12° #409012

Je veux et je construis

Auteur:

R∴ L∴

Obédience:
G O D F
Loge:
Non communiqué

Au sein du cheminement initiatique propre à l’écossisme, le degré de Grand Maître Architecte marque une étape caractéristique quant à la réalisation du rituel du maître maçon parvenu à ce niveau. Une exégèse partielle du rituel du 12ème nous conduira à y rechercher des similitudes théologiques et ésotériques.

La parole est perdue, HIRAM est mort, le chantier est arrêté, les travaux reprendront au sixième degré pour être poursuivi dans les suivants. Il est nécessaire de remarquer que les neuvièmes, 10ème et 11ème degré sont caractérisés par le châtiment des assassins d’HIRAM. Ce parcours nous permet d’être débarrassé définitivement des défauts sur la terre mal équarris que sont : le fanatisme, l’ambition et l’ignorance cause de tous nos malheurs.

Voilà, le chantier a repris, les malfaisants ont été punis, les patientes sont épuisées et une fois la sérénité retrouvée le cherchant peut quitter la dimension horizontale pour la dimension verticale faite de profondeur et d’élévation de la conscience. Il partira à la recherche de l’être.

Peut-on, regarder ce que nous rappelle à nos souvenirs le nombre 12. On le retrouve dans la mythologie grecque avec Héraclès et ses 12 travaux.

Symboles de réalité telle que mépris envers les médiocres ou forces d’éloquence pour l’humaniste italien Andrea Alciati au XVIème, ces travaux sont le symbole de la libération individuelle et de la quête de l’immortalité à travers l’expiation de ses péchés. C’est une lutte progressive en évolution dans un processus qui doit mener pour les alchimistes du Moyen Âge vers l’immortalité. Composé de un, unité, et du deux, dualité, le 12 est aussi le produit du 3. (Divin, esprit) et du quatre (terre, corps) ce qui confère une certaine force parmi les nombres. C’est encore les 12 apôtres, les 12 mois de l’année, et 12ème signes du zodiaque ou les 12×12 1000 élus du jugement dernier…

Poisson : le 12ème signe du zodiaque est gouverné par la planète Jupiter. Il symbolise l’homme parvenu à une phase d’illumination qui est l’État de conscience réfléchie au plus haut degré. 12ème lettre de l’alphabet ou ALEPH-BETH en hébreu, LAMED désigne un aiguillon, il désigne aussi le fait d’enseigner, d’apprendre, instruire. L’existence du LAMED implique un but vers lequel on doit aller, il indique aussi la transition par laquelle on se trouve avant d’aboutir à un nouvel état.

Il nous indique aussi que l’étude d’être suivi d’actes montrant ce que l’on a acquis n’est pas une simple théorie sans fondement. Ceci ressemble étrangement à « je veux et je construis… ».

Dans le jeu de tarots, la 12ème lame et le pendu. Il représente pour les alchimistes le grand œuvre, il nous indique l’inversion des valeurs de « l’âme de vie » qui n’est autre que l’échelon préalable d’élévation avant de parvenir un support conscience. Mythologie, astrologie et alchimie nous conduisent à accepter le constat que tous ces domaines se rejoignent sur la notion de finalité du 12, étape importante au niveau de conscience supérieure. Toutefois, revenons au rituel.

Selon la tradition, Salomon fonda une grande école d’architecture dont les élèves se recrutèrent dans le monde entier. Ils y acquièrent les principes qui devaient régénérer l’humanité. L’ordre et liquidité étant ainsi assurés, la construction du temple c’est-à-dire l’organisation de la société humaine se poursuivra désormais dans la sérénité. Au savoir architectural et scientifique reçu au 12ème degré le grand maître architecte se devra d’ajouter l’application des principes moraux qui régissent l’universalité des hommes.

Force est de constater que trop souvent beaucoup de maçons ne se rendent pas compte de la spécificité de l’instrument qu’ils ont reçu en partage et qu’ils négligent l’essentiel de l’héritage. Le travail de réflexion mutuelle est en loge ce que l’on peut faire de mieux pour des hommes éveillés et acceptants les règles de la vie communautaire.

Maintenant, savoir si le grade de Grand maître architecte se trouve plongé au sein d’une série symbolique, un grade annonciateur, une façon de nous présenter les choses un peu plus simplement ?

Le degré de grand maître architecte traduit le produit de la pensée et devient la matière qui nous conduira à la recherche d’une richesse supérieure, spirituelle. Il ne tient qu’à nous d’agir selon notre nature en fonction de notre passé, de notre jugement présent.

Le grand maître architecte travaille dans le boulomie ou l’archi-loge, le lieu où l’on veut devenir, le grand maître architecte affirme « je veux et je construis » ceci implique qu’avant ce degré je ne disposais pas des facultés suffisantes pour vouloir.

« Je veux » est exprimé sur un ton autoritaire, qui ne permet pas la contradiction ou la discussion.

Il est exprimé à la première personne, alors que depuis le silence de l’apprenti, je n’ai jamais mis à ma personne en avant, ne m’exprimant que par la voix du second surveillant. Je me trouvai noyé dans le collectif, pierre parmi les pierres. J’ai dû travailler sans relâche à mon perfectionnement en cheminant de degré en degré, voici que je prends la parole en écriant ou effort « je veux et je construis ».

Sentiment de plénitude et l’affirmation triomphante de l’accomplissement de l’homme vrai en toutes circonstances. Je me dois d’être ferme mais juste, en premier lieu avec moi-même et ensuite avec les autres. Cette quête d’absolu qui tend vers l’un, se caractérise par la réalisation spirituelle propre à chacun de nous toutefois elle n’est qu’en voie d’achèvement. Le travail accompli dans l’immanence et la transcendance à fin de déceler la parcelle divine qui est en moi ne fait que commencer.

La volonté est un ensemble de tendances gouvernées par un principe rationnel, c’est un ensemble de principes directeurs de la connaissance ou de l’action ou dans un autre acte de penser un principe de création et de mises en ordre. Cette volonté associée à la liberté d’exécution permet de bien voir, bien comprendre avant de bien agir !

Agir, ce peut-être construire. Le grand maître architecte est bien dans cette posture. Je construis dois être compris comme je me construis.

L’édification du temple intérieur est un travail au quotidien qui demande aucun relâchement, qui ne souffre d’aucune dualité « activation contemplation » c’est à ce prix qu’est la création du temple. Les pierres sont le système de nos connaissances, de nos idées et de nos règles de conduite qui rassemblés en un tout harmonieux nous permettront d’avancer dans la démarche initiatique.

Ainsi, force est de constater que nous trouvons ce degré comme un point charnière dans notre parcours de perfection. Est-ce que cette évolution est utile à l’humanité ? Certainement. Le 12ème degré constitue un grade révélateur, il est peut-être caricatural de dire qu’il est dans la rigueur mais ce qui est sûr c’est qu’il est en principe même de notre ordre. Science sans conscience ne saurait exister, pour bien nous comprendre on ne peut le faire qu’en ayant « l’intelligence naturelle ». Elle est nécessaire afin de de pouvoir accomplir les travaux préparatoires qui nous sont proposés.

J’ai dit.

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