées. Le 3ème enfin est une forme de consécration de l’initié qui est reconnu « Emerek ou Homme vrai en toutes circonstances », c’est-à-dire un authentique Maître Maçon.
L’ensemble de ces rituels cherche à donner une conclusion morale à l’assassinat du maître disparu.
Grand maître Architecte (12ème degré)
Salomon qui fait du Maître Maçon un géomètre chevronné, concepteur de plan à l’image de l’Architecte disparu. Ce spécialiste du tracé utilise l’étui mathématique. Le Grand Maître Architecte se substitue en quelque sorte à Hiram pour achever l’œuvre en cours de réalisation, déterminé à rechercher l’harmonie dans l’univers, conformément aux plans qu’il est devenu apte à concevoir et à tracer. L’Art du trait ou géométrie sera l’axe du champ d’action du Grand Maître Architecte, le conduisant à œuvrer de la circonférence du cercle à son centre sur la planche à tracer. (Le point central = esprit, le cercle = le champ des connaissances).
Symbolisme
1-/ La quadrature du cercle (Maître parfait)
Combiné ensemble, le carré et le cercle, représentent le céleste transcendant (en dehors et au-delà du monde) auquel l’homme aspire et le terrestre où il se situe. Le cercle peut-être assimilé symboliquement à la manifestation divine, à l’unité, au souffle divin, au monde invisible, spirituel et transcendant, à la perfection.
Le cercle inscrit dans un carré représente pour les cabalistes l’étincelle du feu divin caché dans la matière et animant celle-ci du feu de la vie.
Si le carré représente la création, le cercle qui n’a ni commencement ni fin représente le créateur.
La quadrature du cercle étant impossible à réaliser est-ce à dire que l’homme de désir ne pourra atteindre le Divin ?
L’homme porte en lui l’intuition paradisiaque. Il part de l’état terrestre pour intégrer le divin, devenant ainsi le lieu de la synergie entre l’effort humain qui tend vers la grâce et la Grâce qui descend vers lui. La verticalisation de l’être est une montée messianique (vers le salut) propre à chacun, une structuration (disposition) de l’échelle qu’a vu le patriarche Jacob. La finalité de cet effort c’est tenter de retrouver l’Unité.
2-/ Alliance, Promesse, Perfection. (Secrétaire intime)
Le mot « perfection
» désigne un état supérieur.
La perfection a valeur d’exemple. Elle fut
incarnée en la personne du Maître disparu.
Concernant la perfection, René Guénon
précise que ce terme doit toujours être entendu
dans son sens absolu, lorsqu’il est employé comme
désignation des possibilités de
l’être. Dans la représentation
d’un être, l’axe vertical est le symbole
de la « voie personnelle »
qui conduit à la Perfection, et qui est une
spécification de la «Voie universelle
».
3-/ L’initié détient en lui le principe de la connaissance puisque le Juge et prévôt détient la clé de la cassette posée sur un autel dans le saint des Saints qui contient le cœur d’Hiram et les plans du Temple.
4-/ Intendant des bâtiments : les 5 points de fidélité du Maître sont : Agir, intercéder, prier, aimer et secourir ses Frères :
Ils sont en
réalité nous dit le rituel, les 5 points parfaits
de la Maîtrise que je rappelle :
– Jonction des pieds : Amour fraternel, on est toujours prêt
à marcher au secours de nos FF
– Inflexion des genoux : Dévouement affectueux, nous incite
à l’humilité.
– Jonction main droite : Confiance totale, assistance des FF Dans le
besoin.
– Serrement main gauche sur épaule droite : collaboration
éclairée, écoute des conseils.
– Baiser de paix : Union initiatique.
Ces 4 points sont sacrés car ils unissent les
cœurs et les pensées dans un idéal
partagé.
6-/La vengeance (Maître élu des neufs)
Johaben assoiffé de vengeance assouvit sa vindicte personnelle en exécutant le meurtrier d’Hiram. Il décapite Abiram et rapporte sa tête à Salomon qui lui dit : « Qui t’a accordé le droit de juger et dechâtier ? »
Ainsi est posé le problème de la justice personnelle subjective assimilée à la vengeance et la justice objective.
La vengeance est la première et la plus ancienne manière de la justice. En punissant l’agresseur elle rétablit l’égalité brisée par le crime.
La loi du Talion (du latin télis= tel) que l’on trouve dans le code d’Hammourabi (- 1730 avant JC) se résume particulièrement bien par la phrase issue du lévitique chapitre XXIV Châtiments des blasphémateurs « Œil pour Œil, dent pour dent ».
Dans cette loi nous avons un principe de compensation qui existe dans toute vengeance. Le châtiment a pour but de réparer le crime ce qui impose que la peine lui fut égale. Se venger consiste à rétablir l’équilibre donc à infliger un dommage identique au préjudice subi.
La formule œil pour œil, dent pour dent dans son acceptation première traduit bien l’aspect cruel et sanguinaire de la vengeance.
A l’inverse de la vengeance qui est exécutée par soi-même la justice consiste à saisir un tiers qui pèse les torts et les droits de chaque partie et prononce en référence à la loi une sentence exécutée par l’autorité publique.
La longue évolution de la loi du Talion à la justice codifiée nous a mené de la sauvagerie à la civilisation, de la justice privée à la justice collective par mandatement, justice d’Etat. Un mot sur la marche à reculons : Celui qui sort à reculons à la capacité de sortir du temple pour accomplir sa mission. Le récipiendaire retourne dans le monde profane lieu ou il va pouvoir venger la mort du maître sans vraiment quitter le sacré. La marche à reculons est imposée par une volonté extérieure. Elle implique un retour dans un état antérieur. C’est une sorte de purification nécessaire, un dépassement de sa condition, avant que se produise une entrée dans un nouveau plan ou nouveau domaine.
L’âge du Grand Maître Architecte est 45 ans : 4+5 = 9
Irène Mainguy note : 45 c’est 5 fois le carré de 3. On retrouve le nombre de l’apprenti 3 porté à la puissance 2 soit 9 qui sont le nombre de la maîtrise multiplié par 5, le nombre du compagnon. Il y a là un rappel des 3 premiers degrés qui sont l’essentiel de la maçonnerie. 8+1 le nombre des élus chargés de venger la mort d’Hiram.
Le tétragramme possède une somme algébrique de 26 en guématrie simple et une réduction théosophique de 2+6 = 8 ; 1 c’est l’unité, le principe, 8 signifie Régénération, jugement, sacrifice, résurrection, harmonie, perfection, infini. Le chiffre de la bête de l’apocalypse 666 a une réduction théosophique de 6+6+6 = 18 = 1+8 = 9 !
7-/ un Dieu unique
Au cours de mon cheminement maçonnique je me suis rendu compte que le Dieu des Hébreux, des Chrétiens était le même que le Créateur originel. L’Eternel était Yahvé, mais aussi Ptah. Dieu était celui de Jésus, de Moïse, d’Abraham, mais aussi d’Osiris. Et ce Dieu-Un était l’unique créateur de la Création. Il y a eu un enchaînement du monothéisme transmis d’Osiris à Moïse, puis de Moïse à Jésus tout comme il le fut de Thot-Hermès à Akhenaton, d’Akhenaton à Pythagore de Pythagore à Galilée. Le christianisme des poissons est la suite de la religion juive du bélier comme cette dernière l’est de celle d’Osiris le taureau.
La connaissance
Selon certains chercheurs il y aurait quatre plans de connaissance :
– La connaissance analytique qui
met l’accent sur l’observation et la description
– La connaissance systémique qui décode les
interactions des objets,
– La connaissance symbolique qui décrypte le sens
exprimé par la multiplicité des formes
– La connaissance métaphysique qui cherche à
découvrir la nature des archétypes (modèle
général représentatif d’un
sujet).
La connaissance symbolique qui nous intéresse ici est la connaissance transcendantale qui tente de répondre à la question : Pourquoi ? Il s’agit du monde de la connaissance avec un C majuscule, monde gnostique de la signification, là où les grands mythes de l’humanité tirent leur origine.
La recherche symbolique se résume à penser l’homme et à donner du sens à la vie humaine. Elle perçoit ce qui est derrière la forme pour révéler son sens caché par l’étude des symboles. La connaissance transcendantale tente de décrypter comment la partie se relie à un plus grand Tout en intégrant l’homme dans l’univers. Elle met l’homme cette pierre sans cesse à polir en rapport avec sa destination finale. L’équivalence entre le microcosme – la structure de l’homme – et le macrocosme – celle de l’univers – sont mis en évidence afin que l’initié puisse appréhender la place réelle de l’homme dans la création et ainsi comprendre sa destination finale. Le postulat « tout ce qui est en haut est comme ce qui est en bas » fait l’objet d’investigations qui ont pour but de comprendre le rôle spécifique de l’homme, vis-à-vis d’un tout plus grand que lui et lui permet de réfléchir également aux rapports qu’il entretien avec les autres règnes de la nature.
La connaissance qui est Une et indivisible ne peut s’appréhender que par annihilation se son ego, humilité face à sa destinée, acceptation de son humanitude (Capacité d’un être humain à prendre conscience de son appartenance à l’espèce humaine comme membre à part entière) et par l’inlassable recherche de son infinitude (grandeur, infini, éternité).
Noms de D.ieu dans le judaïsme
Privé de Noms propres, YHWH reçoit néanmoins de nombreuses métonymies permettant à Son peuple de le glorifier en utilisant des noms communs désignant ses attributs et ses éminentes qualités, car « Il est Puissant » (Elohim), Il est « bon Juge » (Adonaï), Il est « Unet Unique » (ʾèḥād).
Afin de marquer leur respect, leur révérence, leur crainte envers YHWH les soferim, scribes des textes sacrés, marquent une pause avant de transcrire le verbe YHWH ou l’une des métonymies qui lui sont attribuées, et préfèrent utiliser une autre marque de révérence envers Lui lorsque noter le nom d’une de ses qualités n’est pas vraiment nécessaire. Les multiplicité de noms utilisés par les juifs pour rapporter à YHWH métaphores, épithètes ou attributs marquant ses éminentes qualités ont souvent été source de dissension parmi les critiques bibliques, car certains, ceux qui avancent une hypothèse documentaire, pensent que cette variété est la trace soit d’un polythéisme originel antérieur aux Patriarches et aux Prophètes, soit de la variété des sources ayant servi à composer la Torah, tandis que pour d’autres, ces différentes appellations font référence aux différents rapports de YHWH avec l’homme, au contexte dans lequel on se réfère à Lui, aux différents aspects qu’on veut mettre en évidence (théologie négative dans la pensée juive).
La plupart des mots hébraïques qui glorifient YHWH sont aussi utilisés dans le christianisme.
Le Tétragramme (YHWH). Le nom le plus important de D.ieu dans le judaïsme est le Tétragramme, le nom à quatre lettres de D.ieu, Youd- Heh-Waw-Heh, !# (l’hébreu se lisant de droite à gauche). Il apparaît dans le second chapitre de Genèse (ou, selon certains, à la fin du premier en notarikon : Yom Hashishi Vaykhoulou Hashamaïm -le sixième jour. Furent achevés les cieux et est habituellement rendu par « le Seigneur ». Le judaïsme interdisant de prononcer ce nom en dehors de l’enceinte du Temple, la prononciation correcte du nom fut perdue – l’hébreu n’utilisant pas de voyelles. Si certains biblistes pensent qu’ils se prononçait Yahweh, l’hébraïste Joel M. Hoffman suggère qu’il n’eut jamais de prononciation. En effet, certains textes antiques, notamment les Manuscrits de Qumran, portent le Tétragramme en caractères paléohébraïques, contrastant avec le reste du texte, écrit en caractères carrés, et on pense que, même à cette période, on le lisait Adonaï, « Mon Seigneur ». Il s’agit du cas le plus connu de qeri-ketiv (« lu-écrit », différence flagrante entre l’écrit et la prononciation), YHWH se lisant Adonaï. Le plus souvent, les religieux disent « le Nom » (haShem) pour éviter de prononcer ce qui selon eux est interdit : « le nom de Dieu ». YHWH contenant les lettres de WeHaYaH, HoWeH, YHYeH (le Waw et le Yod étant interchangeables) : Il fut, Il est, Il sera. En un mot, l’Éternel.
Selon une autre tradition, YHWH serait la troisième personne de la forme « imparfaite » du singulier du verbe « être » — YHWH signifierait donc « Dieu est », « Dieu sera », ou peut-être « Dieu est », au sens de vit. Cette tradition s’accorde avec le fait que, dans le verset Ex. 3:14, D.ieu parle, Se référant à Lui-même à la première personne – « Je Suis ». Le Tétragramme signifierait alors « Lui qui Est par Lui-même », ou simplement « Lui qui Est (Vit) », le principe d’existence étant étranger à la pensée juive classique.
YHWH serait donc l’expression de la conception hébraïque du monothéisme : Dieu Est par Lui-même, Créateur incréé dont l’Existence (ou l’Essence) ne dépend de rien ni personne d’autre, et sa réponse à Moïse, Je suis Celui que Je suis (Ehye asher Ehye) serait la définition de Dieu par Lui-même. Une hypothèse, savante et non traditionnelle, est rapportée par Martin Buber dans son Moïse : YHWH serait une emphase de la troisième personne du singulier, Hou en Hébreu – « Ô Lui », Ya Hou, le Wah (Ya HouWah) étant une emphase de majesté.
L’idée de vie a été liée au Tétragramme depuis le Haut Moyen Âge. D.ieu est présenté comme le « Dieu Vivant », ce qui ne signifie pas « qu’Il vit comme nous », mais qu’Il Est non-mort, par opposition aux divinités païennes, sans vie et inanimées Dieu, sous Son Nom en quatre lettres, est présenté dans la Bible elle-même comme la source et l’auteur de la vie.
Verbaliser le Tétragramme
Le Tétragramme en Phénicien (1100 AEC – 300 EC), Araméen (1000 AEC vers le début de l’EC) et en écriture hébraïque moderne (carrée).
L’interdiction de blasphémer, c’est-à-dire de prononcer Son Nom en vain, crime passible de la peine capitale dans la loi Juive, ne se rapporte qu’au Tétragramme (traité Soferim iv.; cf. Sanh. 66a). Tous les courants actuels du judaïsme enseignent que le Tétragramme, Nom de D.ieu en quatre lettres, ne peut être prononcé que par le Grand Prêtre dans le Temple. Selon une tradition, celui-ci ne le prononçait généralement qu’à Yom Kippour, et l’orchestre liturgique jouait plus fort à ce moment, de façon à ce que le Grand Prêtre ne soit pas entendu.
Le Temple de Jérusalem ayant été détruit, ce Nom n’est jamais prononcé par les Juifs lors de rituels religieux, ni lors de conversations privées. Certains Juifs réformés le prononcent parfois, à titre éducatif uniquement, et avec grand respect.
Dans la prière, le Tétragramme est remplacé par Adonaï, et dans la conversation courante par Hashem. Certains passages bibliques, comme Ruth 2:4, tendent tout de même à indiquer que, fut un temps où ce Nom était d’usage courant. De même, le fait que beaucoup de noms hébraïques comportent une partie des lettres du Tétragramme, mais pas toutes, sauf Yehouda (YHWDH), suggère que les gens connaissaient la verbalisation du Tétragramme, afin de pouvoir établir la connexion avec ces noms.
Dans les traductions de la Bible, le Tétragramme est remplacé par « le SEIGNEUR », parfois Jéhovah. On pense également que Sabbataï Tsevi recruta ses premiers disciples en leur « révélant » la verbalisation du Tétragramme.
Hashem/Hadavar
La Loi juive, se basant sur une sentence talmudique (Pirke Avot 1:1), établit des « haies » autour de la Torah, c’est-à-dire des règles secondaires afin d’éloigner le risque de transgresser les règles primaires. C’est pourquoi le terme Adonaï lui-même n’est employé qu’au cours de la prière. Lors des conversations, on se référera à Lui comme HaShem, « Le Nom (voir Lévitique 24:11) ou Schem-hamephorash, le Nom dévoilé. Beaucoup de Juifs pratiquants poussent les scrupules à étendre cette interdiction à la plupart des Noms listés ci-dessous, et certains les assortissent d’un k (kel pour El, Elokim pour Elohim,…) en dehors de l’usage religieux. Cet usage est toutefois vivement critiqué par certaines autorités rabbiniques, surtout sépharades, comme le Rav Messas zatsa » l, qui rapprochent ces kel de lekalkel (« détruire », en Hébreu). C’est dans le même esprit que beaucoup de Juifs préféreront écrire D.ieu, D-ieu, D’ieu ou D.eu que « Dieu » car, bien que cette traduction n’ait rien de sacré à première vue, elle se réfère à Lui, et acquiert une valeur par là même. Là aussi, cette pratique n’est pas au goût de tout le monde, et le Rav Shlomo Ganzfried (ashkénaze), estime qu’aucun des Noms de D.ieu ne devraient être effacés, tronqués ou déformés, même en traduction.
Hadavar signifiant « la Parole » (le « verbe ») ou « l’occurrence » qu’on ne peut décrire. Adonaï. Adonaï Mon/Mes Seigneur, est la forme « plurielle » de « Seigneur », bien que singulier (cf. le pluriel d’Elohim). La forme singulière, Adoni (« mon seigneur »), n’est jamais utilisée dans la Bible pour se référer à D.ieu. Elle était par contre en usage chez les Phéniciens pour leur dieu Tammouz, et est à l’origine du nom grec d’Adonis. Les Juifs n’utilisent le singulier que pour se référer à une personne éminente (cf. monseigneur) ou, en hébreu moderne, comme équivalent de monsieur (On peut y voir une évolution analogue au français).
Pour les critiques, Adonaï et d’autres Noms pourraient être écrits au pluriel afin de mettre en exergue que ce D.ieu Un « englobe » toutes les divinités qu’auraient adorées les ancêtres des Israélites ainsi que les peuplades avoisinantes. C’est un raisonnement analogue mais d’origine et à finalité différentes que tenait le Rav Léon Ashkénasi za »l lorsqu’il parle de Lui les dieux, Lui qui représente toutes les divinités que les hommes auraient pu imaginer, mais dont les Israélites ne se sont jamais détournés, cf. le dialogue d’Abraham avec Melchisédek.
La prononciation du Tétragramme étant interdite depuis que le Temple a été détruit, les Juifs s’adressent à Lui par Adonaï dans leurs prières, et dans la vie de tous les jours, HaShem (Le Nom). Lorsque les Massorètes ajoutèrent la ponctuation (nikkoud) au texte de la Bible hébraïque au Ier siècle EC, ils donnèrent au Tétragramme les voyelles d’Adonaï, afin de rappeler au lecteur qu’il faut le lire Adonaï (ce procédé est appelé keri-ketiv). Les traducteurs sépharades de la Bible de Ferrare vont encore plus loin, en substituant un simple.
Ehyeh Asher Ehyeh
Ehyeh Asher Ehyeh : telle est la réponse que fait Dieu à Moïse, lorsque celui-ci lui demande quel est Son Nom, celui qu’il devra donner aux enfants d’Israël qui ne manqueront pas de le lui demander (Exode 3:14 ). Ehyeh est la première personne singulier de la forme imparfaite, aussi appelée la forme inaccomplie (à ne pas confondre avec la forme accomplie Haya, utilisée en hébreu moderne pour rendre le passé et notamment l’imparfait). Ehyeh dénote de la puissance divine en cours de réalisation, dans le présent et le futur immédiat, c’est-à-dire comme advenir. Certaines autorités l’interprètent comme « Je Serai celui qui Sera (près de Son peuple) » ou « Je Serai car Je Serai », en se basant sur le verset voisin (Ex. 3:12) « Je Serai [ehyeh] avec toi », auquel ferait référence le second ehyeh. D’autres pensent que cette phrase entière forme un seul Nom. Le Targoum Onkelos et le Talmud (Baba Batra 73a) retranscrivent cette phrase sans la traduire. C’est sur cette base que la traduction la plus communément acceptée est « Je Suis qui Je Suis ». Une interprétation fréquente est aussi « Je serai qui Je serai », mais on pourrait tout aussi bien la traduire par « J’adviens tel que J’adviens ». Le Tétragramme lui-même pourrait dériver de cette racine verbale.
El
Le mot El apparaît dans d’autres idiomes sémitiques du Nord-Ouest comme le Phénicien et l’Araméen. En Akkadien, ilu est le nom commun pour « dieu ». On en trouve également trace en ancien « Arabéen » du Sud (un groupe de langues afro-asiatiques anciennement parlé dans le sud de la péninsule arabique, distinct de l’Arabe classique) et en Guèze, où, comme en Hébreu, il peut servir comme élément dans les noms propres. Dans les textes sémitiques du Nord-Ouest, il apparaît souvent comme le nom d’un dieu bien particularisé, peut-être à la tête du panthéon, et parfois spécifiquement désigné comme le dieu créateur du monde. Toutefois, ce El de Canaan n’est pas celui d’Abraham qui, arrivant en un lieu nommé Bet El, édifieun autel à l’Éternel (Gen. 12:8).
Dans le Tanakh, El
(Hébreu: -+) est utilisé tant au singulier qu’au
pluriel, tant pour le D.ieu d’Israël que pour les idoles et
autres dieux, encore que le Ramban explique que le elim de « Qui
est comme toi parmi les elim, YHVH? »
ne désigne pas les idoles mais les anges dont le nom termine
par El, comme Gabriel (« D.ieu est ma force
»), Michaël (« Qui est comme
D.ieu »), Raphaël (« D.ieu
a guéri »), Joël (« YoHWH
est Elohim », Daniel (« D.ieu
est mon Juge »), etc. Cependant, en tant que Nom
divin, il apparaît principalement dans les passages
poétiques et prophétiques, mais rarement en prose
et, lorsque c’est le cas, avec une épithète (ex :
un D.ieu jaloux) qui pourrait laisser à penser qu’El est
utilisé comme nom commun.
El `Elyon
(« D.ieu Très-Haut »), El Shaddaï (« D.ieu Tout-puissant »), El `Olam (« Dieu éternel »), El ‘Haï (« Dieu Vivant »), El Ro’i (« D.ieu Voyant »), El Elohe Israel (« D.ieu, l’Elohim d’Israël »), El Guibor (« D.ieu le Fort »). Ce Nom est également plus volontiers utilisé pour rendre mon D.ieu qu’Elohim : Eli est bien plus commun qu’Elohaï. Elohim (et Eloha).
Elohim.
Elohim est le Nom le plus couramment utilisé de D.ieu dans la Bible hébraïque, et le premier à y apparaître (Gen. 1:1). Contrairement aux autres noms mentionnés dans cet article, il est aussi utilisé pour désigner les divinités des autres religions (ex : Exode 9:1, Exode 12:12, Exode 20:3). En dépit du -im, terminaison habituelle de nombreux pluriels en hébreu, le mot Elohim, lorsqu’il se réfère au D.ieu d’Israël, est grammaticalement singulier, le verbe qui le suit l’étant aussi. Les critiques y voient une preuve d’un polythéisme originel, ne manquant pas de souligner, par exemple, que le verset Gen. 1:25 porte le pluriel, comme le verset Ex. 20:2, qui parle des elohim des nations. Joël M. Hoffman suggère qu’il dérive « d’elim » (dieux), avec un heh inséré à dessein. Toutefois, l’hébreu admet l’existence de mots exclusivement pluriels (de forme), comme Behemoth ou, en hébreu moderne, be’alim (« propriétaire »), qui se conjuguent au singulier malgré leur apparence. Pour les savants juifs et chrétiens, ce pluriel apparent n’a jamais posé problème : à propos du fameux verset Gen. 1:25, un midrash rapporté par Rachi met en scène Moïse attirant l’attention de D.ieu sur le fait que les adversaires du monothéisme pourraient en tirer quelque argument. « Écris !, lui est-il répondu, ceux qui veulent errer erreront ». Beaucoup y voient non pas un « Nom », mais un attribut (l’Elohim, le Tétragramme qui Est Elohim). Le Ramban rapporte une tradition expliquant Elohim comme El hem, « Puissance d’eux », c’est-à-dire Puissance de tout et tous, sur tout et tous ou, simplement, le Tout-puissant. D’autres interprètent le -im comme l’expression de la majesté (pluralis majestatis) ou de l’excellence (pluralis excellentiae), marque de grandeur et de dignité. Cf. l’usage similaire du pluriel pour ba’al (maître) et adon (seigneur). C’est pour cette raison que certains théologiens du christianisme citent l’apparente pluralité « d’elohim » comme preuve de la doctrine trinitaire. Cette position traditionnelle a été révisée par les exégètes chrétiens modernes, qui considèrent cette interprétation comme fallacieuse : pour eux, l’usage du pluriel de majesté n’est venu que bien plus tard. Selon Richard Toporoski, une autorité en matière de classiques, il apparaît pour la première fois sous Dioclétien (284-305 EC). Gesenius écrit dans sa Grammaire hébraïque que : Les grammairiens Juifs appellent ces pluriels…plur. virium ou virtutum ; les grammairiens plus tardifs les nomment plur. excellentiae, magnitudinis, ou plur. maiestaticus. Ce nom a été suggéré par le Nous utilisé par les rois parlant d’eux-mêmes. (cf. 1 Macc. 10:19 et 1 Macc. 11:31) ; et le pluriel utilisé par D.ieu dans Gen. 1 : 26 et Gen. 11 ;7 ; Is. 6 : 8 a également été incorrectement interprété de la sorte. Il est cependant soit communicatif (incluant les anges présents, ce qui est le cas d’Isaïe 6 : 8 et Gen. 3 : 22), soit, selon d’autres, une indication de la plénitude de force et pouvoir implicite. La meilleure explication est celle d’un pluriel d’auto délibération. L’utilisation d’un pluriel comme marque de respect est assez étrangère à l’hébreu. La forme plurielle -im peut également être comrpise comme une dénotation d’abstraction, cf. en hébreu hayim (« vie ») ou betoulim (« virginité », mais peut aussi se comprendre comme signes de virginité). Dans ce sens, Elohim signifie « divinité » ou « déité ». Le mot hayim est assez similairement, singulier lorsqu’il est utilisé comme nom, mais pluriel sinon. La forme Eloah qui peut sembler être la forme singulière « d’Elohim ») est beaucoup plus rare, utilisée dans des oeuvres poétiques et prosaïques beaucoup plus tardives (41 occurrences dans le Livre de Job).
Le terme Eloha est utilisé en six endroits pour désigner des divinités étrangères (ex : 2 Chr. 32:15 et Daniel 11:37- 38). Il y désigne une divinité locale. C’est sur cette base que certains pensent « qu’Eloha » est la forme non pas singulière, mais particulière « d’Elohim » : on peut dire de Lui qu’Il fut l’Eloha d’Abraham, l’Eloha d’Isaac, l’Eloha de Jacob à une époque où ils étaient les seuls à le penser, mais dès l’instant où une communauté comprend l’idée de Son existence, le terme d’Eloha devient impropre, car « si mon D.ieu est effectivement mon D.ieu, Il ne pourrait être le D.ieu de quelqu’un d’autre » On retrouve l’équivalent « d’Eloha » en Arabe (Ilah, singulier – « un dieu », opposé à Allah – « le D.ieu ») et en Araméen (Elaha). La racine « d’Elohim » et « Eloha » est inconnue. Selon les Sages juifs (cf. supra), ils dérivent de El, « puissance », ce qui expliquerait son emploi dans Ex. 21:6 pour désigner des « juges et hommes puissants », et l’obscur chapitre 6 de Genèse, où il est question de « fils d’Elohim » : anges, ou « simples » fils de puissants ? Une autre hypothèse les fait provenir d’un verbe apparenté à l’arabe alih (être égaré, effrayé, chercher refuge contre la peur) – Eloah et Elohim signifieraient alors « Lui qui inspire la crainte et larévérence » ou « Lui en Qui l’on trouve refuge contre lapeur ».
Hoffman Joel M., 2004. In the Beginning : A Short History of the Hebrew Language NYU Press. ÇR.Traduction à partir de Toporoski, « What was the origin of the royal « we » and why is it no longer used ? », (Times of London, May 29, 2002. Ed. F1, p. 32) ÑTraduction à partir de Gesenius’Hebrew Grammar (A. E. Cowley, ed., Oxford, 1976, p.398).
`Elyon
Le nom `Elyon est utilisé avec El, YHWH ou Elohim, rarement
seul (Is. 14:14). Il est lui aussi utilisé dans les passages
poétiques datant de la composition finale de la Bible. Le
terme est toujours utilisé en Hébreu moderne, et
signifie « suprême »,
cf. « cour suprême
». Étymologiquement, le terme provient de
« sur », « au-dessus
de » en est la forme superlative, le
Très-haut, le Plus-haut. Les Phéniciens
utilisaient un nom assez similaire pour Dieu, rendu en Grec par
Έλιον. Il est
également apparenté à l’Arabe `Aliyy.
Maqom
Maqom – littéralement, « le Lieu », cf. « Le monde est Son lieu » – l’Omniprésent. Concept fort utilisé dans la notion de Tzimtzoum.
Shaddaï
Le nom Shaddaï, qui apparaît aussi bien en combinaison avec « El » qu’indépendamment de lui, est utilisé comme Nom divin, particulièrement dans le Livre de Job. Selon Ex. 6:2-3, c’est le Nom sous lequel D.ieu était connu d’Abraham, Isaac, et Jacob. Dans la Septante et d’autres anciennes traductions, il est rendu par « Tout-puissant », et c’est sous ces termes qu’il apparaît dans la traduction de Louis Segond Ex. 6 : 2-3. Une racine du mot pourrait être « shadad », signifie « maîtriser, écraser, détruire », ce qui donnerait à Shaddaï la signification de « destructeur », l’un des aspects de Dieu (à comparer avec « Shiva », le dieu « destructeur » dans la trinité hindoue, « créateur, préservateur, destructeur »). Selon une autre théorie, ‘Shaddaï’est issu de la racine sémitique dont dérive aussi, en Akkadien, les termes shadû, ‘montagne’et shaddā`û ou shaddû`a, ‘montagnard’. Cette théorie, popularisée par le grand archéologue biblique William F. Albright, fut fortement mise en doute lorsqu’il fut noté que le renforcement du d n’est pas documenté avant la période néo-assyrienne. Toutefois, le renforcement en Hébreu (marqué par le daguesh) pourrait lui aussi être secondaire, puisque la Torah ne fut « ponctuée » qu’au Ier siècle de l’ère commune. Selon cette théorie, D.ieu habite une montagne mythique sainte. Or, le concept d’un dieu « montagnard » était loin d’être inconnu dans le Proche Orient antique (cf. El), ni même dans l’Antiquité (cf. l’Olympe, le Parnasse, etc.). Éphrem, auteur chrétien, donc bien ultérieur, place lui aussi le jardin d’Éden au sommet d’une montagne inaccessible.
Le Sanat Kumara des Théosophes règne sur une cité-royaume inaccessible. W.F. Albright proposa une hypothèse alternative, liant shaddaï à shadayim (les seins). Shaddaï serait alors lié à la fertilité de D.ieu et Sa bénédiction sur les animaux aquatiques et volatiles, puis les hommes. En effet, Shaddaï apparaît souvent dans un contexte de fécondité et de fructification, (et aussi : avoir en suffisance, il suffit, je suis celui qui suffit, n’ayez pas d’autre D.ieu, Je suffis…) : / Gen. 28:3 : Qu’El Shaddaï te bénisse, te rende fécond et te multiplie, afin que tu deviennes une multitude de peuples! / Gen 35:11 : Je suis El Shaddaï : Sois fécond, et multiplie / Gen 49:25 : C’est l’oeuvre d’El Shaddaï qui te bénira des bénédictions des cieux en haut, des bénédictions des eaux en bas, des bénédictions des mamelles [shadayim] et du sein maternel [racham]. Shaddaï fut aussi une cité amorite de l’ère du Bronze tardif, située sur les rives de l’Euphrate, en Syrie du Nord. Le site de ces vestiges porte le nom de Tell eth- Thadyen. « Thadyen » est donc la formulation arabe moderne de l’ancien terme ouest-sémitique Shaddaï. Il a donc été conjecturé qu’El Shaddaï aurait « simplement » été le El de la cité de Shaddaï, associé dans la tradition à Abraham. Ce serait l’inclusion ultérieure de la « geste d’Abraham » dans la Bible hébraïque qui y aurait amené ce nom du nord. (Voir Hypothèse documentaire) Selon le Talmud (Haguiga, 14b) Shaddaï signifie « qui dit à Son monde assez ! » (sheamar le’olamo daï). Une interprétation midrashique en fait un acrostiche : SHomer Dlatot Israel (Celui qui garde les Portes d’Israël). C’est pourquoi ce Nom est gravé sur les mezuzot, boîtiers comportant un parchemin avec un fragment du texte biblique, placés sur les linteaux des portes (excepté les lieux d’hygiène, comme la salle de bain ou les toilettes).
Shalom
On traduit généralement Shalom par paix. Bien que juste, le terme choisi est un peu limitatif. En réalité, ce mot, représente l’état atteint dans la plénitude, tel que rapporté par Isaïe : « Il forme la lumière, crée la ténèbre, et fait la shalom ». Il concilie les extrêmes et les opposés, qui vivent en bonne entente de Son fait. C’est le Talmud (Shab. 10b) qui dit que « le Nom de D.ieu est Shalom », en se basant sur Jug. 6:23. En conséquence, il est interdit, pour cause d’inconvenance, de saluer quelqu’un par shalom (qui est utilisé pour dire « bonjour » ou « au revoir », en Hébreu moderne comme en Hébreu biblique) en des lieux impurs, comme une salle de bain ou des latrines. Si Shalom n’est pas tellement répandu comme prénom, il n’en va pas de même de Sh’lomo (-,!5, Salomon), littéralement Sa paix, faisant référence au D.ieu de Shalom.
Shekhinah
La Shekhinah (Hébreu : « La Présente », « La Résidente ») est la « présence » ou manifestation de D.ieu « descendue » au sein de l’humanité. Ce terme, qui n’apparaît pas dans le Tanakh, fut utilisé par les rabbanim pour parler de la présence de D.ieu ressentie dans le Tabernacle ou au sein du peuple d’Israël. Des Noms principaux de D.ieu, c’est le seul qui soit féminin dans la grammaire hébraïque.
Yah
Article détaillé : Yah.
Le nom Yah (YH) est composé des deux premières lettres du Tétragramme. Selon certains, il s’agit d’une abréviation, selon d’autres d’une forme primitive du Tétragramme. C’est en tout cas ce Nom qui est employé dans Alléluia (Hallelou Yah, Rendez louange à Yah). Les religions rastafari et African Hebrew Israelites of Jerusalem, deux religions nationalistes noires originaire du continent américain, utilisent toutes deux le terme pour désigner D.ieu, la première sous la graphie latine Jah, la seconde sous la graphie Yah. YHWH Tzevaot (Cébaoth) Les Noms YHWH et Elohim s’accompagnent fréquemment du mot tzevaot (« armées », Hébreu : 7″+%8) : YHWH Elohei Tzevaot (« YHWH, D.ieu des armées »), Elohei Tzevaot (« Dieu des armées »), Adonaï YHWH Tzevaot (« Seigneur YHWH des armées ») ou, le plus souvent, YHWH Tzevaot (« YHVH des armées »). La translittération habituelle est Sabaoth en Latin, Cébaoth en Français. Ce Nom n’apparaît pas dans la Torah, ni dans Josué, ni dans Juges, mais il est souvent utilisé dans les livres prophétiques. Le sens premier de tzevaot se trouve dans 1 Sam. 17:45, où il est interpété comme « le D.ieu des armées d’Israël ». Le mot tzevaot isolé signifie toujours « armées » ou « groupes » [d’hommes armés] (voir Ex. 6:26, Ex. 7:4, Ex. 12:41), alors que le singulier désigne souvent la multitude céleste (ou terrestre), cf Gen 2 : 4 : ‘les cieux et la terre, et toutes leurs armées/multitudes.
C’est donc au sens second qu’El Tzevaot a désigné Dieu comme le Maître des armées célestes (les anges), etc. La translittération latine Sabaoth, ainsi que les grands motifs dorés de vigne sur les portes du temple construit par Hérode, induisit les Romains à identifier Sabaoth avec le dieu du vin Sabazios. On retrouve également le nom Sabaoth associé à un demi-dieu dans les textes gnostiques du Texte de Nag Hammadi Text – Sabaoth le fils de Yaltabaoth. Ces deux identifications, portant sur Sabaoth et non Tzevaot sont donc accidentelles et sans rapport avec ce Nom. Autres Noms, formules ou dénominations de D.ieu Il s’agit soit d’usages moins fréquents, soit de Noms peu mentionnés dans la Torah, soit encore de métonymies.
Abir « Puissant ».
Adon Olam, Ribon Olam ou Ribbono
shel Olam « Maître du monde
».
Boreh « [le] Créateur ».
Avinou Malkeinou « Notre Père notre Roi
».
Melekh ha-Melakhim « Le Roi des rois
».
Ehiyeh sh’Ehiyeh « Je Suis ce que Je Suis
» : une forme hébraïque moderne de
« Ehyeh asher Ehyeh ».
Elohei Avraham, Elohei Yitzchak ve Elohei Ya`aqov.
« D.ieu d’Abraham, D.ieu d’Isaac, D.ieu de Jacob ».
Magen Avraham « Protecteur d’Abraham ».
El haGuibor « D.ieu le Puissant
».
Emet « Vérité
».
E’in Sof « Infini »,
plutôt utilisé par la Kabbale.
Ro’è Israël « Berger
d’Israël ».
cf. * YHWH-Ra-ah « Le Seigneur mon Berger
» (Psaumes 23:1)
HaKaddosh, Baroukh Hou « Le Saint, béni
soit-Il ».
Kaddosh Israël « Saint d’Israël
»…
YHWH-Yireh « D.ieu pourvoira
» (Genèse 22:13, 14).
YHWH-Rapha « D.ieu guérisseur
» (Exode 15:26).
YHWH-Niss’i « D.ieu ma/notre bannière
» (Exode 17:8-15).
YHWH-Shalom « D.ieu [est] Paix
» (Juges 6:24).
YHWH-Tsidkenou « Seigneur-notre Justice
» (Jérémie 23:6).
YHWH-Shama « D.ieu [Est] là
» (Ezéchiel 48:35).
Tzour Israël « Roc d’Israël
».
Les miracles des Noms divins
Il est écrit dans la Haggada (le livre traditionnellement lu à Pessa’h) que les Noms divins pouvaient être utilisés pour faire des miracles, si l’on connaît la combinaison.
Usage dans la Kabbale : Le
système cosmologique de la Kabbale explique la signification
et l’importance des Noms. L’un des plus importants est celui de Ein Sof
(« Sans fin »), qui est
au-dessus des Sefirot. Le Nom à 45 lettres a une valeur
équivalente au Tétragramme dont la valeur
numérique est de 45.
Le Nom à 72 lettres est basé sur trois versets
d’Exode (Ex. 14:19-21), qui commencent par « Vayissa
», « Vayavo »,
« Vayet », respectivement.
Chacun de ces versets comporte 72 lettres, et lorsqu’ils sont
combinés, ils forment 72 Noms.
Le Sefer Yetzira explique que la création du monde fut réalisée par manipulation des quatre lettres formant le Tétragramme. Lois sur l’écriture des Noms divins Selon la tradition juive, le caractère sacré des Noms divins doit être reconnu par le sofer, le scribe professionnel qui retranscrit les Écritures et les fragments insérés dans les tefillin et les mezouzot. Avant d’écrire l’un des Noms, il se prépare mentalement à les sanctifier. Une fois la transcription commencée, il ne s’interrompt pas, même pour saluer un roi. S’il commet une erreur, il ne peut effacer le Nom, mais doit l’entourer d’une ligne signifiant que le travail est annulé, et placer la page entière dans une gueniza (endroit où l’on place les Textes sacrés devenus p’soulim, impropres à l’usage). Une nouvelle page est commencée.
La tradition des sept Noms divins
Tous les Noms ne nécessitent pas ces soins. Selon la tradition, il y en a sept : El, Elohim, Adonaï, YHWH, Ehyeh Asher Ehyeh, Shaddaï et Tzevaot.
Cependant, Rabbi Yosse considérait Tzevaot comme un nom commun (Soferim 4:1; Yer. R. H. 1:1; Av. R. N. 34), et Rabbi Ishmaël estimait que même Elohim était un nom commun (Sanh. 66a). Tous les autres Noms, comme « Miséricordieux », « Gracieux », etc. représentent seulement des attributs, également communs aux êtres humains (Sheb. 35a). Beaucoup de Juifs n’écrivent jamais le Nom de D.ieu sur papier, ni ne le prononcent, afin d’éviter de le profaner. Ils disent « Hashem », « Lui », ou simplement « D.ieu ». En Israël, Elohim, dont « D.ieu » est la « traduction consacrée », se prononce informellement, mais en diaspora, le terme D.ieu existant, on préfère prononcer Elokim si on ne prie pas.
72 Noms du Sepher Raziel
Voici la transcription de la traduction qu’a fait Virya des 72 noms du Sepher Raziel. Ces noms sont tirés des versets 19, 20 et 21 du chapitre 14 de l’Exode. Je ne peux que trop conseiller à ceux désireux d’approfondir ce domaine l’excellent ouvrage de Virya Les 72 puissances de la Kabbaleet, bien entendu, le Sepher Raziel lui-même.
והו – Vehou – Montre, dans le Grand et glorieux Nom, par son union et par sa forme, 4 puissances administrant et englobant les richesses, ainsi que la couronne de Tiphereth, appelée וה, et pour cela béni soit-Il, car l’abondance descend dans le Sanctuaire de יהוה, et de là descend dans le monde entier.
ילי – Yeli – Il fait allusion au Dieu suprême qui est au-delà de la miséricorde absolue, entièrement blanc, qui est la vigueur suprême et la vigueur se répand par la rosée de la bénédiction. Formant 4 puissance l’exprimant, et pour cela béni soit-Il. Car Il est l’origine de toute origine et sa connexion et sa forme le montrent.
סיט – Seyat – Montre la grande miséricorde, pour les accomplis et les non accomplis, dispensant en eux l’équité et la charité, dans la terre de la vie. Réunissant 3 puissances qui le prouvent et formant 4 puissances, dont 2 sont imbriquées et 2 sont l’une à l’intérieur, c’est la Shekhinah à l’intérieur du Tabernacle, et une cinquième est issue d’elles. 7 dirige dans le lieu de vie éternellement, béni soit-Il pour cela. Il est la vie et l’existence pour l’éternité.
עלם – Alam – Montre 2 existences en un lieu divin accompli. Dieu au-dessus de tous les jugements célestes, aptes à juger. Il forme 7 puissances attachées qui montrent l’ensemble de l’édifice, béni soit-Il pour cela. Il présente et délègue Son pouvoir aux juges afin qu’ils accomplissent le Jugement (Din) en Egypte par les 3 versets qui les contient tous dans le secret de leur connexion, fonde sur la couronne des Tsevaoth de Dieu de Tiphereth suprême au centre. Cela montre cette chose.
מהש – Mehash- Montre le secret des 4 compartiments des Tefilins et relie à יהוה par la lumière suprême et cachée. Sa connexion montre la couronne de la splendeur {Tiphereth) des Tefilins, splendeur (Tiphereth) des Tefilins de Dieu, contenus dans le Tefilin Shin (de la tête). Et sa forme montre un édifice entier, reflété par les vêtements du Prêtre, béni soit-Il pour cela. Que l’éternité (Netsa’h) soit victorieuse en Dieu. Il forme les vainqueurs qui s’attachent à la justice des Pères et en eux.
ללה – Lelah – Montre le char de la Merkavah de l’unité par le secret de deux élévations et de sa connexion à Tiphereth. Tiphereth, par sa grande miséricorde, relie à l’unité de sa forme, 6 puissances qui le montrent, béni soit-Il pour cela, qui a créé le monde par la Miséricorde et par 10 paroles afin d’exprimer le dernier ה et permettre de comprendre cela.
אכא – Aka – Révèle dans le fondement de toutes les âmes et tous les cycles, que toutes les vies sont issues de Lui pour l’éternité, en adhérant à la Néshamah et a la Shemitah. Sa structure révèle trois Sephiroth et trois points : H’Olam, Shoureq et H’iriq. Il forme 7 puissances montrant qu’il s’intègre a eux, béni soit-Il pour cela, car il révèle le pardon, la sérénité et la vie. Par ces puissances tu comprendras la force des oeuvres de ces attributs et de tout le reste.
כהת – Kehath – Enseigne, que cela a été exprimé par celui qui créé l’oeuvre. Il forme 5 puissances se révélant toutes par le י, s’habillant dans un édifice, dont des descriptions viennent de la Torah, et par leurs agencements tu comprendras qu’il va se placer au-dessus de Shalom Tsedeq (Paix justice), par la Justice. Béni soit-Il pour cela, car c’est l’alliance de notre Dieu qui est aux cieux, signée par des Sages supérieurs.
הזי – Hazaï- Révèle que I’Unique est rattaché à la Hessed (Bonté), Béni soit-Il pour cela. Le ה s’élève au-dessus de tous les degrés. Il veut s’exprimer au-dessus de tous les attributs. Il forme 4 Puissances se révélantpar le Verbe et par l’Unité. Il organise les deux ה par le י, et l’éternité le démontre aux initiés, car le י s’élève vers le ה et les deux s’unissent pour l’éternité.
אלד – Alad – Révèle la Merkavah à la Merkavah par la Tiphereth supérieure, Béni soit-Il pour cela, car il s’élève par degré. Il agence 3 puissances : Hessed, Tiphereth et Tiphereth Elyon dans Binah. Il forme 6 formes couronnant Tiphereth d’unité.
לאו – Lav – Révèle deux oeuvres reçues de Binah, béni soit-Il pour cela, car l’élévation du י juge en Égypte le lieu, l’ordre et la peur. Il forme 6 puissances organisées en une seule, se révélant par le Verbe, agençant 3 en une seule.
ההע – Hahâ – Révèle ce que révèle le maître de l’oeuvre, dont l’agencement révèle deux oeuvres.
יזל – Yezal – Révèle le י du Grand Nom par la puissance éternelle et forme quatre puissances révélées par le Verbe a celui qui peut comprendre, et pour cela béni soit-Il. Par le י, tout agit et par sa volonté, chaque sphère et chaque ange possède une puissance éternelle. Son organisation est révélée par deux actions contrôlant chaque puissance par la puissance de l’éternité.
מבה – Mabah – Révèle que le Grand Nom est le Nom de sa puissance avec 70 appellations H’D’. Il forme 6 puissances se révélant dans les six directions et par le Verbe, béni soit-Il pour cela. C’est la puissance du Saint, béni soit-Il, qui fut envoyée à Moïse par Lui-même et par Sa Gloire, en structurant Tiphereth dans Hokhmah par la couronne et dans chaque parole unique et dans chaque puissance unique. Et à partir de ces puissances, tu comprendras la puissance de ces oeuvres.
הרי – Heri – Révèle le Nom de l’Unité et de l’organisation de chaque existence. Il structure 3 puissances par le Verbe Unique, appelées : Terre (Eretz), Hayim (Vie) et Debouqim (liens). Il forme 4 puissances révélées par le Verbe, et béni soit-Il pour cela, car Il est unique dans tous les degrés.
הקם – Heqam – Se révèle par deux actions et 12 frontières verticales pour s’appuyer. Et organise la couronne rattachant Binah a Tiphereth, révélant sur le Verbe, 6 puissances montrant dans Binah l’abondance des actions du coeur, et béni soit-Il pour cela, que rappelle le ה de son Nom.
לאו – Leou – Révèle trois choses dans Tiphereth et forme 6 puissances attachées dans la couronne de Tiphereth. Tiphereth se trouve entre deux Sagesses, ainsi que cela est dit, entre deux Keroubim dans le Verbe. Tiphereth, qui contient également une division de 3 saintetés, béni soit-Il pour cela, révélant la sainteté de l’en haut, réunissant a eux le Nom unique.
כלי – Kili – Révèle par le Nom, la totalité des 4 portes du monde supérieur, béni soit-Il pour cela, englobées dans la Miséricorde. Il forme 4 puissances révélées par le Verbe, dont l’agencement couronne Tiphereth et Hokhmah, montrant ainsi l’ensemble de l’édifice.
לוו – Levou – Révèle que l’expression de la puissance divine est rassasiée dans le Yod. Sa forme est gravée dans les 12 Signes [zodiacaux] d’Israël.
פהל – Pehil – Révèle par deux oeuvres l’une dans l’autre, béni soit-Il pour cela, que la miséricorde divine est éternelle, parce qu’elles sont imbriquées, et leur union le prouve. Il forme 6 puissances qui montrent que la couronne s’attache et se fixe dans la Hessed (Bonté) et dans Rah’amim (Miséricorde), approchant ainsi de l’accomplissement suprême.
נלך – Nalakh – Révèle dans le Grand Nom le serment par la puissance du bâton de Moïse, avec sa puissance pour activer de redoutables choses. Son agencement révèle la Binah de la Binah et forme les puissances révélées par le Verbe, l’une reçoit de l’autre et de là surgissent les actes.
ייי – Yeyaï – Révèle le grand secret des 3 points fondamentaux du Ehyéh suprême traversant l’axe central pour prendre existence dans le Grand Shabbath. Béni soit-Il pour cela, car le dernier est le supérieur et, par son action, le monde est au repos. Il s’agit ici d’un engagement pour tous, avec eux dans le jubilé de la puissance supérieure et de la puissance universelle, que l’allégorie et l’agencement révèlent. Et cela forme 3 puissances.
מלה – Melah – Révèle par deux actions, que tout tourne sous la direction de chaque puissance unique et une seule singularité, ainsi que l’a dit le Saint béni Soit-Il. Son agencement le prouve et il forme 6 puissances le prouvant et la fille retourne à sa Mère.
חהו – H’ahou – Révèle quatre fondements se trouvant sous le י, issus de la puissance de Tiphereth et béni soit-Il pour cela. Par la puissance des 4 fondements et par son agencement, il se révèle par l’attribut d’Aharon qui s’approche du ה inférieur par Tiphereth, et cela forme 5 puissances qui révèlent le Verbe et chaque expression.
נתה – Netah – Montre à Adam la façon de dominer un démon mais le force pour cela à appréhender le monde avec Justice, comme un Juste. Béni soit-Il pour cela. Il est contenu par deux puissances. Sa connexion le prouve. Il forme 5 puissances guidant par le mystère des âmes et des émanations issues de Binah et des transgressions autorisées au Juste rempli de foi et parlant avec une grande rigueur dans les interconnections de Tiphereth.
האא – Haia- Montre, par trois proportions, la totalité du Nom Ehyéh entier. Béni soit-Il pour cela. Par sa puissance unique et par son attribut unique. Sa connexion se trouve dans les 6 [Sephiroth de Zeir Anpin] et tout ce qui est issu d’elles. Il forme 5 puissances guidant la totalité avec la parole par Jacob, représentant de la Clémence et de la Vérité. C’est le secret des formes édifiant la totalité céleste du début a la fin, exprimant son terrible secret.
ירת – Yrath – Montre que dans la totalité du mouvement, il reste stable dans le lieu de Netsa’h, se préservant dans son unité, qui existe pour l’éternité. Sa connexion guide par les deux attributs kabbalistiques de la septième en partant de Malkuth (Hessed), jusqu’à Pah’ad (Guebourah). Sa forme montre que tout se rejoint en Dieu, dans pointe pliée (courbure du Yod) qui est éternellement immobile.
שאה – Shah – Montre Netsa’h dans Tiphereth par sa puissance d’action sur le plan de I’Égypte externe. Béni soit-Il pour cela. Car il est sorti de son lieu pour juger l’Égypte, et a agrégé les 7 (Sephiroth) en lui pour condamner l’Égypte au fléau. Sa connexion le prouve. Il forme 9 puissances agissant dans la totalité de l’Égypte, c’est ainsi que se comprend cet acte.
ריי – Reyi – Montre les lettres des Sephiroth qui émergent de l’étoile et de Binah issue de Hokhmah. Béni soit-Il pour cela. Issue du dernier Shabbath de Hokhmah. Sa connexion le prouve. II forme des puissances montrant l’héritage de Hokhmah et la sagesse suprême.
אום – Avam – Montre deux actions d’invocation du Nom divin, stimulées par Yessod. Béni soit-Il pour cela. Le Juste est le fondement (Yessod) du monde. Sa connexion te prouve. Il forme 6 puissances dirigeant six extrémités.
לכב – Lekav – Montre le trône du Trône divin. Béni soit-Il pour cela. Il repose sur les Patriarches. Sa connexion montre le diadème entre Hokhmah et Binah. II forme 5 puissances attachées à Tiphereth.
ושר – Veshar – Montre la confirmation du serment dans son dévouement et dans la fin du lien. Ainsi, Dieu est le maître de la Kabbale. Sa connexion le prouve. Il forme 6 puissances guidant par le verbe.
יחו – Yeh’ou – Montre deux fonctions du Nom unique. Il parle avec ה. Sa connexion guide avec eux et par leurs marques. Il forme 4 puissances guidant par deux lumières et deux actions spécifiques. Sa connexion le prouve.
להח – Leha’h – Guide par deux existences résidant dans le lieu de Hokhmah et de Binah abondantes, par le י qui est dans le lieu de l’Adam suprême où il est préparé. Sa connexion montre la Binah abondant par le י. Il forme des puissances guidant par le verbe.
כוק – Kevaq – Guide le Nom et les jugements avec une puissance unique. Sa connexion guide par l’Atarah (Diadème) de Tiphereth et de Binah. Il forme 5 puissances montrant l’attachement de Malkuth à Binah, par deux actions et par la compréhension de la force active.
מנד – Menad – Montre comment Moïse s’est élevé vers le sommet et a assemblé l’ineffable avec sa connexion et sa forme permettant à Binah d’agir dans Hessed, par deux actions et pouvoirs.
אני – Ani – Montre que le mot existe par le Yod et que tout est issu du י et des cinquante portes. Béni soit-Il pour cela. Par le saint Nom graduel. Sa connexion est dans Tiphereth et au י lié à Binah. II forme 5 puissances guidant par le verbe.
חעם – H’am – Montre avec force les puissances des campements de la Lune, des 12 tribus d’Israël et en bas entre deux attributs divins. Béni soit-Il pour cela. Légiférant par le Nom, car tout dépend de lui. Sa connexion montre la totalité de l’édifice. Il forme 7 puissances guidant par le verbe.
רהע – Riha – Montre la divinité chevauchant avec assurance sur le Yod vital, les séraphins, les ramifications et la totalité de l’en bas. Il sert de fondement à l’ensemble de la Merkavah divine. Sa connexion et sa forme le prouvent.
ייז – Iyaz – Montre par les 22 lettres la divine Merkavah, qui tire faveur de la relation entre le premier ה et le dernier ה. Béni soit-Il pour cela. Il connecte deux sagesses dans Nets’ah s’exprimant par le verbe. Ainsi est sa forme.
ההה – Hahah – Montre que Binah, Guebourah et Atarah, sont la puissance vitale du diadème. Il connecte et forme par Hessed, les 6 puissances (suivantes de Guebourah à Malkuth).
מיך – Miyak – Montre 3 oeuvres de la sphère angélique qui parent le trône divin. C’est la puissance des ramifications. Béni soit-Il pour cela. Car la totalité céleste est contenue dans יה. Sa connexion relie le Nom à toute chose. Il forme 4 puissances dirigeant et édifiant la puissance active.
וול – Veval – Montre par deux actions qu’il est le Nom en 42 lettres unifié. Il s’appelle « Fondement du monde » et enflamme les 12 directions diagonales. Béni soit-Il pour cela. Car ils sont dans le יה sacré. Il élève le Nom. Sa connexion et sa forme le prouvent.
ילה – Yelah – Montre l’éternité et la permanence de Hokhmah. Béni soit-Il pour cela. Car 5 attributs sont parmi les 13 attributs de miséricorde et de clémence, 5 qui contiennent la totalité des 13. Sa connexion le prouve. Il forme 5 puissances recevant la totalité des 10.
סאל – Sal – Montre que ce sont trois anges : Astariel, Adriel et Sandalfon, constituant trois puissances dans les 10 Sephiroth. Béni soit-Il pour cela. Par la puissance des trois lettres principales des mondes, par la puissance céleste suprême de la miséricorde, que les trois contiennent. Il unifie le corps de Tiphereth. Il forme 7 puissances.
ערי – Ari – Montre que le diadème (Atarah) possède 70 degrés qui sont des puissances, dominant toutes les ramifications, qui sont des puissances, dominant tout jusqu’au 10 du Saint Nom occulte. Béni soit-Il pour cela, ainsi que le Saint Yod contenant la dualité car les 10 sont toutes doubles et toutes sont mêlées. Sa connexion le prouve. Il forme 5 puissances guidant par le verbe.
אשל – Essal – Montre que le diadème (Atarah) confirme le serment et les campements de la Lune par 12 directions diagonales. Béni soit-Il pour cela. Parce que leur signe arqué fait exister la terre. Il connecte et forme 9 puissances guidant par le verbe et en secret.
מיה – Miah – Montre, par deux actions, la spécificité de l’unité. Béni soit-Il pour cela. Car ils ne sont pas mentionnes dans le Nom occulte car ils sont réservés a Moïse. Sa connexion est Tiphereth, avec le diadème. Il forme 5 puissances favorisant la réception secrètement par la droite.
והו – Vahou – Monte la troisième distance qui est la troisième partie. Par sa parole, il réunit la fin au début. Béni soit-Il pour cela. Il est le secret des 5 terminaisons du Nom structuré par trois terminaisons. Il connecte tout l’édifice par l’unité du י du diadème. Il forme 4 puissances s’exprimant par le verbe et par cette construction.
דוי – Dani – Montre qu’il est la racine des 3 noms du diadème, 3 lettres formant un trio. Béni soit-Il pour cela. Car il est la racine du Nom יהו, par 3 saintetés éternelles, précises et centrales. Sa connexion le prouve. Il forme 3 puissances désignant la totalité de l’unité.
החש – Hah’ash – Montre l’essentiel de la structure du Nom et la totalité contenue dans le Yod. Béni soit-Il pour cela. Les trois sont contenus dans l’éternité de Netsa’h. Sa connexion révèle le verbe. Il forme 5 puissances révélant la totalité de la structure.
עמם – Amam – Montre les branches de l’arbre du y et du h tout puissant. Béni soit-Il pour cela. Des branches de l’arbre est issue la puissance des sphères et des étoiles et la puissance qui les anime. Sa connexion montre l’éternité et la limitation du lien unique dans Yessod. Il forme 7 puissances guidant par le Verbe.
ננא – Nina – Dans Yessod, montre secrètement 4 puissances issues de la puissance vivifiant les bénédictions. Ce sont des puissances terribles émergeant de la lumineuse radiance de Hokhmah. Tout est occulte dans Hokhmah durant 100 jours célestes et terribles. Posant l’unité sur le caché et l’occulte. Béni soit-Il pour cela. Car les puissances célestes craignent le Nom, chaque jour par des centaines de sortes de craintes. Sur cela il rétablit Israël avec 100 bénédictions. Il forme 5 puissances guidant par le verbe.
נית – Niyath – Montre par le secret contenu dans le ו, qu’il a le pouvoir de convertir un démon avec une bénédiction sur Israël. Béni soit-Il pour cela. Car il est le Juste possédant la puissance du Yod. Par le Nom éternel, il connaît tous les signes particuliers. Sa connexion le prouve. Il forme 4 puissances révélant l’unité totale.
מבה – Mevah – Montre par la force du diadème avec puissance, la forme d’Adam. Béni soit-Il pour cela. Permettant d’accéder au centre d’Adam, qui est un petit monde. Sa connexion montre la totalité de l’unité d’Adam. Il forme 6 puissances désignées par le י et contenues dans le ה.
פוי – Pevi – Indique que sa Force et sa Gloire ont agi en Égypte. Béni soit-Il pour cela. Leurs voix sont dix hymnes, comme dix ordres. Sa connexion sanctifie le centre du sacre, réunissant deux fonctions. Il forme 4 puissances dirigeant par le verbe. Au centre, les puissances enlacent les fonctions.
נמם – Nemim – Se révèle par la lumière blanche dans le soleil. La lumière solaire et deux lumières réunies dans l’âme. Sa force est représentée par la colonne de la Shekhinah, au temps ou Israël élevait une fumée tournoyante, durant le jubilé pour sceller l’unité. À ce sujet, il est dit que la sainteté est le Noun dans la sanctification du diadème. Sa connexion montre deux lumières réunies par le Jubilé. Il forme 5 puissances indiquant la fin de la Shemitah du Jubile.
ייל – Yiyal – Montre que le י a jailli au-dessus de tout ce qui a été créé. Béni soit-Il pour cela, car il a jailli par une puissance transcendante. Sa connexion montre au-delà de l’édifice et spécifie l’unité. Il forme 4 puissances révélées en tout.
הרח – Hara’h – Montre la complète unité, ainsi que l’amour. Sa connexion est la « Terre des vivants » pour l’édifice entier. Il forme 5 puissances contenant tout.
מצר – Metsar – Montre comment deux noms échangent leurs fonctions devant le lieu où se trouve le Nom enclos à une heure secrète. Béni soit-Il pour cela. Tout est un, aucune dualité dans la force. Sa connexion le montre avec force et par le diadème de Tiphereth dans Binah. Il forme 5 puissances influant par lui et contenues dans le י.
ומב – Vamav – Montre les 4 puissances du Nom en 12 limites enveloppant le jour de sa lumière et la nuit dans les campements. Béni soit-Il pour cela. Par la progression de l’Est vers l’Ouest, l’unité est spécifiée. Sa connexion le montre. Il forme 5 puissances et chaque mystère est contenu dans la totalité de l’être.
יהה – Yehah – Montre dans l’unité, la spécificité du diadème. Béni soit-Il pour cela. Mystère de la divinité qui appréhende son monde par ce qui est reçu. Sa connexion le prouve. Il forme 5 puissances montrant que tout est dans le י.
ענו – Anou – Montre l’égalité de la communauté d’Israël avec les degrés célestes et les 77 dédicaces et unifications, ainsi que les êtres pouvant être réunis et contenus dans les degrés célestes, ainsi qu’en bas qui constituent les ramifications étendues et disséminées. Béni soit-Il pour cela. La préservation et la diffusion des langues et sa connexion se révèlent par la parole. Il forme 5 puissances et tout est contenu dans le diadème (Atarah), qui au centre incluant une force active.
מחי – Meh’i – Montre la double sainteté de la communauté d’Israël, liaison céleste de l’unité à l’unité. Unité dans l’en haut et dans l’en bas reliée par la tente d’assignation. Béni soit-Il pour cela, Ordonne en une puissance unique, rattaché à une chose. Sa connexion révèle le secret de deux actions ainsi que tout l’édifice. Il forme 5 puissances montrant que tout est maintenu par la force de la Volonté.
דמב – Demav – Montre sept luminaires issus de Tiphereth et sept dans le diadème. Béni soit-Il pour cela. De même qu’il y a sept luminaires en haut, il y en a sept en bas. Ce sont sept justes qui se révèlent. Il forme 5 puissances montrant que tout est contenu dans le י.
מנק – Menaq – Révèle dans le Nom 4 attributs enveloppant Tiphereth, ainsi que 2 puissances régnant par eux, enveloppant le diadème appelé « Arbre de Vie », connu en tant que Tour de Jérusalem. Béni soit-Il pour cela, car c’est par leur influence dans le Jardin d’Éden que la force céleste s’attache a lui, montrant la structure de l’édifice, chaque chose rattachée a une autre par une puissance unique. Il forme 5 puissances, montrant la totalité du diadème.
איע – Aya – S’exprime par deux actions et par la clairvoyance de Moïse, dans le mystère de son propre désir qui n’est pas une représentation mentale dans la Jérusalem céleste, mais réellement dans la Jérusalem d’en bas appelant la providence céleste. Contemplant par lui-même, recevant du céleste, et ne pouvant appréhender l’intimité du mystère céleste occulte. Béni soit-Il pour cela. Car par cela, le Nom subtil vient dans le monde, tout en restant inaudible et s’attachant à lui. Révélant Tiphereth, couronnée par 7 juges, dans son secret occulte et sublime qui ne vient pas dans le monde. Formant 6 puissances guidant par le Verbe.
חבו – H’abou – Se révèle par sa complète unité, béni soit-Il pour cela, et s’édifie par l’unité. Il forme 5 puissances guidant par le verbe.
ראה – Reh – Ils révèlent 8 noms, dont 7 faisant allusion aux cycles, correspondant aux 7 noms du Nom de 42 lettres, dans la structure contenant la totalité du Jubilé. Et béni soit-Il pour cela. Car ce sont les 8 Sephiroth dans l’intellect, enfantées par la semence de la Shemitah. Raccordant ainsi, une chose à l’autre jusqu’au lieu originel pour s’y attacher. Montrant alors et formant six puissances se révélant dans la totalité des extrémités.
יבם – Yevam – Révèle que le diadème de la force de Tiphereth relie une chose à l’autre par une seule puissance. Et béni soit-Il pour cela. Allusion au dernier attribut contenant la totalité et agrégeant (Malkuth). Il s’exprime et forme 5 puissances enseignant que tout est contenu dans le י.
היי – Hayaï – Révèle par allusion tous les secrets de la création et le mystère des dix Sephiroth, par le secret de 3 sanctifications en elles, chacune montrant 10 concepts semblables au Temple, revenant à dire « Yod sur Yod ». Ce sont trois concepts globaux, mystère des Sephiroth d’Atsiluth, et ce sont 3 centres célestes, 3 au milieu, faisant allusion aux trois finales de chaque parole de la Torah, à chaque dixième, à chaque décret, à chaque cycle, à chaque Shemitah et pour chaque chose trouvée, pour chaque chemin de la Shemitah, légiférant décidant, et aboutissant en tant que fondement pour eux. Ce fondement est appelé « Yessod haBinah » (Fondement de la Compréhension), car il permet l’explication de chaque chose et de la terre appelée Égypte céleste lorsque la nuit et le jour sont intimement réunis dans le mystère du troisième jour. Il y a 3 providences célestes et beaucoup d’enfermements dans leur secret et leur connaissance. Béni soit-Il pour cela. Il a dit aux enfants d’Israël : « Ceci est mon Nom éternel et ma mémoire pour les générations des générations ». Tout ce qui est écrit et attache la montre ses voies et forme quatre puissances terribles enseignant la sainteté et la totalité de l’édifice.
מום – Moum – Révèle leur crainte par deux actions qui sont en tout et en chacun d’eux, et béni soit-Il pour cela, car son début et sa fin sont dans la puissance de miséricorde. Parce que la totalité est incluse dans six extrémités qui les sanctifient continuellement, par deux actions d’une puissance qui dit : « les cieux et la terre le contiennent et l’attachent ! ». Montrant ainsi sa forme contenant le cinq et la totalité.
Source : http://www.esoblogs.net/4896/les-72-noms-du-sepher-raziel/
Explication des 72 attributs de Dieu et des 72 anges Par Lazare Lenain.
Qui contient l’explication des 72 attributs de Dieu et des 72 anges qui dominent l’univers, et qui environnent le trône du grand Jéhovah.
DIEU étant la
première cause de tout ce qui existe, il est clair que
toutes nos actions doivent tendre vers Lui, de même que les
corps célestes tendent tous vers le centre de leurs
tourbillons, et cette infinité de tourbillons tendent tous
également vers un centre commun.
Ainsi l’homme doit toujours tendre vers Dieu, sans jamais
s’en écarter ; car sans lui tout est confusion et
rentre dans le chaos, avec lui tout est dans l’ordre et
participe à sa lumière… Les anciens
sages furent tous pénétrés de ces
grandes vérités ; c’est en suivant ces
préceptes qu’ils devinrent illuminés de
l’Esprit divin.
C’est pour cette raison
que j’ai dit précédemment, au chapitre
premier, que Son Saint Nom renferme en lui tous les mystères
de la sagesse. C’est par son triangle mystique que les
cabalistes nous ont révélé ses
attributs et ses mystères.
י
יה
יהו
יהוה
Le tétragramme Jehovah, ainsi figuré, est
composé de dix lettres, dont :
La première est iod י,
sa valeur numérique est 10
Les deux lettres suivantes יה du nom iah, donnent 15
Ensuite les trois lettres, יהו du nom iaho, donnent 21
Et les quatre lettres, יהוה, du nom Jéhovah, donnent 26
Tous ces nombres réunis forment 72
De là vient le nombre de 72 attributs de Dieu, et des 72 anges qui environnent son trône. Suivant le témoignage du Zohar, c’est ici l’échelle que Jacob vit en songe, formée de 72 échelons, dont le sommet, placé sur les rayons du soleil et de la lune, allait se perdre dans l’immensité des demeures de la Divinité.
C’est par cette échelle que les influences de Dieu descendent et se communiquent à tous les ordres des hiérarchies célestes et à toutes les créatures de l’univers…
Le lecteur doit remarquer que les Saintes-Écritures renferment en elles un sens mystique et caché ; car la plus grande partie des noms divins furent extraits des principaux versets de l’Écriture, par les mages et les cabalistes.
C’est ainsi que les noms des 72 anges sont formés des trois versets mystérieux du chapitre XIV de l’Exode, savoir, les 19, 20 et 21, et lesquels versets, suivant le texte hébreu, se composent chacun de 72 lettres hébraïques. La première diction du 19e verset commence par vaisa, ויסע, le 20e, par vaibo, ויבא, et le 21e, par vaiet, ויט. La manière d’extraire les 72 noms de ces trois versets fait ainsi :
Écrivez d’abord séparément ces versets, formez-en trois en commençant par la gauche, ensuite prenez la première lettre du 20e verset, qui est celui du milieu, en commençant par la droite ; ces trois premières lettres forment l’attribut du génie : en suivant le même ordre jusqu’à la fin, vous avez les 72 attributs des vertus divines. Si vous ajoutez à chacun de ces noms un de ces deux grands noms divins, Iah, יה, ou El, אל, alors vous aurez les 72 noms des anges, composés de trois syllabes, dont chacun contient en lui le nom de Dieu, suivant ce verset de l’Écriture, « Mon ange marchera devant vous ; observez-le, car il porte mon nom en lui ».
C’est ainsi que les cabalistes font leurs nominations ; il en est d’autres qui prennent la première lettre de chaque diction qui compose un verset ; par exemple, le nom de Jésus en hébreu, ישו, formé des trois premières lettres des trois dictons de ce verset, שילה ולי יבא, c’est-à-dire, en latin, quo usque veniat Messia ; en français, jusqu’à la venue du Messie. Il se trouve également dans le verset suivant, permanet nomen ejus, c’est-à-dire, « son nom demeure toujours » ; pareillement, le nom amen, אמן, est tiré de ce verset, אדני מלך נאמן, domius rex fidelis, qui signifie « Seigneur-Roi fidèle ».
Il est encore plusieurs autres noms mystérieux, qui furent extraits de cette manière ; nous en parlerons dans un autre chapitre.
Je pense que le lecteur est suffisamment éclairé sur la formation des noms divins et sur leur origine ; je vais maintenant parler des noms, des influences, et des attributs des 72 génies, et entrer dans les plus grands détails sur leurs mystères ; d’abord le chapitre suivant contient les tables cabalistiques, qui se rapportent aux 72 génies : la première contient leurs noms, avec leurs attributs ; la deuxième, les 72 parties de la sphère qui sont sous l’influence de ces génies ; la troisième indique quels sont les jours qu’ils dominent ; et la quatrième indique les jours qu’ils président.
Le M
Chapitre III de La Science Cabalistique par Lazare Lenain, Paris, 1823.
D. – Comment voyagent les
Maîtres Maçons ?
R. – de l’Orient à l’Occident et de
l’Occident à l’Orient et par toute la
terre
D. – Dans quel but ?
R. – pour chercher ce qui a été perdu, rassembler
ce qui est épars et répandre partout la
Lumière.
D. – Qu’est-ce qui a été perdu ?
R. – les secrets véritables des Maîtres
Maçons.
D. – Comment ont-ils été perdus ?
R. – par « Trois Grands Coups
» qui ont causé la fin tragique de notre R M
HIRAM
(Instruction au 3ème D).
Le mythe, qui voit dans la mort de HIRAM la perte des secrets véritables des Maît Maç nous invite donc à rechercher ce qu’est le secret de la F M et ce sujet est un des éléments de base sur lequel s’édifie notre quête Maç.
Cette soi-disant perte est un symbole mystérieux et je ne prétends pas retrouver quoi que ce soit…mais on peut toujours en parler entre nous.
I. De la
nécessité du mythe et son contexte
II. De l’outil au Logos
III. Chercher ce qui a été perdu
IV. Les mots forcément substitués
I. De la nécessité du mythe et son contexte.
Ainsi donc, l’histoire commence par un deuil qui est la conséquence d’un meurtre, c’est dire que l’ambiance générale est à la tristesse et que les MM MM présents épanchent leur chagrin par des larmes libératrices.
Le T V M déplore, en parlant de Hiram, que « hélas, lui seul possédait le secret de l’œuvre en cours d’exécution ». Voilà le problème posé. Aussitôt le T V M pense à « l’après Hiram » et il interroge « qui oserait maintenant se présenter pour lui succéder ? ». La réponse viendra plus tard mais déjà par cette question, à ce moment-là, les FF sont invités à ne pas s’apitoyer sur eux-même. D’ailleurs le T V M.
intervient sur le plan moral par cette injonction « ne perdons pas courage » et il indique la conduite à tenir dans l’immédiat :
– « arracher les restes
à ses meurtriers », il est pragmatique
– « rendre les honneurs funèbres
à sa dépouille » : pour le
respect et la dignité dus au défunt enfin, pour
ouvrir le champ des possibles, tout cela avec dit-il « l’espoir
de recueillir quelques traces de sa science ».
Outre le chagrin, quelles sont les émotions qui habitent les FF à ce moment-là ? Quel est leur état d’esprit ?
Vraisemblablement ressentent-ils la colère et la révolte, l’incompréhension, le dégoût, le désir de justice qui mène à la recherche des coupables – avec un désir de vengeance ? Car après avoir été capturés les meurtriers subissaient, d’après la loi de cette époque, le châtiment suprême pour venger le défunt et sa famille.
Nous connaissons la suite et la fin de l’histoire qui nous amène sur un tout autre plan que celui de considérations matérielles, obscures, brutales et bornées. Mais revenons sur le chantier à la tombée de la nuit de cette journée-là. Hiram resté seul dans l’enceinte du temple reçoit deux coups puis un troisième qui est fatal. Il pouvait sauver sa vie en satisfaisant la volonté de ses agresseurs mais il choisit « la mort plutôt que de violer le Secret qui lui a été confié ». Cette mort ressemble donc à un sacrifice, un de plus dans la longue histoire des mythes à travers les époques. Hiram reste fidèle à son engagement, à ses idéaux. Quant au comportement des Comp, il est moins clair.
En effet, ils accumulent ce qui ressemble à des erreurs. Pourquoi avoir enseveli le corps si près du lieu du crime ? Pourquoi planter un Acacia en ce lieu ? lequel des trois Comp a eu cette idée, quel était son dessein ?
En laissant de tels indices, ils donnent l’impression de vouloir être retrouvés. Et cela arrange bien les chercheurs que nous sommes. Alors, que savons-nous ?! Nous disons que Hiram a respecté ses serments solennels jusqu’au sacrifice. En sommes-nous sûrs ? Et si le mythe nous mentait ? Et si Hiram avait parlé ? C’est une hypothèse, pas une provocation. Un autre départ serait alors que les Comp se retrouveraient très embarrassés avec de bien encombrants secrets. En effet, en tant que créateur de l’œuvre, Hiram avait en tête la totalité de son projet architectural. Les Comp, eux, n’avaient qu’une connaissance fragmentaire et imparfaite des plans et de l’idée « divine » détenue par Hiram puisque ces Comp n’étaient que des exécutants. Ils auraient été reçus avec les MM. Qu’auraient-ils faits ? Qu’auraient-ils dits ? Combien de temps auraient-ils tenu sans être démasqués ?
Mais la vérité est que Hiram n’a rien révélé et qu’il a été mortellement privé de la parole, ce qui nous pénalise, nous les MM MM. Intuitivement nous comprenons que Hiram était au service du bien. Il était un homme bon, animé par un « esprit divin » au contraire des Comp que l’ignorance, le mensonge et l’ambition rendaient dépendants de l’esprit du mal.
Cet esprit cherchait à ravir la puissance du premier pour prendre sa place. Et temporairement, le mal l’a emporté. Et que déplorons-nous le plus ? La perte de secrets ou le fait que les mauvais Comp, en assassinant Hiram sont parvenus à détruire l’esprit d’harmonie qu’il symbolisait ?
C’est en quelque sorte une mort libératrice mais qui condamne les MM MM à la liberté. Il est bien entendu nécessaire que Hiram meurt. Avec ou sans mauvais Comp, le temple n’aurait-il pas été achevé ?
Il faut se rappeler que deux autres personnes détiennent les clés du savoir et d’une certaine Connaissance. Il s’agit des deux Rois : Salomon et Hiram Roi de Tyr qui, de par leur fonction royale sont investis de pouvoirs particuliers. Ils forment un tri-magistère qui organise le chantier et s’assure du bon déroulement des travaux. Mais sans la mort de Hiram nous aurions été privés d’une histoire édifiante, édifiante dans le sens d’élévation spirituelle.
De nombreux mythes sur la condition humaine rendent nécessaire la désobéissance, la révolte ou la transgression face à une autorité toute puissante. Dans l’histoire biblique du commencement, Adam et Eve passent outre un commandement divin et ils acquièrent indûment la connaissance du Bien et du Mal. Cela provoque un changement d’état et de plan de conscience ce qui les rend semblables aux dieux (au pluriel).
Nous comprenons que nos besoins physiques primaires (biologiques) et psychiques nous lient par leur fonctionnement automatique. Par la transgression nous avons la faculté de nous en affranchir sans pour autant nous en abstraire, ce qui serait un non-sens. Plus tard, Moïse brisera les Tables de la Loi et plus tard encore Judas trahira Jésus. Pour ne citer que ceux-là car les rebellions sont nombreuses dans les Ecritures.
Des récits représentatifs émanent d’autres cultures, je pense au mythe d’Isis et d’Osiris que je n’aborde pas non pas par désintérêt mais parce que je me sens plus à l’aise dans le domaine judéo-chrétien.
Et malgré la mort du Maît, paradoxalement, l’édifice sera achevé.
II. De l’outil au Logos
Ce paradoxe permet
d’aborder les divers aspects de la Parole qui est
l’outil qui donne forme au récit, que les mots
habillent et que le nom désigne.
Tout d’abord, la Parole véhiculerait-elle des
secrets que nous ignorons pour n’en avoir pas conscience ou
par ignorance ?
Les trois premiers chapitres de la Genèse nous livrent quelques clés pour comprendre le processus de création par Dieu et Adam.
Au commencement, Dieu sépare la lumière et les ténèbres. Il appelle la lumière « jour » et les ténèbres « nuit ». Le fait de nommer organise le temps par séparation et spécification. Ensuite Dieu crée l’homme à son image, ainsi que la femme.
La divinité crée par le pouvoir et la force de la Parole sur une Terre informe et vide. Aucun témoin n’intervient dans cette première étape qui symbolise l’état d’inconscience du monde. Dans le chapitre II, Dieu modèle les bêtes sauvages et confie à Adam le soin de les nommer. Adam est ainsi préparé à prendre conscience de son environnement.
Le chapitre III voit Adam et Eve émerger dans le conscient. Le serpent, nouvel acteur, entre en jeu et il dialogue avec Eve pour lui proposer de manger le fruit défendu. Celle-ci accepte et en offre à Adam qui reste étrangement silencieux.
C’est ainsi que le couple entre dans le monde du langage et de l’expérience au prix d’importantes modifications de leur état primordial. Mais l’homme conserve le souvenir de son ancien pouvoir – celui de nommer – et qu’il vient de perdre en étant chassé du Paradis.
Dans les Traditions Egyptiennes et bibliques, seuls certains prêtres connaissent le secret du nom divin et ont le pouvoir de le prononcer. A condition toutefois de savoir le prononcer correctement sinon la mort frappera l’imprudent.
Paroles et mots servent jusqu’ici à nommer des individualités : Dieu, homme, animaux ou objets dans un but métaphysique le plus souvent.
La parole est aussi utilisée socialement pour satisfaire des obligations politiques ou religieuses. La Grèce antique a vu l’éclosion de nombreuses écoles qui exaltaient la puissance de la parole. Celle-ci parfois coupée de la réalité proposait d’accéder à une connaissance logique et désincarnée. Son apprentissage vise l’efficacité et ne nécessite ni connaissance de soi, ni connaissance de l’autre car seule l’intellectualisation du langage est recherchée.
Ces philosophies qui conviennent au monde profane vont à l’encontre de ce que nous imaginons en Maç car pour nous elles sont source d’ignorance. Les secrets véritables qui ont été perdus ne sont pas du même ordre. Les mauvais Comp pensaient qu’ils relevaient de la communication d’un savoir alors que notre recherche se place sur le plan de la Connaissance synonyme ici de qualité d’être.
Je m’arrête aussi sur l’épisode Babylonien représentatif des dangers du langage soi-disant unique. Cette légende nous dit que Noé et les siens ont bâti une ville et une tour dont le sommet atteint le ciel. Leur but est de s’installer durablement et de ne pas disperser leur force. Ils parlent tous la même langue, sont unis et réussissent dans leurs entreprises. La manifestation de cet orgueil déplaît à Dieu qui les disperse sur toute la surface de la terre car, dit-il, « tout ce que les hommes entreprennent ensemble leur réussit ».
Ce pourrait être une bonne chose mais connaissant les hommes, n’est-ce pas là plutôt une illustration du risque totalitaire ? Un seul peuple, un seul langage, une seule parole dans la bouche d’un seul chef ? Quelle place aurait été donnée aux étrangers ou à ceux qui refusent dogmatisme et fanatisme ?
Les mots avaient perdu leur sens ce qui rendait la parole incompréhensible ou bien le dialogue devenait un simple bavardage. De la confusion des langues naît l’obligation pour l’homme de rassembler ce qui est épars, à condition de savoir chercher, savoir et vouloir trouver ce qu’il pense être perdu.
III. Chercher ce qui a été perdu
Une chose est sûre : nous savons où retrouver un Maît perdu. On le retrouverait « entre l’Equerre et le Compas », ou bien « au Centre du Cercle ».
Et par un heureux hasard, retrouverait-il lui-même à cet endroit les secrets véritables des MM MM ?!
Ainsi, est-il permis de penser que ces secrets symboliquement disparus avec Hiram auraient un rapport avec l’Unité ?
Au XII ème siècle, des philosophes ont utilisé le cercle – symbole de l’espace clos – pour définir Dieu. La phrase est bien connue : « Dieu est une sphère dont le centre est partout, la circonférence nulle part ».
Ils parvenaient à dire la vertigineuse problématique du cercle avec ses rapports du centre à la périphérie, et la difficulté de trouver les places respectives de Dieu et de l’homme. Nous, Maç, reprenons la démarche Adamique sur le plan des idées. En nommant les animaux, Adam les faisait exister par le moyen de sons organisés qui contenaient la plénitude de ce qu’il désignait. C.à.d. la chose elle-même ou le « ça », avec le sens de son expression qui permet de situer le « ça » dans l’espace et dans le temps tout en précisant sa fonction, sa finalité, son usage, etc.
Ce que les Esotéristes appellent : « la multiplicité dans l’Unité primordiale ». Cette langue merveilleuse et parfaite a été perdue lorsque le 1er couple a heureusement failli aux obligations qui les rendaient semblables aux Dieux.
En accédant à la Connaissance, ils ont appris l’expérience individuelle qui peut être expliquée, démontrée, imitée voire transmise mais qui demeure rigoureusement incommunicable. Adam et Eve nous disent de quitter le domaine de l’intellect pour entrer dans le devenir pour espérer Etre.
Peut-être notre mémoire nous rappelle-t-elle ce monde-là lorsque par nos rituels nous sacralisons l’espace et le temps ? S’agit-il de nostalgie ou de l’espoir de retrouver pour un moment une étincelle de perfection ?
Pour nous mortels, la quête de sens consiste aussi à tenter de comprendre l’ordre des choses. La multiplicité des éléments qui apparaissent indépendants les uns des autres peut-elle être reliée par une Loi qui les gouvernerait tous ?
Nous rassemblons ce qui est épars, comme par exemple les pierres, pour qu’elles deviennent Temple qu’il faut ici comprendre dans son sens de Connaissance et d’Unité.
IV. Les mots forcément substitués
Quels mots allons-nous utiliser pour construire ? Des mots forcément substitués à la langue originelle.
Nous avançons prudemment. Tout d’abord, nous épelons, puis au grade Comp nous donnons un mot de passe au risque de le mal prononcer. Au 3ème D le F 1er Surv revient de l’Occident avec un mot de passe et un mot de Maît que le T V M approuve jusqu’à ce que, dit-il, les mots véritables puissent être retrouvés. Il est clairement entendu qu’il s’agit-là d’un arrangement, d’un accommodement…
Mais plus qu’un mot, le Maç devient comme un Dieu qui grave les Tables de la Loi pour lui-même, les autres Maç s’y employant aussi.
Il est souhaitable que l’homme ne commette pas l’erreur mainte fois répétée dans l’histoire de faire de cet homme le centre du monde, conséquence d’un nombrilisme désastreux qui altère les vertus de l’espérance. Peut être devons-nous avoir à l’esprit que la voie Maç et sa méthode favorisent la connaissance de soi et la transformation de soi pour permettre l’émergence naturelle de la Loi morale.
Les Maç travaillent donc à tailler les Tables de la Loi jusqu’à ce que la Loi s’y révèle d’elle-même. Pour cela, nous allons sans cesse du silence intérieur à la parole qui rend possible le dialogue. Il n’est pas dit que les aller-retour dans la verticalité doivent se faire dans le silence. Mais pour l’horizontalité il est certain que seul le langage permet d’échanger avec nos semblables. Encore que…
Mais je m’en tiendrai au REAA qui nous dit que l’on transmet en substitution la première parole prononcée lors de la découverte de la dépouille de Hiram.
Frédéric Dard, alias San Antonio, fait dire à l’un de ses personnages : « les autres font ce qu’ils veulent de tes paroles tandis que tes silences les affolent ».
Le silence est l’épreuve que subissent les Ap jusqu’à ce qu’ils accèdent au grade de Comp. Je dis épreuve car pour beaucoup c’est une période difficile qui n’est pas prolongée au-delà du grade d’Ap.
Le silence est ici une ascèse à durée limitée contrairement à d’autres spiritualités – exotériques le plus souvent – qui érigent le silence en discipline de vie.
La discipline Maç vise, bien sûr, à apprendre aux Ap à « enfermer nos secrets dans un lieu sûr et sacré », qui est le cœur.
Car il n’a jamais été bénéfique pour personne de « jeter des perles devant les porcs », comme le dit durement l’Ecriture. On ne peut communiquer un secret à qui n’a pas vocation pour le connaître. La suite du verset dit pourquoi : « de peur qu’ils se retournent contre vous pour vous déchirer ».
Oui, mais parfois le silence fait peur. Quant à la parole elle peut être dangereuse, parfois aussi. Ou simplement remplir un espace immense et intervenir dans les divers aspects de la vie des individus ou des sociétés.
L’épisode biblique de la résurrection de Jésus (qui devient Christ) illustre cela. Les femmes qui suivaient Jésus de son vivant se rendent à son sépulcre dont elles trouvent l’entrée ouverte et le tombeau vide de son occupant.
Dans cette histoire aussi la mort retire la parole au protagoniste. Mais depuis 2000 ans ne peut-on dire que son absence est parlante ?
Le Temple dit de Salomon a été détruit deux fois au cours de son histoire. Et entre temps, il a été profané à plusieurs reprises. Où étaient les MM MM pendant ces périodes troubles ? Où s’assemblaient-ils ? Participaient-ils à d’autres constructions ? Quels mots utilisaient-ils pour exprimer leurs secrets ? Comment ont-ils préservé leurs secrets ? Pour eux, je ne sais pas. Pour nous, aujourd’hui, j’ai quelques idées.
La démarche Maç qui est collective est pratiquée par des hommes individuellement faibles, mais forts lorsqu’ils s’assemblent en L. Forts ils resteront s’ils quittent la L avec la volonté de pratiquer fidèlement le Devoir.
Mais on parle à l’extérieur du Temple avec des mots également substitués car il faut « penser en Maç et parler en profane » ai-je lu récemment.
Toutefois dans l’enceinte sacralisée, nous « rassemblons ce qui est épars » en utilisant les mots substitués du REAA car seul l’usage de ces mots limite les risques de dispersion dans la manœuvre de recentrage.
Le choix des mots substitués que nous utilisons est, ou a été, l’objet de discussions. J’aimerais être kabbaliste pour en discourir à mon aise. Ce n’est pas le cas. Je préfère donc retenir que le mot est le véhicule de l’idée.
La narration biblique de l’histoire du peuple d’Israël est un cheminement de substitution en substitution.
Souvenons-nous : L’Eternel ordonne un sacrifice à Abraham et son fils semble être le sacrifié alors qu’au dernier moment un bélier le remplacera sur l’Autel.
Plus tard, la Loi morale s’inscrit dans le Décalogue ; la transmission orale devient Loi écrite, gravée. En termes d’interdictions pour certains préceptes : « tu ne… ». Sachant ce qu’il ne faut pas faire, il appartient aux hommes de s’organiser librement socialement. La substitution est double puisque l’expression de la Loi change de forme et que l’homme bénéficie à cet instant de la capacité de prendre des initiatives personnelles et collectives.
Plus tard encore, au cours de son ministère Jésus dit être venu pour accomplir la Loi et non pas la détruire. L’ancienne alliance devient nouvelle – du moins pour les chrétiens – et les sacrifices n’ont plus lieu d’être puisqu’il se propose en victime expiatoire pour l’humanité. Le plan de conscience est une fois encore modifié.
De Jésus il est dit dans le rituel de réception au 2ème D qu’« il vint annoncer à l’Occident la Bonne Nouvelle de la Fraternité humaine : Aimez-vous les uns les autres ». Que penser de l’application de ces simples mots au cours des 2000 ans écoulés ?
Les disciples de Jésus dispenseront la pensée de leur Maître par des écrits dont les mots et leur sens vont du plus simple au plus complexe et constituent la Loi morale. La Maç et les Maç y trouve la Sagesse, la Force et la Beauté – ainsi que l’Amour – pour relever de nombreux Temples temporairement à terre.
Hiram, notre semblable, est soulevé par les Cinq Points Parfaits de la Maîtrise et le T V M lui communique aussitôt les syllabes du Mot Sacré des Maîtres. Ils nous reviendront en écho, enrichis de son expérience.
C’est ainsi que, avec des Mots nous bâtissons le 3ème Temple idéal et éternel.
Mon F MOHABON, je suis à l’écoute de tes Secrets véritables et de tes Mots substitués.
J’ai dit.