12° #409012

Le mouvement de retour sur soi du 1er au 12ème degré

Auteur:

A∴ G∴

Obédience:
Non communiqué
Loge:
La Porte du Silence - Orient de lyon
A la Gloire du Grand Architecte de L’univers
Sous la Juridiction du Suprême Conseil des Souverains Grands
Inspecteurs Généraux du33° Degré pour la France
Ordo Ab Chao
Deus Memque Jus

On sait finalement peu de choses sur la F M avant d’intégrer cet ordre traditionnel.

La découverte des éléments qui la composent s’effectue progressivement et avec plus ou moins de bonheur entre satisfaction, voir enchantement, mais agrémenté de quelques désillusions toujours possibles, mais jamais de façon neutre.

De degré en degré, d’une étape à l’autre, d’un ressenti à l’autre, se construisent pensée et manière d’être qui sont les conséquences concrètes de la démarche spirituelle.

La méthode Maçonnique et plus particulièrement celle du REAA pour nous faire sortir de l’encombrement de notre « Moi », nous propose une évolution basée sur : L’Intériorisation ; L’Affirmation des serments ; La Construction ; La Transmission.

C’est par le Bandeau que commence le processus d’intériorisation. Sans présager de ce qui nous attends, l’atmosphère du lieu et du temps nous impose réflexion.

Initiation

La première étape est le Cabinet de Réflexion, avant d’y entrer, l’abandon réel de tous nos métaux, symbolise l’abandon de nos passions et de tout ce qui y brille, puis la préparation physique du récipiendaire destinée à provoquer son humilité, ensuite à l’intérieur du Cabinet la découverte des symboles qui propose de réfléchir sur leur signification, puis et surtout VITRIOL. C’est en découvrant la pierre cachée qui recèle les défauts du futur initié, et en rédigeant le testament philosophique, que nous commençons la réflexion sur nous-même. Le plan philosophique est tracé, le chemin est indiqué, la voie est ouverte, il ne reste qu’à travailler, réfléchir,comprendre.

Les loges bleues

Le nouvel initié condamné au silence pendant son apprentissage, commence cette lente maturation qui doit aboutir au retour sur soi, mais qu’il n’oublie pas la solennité de son initiation, à ce moment important qu’est la prestation de serment, obligation contractée sur les trois grandes lumières, le Compas, l’Equerre, et le Volume de la loi Sacrée, qui sera renouvelée à chaque degré de son évolution maçonnique. Cet engagement sur l’honneur, sera énoncé en pleine lumière, après l’accomplissement des épreuves. Toute véritable démarche conduisant à la connaissance de soi exige de s’assumer dans une part de solitude consentie, de prendre la responsabilité de soi-même, de sa vie et de son destin. Penser qu’une seule démarche…serait illusion. Elle doit être acceptée en fonction de la rigueur qu’elle impose constamment.

Ne cherchons rien de révolutionnaire ; apprenons le temps à profiter de notre vie intime, et de nous éveiller à notre être intérieur. Chaque Maçon du REAA entreprend une démarche strictement personnelle. La conscience intérieur du soi, tel est le véritable enjeu de la connaissance.

Après l’immobilité silencieuse de l’apprenti, le compagnon doit prendre la route dans la grande tradition du 2ème degré, le voyage est la voie du compagnon, mais que va-t-il trouver ? Partir pour recevoir la lumière, pour se perfectionner, pour se former, se reformer ou se réformer.

La destination du voyage n’a aucune importance ce n’est pas un lieu, mais un état de lui-même, un état de conscience. Comme l’eau arrose la terre et permet à l’épi de germer, le compagnon reçoit les rayons de la lettre G au sein de l’étoile Flamboyante, son symbole cosmique et peu à peu, il grandit, il apprend.

La lettre G qui signifie god (dieu en anglais), Géométrie, Gravitation, Génération, Génie ou encore Gnose que l’on peut traduire par connaissance au sens ou l’initié est celui qui est au centre de l’étoile, et en son grade de compagnon, part à la recherche de la pensée intuitive et philosophique, il mène sa réflexion par son imaginaire, et la force de ses rêves.

Pour pénétrer les mystères de la vie, de sa vie, il doit aller plus loin à acquérir du positif, de tout ce que le monde, les événements ou les individus lui envoient, pour cela le but du compagnon est d’accroître ses connaissances des outils et des symboles et de la matière Cette connaissance mise en pratique peut s’intégrer avec harmonie au temple que nous construisons. L’outil maîtrisé, utilisé, sur soi va faire apparaître de nouvelles valeurs, consolider celles existantes, ce but difficile à atteindre peut cependant s’approcher en accomplissement des devoirs d’homme de F M en harmonie avec soi et les autres frères ou profanes.

En pénétrant dans la chambre du milieu, à reculons, solidement tenu, par les deux frères chargés d’y faire entrer le récipiendaire, examinant, ses mains,gants et tablier pour vérifier s’il étaient sans taches,celui-ci les yeux tournés vers l’étoile Flamboyante, seule lumière dans l’obscurité, dans un silence profond, celui-ci apprenais donc la mort d’un Maître Maçon,dont il était lui-même accusé de cette forfaiture.

Toute défiance ayant disparue, le futur Maître appris la mort d’Hiram, après l’avoir informé par le récit du meurtre et de la mauvaise action de trois mauvais compagnons.

La légende d’Hiram est purement symbolique, le mythe qu’il représente, clef de l’élévation au 3ème degré, donne tout l’intérêt de ce mythe initiatique qui se retrouve dans la renaissance, celle-ci pouvant être considérée comme une 3ème naissance.

Au cours de la cérémonie d’élévation le récipiendaire s’élève au dessus de la terre et s’éveil à la vie de l’esprit. Ce changement passe par la mort renaissante et la mise en harmonie du postulant avec Hiram pour participer à la réalisation de ce qui est élevé en lui et non en dehors de lui.
« De même qu’une mort volontaire permet seule au profane de renaître à la vie supérieure de l’initiation, il faut mourir une seconde fois pour conquérir les prérogatives des Maîtres immortels ». (O. Wirth)

Le meurtre D’Hiram enseigne que les mauvais compagnons sont en soi et que l’on doit combattre ces pires ennemis avec les armes que sont les vertus les plus élevées et les plus nobles. Il faut lutter en toute conscience contres ses tendances négatives, sans rien mépriser de ce qui est en soi.

La problématique des devoirs et l’idée de conscience

En quittant le symbolisme des outils qui caractérise les 3 premiers degrés nous entrons dans la problématique des Devoirs.

Les conceptions du Devoir ne prennent le plus souvent leur sens qu’à la lumière du Bien. On peut encore considérer que le Bien est purement moral et s’identifie à la vertu.

L’homme par sa nature « est tenu d’omettre des actions qui sont cause de l’imperfection de sa personne et de son état ». La moralité, c’est au contraire ce qui conduit à leur perfection. Nous avons plusieurs Devoirs d’abord envers nous même (Corps, Ame, Esprit), envers les autres et envers Dieu. Le Devoir est une obligation qui est conforme à la loi. Le Devoir est profondément lié à la loi, mais il trouve souvent son origine dans le désir, de conservation de soi.

Les Devoirs auxquels chaque Maçon s’est librement astreint découlent des serments pris lors de chaque évolution de degré, c’est pourquoi les premiers Devoirs sont de ne jamais faire du mal, sauf y être contraint par des raisons exceptionnelles, d’honorer ses frères, de transmettre son savoir, ses valeurs à d’autres Maçons.

Mais le Devoir le plus important du Maître Secret n’est-il pas le Secret ?

Le signe du silence est parfaitement révélateur de cette évidence, il est un des symboles majeurs du grade de Maître Secret. A ce degré le Maître est véritablement passé de la colonne passive à la colonne active, il est face à lui-même, c’est un état entre soi et soi, regarder au fond de lui, pour commencer à trouver sa vérité.

1) En vérité si vous voulez obéir à la voie de votre conscience, vous veillerez à l’harmonie : CORPS-AME-ESPRIT. Vous aurez le trésor de la sagesse. La terre est votre royaume comme elle est également celui de vos frères.

2) Soyez réceptif aux appels que vous dicte votre conscience, c’est ainsi que vous deviendrez votre propre architecte. Il n’y a pas de contradiction contre cette obéissance et la liberté de l’homme.

Vivez libre mon frère, et vous vivrez éternellement.

La conscience comme conscience morale, la conscience fut tout d’abord entendu comme notion du bien et du mal, comme instance de jugement. Elle est voie intérieure. Cette première conception est restée présente dans toute l’histoire de la Maçonnerie. La conscience morale peut relever du sentiment (Rousseau) mais aussi de la raison (Kant).

L’idée de la conscience comme rapport à la pensée à elle-même et comme fonction de la connaissance des activités mentales, de la vie psychique, est née avec Descartes notamment. C’est dans la conscience que le monde nous apparaît. C’est par la conscience que le sentiment est connu, que les choses sont décrites et pensées, que l’image est imaginée ou que le jugement est prononcé. Nous connaissons tout par la conscience. Mais connaissons nous la conscience elle-même ? Ce qui est trop proche, n’est pas nécessairement compris clairement.

Nous passons notre vie dans la conscience sans la connaître et nous connaître, c’est pourquoi le monde de l’extériorité parait toujours plus clair que celui de l’intériorité. Dans le monde extérieur, il y a des objets aux contours précis, des choses qui sont distinctes, mesurables, bref le monde de l’objectivité et de la matière qui s’impose directement à la pensée.

Les degrés de vengeance

En réfléchissant aux grades de vengeance, la première réflexion est une surprise. Faut-il être élu pour connaître, approcher, exécuter la vengeance. Un élu ne devrait-il pas avoir la sagesse, le discernement, le désir de justice et le sens de l’égalité ?

Le neuvième degré Maître élu des neuf est un degré important. Ce degré doit nous amener à un esprit de justice, mais on peut supposer que la justice est aussi une vengeance. Comment rendre objective la justice, si nous sommes animés par un esprit de vengeance ?

Examinons comment selon le mythe, le roi Salomon a œuvré pour rendre la justice et venger la mort d’Hiram.

Salomon tira au sort 9 maîtres, qui iraient saisir le meurtrier, les 9 élus reçurent l’ordre de suivre un « Etranger » jusqu’a la caverne ou le traître s’est réfugié.

Le convoi se met en marche, mais l’un des élus Johaben, accélère et distance ses compagnons. Johaben n’est pas un inconnu pour le roi Salomon, puisque au 6ème degré, grade de Secrétaire Intime, il attire déjà l’attention sur lui défavorablement, par son excès de zèle, craignant pour la vie de Salomon, il espionne la conversation entre celui-ci et Hiram roi de Thyr, on peut penser qu’il est l’homme lige de Salomon, et de se fait absout par celui-ci. Mais l’on peut penser également que si il y a mansuétude de Salomon, il y a humilité, voir humanité dans l’acte de pardon.

Sans reprendre le rituel dans son explication de l’attitude de Jahoben dans son arrivée dans la caverne, on remarquer plusieurs anomalies : Johaben transgresse les ordres du roi. Johaben frappe l’assassin au cœur c’est-à-dire au centre de soi-même, avant de lui couper la tète, c’est-à-dire séparer, se décapiter, ainsi c’est tuer toutes nos certitudes.

Le symbolisme de la caverne est celui de l’inconscient qui nous rappelle à l’intériorisation, au VITRIOL de L’apprenti, ce fond obscur de nous-même, ou se situe le mal qui est en nous et la encore nous renvoi au cabinet de réflexion. Ce symbole de l’inconscient et le lieu du refoulement. Le sentiment même de responsabilité est lui-même refoulé, puisque Aviram dort au fond de la caverne.

La lampe qui éclaire la caverne, c’est l’image du feu qui brûle en nous, qui devrait éclairer notre intériorité défaillante.

L’eau symbole de la fécondation, avec la lampe sont la pour nous rappeler les ténèbres et la lumière, mais cela indique aussi qu’au cœur de l’inconscient se trouve les racines d’espérer, pour peu que nous nous abreuvions et que la petite lumière s’alluma au fond de nous, et nous éclaire sur nous même.

Johaben, est allé au delà de ce qui lui était demandé. Alors qu’un acte de justice était requis, il a accompli un acte de vengeance effectué dans la précipitation, poussé par une force intérieure et des pulsions inconscientes, il faut donc qu’il apprenne à les reconnaitres et surtout à les dominer. Le rituel par les petits pas rapides, nous rappelle que cet acte a été perpétrer dans la précipitation, qui comme la colère est mauvaise conseillère.

Les degrés de constuction

Au sein du cheminement initiatique propre à l’Ecossisme, le grade de Grand Maître Architecte marque une étape caractéristique quant à la réalisation spirituelle du Maître Maçon, parvenu à ce degré.

Du 4ème au 11ème, il existe 3 Catégories de degrés, un triptyque 3, 4, 5. La parole est perdue, Hiram est mort et le chantier est arrêté. Au 6ème le chantier reprend avec les degrés Secrétaire Intime, 7ème Juge et Prévôt, 8ème Intendant des Bâtiments. Arrive les degrés de vengeance ou d’élus, 9ème, 10ème, 11ème ou les assassins d’Hiram sont retrouvés et châtiés.

C’est trois triptyques suivent une certaine logique. Après avoir substitué la parole perdue et remis le chantier en route, il convenait de chercher et condamner les mauvais compagnons pour enfin être débarrasse définitivement de ces défauts que sont le fanatisme, l’ambition, la violence, l’ignorance cause de tous nos malheurs.

Le chantier a repris, les malfaisants ont été punis, les passions sont épuisées et une fois la sérénité revenue, le cherchant peut quitter la dimension horizontale pour la dimension verticale faite de profondeur et d’élévation de la conscience, l’Etant par à la recherche de l’Etre.

Voici le 12ème degré, le grand Maître Architecte, travaillant dans la Boulomie ou L’Achi-Loge, le lieu ou l’on veut en affirmant « je veux et je construis », ceci implique logiquement qu’avant ce degré je ne disposais pas des facultés pour parler à la première personne. Vouloir, alors que depuis le silence de l’apprenti, il n’a jamais pu se mettre en avant, ne s’exprimant que quant la parole lui était donnée, noyé dans le collectif, pierre parmi les pierres, il a travaillé sans relâche à son perfectionnement au travers des différents degrés et le voici qui prend la parole et crie haut fort « JE VEUX ET JE CONSTRUIS ». Cette assurance, ce sentiment de plénitude est l’affirmation triomphante de l’accomplissement de l’homme vrai en toute circonstances.

A ce degré la quête d’absolu qui tend vers l’Un, la réalisation spirituelle propre au cherchant est en voie d’achèvement, il a entrepris sur lui-même un gros travail dans l’immanence et la transcendance afin de déceler en lui la parcelle divine.

L’édification du temple intérieur est un travail quotidien qui ne demande aucun relâchement, et qui s’exerce dans une dualité réflexion/action nécessaire à la création de ce temple.

En parlant ainsi de la pensée Maçonnique et de la méthode de travail, on devine le rôle prépondérant du langage symbolique que l’initié doit penser par lui-même de ce fait lors des instructions ou dans le rituel, les réponses à ses questions ne lui seront fournies que parl’intermédiaire des symboles.

Le langage des mots, est direct, bien identifié et de ce fait les idées exprimées peuvent prendre les traits de vérités affirmées ; en revanche, le langage des symboles est un langage ouvert en ce sens qu’il laisse une large place à l’interprétation. Il constitue un appel à la réflexion et à force de travail sur soi-même, chacun peut se l’approprier pour suivre son propre chemin vers sa vérité.

J’ai dit.

Vous devez être abonné pour accéder à ce contenu


S'abonner

Retour à l'accueil