12° #409012

Le Temple

Auteur:

J∴ M∴ R∴

Obédience:
Non communiqué
Loge:
Non communiqué

Le Rituel du 12ème nous dit :

« – F 1er inspecteur quel est le symbole commun à tous les degrés du REAA ?
– GMA, c’est le symbole de la construction d’un Edifice.
– Quel est cet Edifice ?
– C’est le Temple du Roi Salomon.
– F 2ème inspecteur, ne pensez-vous pas que tout autre Temple pourrait répondre au même symbolisme ?
– En effet, GMA, puisque pour les anciens, le Temple était le symbole de l’Univers dont l’homme est lui-même l’image en tant que microcosme ».

Parler de la symbolique et de l’évolution du Temple revient, en quelque sorte, à faire le bilan de ma vie maçonnique depuis mon élévation à la maîtrise.

La question est de savoir, si le M M, moi en l’occurrence, à l’aide des outils que le R.E.A.A lui a remis entre les mains, ceux des constructeurs a su façonner sa pierre de manière à rendre visible ses invisibles progrès dont le symbole est la construction du Temple.

Depuis le grade d’apprenti, je sais que le matériau de base du Temple est la pierre, celle la même sur laquelle le Christ fondera son Eglise.

Le destin de la pierre est de passer du point le plus bas du monde, à son point le plus élevé : « la pierre que les constructeurs ont rejetée est devenue la pierre d’angle ». J’ai donc dû passer de la pierre brute à la pierre cubique. Cette dernière est destinée à l’érection du Temple dont les initiés sont à la fois les constructeurs et les matériaux. L’évolution de ce travail, de mon évolution, se fera suivant le ternaire dont l’homme est constitué : le Corps, l’Ame et l’Esprit, chacun étant représenté par un temple.

– Pour le Corps, le Temple de Salomon.
– Pour l’Ame le Temple intérieur.
– Pour l’Esprit, le Temple céleste.

Le temple de Salomon

Le rituel du 3ème nous dit que le Temple était presque terminé lorsque M Hiram fut assassiné. Le Temple venait de perdre « son âme », l’un des 3 Maîtres d’œuvre avec Salomon et Hiram de Tyr.

Hiram mort, Salomon reprend « le flambeau » mais pas en tant qu’Architecte. Il va faire en sorte que les Maîtres formés par Hiram, puissent acquérir les Connaissances du Maître disparu. Ce sera, en principe, chose faite au 12ème.
Sur le plan symbolique, le Temple était divisé en 3 parties :

Le Oulam symbolisant les régions inférieures et la Mer.
Le Hekkal, symbolisant la Terre.
Le Devir (ou Debbir), le saint des saints, symbolisant les cieux.

Ces 3 parties correspondent à la création involutive dans le macrocosme et à leur reflet respectif dans le microcosme, l’Homme.

En effet, la création involutive distinguait :

Le Nephesch : le monde extérieur, le Corps, celui de l’enveloppe visible.
– Le Rouach : le monde intermédiaire, l’Ame, celui des mouvements et des sensations.
Le Nechama : le monde intérieur, celui de l’Esprit.

Tout Temple représentant le lieu de la présence divine était donc à l’aplomb du Temple céleste, et donc était considéré comme le centre du monde. Ce centre, nommé par la Kabbale, le Kaddosh Hakodashim, le saint des Saints, était le lieu  où le nom révélé, se prononce. Ce centre des centres était celui du Temple du Roi Salomon, mais il est aussi celui du Temple intérieur du F M.

En fait le Temple du Roi Salomon correspond à l’Adam « terrestre ». Cet Adam représente l’homme de chair et de sang, pierre brute qui se place à l’angle N-E et qui commence le mur qui s’érigera au Nord, il est le reflet éphémère de son paradigme l’Adam kadmon, représentant lui, le Temple céleste : il est le synonyme d’accomplissement et de plénitude, clef de voûte des diagonales du carré sur lequel s’érige l’édifice, il est l’Esprit, la pierre cubique à pointe, la pierre philosophale, corps céleste auquel Dieu donna le pouvoir de créer comme lui, par le Verbe. La plupart des kabbalistes, représente le symbole adamique dans le seul Temple de Salomon, mais pour nous, Maçons, il existe une consubstantialité évidente Temple de Salomon / Temple maçonnique, le 2ème étant l’inverse du 1er.

Ainsi apparaît la triple analogie :

Sagesse (Hochma) de l’Esprit (Nechama) et Saint des Saints (Devir).
Force (Gebourah) du Corps (Nephesch) et Vestibule (Oulam).
Beauté (Tiphéret) de l’Ame (Rouasch) et Sanctuaire (Hekkal).

L’harmonie est totale. Dans le Temple, qui est un pont entre la Terre et le Ciel, je retrouve l’équilibre de mon être, à la fois corporel et spirituel, que compromet une vie extérieure trop matérielle.

Le Temple de Salomon, comme Temple de la Sagesse, représente le symbole extérieur du Temple intérieur : il sert à promouvoir la formation du Temple en moi.

Le temple intérieur

Pythagore disait : « Connaître, c’est ou bien monter au ciel et voir, ou bien plonger en soi pour recevoir le ciel et se souvenir ».

En accédant dans les degrés dits supérieurs, je ne savais pas encore ce que j’y cherchais ; c’est le rituel qui, progressivement, va me faire évoluer « vers les hautes régions de la Connaissance ».

Ma marche vers mon Temple intérieur est donc un symbole de réalisation spirituelle, et une voie d’élévation vers le Divin. Pour cela je devais évoluer du 4ème au 12ème, moment de l’achèvement du Temple.

Jacques Fontaine, dans son livre « l’Essor », a classé cette évolution en 3 catégories à partir des grades des loges bleues, comme suit :

  • Ardeur du Néophyte : Apprenti, M S, S I, Elu des 9, Chevalier de l’Arche Royale.
  • Nombre 5 et étoile (Homme Véritable) : Compagnon, P&J, I d B, Elu des 12, Grand Elu.
  • Plénitude et sérénité (homme transcendantal) : M, MP, P&J, Elu des 15, GMA.

En fait, tout se passe comme si, après mon parcours des 3 premiers degrés, je revenais sur mon initiation par l’intérieur, en secret, en plongeant au cœur du Temple. Il y a en moi, un quelque chose d’ancré, qui une fois reconnu, identifié et accepté, doit le faire croître.

Un ancien rituel (Holy Royal Arch) dit :

« Templum Hierosolyma clavis ad thesaurum, theca ubi res pretiosa deponitur, res ipsa pretiosa ». « Le Temple de Jérusalem, une clé vers un trésor, un endroit où une chose précieuse est dissimulée, la chose précieuse elle-même ». Pour que le moi existentiel et profane puissent aller à la rencontre de mon être essentiel, de mon moi véritable, j’ai dû reconnaître que seul le centre, vivant au tréfonds de mon cœur est à même de me donner accès à la lumière de l’esprit.

Au fur et à mesure que j’avançais dans les voies de la Connaissance, la réalité s’est révèlée à moi, dans son unité profonde : c’est dans mon cœur, devenu conscient que j’ai découvert une dimension qui me dépasse et qui néanmoins constitue mon moi véritable. La dimension sacrée de l’univers m’est apparue avec de plus en plus de force car mes actions, paroles et gestes sont transfigurés par le sens que je leur donne.

Au grade de M S j’ai pressenti que j’avais un Temple à construire qui permettrait mon accomplissement.

Au grade de M P j’ai connu le cercle et la quadrature, j’ai aperçu la croix de Saint-André : cette croix m’a permis de me révéler à moi-même. Enfin j’ai pris conscience de l’état de désordre dans lequel j’étais.

Au grade de S I j’ai reconstitué le ternaire (délaissé depuis la mort d’Hiram). Je sais qu’il existe 3 hommes en moi. J’ai réalisé le pont entre le spirituel et le matérialisme, j’ai réuni les contraires et ouvert mon 3ème œil, celui de ma conscience intérieure.

Au grade de P et J j’ai appris que l’équilibre entre le matériel et le spirituel devait être harmonie car je me devais d’accepter mon propre jugement. L’intériorité de mon introspection m’a permis de me préparer au verdict de ma propre conscience.

Au grade d’I d B j’ai appris à mieux connaître les différentes architectures de mon Temple depuis la plus rustique (apprenti) à la plus évoluée (IdB). En l’état mes connaissances devraient être suffisantes à l’évolution de mon Temple. Mais ne fais-je pas preuve de vanité en me croyant abouti ?

Au grade d’élu des 9 j’ai détruit ce qui restait un obstacle à mon éveil. En tuant mes émotions et mon mental, j’ai donné la possibilité au cœur d’être le nouveau centre des émotions, permettant l’accès à la Connaissance du Divin. Mais mon indiscipline montrait l’absence d’obéissance à la loi.

Au grade d’élu des 15 j’ai chassé les marchands de mon Temple, je me suis fixé des règles de conduite et c’est dans le calme que j’ai regardé ce qui devait mourir pour accéder à une paix profonde.

Au grade d’élu des 12 j’ai pris possession de ma monture par ma force d’énergie, ma droiture et mon idéal, je pense être devenu un Homme Vrai, chargé de faire régner en lui les plus hautes valeurs de tous ses comportements pensées ou sentiments. Ayant abattu le dragon, j’essaye de découvrir le trésor en mon centre qui me révélera la lumière.

En tant que GMA j’ai redécouvert que le Temple que chaque M doit construire en lui-même représente l’édifice idéal que chacun de nous est appelé à réaliser, et que le Temple de Jérusalem est une image de l’Univers destinée à satisfaire notre raison, une conception philosophique traduisant une approche de la vérité. J’ai donc procédé à l’achèvement du Temple et à la vérification de la conformité entre l’ouvrage et le Plan. A cet instant, je suis réellement devenu « Hiram » car j’en possède la parfaite Connaissance du métier que je suis chargé d’enseigner, de la Vérité de la Justice et de l’Amour.

Le Temple spirituel est mon propre Temple intérieur qui est un Temple de chair et qui me situe au-delà du Temple de pierre en Esprit et en Vérité. Mais ce Temple ne peut se construire qu’en aimant mon prochain comme moi-même et avec l’aide de mes Frères. Pour aimer mon prochain, il a d’abord fallu que j’apprenne à m’aimer. L’ai-je fait ? Difficile à dire sans faire de l’auto-satisfecit.

Après avoir recherché les connaissances, établi les rapports de pensée, et formulé les règles de conduite morale, il me reste à réaliser encore une construction : celle du Temple de l’Humanité. Chaque Temple construit est une pierre de plus à l’érection de ce Temple.

L’Evolution

Celle du Temple de Salomon : Après que Salomon se fut détourné de sa Foi en le reniant, Dieu se retira du Temple qui fut détruit par Nabuchodonosor. Suite à cette destruction, s’est instaurée une théologie de l’exil, un exil qui devait durer 72 ans. Dieu devint lui-même le Temple de ses fidèles : « Je serai moi-même un Temple pour eux, pendant un temps, dans les pays où ils sont venus » (Ezéchiel 11/15-16).

Celle du Temple Spirituel : il me reste à rechercher la parole perdue car c’est réunifier et harmoniser en moi toutes les potentialités physiques, psychiques et spirituelles : c’est reconstruire en rassemblant ce qui est épars, l’Homme total.

Retrouver la parole perdue, c’est aller vers l’unification et l’identification entre la lumière intérieure, celle qui brille dans mes Ténèbres et la lumière universelle extérieure.

Par le nom, le GADLU se révèle au M M et dans ce contexte, le Temple de Salomon devient l’image de l’Homme émané de Dieu, l’Adam Kadmon. C’est ce que je réaliserai en tant que Chevalier de l’arche royale en descendant au plus profond de moi-même. Dès lors, je deviendrai Homme Temple c’est-à-dire que je serai moi-même un espace de contemplation et donc un espace sacré. Mais seul celui qui s’est éveillé à son Etre essentiel peut dire « Je suis ».

Enfin j’accède au grade de G E, ça y est, j’ai fini mon parcours de Perfectionnement, ai-je enfin atteint la perfection, signe d’achèvement, et ai-je fait alliance avec la Vertu et les hommes vertueux ? Clairement non, si j’avais atteint la perfection je n’aurais plus rien à faire en maçonnerie enfin la Vertu et les hommes vertueux, m’apparaissent comme une Utopie dans ce monde. Autre question, le temple intérieur doit-il être détruit ? S’il est vrai que les temples matériels élevés à Dieu finissent toujours par être détruits, car le GADLU veut des Temples de chair, le culte véritable, la « circoncision du cœur » est le culte par lequel je dois chercher à élever au GADLU un Temple spirituel, indestructible parce que caché dans mon âme.

Conclusion

Cette description de la symbolique du Temple et de son évolution, je ne sais pas si je l’ai accompli telle que je l’ai décrit ; j’ai essayé sincèrement et y travaille toujours car mon Temple est loin d’être achevé ; j’en ai déjà détruit une ébauche qui présentait beaucoup trop de failles à mon goût et qui tôt ou tard se serait effondrée : donc je sais que rien n’est gagné et que tout s’accomplit avec le temps, progressivement en avançant dans les voies du Rituel.

A ce jour, celui qui est en cours semble plus solide, grâce à l’aide de mes Frères. J’ai déjà pu y intégrer les 5 vertus pratiques que sont la Sagesse, l’Art, la Philosophie, l’Intelligence et les Sciences. Puis j’y ai intégré les 4 vertus cardinales, la Prudence, la Force, la Tempérance et la Justice. Il ne me reste plus qu’à y intégrer les 3 vertus théologales la Foi, la Charité et l’Espérance.

Saint-François de Sales disait :

« L’Homme est la perfection de l’Univers
L’esprit est la perfection de l’Homme
L’Amour est la perfection de l’Esprit
La Charité est la perfection de l’Amour ».

Ce dont je suis à peu près sûr, mes Frères, c’est que ce que nous détenons au plus profond de nous, cette parcelle divine, n’est autre que la Vérité, celle que le GADLU a réparti en chacun des êtres vivants de cette planète. Plus la bêtise humaine détruira des êtres vivants et plus cette parcelle de divinité s’estompera. Notre rôle, à nous M M, est de rassembler ce qui est épars, alors cette Vérité réapparaîtra lorsque l’harmonie et l’amour, entre les hommes, s’instaureront et que le Temple de l’Humanité se construira à partir de notre temple spirituel. Alors l’Adam Kadmon retrouvera sa place première dans l’Univers.

À ce jour, je suis comme la chenille qui finit son évolution sur terre en construisant son cocon. Tout comme elle, j’attendrai ma métamorphose et si mes ailes sont assez fortes pour briser ce cocon qui me tient prisonnier, alors elles s’étaleront pour me permettre de m’envoler vers les Cieux et me fondre dans l’Univers infini car « Le Temple est le symbole de l’Univers dont  je suis moi-même l’image ».

J’ai dit

T F P G M

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